Fort de Bahla
Brève description
L'oasis de Bahla doit sa prospérité aux Banu Nabhan, qui s'imposèrent aux autres communautés entre le XIIe siècle et la fin du XVe. Leur puissance est attestée par les ruines de l'immense fort aux murailles et aux tours de brique crue et au soubassement de pierre, exemple remarquable de ce type de fortification.
Valeur universelle exceptionnelle
Brève synthèse
Les ruines de l'immense fort de Bahla, avec ses murailles et ses tours en brique crue sur un soubassement de pierre, et la mosquée du Vendredi adjacente, avec sa niche (mihrab) de prière artistiquement sculptée, dominent l'établissement environnant en brique crue et la palmeraie. Le fort et l'établissement humain, oasis entourée d'un rempart dans le désert omanais, dut sa prospérité à la tribu des Banu Nabhan (Nabahina) qui dominèrent la région centrale d'Oman et firent de Bahla leur capitale du XIIe siècle jusqu'à la fin du XVe. À partir de là ils établirent des relations avec les autres tribus de l'intérieur. Bahla fut le centre de l'Ibadisme (une des branches de l'Islam) sur lequel se fondèrent les anciens imamates omanais et dont l'influence se retrouve à travers l'Arabie, l'Afrique et au-delà.
L'imposante muraille (sur) avec le chemin de ronde et les tours de guet qui renferment le labyrinthe d'habitations en brique crue et de terres de culture a plusieurs entrées. L'oasis est irriguée par le falaj, système de puits et de canaux souterrains amenant les eaux souterraines de sources distantes, et par la gestion des flux d'eau saisonniers.
Bahla offre un éminent exemple de place fortifiée oasienne de l'époque médiévale islamique, illustrant le savoir-faire des premiers habitants pour utiliser l'eau à des fins agricoles et domestiques. Le fort dans le style antérieur à la poudre à canon, avec ses tours arrondies et ses parapets crénelés, ainsi que le sur périphérique construit en pierre et en brique crue, démontre le statut et l'influence de l'élite dirigeante.
Les vestiges de lotissements familiaux en brique crue avec leurs maisons vernaculaires traditionnelles (harats) comprenant al-Aqr, al-Ghuzeili, al-Hawulya et les mosquées associées, les salles d'audience (sablas), les thermes, ainsi que les demeures des gardiens du fort (askari), évoquent un modèle d'établissement humain distinct lié à l'emplacement du falaj. L'importance de l'implantation est mise en valeur par la mosquée du Vendredi avec son mihrab richement décoré et les vestiges du vieux marché (souq) à demi couvert, comprenant un ensemble d'échoppes à un étage ouvertes sur des allées étroites, le tout enclos derrière un rempart extérieur. L'emplacement du souq en facilitait la surveillance depuis le fort dressé sur son escarpement rocheux voisin. Les vestiges de portes, étagères et maillages de fenêtres en bois sculpté et artistiquement incisé témoignent d'une tradition artisanale riche et prospère.
Critère (iv) : Le fort et l'établissement oasien de Bahla avec sa fortification offrent un exemple éminent d'un type d'ensemble architectural défensif qui a permis aux tribus dominantes d'obtenir la prospérité à Oman et dans la Péninsule arabique à la fin de l'époque médiévale.
Intégrité (2010)
Au moment de l'inscription, il a été noté que le fort de Bahla et la mosquée du Vendredi voisine sont indissociables de la petite ville oasienne qui l'entoure et la délimitation suit donc le tracé de la muraille (sur) qui renferme l'ensemble de l'établissement oasien. Une route traverse le bien.
Les principales composantes de l'ensemble architectural de Bahla ont perduré et forment à la fois un établissement oasien historique intégral fortifié, quasiment complet, et un important complexe défensif. Comprenant essentiellement des structures en terre, elles sont cependant vulnérables à la dégradation et au mauvais drainage du site et, dans le cas du souq, sont vulnérables à une reconstruction dans des matériaux modernes.
Le système du falaj et le cours d'eau dont dépend le village, tout comme les routes historiques le reliant aux autres villes de l'intérieur, s'étendent bien au-delà de son périmètre. Malgré un certain développement urbain à la fin du XXe siècle et au début du XXIe siècle, Bahla demeure un lieu proéminent dans le paysage désertique. Sa proéminence continue dans le paysage et les perspectives visuelles sont vulnérables aux impératifs du développement communautaire et du tourisme. Le maintien du rôle de surveillance du fort face au souq, du village alentour et des voies d'accès dépendront de même d'une gestion attentive du développement à l'intérieur du bien.
Authenticité (2010)
Au moment de l'inscription, le fort était délabré et se détériorait rapidement après chaque saison des pluies. Il a été mis sur la Liste du patrimoine mondial en péril en 1988. Des travaux de consolidation de certaines sections du fort, comme Bayt al-Jabal, le hall d'entrée (sabah) et les murailles nord-ouest et sud-ouest dont les matériaux sont inappropriés, ont été exécutés au début des années 1990 et une salle d'audience (sabla) dans la cour a été démolie en 1992. À partir de 1995, suivant une formation et des conseils sur les structures en terre, la conservation utilisant uniquement des matériaux à base de terre a été appliquée pour le drainage de la cour, les nouvelles toitures et la consolidation de murailles et de tours qui s'effondraient, y compris sur la citadelle (qasaba), la cour de la mosquée, Bayt al-Jabal, Bayt al-Hadith et les écuries, et l'application d'enduits sur le haut des murailles en ruine pour arrêter l'effondrement de la structure. La sabla a été reconstruite en 1999 dans la cour du fort. Des archives détaillées ont été conservées sur les travaux exécutés et une documentation complète du fort a été réalisée depuis avec une étude photogrammétrique.
On peut dire que la forme, la conception et les matériaux qui confèrent la Valeur universelle exceptionnelle du bien ont largement gardé leur authenticité. Le bien a été retiré de la Liste du patrimoine mondial en péril en 2004.
Bahla reste un territoire prospère. Cependant, l'authenticité est vulnérable à l'abandon des maisons vernaculaires traditionnelles à l'intérieur des harats. Le souq est également vulnérable à l'absence de conservation et d'entretien et aux changements de matériaux et de méthodes de construction.
Besoins en matière de protection et de gestion (2010)
Le bien que constitue le fort de Bahla et son oasis est protégé sur le plan administratif et juridique par la loi omanaise pour la protection du patrimoine national (1980). Le fort et ses environs sont placés sous le contrôle du Ministère du patrimoine et de la culture à Mascate, qui a un bureau régional dans la région de Dakhliyeh et un bureau local à Bahla.
Le bien est doté d'un plan de gestion qui date de mars 2005, axé sur le soin à long terme, la conservation et l'usage des bâtiments historiques, des structures et de la forme spatiale du site. Le plan reconnaît aussi l'importance de conserver le site dans son intégralité et la nécessité de gérer les utilisations et le développement modernes afin de préserver l'intégrité de l'ensemble architectural et sa proéminence.
Plusieurs des actions définies dans le plan de gestion ont été avancées et mises en œuvre, comme la conservation de la mosquée du Vendredi, la qasaba, le sur et les voies d'accès, l'élaboration de recommandations pour la réhabilitation des harats, la déviation de la circulation à travers le bien, l'électrification du fort et l'installation d'un musée de site à Bayt al-Hadith dans l'enceinte du fort.
Le plan de gestion est en cours d'évaluation et sera mis à jour en 2009/2010 afin d'être officiellement adopté. Le plan de gestion revu et actualisé formera la base de la gestion du bien à long terme.
Description longue
[Uniquement en anglais]Bahla Fort is an outstanding example of the characteristic military architecture of the Sultanate of Oman.
The Omani civilization dates back thousands of years. In biblical times the country was the hub of the rich trade in frankincense, the aromatic gum which was once considered more precious than gold. Known for their seafaring tradition, the Sultans of Oman ruled over a wealthy trading empire that stretched from the coast of East Africa to the tip of the Indian subcontinent from the 16th to the 19th centuries.
At the foot of Djebel Akhdar lie the fortresses of Rustaq to the north, and Izki, Nizwa and Bahla to the south. These have all been capitals at some time in their history, and as a consequence have played an important role in the history of Oman. It was here that the Kharijite communities resisted all attempts at 'normalization' by Caliph Harun Al-Rashid, and put into practice their religious concepts, which were at once radically puritanical and democratic.
Not far from the capital of Oman, the oasis of Bahla owed its prosperity to the Banu Nabhan who, from the mid-12th to the end of the 15th centuries, imposed their rule on the other tribes. Only the ruins of what was a glorious past now remain in this magnificent mountain site. Built on a stone base, the adobe walls and towers of the immense fort probably include some structural elements of the pre-Islamic period, but the major part of the constructions dates from the prosperous time of the Banu Nabhan, with the latest reconstruction dating from the beginning of the 16th century. At the foot of the fort, to the south-west, lies the Friday Mosque with its beautiful sculpted mihrab (prayer niche) probably dating back to the 14th century.
These monuments are inseparable from the small town of Bahla and its souk, palm grove and adobe ramparts surrounding the oasis, a remarkable work with towers, doors and underground irrigation channels.
The monuments of Bahla were in a critical state when it was inscribed on the World Heritage List. It had never been restored (thereby conserving a high degree of authenticity), and was not protected by any conservation measures. The terrace of the Friday Mosque had not undergone maintenance work, and it collapsed between 1981 and 1983, causing the arches to cave in and the wall plastering to be torn away, thus endangering the mihrab (prayer niche) in the building, which the Ibadite community had abandoned in favour of the new mosque. A detailed survey was made in 1977 by the Omani Archaeology Department, but restoration work did not make any headway until 1988. This was entirely financed by the Omani Government, with photogrammetric recording by the Mining Museum in Bochum (Germany). By 2005 it was virtually complete.
Source : UNESCO/CLT/WHC
Statistiques
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