jump to the content

Temple et cimetière de Confucius et résidence de la famille Kong à Qufu

Brève description

Le temple, le cimetière et la demeure de famille du grand philosophe, politicien et éducateur Confucius (VIe -Ve siècle av. J.-C.), sont situés à Qufu, ville de la province de Shandong. Le temple construit à sa mémoire en 478 av. J.-C., détruit et reconstruit au cours des siècles, compte aujourd'hui plus de cent bâtiments. Le cimetière contient les tombes de Confucius et de plus de 100 000 de ses descendants. La petite maison de la famille Kong est devenue une demeure aristocratique gigantesque dont subsistent 152 bâtiments. L'ensemble des monuments de Qufu a préservé son exceptionnelle qualité artistique et historique grâce à la dévotion des empereurs de Chine pendant plus de deux millénaires.

Temple et cimetière de Confucius et résidence de la famille Kong à Qufu

Valeur universelle exceptionnelle

Brève synthèse

Célèbre philosophe, homme politique et pédagogue de la Chine ancienne dont le système de croyance mêlant philosophie, politique et éthique (nommé par la suite Confucianisme) a profondément influencé la culture chinoise, Confucius était considéré comme le « Modèle sacré du maître pour dix mille générations » et vénéré à ce titre par les empereurs chinois. Le Temple de Confucius, qui se trouve dans sa ville natale de Qufu dans la province du Shandong, fut édifié dans le but de célébrer sa mémoire et de lui offrir des sacrifices en 478 AÈC. Successivement détruit puis reconstruit au fil des siècles, ce temple s’étend aujourd’hui sur 14 hectares. Il comprend 104 bâtiments datant des dynasties Jin à Qing, dont la salle Dacheng, le pavillon Kuiwen et l’autel Xing, ainsi que plus de 1 250 arbres anciens. Le Temple abrite plus d’un millier de stèles d’époques diverses, et des objets précieux tels que des bas-reliefs Han en pierre, des illustrations gravées représentant la vie de Confucius et les sculptures de dragon en pierre des dynasties Ming et Qing. Le Temple a servi de prototype et de modèle pour tous les temples de Confucius que l’on trouve très largement disséminés dans les pays d’Asie du sud et de l’est, notamment en matière d’agencement et de style.

Situé à 1 100 mètres au nord de la ville de Qufu, le cimetière de Confucius s’étend sur une surface de 813 hectares. Il abrite le tombeau de Confucius et les tombes de plus de 100 000 de ses descendants.

La résidence de la famille Kong était à l’origine une petite maison familiale accolée au Temple, qu’elle jouxte du côté est, avant de devenir une résidence aristocratique où vécurent et travaillèrent les descendants mâles en ligne directe de Confucius. Au 14e siècle, à la suite d’un incendie et de la reconstruction du temple qui fut doté d’un mur d’enceinte à l’image d’un palais impérial, la résidence fut reconstruite près du temple. Après de nouveaux travaux d’agrandissement, puis après avoir été à nouveau détruite par le feu et reconstruite à la fin du 19e siècle, elle s’étend aujourd’hui sur 7 hectares avec un total de quelques 170 bâtiments. Plus de 100 000 collections y sont conservées, parmi lesquelles les plus célèbres pièces sont dix instruments de cérémonie des dynasties Shang et Zhou, les portraits de Confucius réalisés en différentes périodes, ainsi que des vêtements et des coiffes datant des dynasties Ming et Qing. En outre, les plus de 60 000 dossiers et archives des dynasties Ming et Qing rassemblés dans la Résidence, au-delà de produire un témoignage digne de foi sur toutes sortes d’activités qui s’y sont déroulées pendant plus de 400 ans, sont également très précieux pour l’étude historique de cette période Ming et Qing.

Les bâtiments étaient imaginés et construits avec un soin méticuleux, en respectant les conceptions du Confucianisme concernant la hiérarchie selon laquelle les diverses composantes doivent être disposées. À la période Ming, beaucoup d’artistes et d’artisans remarquables mirent leur talent au service de l’ornementation du temple ; et sous les Qing, des artisans impériaux furent chargés de la construction de la salle et de la porte Dacheng ainsi que de la salle Qin, qui sont considérées comme l’expression de l’apogée artistique et architecturale de la période Qing.

Le Confucianisme n’a pas limité à la Chine l’exercice de sa profonde influence, qui s’est également répandue dans les sociétés féodales de Corée, du Japon et du Vietnam et qui a eu un retentissement favorable sur les Lumières du 18e siècle européen. Outre le fait qu’ils constituent des témoignages exceptionnels des techniques architecturales orientales, le Temple et le cimetière de Confucius ainsi la Résidence de la famille Kong ont une forte dimension historique et représentent une part importante du patrimoine culturel de l’humanité.

 

Critère (i) : Le groupe formé par les ensembles de monuments de Qufu est d’une exceptionnelle valeur artistique, en raison des soins que les empereurs chinois leur ont prodigués pendant deux millénaires en faisant en sorte que les meilleurs artistes et artisans participent à la création et à la reconstruction des bâtiments et du site paysager dédiés à Confucius.

 

Critère (iv) : L’ensemble de Qufu représente un complexe architectural exceptionnel, qui témoigne de l’évolution de la culture matérielle chinoise sur une période considérablement longue.

 

Critère (vi) : La contribution de Confucius à la pensée philosophique et politique des pays d’Orient depuis deux mille ans, ainsi que son rayonnement en Europe et en Occident aux 18e et 19e siècles, a été l’un des facteurs les plus fondamentaux dans l’évolution des idées et de l’État modernes.

 

Intégrité

Comme site patrimonial emblématique de cette valeur-clé de la culture traditionnelle chinoise qu’est le Confucianisme regroupant à la fois le Temple et le cimetière de Confucius ainsi que la Résidence de la famille Kong, le domaine abrite l’ensemble des éléments requis pour prouver la dimension historique de ses cadres et valeurs. Le Temple reflète la suprématie de la place occupée par le Confucianisme dans la culture traditionnelle chinoise. Le cimetière, en tant que sépulture de Confucius et de ses descendants, témoigne de l’essor du clan Kong par des preuves matérielles concrètes et de grande importance. La Résidence de la famille Kong, en tant que lieu de travail et de vie des descendants directs de Confucius, atteste du statut éminent dont la famille Kong jouissait dans la société traditionnelle grâce au Confucianisme.

 

Authenticité

L’entretien et la protection du bien, qui ne se sont jamais interrompus dans l’histoire chinoise du fait de leur importance majeure, témoignent des méthodes traditionnelles chinoises d’intervention de conservation. Les biens sont très authentiques en termes de conception de l’édifice, de matériaux de construction utilisés, de continuité des techniques de construction, de préservation de l’état historique ainsi que de la transmission de valeurs spirituelles, tous ces aspects sont un reflet fidèle de la culture traditionnelle chinoise. Qufu, ville natale de Confucius, où ses descendants ont habité et le voisinage des biens reste aujourd’hui encore le lieu de résidence privilégié de la lignée issue de Confucius. Ce phénomène social et cet état de fait participent également de l’authenticité des biens.

 

Eléments requis en matière de protection et de gestion

Le Temple, le Cimetière de Confucius et la Résidence de la famille Kong ont été inscrits dans le premier groupe de Sites nationaux prioritaires sous protection en 1961 et le bien est protégé au titre de la Loi sur la protection des vestiges culturels de la République populaire de Chine. L’institution officielle en charge de la protection et de la gestion des biens est le Comité directeur du patrimoine culturel de Qufu. Un système de garantie financière multi-canal et pérenne a été mis en place, des ressources spécifiques lui sont allouées chaque année pour  la conservation du patrimoine. Grâce à l’adoption et à l’application effective des lois et dispositions nationales et locales appropriées, les biens bénéficient d’une solide protection juridique.

La délimitation des biens et la zone tampon ont été précisément définies en 1986. Le Plan directeur de la ville de Qufu a été élaboré en 2003 et le Plan de réglementation de la Cité Ming de Qufu en 2007, règlementant ainsi la protection du cadre physique des biens. Ces textes garantissent, aux plans juridique, institutionnel et de leur gestion, la préservation de l’authenticité et de l’intégrité des biens. La protection du patrimoine figure désormais dans le plan de développement social et économique, le plan d’aménagement rural et urbain, le budget fiscal, la réforme du système et le système de responsabilisation des cadres de Qufu.

Une surveillance périodique quotidienne systématique a été menée pendant qu’un système global de surveillance du patrimoine et la base de données documentaire consacrée aux biens sont en cours d’élaboration. L’étude, la conception et la mise en œuvre des projets d’intervention se déroulent dans le strict respect des lois, dispositions et spécifications techniques en vigueur et en tenant compte également des chartes relatives à la protection du patrimoine culturel mondial. En outre, des mesures seront prises pour assurer l’authenticité et l’intégrité du patrimoine et de son environnement, et pour s’efforcer à offrir à un usage rationnel et un développement durable du bien.

Description longue

Le complexe de monuments Qufu a conservé un caractère artistique et historique remarquable du fait de la dévotion des empereurs chinois successifs pendant plus de 2 000 ans. Le système de croyances élaboré par Confucius (551-479 av. J.-C.) fut adopté par l'idéologie dominante de la société féodale au cours de toute cette période. Deux ans après la mort de Confucius, le duc Gun de Lu fit de son ancienne maison à Qufu un temple, dans lequel étaient conservés ses vêtements, ses instruments de musique, ses livres et son chariot. Le temple fut reconstruit en 153 apr. J.-C., et restauré et rénové à différentes reprises au cours des siècles suivants. En 611 apr. J.-C., le temple fut à nouveau reconstruit, ce qui entraîna la disparition de la maison d'origine, qui comportait trois pièces. En 1012, sous la dynastie des Song, le temple fut agrandi en trois secteurs avec quatre cours, contenant plus de trois cents salles. Dévasté par un incendie et par des vandales en 1214, il fut à nouveau reconstruit, si bien qu'en 1302 il avait retrouvé ses dimensions d'origine. En 1331, il fut enfermé à l'intérieur d'un mur de clôture, sur le modèle d'un palais impérial. Un autre incendie désastreux, en 1499, porta à une nouvelle reconstruction, sous la forme que nous lui connaissons aujourd'hui.

Le portail d'accès au temple est bordé de part et d'autre de cyprès et de pins. Sa partie principale, organisée sur un axe central, comporte neuf cours. Les trois premières, avec leurs petites portes et leurs grands pins, conduisent le visiteur au cœur du complexe religieux. À partir de la quatrième cour, les constructions sont des édifices majestueux aux toits de tuiles jaunes et aux murs peints en rouge, entourés par des pins vert sombre ; l'ensemble symbolise la profondeur et l'harmonie du confucianisme. Plus de 1 000 stèles rappelant des donations et des sacrifices impériaux, depuis la dynastie des Han, sont conservées dans le temple, avec de remarquables exemples de calligraphie et d'autres documents, tous exemples inestimables de l'art chinois. Il s'y trouve un grand nombre de pierres sculptées dont les plus importantes sont les reliefs en pierre des Han (206 av. J.-C.-220 apr. J.-C.), ainsi que les piliers et les peintures représentant des épisodes de la vie de Confucius, de la dynastie des Ming.

Lorsque Confucius mourut en 479 av. J.-C., il fut enterré sur la rive de la Si, sous une tombe en forme de hache, avec une plate-forme en brique pour les sacrifices. Lorsque l'empereur Wu Di, de la dynastie des Han d'Occident (206 av. J.-C.-24 apr. J.-C.), accepta d'« éliminer les cent écoles de pensée, et de ne respecter que le confucianisme », la tombe devint un important lieu de vénération et de pèlerinage. Au IIe  siècle apr. J.-C., plus de cinquante tombes des descendants de Confucius étaient regroupées autour de la tombe principale, et des stèles qui le commémoraient commencèrent à y être dressées en 1244. En 1331, Kong Sihui commença la construction du mur et du portail du cimetière, travail qui se poursuivit par l'adjonction de tours d'entrée, d'arches, de pavillons et de la route d'accès depuis la porte nord de la ville de Qufu (1594). Le portail extérieur du cimetière est relié à la porte nord de Qufu par une route étroite bordée de cyprès et de pins. Un enclos étroit mène au second portail, qui donne accès à une aire ouverte qui renferme des pelouses, des arbres et une rivière ; à l'ouest, après avoir traversé le pont sur la Zhu, le visiteur arrive à la tombe de Confucius.

Les descendants de Confucius, qui vécurent et travaillèrent dans la résidence de la famille Kong en gardant et en entretenant le temple et le cimetière, furent anoblis par différents empereurs. Le titre héréditaire de duc Yan Sheng, conféré par l'empereur Ren Zhong, de la dynastie des Song (960-1279), a été porté par ses descendants mâles jusqu'en 1935, lorsque ce titre devint celui de Maître du Sacrifice et Premier Maître. La résidence présente un plan traditionnel de maison chinoise, avec les salles officielles en façade et les quartiers résidentiels sur l'arrière. Au moment de son apogée, au XVIe  siècle, la résidence se composait de 170 édifices comportant 560 salles, mais seuls 152 édifices et 480 salles sont aujourd'hui conservés. La résidence abrite de nombreux témoignages importants sur le plan culturel, y compris des rouleaux de parchemin et des peintures. Le décor intérieur est de la fin de la dynastie des Chang, et de l'époque de la République de Chine (1912-1949).

Source : UNESCO/CLT/WHC

Description historique

Confucius (551-479 avant J.C.) fut un philosophe de renom, politicien et éducateur de la période Printemps et Automne. Le système de croyance qu'il créa a été adopté comme idéologie dominante par la société féodale chinoise pendant plus de deux millénaires. Il fut "le Premier Maître" et il fut désigné comme "Maître des 10 000 générations".

Deux ans après sa mort, le duc Gun de Lu consacra sa maison et en fit un temple dans lequel furent conservés ses vêtements, ses instruments de musique, ses livres et son chariot. L'empereur Liu Bang de la dynastie Han (206 avant J.C. - 220 après J.C.) se rendit à Qufu pour y offrir des sacrifices à la mémoire de Confucius et son exemple fut suivi par les personnages influents. Le temple fut reconstruit en 153 après J.C. puis il fut réparé et rénové à diverses reprises au cours des siècles qui suivirent. En 611 après J.C., le temple fut à nouveau reconstruit; c'est à cette occasion que la maison de trois pièces de Confucius qui était un élément de 1 'ensemble disparut définitivement.

Les extensions et les agrandissements se poursuivirent du 7ème au 10ème siècle. En 1012, pendant la dynastie Song, il devint un ensemble à trois parties et quatre cours comprenant plus de trois cents pièces. En 1194, le nombre de pièces passa à plus de quatre cents. Il fut dévasté par un incendie et vandalisé en 1214 avant d'être une fois encore reconstruit. En 1302, il avait retrouvé sa dimension précédente. En 1331, un mur d'enceinte est édifié sur le modèle d'un palais impérial. Après un nouvel incendie en 1499, il fut reconstruit à l'échelle que nous lui connaissons aujourd'hui. De nouveaux incendies donnèrent lieu à la construction de structures de plus en plus imposantes comme par exemple la salle Dacheng. Après la visite de Liu Bang, de nombreux empereurs visitèrent le temple pour rendre hommage à Confucius. En 1906, au cours d'une sompteuse cérémonie, le temple fut déclaré premier dans la hiérarchie de tous les temples chinois.

Quand Confucius mourut en 479 avant J.C., il fut enterré au bord de la rivière Si à 1 km au nord de Qufu, dans une tombe en forme de hache, avec une plate-forme de brique pour recevoir des sacrifices. Quand l'empereur Wu Di de la dynastie Han occidentale (206 avant J.C.-24 après J.C.) accepta l'idée que "les centaines d'écoles de pensée soient remplacées par la seule idéologie Confucianiste", la tombe devint un lieu de vénération et de pèlerinage. Au cours des siècles qui suivirent, la tombe fut donc régulièrement agrandie et décorée; à la fin du 2ème siècle de notre ère, plus de 50 tombes de descendants de Confucius étaient groupées autour de celle de Confucius. Des stèles commencèrent à être dressées en 1244. En 1331, Kong Sihui commença à construire le mur et la porte du cimetière, d'autres tours, portes, arcs, pavillons et une route d'accès depuis la porte de la ville (1594) de Qufu complétèrent ces travaux. A la fin du 18ème siècle, le cimetière fut encore agrandi ; il mesurait alors 3,6 km2 avec un mur d'enceinte de 7 km de long.

Les descendants de Confucius vécurent et travaillèrent dans la demeure de la famille Kong, gardant et prenant soin du temple et du cimetière ; ils furent anoblis par les empereurs successifs. Le titre de duc Y an Sheng accordé par l'empereur Ren Zhong de la dynastie Song (960-1279) fut porté par les descendants mâles jusqu'en 1935 quand le titre du descendant direct de la 77ème génération fut changé en "Maitre du Sacrifice et Premier Maître".

L'emplacement de la demeure de la famille fut déplacé en 1377, le nouveau site fut choisi à une petite distance du temple avec lequel il était auparavant directement attaché. La nouvelle demeure fut agrandie en 1503, elle totalisa alors trois rangées de bâtiments avec 560 pièces et neuf cours. Elle fut complètement rénovée en 1838 aux frais de l'empereur mais elle fut une fois encore détruite par le feu en 1885 et reconstruite aux frais de l'empereur deux ans plus tard.

Source : évaluation des Organisations consultatives