Système hydraulique historique de Shushtar
Iran (République islamique d')
Date d'inscription : 2009
Critères : (i)(ii)(v) Bien : 240.4152 ha Zone tampon : 1572.2009 ha N32 1 7 E48 50 9 Ref: 1315 |
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Brève description
Le système hydraulique historique de Shushtar a été inscrit en tant que chef d’œuvre du génie créateur humain. Il aurait été entrepris dès Darius le Grand, au Vème siècle av. J.-C. Il s’agit de deux grands canaux de dérivation des eaux de la rivière Kârun. L’un d’entre eux, le canal Gargar, fournit encore de l’eau à la ville de Shustar par une série de tunnels et fait fonctionner tout un ensemble de moulins. Après une falaise spectaculaire, l’eau tombe en cascades dans le bassin aval, avant d’entrer dans la plaine au sud de la ville, où elle a permis le développement de vergers et de terres agricoles sur une surface de 40 000 ha. dénommée Mianaâb (Le paradis). Le bien comprend des lieux remarquables, dont le château Salâsel, centre de contrôle de tout le système hydraulique, la tour Kolâh-Farangi qui mesure le niveau de l’eau, des barrages, ponts, bassins et moulins. Il témoigne du savoir-faire des Elamites et Mésopotamiens, ainsi que de l’expertise plus récente des Nabatéens et de l’influence du génie civil romain.
Valeur universelle exceptionnelle
Brève synthèse
Le système hydraulique historique de Shushtar a une valeur universelle exceptionnelle puisque dans sa forme présente, il remonte au IIIe siècle après J.-C., sur des bases probablement plus anciennes à partir du début du Ve siècle av. J.-C. Il est intègre, aux fonctions multiples et de grande échelle, ce qui le rend exceptionnel. Le système de Shustar est un système hydraulique homogène, conçu d’une manière globale et achevée au IIIe siècle après J.-C. Il est riche tant par la diversité de ses structures de génie civil et ses constructions que par la diversité de ses usages (adduction d’eau urbaine, moulins, irrigation, transport fluvial, système défensif). Le système hydraulique historique de Shushtar témoigne de l’héritage et de la synthèse de savoir-faire plus anciens, élamites et mésopotamiens ; il a vraisemblablement été influencé par le barrage et le tunnel de Petra ainsi que par le génie civil romain. Le système hydraulique de Shushtar, dans son ensemble et tout particulièrement le Grand déversoir (pont-barrage) de Shâdorvân, ont été considérés comme une Merveille du monde non seulement par les Perses, mais aussi par les Arabo-musulmans à l’apogée de leur civilisation. Le canal Gargar est un véritable cours d’eau artificiel, à l’origine de la construction d’une ville nouvelle et de l’irrigation d’une vaste plaine alors semi-désertique. Le système hydraulique historique de Shushtar est dans un environnement paysager urbain et rural propre à l’expression de sa valeur.
Critère (i) : Le système hydraulique de Shushtar témoigne d’une vision d’ensemble remarquablement accomplie et précoce des possibilités apportées par les canaux de dérivation et les grands barrages-déversoirs à l’aménagement du territoire. Il a été conçu et achevé au IIIe siècle après J.-C. pour un fonctionnement durable et il est encore en activité. C’est un ensemble unique et exceptionnel, par sa diversité technique et sa complétude, qui témoigne du génie créateur humain.
Critère (ii) : Le système hydraulique de Shushtar effectue la synthèse d’apports techniques diversifiés au profit d’un ensemble remarquablement complet et de grande ampleur. Il a bénéficié des savoir-faire anciens d’irrigation des Élamites et des Mésopotamiens, puis de ceux des Nabatéens ; les techniciens romains ont également influencé sa construction. À son tour, il a émerveillé et inspiré ses nombreux visiteurs. Il témoigne d’échanges d’influences considérables dans l’hydraulique et ses applications pendant l’Antiquité, l’époque islamique et sous les différentes dynasties iraniennes.
Critère (v) : Shushtar est un exemple unique et exceptionnellement complet des techniques hydrauliques mises au point pendant l’Antiquité, au profit de l’occupation des territoires semi-désertiques. Par la dérivation d’une rivière descendant des montagnes, au moyen d’importants ouvrages de génie civil et par la création de canaux, il a permis de multiples usages de l’eau sur un vaste territoire : adduction d’eau urbaine, irrigation agricole, pisciculture, moulins, transport, système défensif, etc. Il témoigne d’une culture technique d’au moins dix-huit siècles au service du développement durable des sociétés humaines, en harmonie avec leur environnement naturel et urbain.
Intégrité et authenticité
L’intégrité de l’implantation hydraulique est bonne, mais son intégrité fonctionnelle par rapport au modèle orignal n’est que partielle et dégradée, pour les barrages-déversoirs notamment ; elle demeure bonne pour l’irrigation et l’adduction d’eau. L’authenticité des éléments réduits à l’état de vestiges archéologiques est certaine, elle a par contre été affectée par les travaux et les matériaux du XXe siècle pour les ouvrages d’art et les sites encore fonctionnels. Les efforts visant la restauration des attributs qui démontrent l’authenticité doivent être poursuivis.
Mesures de gestion et de protection
Les éléments du plan de gestion sont satisfaisants, mais ils devraient être renforcés en ce qui concerne l’interprétation du site et l’implication des populations locales.
Statistiques
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