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Patrimoine mondial et populations autochtones

© OUR PLACE The World Heritage Collection / Chris Morton / Ngorongoro Conservation Area (United Republic of Tanzania)

L’interprétation de la Convention du patrimoine mondial évolue constamment. En 1992, le Comité du patrimoine mondial a décidé d’intégrer les « paysages culturels » parmi les catégories de biens du patrimoine mondial. Cette décision a permis d’inscrire à nouveau le parc national australien d’Uluṟu-Kata Tjuṯa pour ses valeurs culturelles, suivant le souhait des propriétaires aborigènes. Dans la même année, le Comité a reconnu la gestion traditionnelle des sites comme une forme adaptée de gouvernance pour les biens du patrimoine mondial. La Stratégie globale pour une Liste du patrimoine mondial équilibrée, représentative et crédible de 1994 a marqué une étape importante dans la reconnaissance des peuples autochtones.

En novembre 2000, lors de sa 24è session à Cairns (Australie), le Comité du patrimoine mondial a examiné la proposition de création d’un Conseil d'experts des populations autochtones du patrimoine mondial (WHIPCOE). Cette idée a été bien accueillie et une étude sur sa faisabilité fut présentée lors de la 25è session du Comité du patrimoine mondial, qui s’est tenue à Paris (France) en juin 2001. Cependant, la proposition n’a finalement pas été acceptée par ce dernier en raison de nombreuses considérations juridiques, de questions relatives au financement, au statut légal, au rôle et aux relations avec les Etats parties, les organisations consultatives, le Comité et le Centre du patrimoine mondial.

Néanmoins, depuis 2005, l’article 40 des Orientations met en avant « une approche en partenariat de la proposition d'inscription, de la gestion et du suivi ». De plus, le Comité a adopté en 2007 un cinquième objectif stratégique, mieux connu sous le nom de « cinquième C » pour « communautés » afin de « valoriser le rôle des communautés dans la mise en œuvre de la Convention du patrimoine mondial ».  Dans la même année, les Nations-Unies ont également adopté la Déclaration des Droits des Peuples autochtones qui stipule de manière explicite les droits des populations autochtones. A l’occasion de l’adoption préliminaire de la Déclaration en 2006, Koïchiro Matsuura, alors Directeur général de l’UNESCO, a souligné l’importance des organisations autochtones dans le travail de l’UNESCO. L’implication des autorités locales et des populations autochtones dans le processus de prise de décisions, de suivi et d'évaluation de l'état de conservation des biens a été encouragée par le Comité du patrimoine mondial en 2011.

En 2012, la Convention du patrimoine mondial a célébré son 40è anniversaire. Il était essentiel que cet événement inclue l’ensemble de la communauté du patrimoine mondial, y compris les populations locales. Ainsi, le thème de l’anniversaire était « Patrimoine mondial et développement durable: Le rôle des collectivités locales dans la gestion des sites désignés de l'UNESCO ». Pendant cette année,  des événements ont été organisés partout dans le monde pour fêter cet anniversaire. L’un d’entre eux était le Séminaire international d’experts sur la Convention du patrimoine mondial et les peuples autochtones organisé à Copenhague du 21 au 22 septembre 2012. L’idée était de créer un dialogue constructif afin de proposer des recommandations appropriées, au regard des procédures et des principes des Orientations, au Comité du patrimoine mondial. Par conséquent, les paragraphes 40 et 123 des Orientations ont été amendés en 2015 pour inclure des références spécifiques aux populations autochtones.

En 2015, le Comité du patrimoine mondial a également soutenu la politique du développement durable adoptée par la 20ème session de l’Assemblée Générale des Etats Parties (Paris, 2015), visant à intégrer le développement durable dans les procédures de la Convention. Cette politique fait spécifiquement référence au « respect, à la consultation et à l’implication des populations autochtones et des communautés locales », soulignant ainsi, conformément aux standards internationaux, que la pleine intégration et la reconnaissance des droits des peuples autochtones et des communautés locales se trouvent au cœur du développement durable. 

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