Sanctuaire de Mi-sön
Brève description
Du IVe au XIIIe siècle, la côte du Viet Nam contemporain accueillait une culture unique, associée par ses racines spirituelles à l'hindouisme indien. Cette relation est illustrée par les vestiges d'une série d'impressionnantes tours-sanctuaires, au cœur d'un site remarquable qui fut pendant quasiment toute son existence la capitale religieuse et politique du royaume de Champâ.
Justification d'inscription
Critère ii :Le sanctuaire de Mi-sön est un exemple exceptionnel d’échange culturel, de par l’introduction de l’architecture hindoue du sous-continent indien en Asie du Sud-Est.
Critère iii :Le royaume de Champâ était un important phénomène de l’histoire politique et culturelle de l’Asie du Sud-Est, comme en témoignent remarquablement les ruines de Mi-sön.
Description longue
[Uniquement en anglais]The Champa Kingdom was an important phenomenon in the political and cultural history of South-East Asia, vividly illustrated by the ruins of My Son. The sanctuary is an exceptional example of cultural interchange, with the introduction of the Hindu architecture of the Indian subcontinent into South-East Asia.
My Son, a valley surrounded by mountains, was chosen as the site for a religious centre for the capital of the Champa Kingdom. The sanctuary area is one of the most famous Champa architectural and sculptural monuments in Viet Nam.
The Champa Kingdom began in AD 192. The Cham economy was based on farming (wet-rice agriculture), fishing, and seaborne trade. When the Cham came under the influence of the Hindu religion many temples were built to the Hindu divinities, such as Krishna and Vishnu, but above all Shiva. Mahayana Buddhism must have penetrated the Cham culture later, probably in the 4th century, and became strongly established in the north of the Champa Kingdom.
While the religious significance of My Son was important, its location in a small valley surrounded by high mountains gave it strategic significance as an easily defensible stronghold. Successive kings in the 6th to 8th centuries favoured My Son and endowed it with fine temples. In the later 10th century, most of the finest surviving architectural monuments were built there.
Most of the 11th century was a period of continuous warfare and My Son, along with other sacred sites in the Champa Kingdom, suffered grievously. Harivarman IV had moved his capital to Do Ban towards the end of the century and he undertook the restoration of My Son. From 1190 to 1220 the Champa Kingdom was occupied by the Khmers. From the 13th century the Champa Kingdom slowly declined and was absorbed by the growing power of Viet Nam. It ceased to exist as an entity in the later 15th century, when worship ceased at My Son.
The site represents the ancient settlement and sanctuary area; eight groups of tower temples have been singled out. In date they cover the period from the 10th to the 13th centuries, and this long date range is reflected in different architectural styles. All are constructed in fired brick with stone pillars and decorated with sandstone bas-reliefs depicting scenes from Hindu mythology.
The main tower (kalan ) symbolizes the sacred mountain (meru ) at the centre of the universe. The square or rectangular base (bhurloka ), representing the human world, is built from brick or stone blocks and decorated with reliefs. Above this rises the main tower (bhuvakola ), constructed entirely in brick, with applied columns and a false door facing east.
The interiors are plain, with small niches for lamps; the Shivalingam was situated on a plinth in the centre. It symbolized the spirit world. The towers were separated from their roofs (suarloka ) by a decorated frieze. Many of these roofs were originally covered with gold or silver leaf.
The predominant style of the architecture and sculptural decoration of the My Son temples derives directly from India.
Source : UNESCO/CLT/WHCDescription historique
Le royaume de Champâ est né en 192 après J.- C., quand le peuple de la région de Tuong Lam se dressa contre ses suzerains chinois et fonda un État indépendant dans l'étroite bande de terre qui longe la côte de l'Annam. Cet État est connu d'après des archives chinoises sporadiques, dans lesquelles il apparaît successivement sous le nom de Lam Ap, Hoan Vuong et de Chiem Thanh, une transcription de Champâpura, qui signifie « la cité du peuple cham ». L'économie cham était basée sur l'agriculture (culture en rizières), la pêche et le commerce maritime.
Les Chams tombèrent sous l'influence de l'hindouisme du sous-continent indien à un stade précoce de leur développement, quoique la date exacte ne soit pas connue. Ils construisirent de nombreux temples dédiés aux divinités hindouistes : Krishna et Vishnou, par exemple, mais par-dessus tout Shiva. Le bouddhisme mahayana, qui doit avoir pénétré la culture cham plus tard, probablement au IVe siècle, s'implanta solidement au nord du royaume de Champâ, mais le l'hindouisme et plus particulièrement le culte de Shiva resta la religion officielle.
Ce royaume comptait deux cités sacrées, appartenant chacune à un grand clan. Mi-sön (dont le nom, en vietnamien, signifie « belle montagne ») était sacrée pour le clan Dua (Narikelavansa en sanscrit), qui vénérait le roi mythique Srisanabhadresvara et gouvernait Amaraveti, la région septentrionale du royaume ; c'était également la capitale de tout le royaume de Champâ. Si la signification religieuse de Mi-sön était importante, son emplacement lui donnait également une importance stratégique car, nichée au coeur d'un petit cirque montagneux, la cité était une place forte facile à défendre.
Les monarques qui se succédèrent du VIe au VIIIe siècle favorisèrent Mi-sön et la dotèrent de temples magnifiques. Entre 749 et 875, le clan Cau prit le pouvoir et, pendant un temps, la capitale fut transférée à Vivapura, au sud du territoire. Néanmoins, Mi-sön conserva son importance religieuse, et reprit sa place au début du IXe siècle, sous le règne de Naravarman Ier, qui remporta nombre de batailles contre les armées chinoise et khmère.
Dés le début du Xe siècle, l'influence du bouddhisme commença à s'étioler, au bénéfice de Mi-sön, où l'hindouisme avait toujours dominé. Quand arriva le règne de Giaya Simhavaram, à la fin du Xe siècle, il s'était hissé à un pied d'égalité avec le bouddhisme dans le royaume cham. C'est à cette époque que furent construits la majorité des plus beaux monuments architecturaux subsistants.
Pendant la plus grande partie du XIe siècle, la guerre fit rage et Mi-sön, à l'instar d'autres sites sacrés de Champâ, en pâtit grandement. Harivarman IV ramena la paix dans le royaume. Vers la fin du siècle, il avait transféré sa capitale à Do Ban, mais entreprit néanmoins de restaurer Mi-sön. La guerre éclata à nouveau au XIIe siècle, quand Jaya Indravarman IV attaqua l'empire khmer et mit sa capitale à sac. Les représailles furent immédiates, et le royaume cham fut occupé par les Khmers de 1190 à 1220.
À partir du XIIIe siècle, le royaume cham déclina lentement et fut absorbé par le pouvoir croissant du Viêt-nam. Il cessa d'exister en tant qu'entité à la fin du XVe siècle, et Mi-sön cessa parallèlement d'être un lieu de culte.
Source : évaluation des Organisations consultatives
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