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Anciennes cités pyu

Pyu Ancient Cities

Pyu Ancient Cities includes the remains of three brick, walled and moated cities of Halin, Beikthano and Sri Ksetra located in vast irrigated landscapes in the dry zone of the Ayeyarwady (Irrawaddy) River basin. They reflect the Pyu Kingdoms that flourished for over 1,000 years between 200 BC and AD 900. The three cities are partly excavated archaeological sites. Remains include excavated palace citadels, burial grounds and manufacture sites, as well as monumental brick Buddhist stupas, partly standing walls and water management features – some still in use – that underpinned the organized intensive agriculture.

Anciennes cités pyu

Situés dans la région sèche du bassin de l’Ayeyarwady (Irrawaddy) mais dans de vastes paysages irrigués, les vestiges des trois cités de Halin, Beikthano et Sri Ksetra, avec leurs enceintes de remparts et de douves, témoignent de l’histoire des royaumes pyu qui ont prospéré pendant plus de 1 000 ans, entre 200 av. J.-C. et 900 apr. J.-C. Ces trois cités sont des sites archéologiques partiellement mis au jour. On y trouve des palais-citadelles, des sites funéraires et d’anciens sites de production manufacturière, ainsi que de monumentaux stupas bouddhiques en brique, des murs partiellement debout, et des éléments de gestion de l’eau, pour certains encore en activité, qui permettaient une agriculture intensive.

ピュー古代都市群
ミャンマー中部のピュー古代都市群は、紀元前200年頃から後9世紀にかけて栄えたピュー王国の遺跡であり、約2000年前に東南アジアに仏教が伝来したことを示す最古の証拠でもある。仏教伝来により、この地域には経済的、社会的、政治的、文化的変容がもたらされ、9世紀までの最長の歴史を持つことになる最初で最大の都市社会をもたらした。登録されたのは、ハリン、ベイタノー、シュリー・クシェトラの3つの都市遺跡で、いずれも煉瓦造りの城壁で囲まれた城塞都市。宮殿や埋葬地跡、仏塔などが残る。

source: NFUAJ

Oude steden van Pyu

De oude steden van Pyu bestaan uit de overblijfselen van de steden Halin, Beikthano en Sri Ksetra. Alle drie zijn ze gebouwd met baksteen, ommuurd en omgeven door een slotgracht. De steden liggen in uitgestrekte geïrrigeerde landschappen in de droge zone van het Ayeyarwady (Irrawaddy) rivierbekken. Ze weerspiegelen de Pyu koninkrijken die meer dan 1000 jaar bloeiden tussen 200 voor Christus en 900 na Christus. De drie oude steden zijn gedeeltelijk opgegraven archeologische vindplaatsen. De overblijfselen omvatten paleisburchten, begraafplaatsen en vroeg-industriële productiegebieden. Daarnaast zijn er monumentale bakstenen boeddhistische stupa’s, gedeeltes van muren en waterbeheersystemen die de georganiseerde intensieve landbouw ondersteunden. Sommige watersystemen worden nog steeds gebruikt.

Source : unesco.nl

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Anciennes cités pyu © Department of Archaeology, National Museum and Library
Valeur universelle exceptionnelle

Brève synthèse

Les anciennes cités pyu apportent le premier témoignage sur l’introduction du bouddhisme en Asie du Sud-Est il y a près de deux mille ans avec les transformations économiques, socio-politiques et culturelles qui l’ont accompagné pour aboutir à la formation des premiers grands établissements urbanisés de longue durée de la région jusqu’au IXe siècle. Les Pyu ont montré une surprenante capacité à assimiler des influences indiennes et à parvenir rapidement à un degré important de réinvention. Ils ont créé une forme d’urbanisation particulière, la cité de format extensif, qui a ensuite influencé l’urbanisation dans la plus grande partie de l’Asie du Sud-Est continentale. Ces premières cités-états bouddhistes ont joué un rôle fondamental dans le processus de transmission des traditions littéraires, architecturales et rituelles du bouddhisme pali à d’autres sociétés de la sous-région où elles continuent à se pratiquer jusqu’à maintenant.

Halin, Beikthano et Sri Ksetra, en tant que bien en série, témoignent conjointement de plusieurs aspects du développement de ce nouveau modèle d’établissement urbain pour la région du sud-est asiatique. Ensemble, les trois cités attestent de toute la séquence et de l’étendue de la transformation urbaine pyu entre ca. le IIe siècle av. J.-C. et le IXe siècle de notre ère : communautés monastiques bouddhistes, pratiques mortuaires particulières, habile gestion de l’eau et commerce lointain. Sur les trois sites des cités anciennes pyu, le paysage irrigué de l’ère pyu a encore un impact sur les moyens de subsistance ruraux de la population moderne tandis que les monuments religieux continuent d’être vénérés par les pèlerins bouddhistes venus de toute la région.

Critère (ii) : Du fait de l’interaction entre les sociétés autochtones pyu et les cultures indiennes à partir du IIe siècle av. J.-C., le bouddhisme a trouvé son premier point d’ancrage permanent en Asie du Sud-Est dans les cités pyu où il a été adopté par toutes les classes de la société, de l’élite dirigeante aux travailleurs agricoles. Marquées par d’imposants stupas commémoratifs et d’autres formes sophistiquées de structures rituelles en brique, les anciennes cités pyu apportent le premier témoignage de l’émergence de ces formes d’architecture novatrices dans la région, dont certaines ne connaissent aucun prototype. Le développement de la culture urbaine bouddhiste pyu a eu une influence étendue et pérenne dans toute l’Asie du Sud-Est, offrant un stimulus à la formation ultérieure d’états après le Ve siècle de notre ère dans le sillage de la transmission des enseignements bouddhistes et des pratiques monastiques dans d’autres parties de l’Asie du Sud-Est continentale. 

Critère (iii) : Les anciennes cités pyu ont marqué l’émergence de la première civilisation urbaine bouddhiste historiquement documentée en Asie du Sud-Est. L’établissement de communautés monastiques bouddhistes lettrées est apparu parallèlement à la réorganisation de la production agricole, basée sur une gestion experte de ressources en eau saisonnières limitées et la production spécialisée de produits manufacturés en terre cuite, fer, or, argent et pierres semi-précieuses à la fois pour la vénération et pour le commerce. Le bouddhisme a soutenu la construction de monuments religieux en brique à travers le mécénat royal et populaire, marqué par le passage aux matériaux permanents à partir des plus anciennes techniques de construction en bois. Les Pyu ont développé des pratiques mortuaires uniques en se servant d’urnes funéraires pour garder les reliques incinérées dans des salles funéraires. Des réseaux commerciaux reliaient les anciennes cités pyu aux centres commerciaux en Asie du Sud-Est, en Chine et en Inde. Grâce à ce réseau les missionnaires bouddhistes ont diffusé leur enseignement fondé sur le pali dans d’autres parties de l’Asie du Sud-Est continentale. 

Critère (iv) : Les innovations technologiques dans la gestion des ressources, l’agriculture et la fabrication de briques et de fer dans les anciennes cités pyu ont créé les conditions préalables qui ont conduit à des avancées significatives en matière d’urbanisme et de construction. Ces innovations ont provoqué la montée des trois premiers grands établissements urbains bouddhistes pérennes dans toute l’Asie du Sud-Est. La morphologie urbaine des cités pyu a créé un nouveau modèle de format urbain étendu caractérisé par de massifs murs d’enceinte entourés de douves ; un réseau de routes et de canaux reliant l’espace urbain à l’intérieur des remparts avec de vastes zones de développement à l’extérieur ; contenant des équipement collectifs, des structures religieuses monumentales définies par de gigantesques stupas et des masses d’eaux sacrées. Au centre ou près de chaque cité ancienne pyu se trouvait un ensemble administratif au sein duquel le palais représentait le cœur cosmique de l’univers politique et social pyu. 

Intégrité

Les anciennes cités pyu sont archéologiquement intactes, comme on le voit dans les monuments existants, les vestiges structurels sur place, les vestiges non explorés non mis au jour et les terres agricoles encore exploitées. L’empreinte urbaine de chaque cité, délimitée par les remparts avec les douves bien conservés, reste très visible deux millénaires après leur construction initiale. Les limites du bien contiennent tous les principaux attributs de la valeur universelle exceptionnelle, notamment un échantillon représentatif du très vaste paysage irrigué qui encadrait les cités. L’exhaustivité et la fiabilité des séquences archéologiques datées relatives au site, avec les datations au radiocarbone d’éléments architecturaux intacts qui remontent jusqu’à 190 av. J.-C., prouvent scientifiquement l’occupation ininterrompue des cités sur un millénaire et renforcent les dates paléographiques fournies par les inscriptions en écriture pyu sur les artefacts mis au jour sur le site. L’ingénierie paysagère des trois cités demeure également en grande partie intacte avec les structures d’origine humaine, comme les canaux et les réservoirs d’eau qui restent en usage pour les besoins de l’agriculture.

Authenticité

L’authenticité des anciennes cités pyu se retrouve dans la forme et la conception architecturale de structures monumentales et d’enceintes urbaines intactes et encore debout ; une tradition suivie de l’usage et de la fonction des sites de vénération bouddhiste du bien ; des traditions et des techniques  durables de systèmes de gestion de production et d’exploitation agricole dont les origines sont visibles dans le paysage historique et qui continuent à se pratiquer au sein de la communauté locale ; l’emplacement et le cadre d’origine des cités tel qu’il a été vérifié par les recherches archéologiques et qui est resté quasiment inchangé depuis la fin de l’établissement urbanisé il y a un millénaire ; les matériaux et la substance des objets mis au jour sur place, provenant de sources locales et fabriqués sur place, et l’esprit et l’impression des trois anciennes cités qui, à travers l’histoire du Myanmar et jusqu’à ce jour continue d’inspirer la vénération et le pèlerinage. 

Éléments requis en matière de protection et de gestion

Des mesures officielles pour la protection juridique et la gestion administrative des anciennes cités pyu ont été institutionnalisées au niveau du gouvernement central, régional, du district et de la commune. Le Département d’archéologie et du musée national (DANM) du Ministère de la Culture a pour principale responsabilité de veiller à tous les aspects relatifs à la protection et la gestion des trois anciennes cités pyu. Les sites ont été, dans un premier temps, classés comme aires protégées en vertu de la Loi sur la préservation des monuments anciens (1904) des Indes britanniques. Leur statut de protection a été maintenu et étendu par la législation nationale du Myanmar, notamment par la Loi sur les antiquités de 1957 (amendée en 1962), la Loi sur la protection et la préservation du patrimoine culturel des régions de 1998 (amendée en 2009) et les règles et réglementations de la Loi sur le patrimoine culturel des régions de 2011.

Pour assurer une mise en œuvre coordonnée des dispositions des lois applicables aux niveaux national et local, un certain nombre de mécanismes ont été créés. Au niveau national, il y a le Comité central du patrimoine national du Myanmar et le Comité national du Myanmar pour le patrimoine mondial. Au niveau du site, pour assurer la protection et la gestion coordonnées des trois sites des anciennes cités, mais aussi intégrer la conservation du bien dans le plan de développement local, un Comité de coordination des anciennes cités pyu (PYUCOM) a été mis en place. Le PYUCOM est central dans le cadre de gestion du bien et est un élément essentiel du plan de gestion du bien, aidant à garantir que les systèmes traditionnels locaux soient reconnus et intégrés dans la gestion courante.  Sur chacun des sites, le PYUCOM réunit des groupes consultatifs locaux qui examinent les problèmes de gestion des multiples parties prenantes : autorités régionales, gouvernement local, représentants des villages et sangha (organisme des moines).

Un plan de gestion du bien, avalisé par le PYUCOM, a été approuvé par le Ministère de la Culture le 18 janvier 2013. Des plans d’action avec échéancier fixent le cadre de mise en œuvre des dispositions du plan de gestion du bien. Celui-ci est renforcé dans certains domaines particuliers par le développement en cours de plans auxiliaires tels que ceux consacrés à la préparation aux risques, à la gestion des visiteurs, au renforcement des capacités de conservation, à l’interprétation du site, au développement de la communauté locale et à la règlementation du développement et de l’usage urbains. Les vestiges archéologiques mis au jour et exposés, en particulier les sites funéraires et les éléments du paysage hydrologique, nécessitent de poursuivre et, dans certains cas, d’améliorer les mesures de conservation.