jump to the content
  •  

Basse vallée de l'Aouache

Brève description

La vallée de l'Aouache contient un des plus importants ensembles de gisements paléontologiques du continent africain. Les vestiges découverts sur le site, dont les plus anciens ont au moins 4 millions d'années, fournissent une preuve de l'évolution humaine qui a modifié notre perception de l'histoire de l'humanité. La découverte la plus spectaculaire a été faite en 1974, lorsque cinquante-deux fragments de squelette ont permis de reconstituer la célèbre Lucy.

Basse vallée de l'Aouache © Ebel Plus d'images ...

Description longue

Les événements qui se sont déroulés dans la basse vallée de l'Aouache ont changé le destin de l'humanité ; on y a découvert des restes d'hominidés tout à fait exceptionnels.

La plupart des sites paléoanthropiques du miocène et du plio-pléistocène à avoir livré des informations sur les ancêtres de l'homme se trouvent dans le système du rift de l'Est africain. Dans cette région, en effet, l'activité volcanique et tectonique a créé un environnement dynamique, favorable à la propagation de la vie et à la survie des espèces végétales et animales. Cette activité géologique intense a créé des plateaux et des montagnes ; la plupart des bassins sédimentaires se sont formés à partir des hauteurs situées à l'intérieur comme à l'extérieur des vallées du rift. Laves, sédiments volcaniques et téphra ont favorisé l'enfouissement rapide et la conservation des fossiles.

Toutefois, de nombreux hiatus subsistent dans la documentation fournie par les fossiles, qui couvrent une très large période (de 5 à 10 millions d'années) susceptible de nous permettre de mieux comprendre le passage des pongidés aux hominidés, ainsi que l'apparition et l'extinction de nombreuses espèces. La vallée moyenne de l'Aouache renferme des séquences sédimentaires de la fin du miocène qui permettent de combler ces lacunes. Les études approfondies portant sur la géologie, la paléontologie, le paléo-environnement et la paléoécologie des roches sédimentaires fossilifères, fluviales et lacustres de cette vallée permettent d'aboutir à des conclusions sur les phénomènes d'évolution liés à l'environnement.

De 1973 à 1976, une équipe de spécialistes internationaux travaillant dans la basse vallée de l'Aouache a mis au jour des fossiles humains et animaux extrêmement bien conservés. Ces vestiges, dont les plus anciens ont au moins 4 millions d'années, permettent de restituer les grandes étapes de l'évolution humaine. Le fossile le plus complet découvert sur ce site est le squelette d'un humanoïde, lié par certains aspects à l'australopithèque, par d'autres à l'Homo sapiens. La découverte la plus spectaculaire s'est produite en 1974 sur le site de l'Hadar, où 52 fragments ont permis de reconstituer le squelette du célèbre hominidé connu sous le nom de Lucy.

Le terme d'« hominidé » désigne un membre de la famille zoologique des Hominidae. Les hominidés partagent un certain nombre de traits communs qui permettent de les définir comme un groupe ; le plus important d'entre eux est la locomotion bipède, ou position debout. Comme ceux d'un squelette humain actuel, les os de Lucy indiquent clairement une station bipède. À Hadar, la différence entre hommes et femmes est évidente, les premiers étant plus grands que les secondes ; Lucy appartient manifestement à ce deuxième groupe.

Les sédiments de la formation de l'Hadar qui renferment des restes d'hominidés peuvent être divisés en trois groupes. Lucy a été trouvée dans celui qui se situe le plus en altitude, le Kada Hadar. Bien qu'il soit impossible de dater directement les fossiles, les dépôts dans lesquels ils ont été trouvés contiennent parfois des coulées volcaniques et des cendres qui, eux, peuvent l'être. Ces indications ont permis de dater Lucy d'un peu moins de 3,18 millions d'années.

Bien que plusieurs centaines de fragments d'hominidés aient été trouvés sur le même site que Lucy, aucun os n'est attesté en double. Tous proviennent d'un individu d'une espèce, d'une taille et d'un stade de développement précis. Vivante, Lucy devait mesurer environ un mètre et peser de l'ordre de 27 à 30 kg. Plusieurs indices peuvent nous donner une idée de son âge : sa troisième molaire ; l'extrémité de ses os et sa suture crânienne, qui témoignent d'un développement complet du squelette ; ses vertèbres, qui présentent des traces de dégénérescence pathologique. Tous ces indicateurs, considérés ensemble, permettent d'établir qu'elle était une jeune adulte au moment de sa mort, dont nous ignorons la cause. Ses restes reposent dans une structure construite à cet effet au Laboratoire de paléoanthropologie du Musée national d'Éthiopie à Addis-Abeba.

Source : UNESCO/CLT/WHC