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Centre historique de la ville de Diamantina

Historic Centre of the Town of Diamantina

Diamantina, a colonial village set like a jewel in a necklace of inhospitable rocky mountains, recalls the exploits of diamond prospectors in the 18th century and testifies to the triumph of human cultural and artistic endeavour over the environment.

Centre historique de la ville de Diamantina

Diamantina est une ville coloniale insérée comme un joyau dans un massif montagneux inhospitalier. Elle illustre l’aventure des chercheurs de diamant au XVIIIe siècle et témoigne de l’emprise culturelle et artistique de l’être humain sur son environnement vivant.

الوسط التاريخي لمدينة ديامانتينا

ديامانتينا، مدينة مستعمرة مدمجة كالجوهرة في المرتفعات الوعرة، تجسّد مغامرة المنقبّين عن الماس في القرن الثامن عشر وتشهد على السيطرة الثقافية والفنية التي يفرضها الإنسان على محيطه الحيّ.

source: UNESCO/ERI

蒂阿曼蒂那城历史中心

蒂阿曼蒂那位于无人居住的荒凉岩石山脉之中,原为殖民地村庄。如果说绵绵山脉是条项链的话,蒂阿曼蒂那就是项链上的一颗宝石。这个小城展示给世人的是一幅18世纪采矿人挖掘钻石的场景,同时也是人类文化和艺术战胜环境的证明。

source: UNESCO/ERI

Исторический центр города Диамантина

Диамантина - колониальное поселение, располагающееся в окружении суровых скалистых гор, воссоздает жизнь эпохи искателей алмазов в XVIII в. Город является символом триумфа культурной и художественной активности человека, проживавшего в неблагоприятных природных условиях.

source: UNESCO/ERI

Centro histórico de Diamantina

Diamantina es una ciudad colonial engastada como una piedra preciosa en un inhóspito macizo montañoso. Es un testimonio de la aventura de los buscadores de diamantes del siglo XVIII, así­ como del influjo ejercido por las realizaciones culturales y artí­sticas del ser humano en su marco de vida.

source: UNESCO/ERI

ディアマンティーナ歴史地区

source: NFUAJ

Historisch centrum van de stad Diamantina

Diamantina is een koloniaal stadje, gelegen als een juweel in een ketting van rotsachtige bergen. Het herinnert aan de exploitatie van diamantzoekers in de 18e eeuw en getuigt van de overwinning van de mens op zijn omgeving door culturele en artistieke inspanningen. De stad ligt op de helling van een heuvel met een hoogteverschil van 150 meter in de staat Minas Gerais, 350 kilometer van Belo Horizonte en 710 kilometer van Brasilia. Het land van de Diamantina regio bestaat voornamelijk uit kwartsitische rotsen en leisteen. Hieraan dankt het gebied zijn bergachtige en kleurrijke uiterlijk en arme poreuze grond met rotsplanten.

Source : unesco.nl

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Diamantina - Festa NS do Rosario © M & G Therin-Weise
Valeur universelle exceptionnelle

Brève synthèse

Au cœur des montagnes arides et rocheuses dans le nord-est du Minas Gerais, le centre historique de Diamantina s’étend jusqu’à 150 mètres de hauteur  sur les pentes d'une vallée escarpée, avec des rues sinueuses et irrégulières qui épousent  la topographie naturelle. L'architecture baroque diffère de celle des autres villes brésiliennes du fait de l’utilisation du bois, et se distingue par sa géométrie et les éléments indiquant le transfert à une échelle modeste de caractéristiques architecturales portugaises. Les églises présentent des couleurs et des textures similaires à celles des bâtiments civils, et la plupart ont un seul clocher. Les maisons à l’alignement régulier des XVIIIe et XIXe siècles,  à un ou deux étages, sont peintes de couleurs vives sur un fond blanc, et  contrastent avec le dallage gris des rues.

Le centre historique témoigne de la conquête de régions de l'intérieur du Brésil, illustrant la manière dont les explorateurs, les chercheurs de diamant, et des représentants de la Couronne portugaise ont forgé une culture originale au XVIIIe siècle, en adaptant leurs origines aux réalités des Amériques.

Critère (ii): Diamantina montre comment, au XVIIIe siècle, les explorateurs du territoire brésilien, les aventuriers du  diamant et les représentants de la Couronne surent adapter des modèles européens à un contexte américain, créant ainsi une culture à la fois fidèle à ses origines et tout à fait originale.

Critère (iv): L'ensemble urbain et architectural de Diamantina, si parfaitement intégré à un paysage sauvage, est un bel exemple de ce mélange d'esprit aventurier et de souci de raffinement qui caractérise l’aventure humaine.

Intégrité

Les modèles architecturaux et le tissu urbain d’inspiration portugaise du centre historique de Diamantina sont bien conservés, ces deux éléments ingénieusement insérés dans les collines rocheuses environnantes dont l’altitude varie, ce qui donne lieu à une ville stratifiée dont les points les plus hauts et les plus bas présentent un dénivelé de 150 mètres. Cette association entre l'environnement naturel et l'espace urbain créé un paysage dans lequel  le territoire au relief accidenté  fusionne parfaitement avec les éléments artistiques de l'ensemble urbain.        

Authenticité

Le complexe urbain est illustré par une configuration particulière de structures développées dans la continuité et dictées par les contraintes du terrain inégal, donnant son caractère  au tissu urbain conservé depuis sa création au XVIIIe siècle, ainsi qu’en témoignent  différentes  cartes de l'époque.

Les églises de la ville ont été construites avec la  même logique que les bâtiments qui les entourent, conférant au complexe architectural une homogénéité caractérisée par l’esthétique sobre et basique, mais raffinée, des façades géométriques.

L’établissement  historique de l'ancienne  Arraial do Tijuco, l'appropriation continue par les fêtes religieuses traditionnelles des espaces et des voies publiques au cours des siècles et l'utilisation principalement résidentielle de la région constituent  les éléments clés des attributs qui confèrent au site sa singularité et sa valeur universelle exceptionnelle.

Eléments requis en matière de protection et de gestion

Les premières mesures de protection du Centre historique de Diamantina ont été introduites en 1938 avec  la reconnaissance de Diamantina en tant que site du patrimoine culturel brésilien en vertu du Procès 64-T-38 et son application effective par le décret-loi n ° 25/37. Depuis les années 1950, l'Institut national du patrimoine historique et artistique (Instituto do Patrimônio Histórico e Artístico Nacional  - IPHAN) travaille avec la municipalité, et a mis en place une équipe d’intervention d’urgence sur le site.

En 1982 et 1986,le Service national du patrimoine historique et artistique (Serviço do Patrimônio Histórico e Artístico Nacional - SPHAN /et la Fondation nationale Pro-Memoria (Fundação Nacional Pró-Memória) ont  élaboré deux directives techniques (directives n ° 01/82 et 01/86 ) pour la Vila Santa Isabel, créé une nouvelle zone à partir de terrains prélevés  sur ceux de la Santa Casa de Caridade de Diamantina, en vue de la mise en place de nouvelles structures pour assurer une intégration plus efficace de la zone dans le site inscrit.

Le plan directeur de Diamantina (règlement municipal n ° 035/99), qui fait l'objet d’une recommandation de l'ICOMOS en vue de la reconnaissance de ce site historique par l'UNESCO, établit des critères pour l’utilisation et l’occupation des sols à la fois dans le site historique et les régions qui l’entourent, y compris au pied des monts Cristais. Une garantie juridique est fournie par  la création du Groupe de Support Technique (Grupo de Apoio Técnico - GAT) chargé de  promouvoir l’examen conjoint entre l’IPHAN et la municipalité des nouveaux projets de construction dans les zones entourant le site historique.

En 2002, la surintendance de l’IPHAN-MG a pris la directive 12/2002 qui fixe les limites et les règles régissant les travaux d’urbanisme et d'architecture dans le complexe architectural et urbain de la ville et dans les zones environnantes. Entre autres mesures, la directive renforce les dispositions municipales sur l'utilisation et l’occupation des sols dans les zones qui entourent le site historique.

L'Institut national du patrimoine historique et artistique (Instituto Estadual do Patrimônio Histórico e Artístico  - IEPHA) a désigné les monts Cristais bien naturel par inscription provisoire approuvée le 14 Décembre 2000, inscription devenue définitive avec  son approbation par le Conseil  du patrimoine culturel (Conselho Estadual do Patrimônio Cultural – CONEP) le 19 Novembre 2010, renforçant ainsi la protection juridique du bien  naturel, reconnu comme  paysage inséparable du site historique.

Le programme Monumenta, une initiative conjointe de l’IPHAN / Ministère de la Culture et de la municipalité  a consacré d'importants moyens financiers à la gestion du patrimoine culturel et à la réhabilitation des espaces et des bâtiments historiques publics et privés marquants de la ville.

Des études d’arpentage des terrains dépendant des Monts Cristais sont actuellement en cours par l’IPHAN, afin de renforcer la protection du bien  naturel, élément critique pour comprendre le contexte et la singularité du paysage unique du site historique de Diamantina.

Description longue

Diamantina illustre la manière dont les explorateurs du territoire brésilien, les chercheurs de diamants et les représentants de la Couronne ont su adapter les modèles européens au contexte américain du XVIIIe  siècle, en créant une culture tout à fait originale, tout en restant fidèles à leurs racines. Cet ensemble urbain et architectural, parfaitement intégré au paysage urbain, est un bon exemple d'esprit aventureux combiné à une recherche de raffinement typique de la nature humaine.

La ville se trouve au cœur des montagnes arides et rocheuses du centre est du Brésil, dans l'État du Minas Gerais, à 350 km de Belo Horizonte et à 710 km de Brasília, sur les pentes d'une colline qui présente une dénivelée de 150 m. La région de Diamantina se compose presque exclusivement de quartzites et de schistes qui lui confèrent un aspect montagneux et pittoresque, mais elle présente aussi un sol pauvre et perméable, occupé par une végétation rupestre.

Le plan de la ville, inspiré par le modèle des villes médiévales portugaises, s'est développé dans la continuité de sa première implantation. La partie construite au XVIIIe  siècle a été occupée de manière de plus en plus dense, sans perdre pour autant son caractère originel. Le dessin des rues, des ruelles, des allées et des places publiques résulte d'une occupation naturelle du site, dictée par les contraintes de la topographie, et reflète le développement graduel du trafic entre les différents hameaux miniers.

Le centre de la vieille ville présente une densité plus importante, et se développe sur un terrain légèrement plus plan que ses faubourgs. L'architecture de Diamantina est d'inspiration baroque, comme celle de nombreux autres villages miniers du Brésil. Toutefois, elle présente tout un ensemble de traits spécifiques qui la distingue du modèle colonial portugais traditionnel. La géométrie de son plan, ainsi que différents détails montrent que ses fondateurs ont cherché à y transposer sur une échelle modeste certains des traits de l'architecture de leur pays d'origine, comme ce fut également le cas dans le domaine de la musique et les arts.

Les rues de la ville sont pavées de grandes dalles plates et grises, agencées de manière à former le type de pavement connu sous le nom de capistranas, d'après celui du président João Capistrano Bandeira de Melo, qui l'introduisit en 1877. Ce type de pavement pittoresque crée un contraste entre la route et le casario, alignement régulier, remontant aux XVIIIe et XIXe  siècles, de maisons semi-détachées l'une de l'autre, dotées de un ou de deux étages. Leurs façades, dont le fond blanc est décoré de vives couleurs, s'inspirent systématiquement du même modèle, et présentent un certain nombre de points communs avec l'architecture maniériste portugaise.

De nombreuses églises et édifices religieux de Diamantina ont été incorporés à l'intérieur du complexe régulier et homogène du casario, généralement légèrement en retrait de l'alignement des autres édifices. Cet aspect témoigne que le pouvoir spirituel était étroitement lié à la population, qui le distinguait du pouvoir temporel, auquel elle le subordonnait certainement, étant donné que les très rares places et espaces ouverts liés à des églises ne se trouvent pas dans les zones de sociabilité et de réunions publiques. La construction des églises répond aux mêmes critères que celle des édifices privés, avec les mêmes matériaux et les mêmes couleurs ; les églises se distinguent seulement par leur campanile, généralement construit sur le côté de l'édifice, et par leur fronton en bois sculpté.

La ville présente quelques curiosités architecturales intéressantes, notamment la vieille halle construite en 1835 et récemment restaurée, le Passadiço, un pont piétonnier couvert construit en bois et peint en bleu et en blanc qui franchit la Rua da Glória de manière à relier entre eux les deux édifices du centre de géologie Eschwege, le muxarabi de la bibliothèque Antônio Torres, une sorte de balcon complètement clos par un treillis à claire-voie en bois, enfin, la chafariz de la Rua Direita, près de la cathédrale, une fontaine sculptée dont il suffit de boire l'eau pour avoir l'assurance de revenir un jour à Diamantina.

Source : UNESCO/CLT/WHC
Description historique

La ville de Diamantina est un oasis au coeur d'une région de montagnes arides et rocheuses du centre-est du Brésil. Elle est située dans l'État de Minas Gerais, à 350 kilomètres de Belo Horizonte et à 710 kilomètres de Brasilia, à flanc de colline, sur un dénivelé d'environ 150 mètres. Elle s'est développée à partir du XVIIIe siècle dans la Chaîne de l'Espinhaço méridional, à 1200 mètres d'altitude, entourée de la Serro dos Cristais, dans la vallée du fleuve Jequitinhonoha. Les sols de la région de Diamantina sont constitués presque exclusivement de roches de type quartzite et schiste qui donnent à la région son relief montagneux et coloré mais aussi des sols pauvres et perméables et une végétation rupestre. Ses formations géologiques ont été déterminantes tant pour la beauté de ses paysages que pour son développement économique.

L'une des expéditions menées depuis São Paolo en 1713 pour explorer l'intérieur du territoire brésilien a conduit à l'implantation de l'une des bases d'occupation de l'Arraial do Tijuco qui deviendra plus tard Diamantina. Sur les versants des montagnes et le long des cours d'eau de la région, de grandes quantités d'or ont été trouvées. Comme les meilleurs filons se concentraient dans la vallée du ruisseau Tijuco, petit affluent du Rio Grande, ses rives ont été choisies pour y établir un petit hameau appelé Burgalhau. Mais, contrairement à ce qui s'est passé dans d'autres agglomérations de l'Amérique portugaise constituées à la suite de la découverte de mines d'or, comme à Ouro Preto par exemple, la croissance et la consolidation de l'Arraial ont résulté de la découverte, en 1720, d'une richesse insoupçonnée : le diamant. L'histoire de Diamantina est donc, à cet égard, différente de celle des autres villes minières du Brésil.

Lorsque la Couronne portugaise découvre l'existence de cette richesse en 1731, elle installe un nouvel ordre administratif pour gérer le territoire, le Demarcação Diamantina, qui comprend l'ancien Arraial do Tijuco et d'autres hameaux miniers voisins. En 1734, elle crée l'Intendance des Diamants qui s'installe à Tijuco, déjà la plus importante agglomération de la région. L'Intendance doit contrôler l'extraction et la commercialisation du diamant. Il y eut d'abord la période dite "des contrats" instituée en 1739, lorsque l'exploitation était attribuée à des monopoles privés. Puis, en 1771, la Couronne reprend la propriété de la ressource et en confie la gestion de l'exploitation à la Real Extração do Diamante qui demeure opérationnelle jusqu'en 1845. Le monopole royal est alors régi par le Regimento Diamantino qui comptait, dit-on, plus de militaires que d'administrateurs.

Le contrôle ainsi exercé par l'État fait en sorte que Tijuco ne devient vila, c'est-à-dire agglomération de taille plus grande que celle du hameau mais plus petite que celle de ville, qu'en 1832, dix ans après la création du Brésil. Elle a alors droit à sa propre administration. Ce n'est qu'en 1838, en reconnaissance de son importance sur le plan régional, que Tijuco est élevée au rang de ville. En 1845, la Real Extração est dissoute et les baux miniers qui se signent sous le contrôle de l'Inspetoria dos Terrenos Diamantinos sont annulés en 1906, avec la dissolution de l'Inspetoria lui-même. Entre-temps, les premières compagnies étrangères d'exploitation minière mécanisée et les premiers ateliers de taille de pierre et d'orfèvrerie se sont installés dans la région. Malheureusement, la découverte en Afrique du Sud de gisements miniers plus abondants et de meilleure qualité fait chuter dramatiquement les activités d'exploitation à Diamantina.

À la fin du XIXe siècle, le projet utopique d'une industrie du textile à Diamantina donne lieu à la création de l'ensemble de Biri Biri, une implantation industrielle idyllique construite dans l'intimité d'un paysage très scénographique, à environ 12 km de la ville. Créé de toute pièce pour satisfaire ce rêve, à l'instar des villages spontanés aménagés par les chercheurs de diamants près des sites de fouilles, l'ensemble de Biri Biri a compté, pendant une certaine période, pour une partie importante de l'économie locale. L'industrie n'a pas survécu mais le site du village n'a rien perdu de son esprit ni de son charme. En 1914, le chemin de fer pénètre jusqu'à Diamantina et la confirme dans son rôle de centre économique et de carrefour de la région. Le chemin de fer est abandonné en 1973.

Le peu de perturbations dont a été victime la ville depuis le déclin de l'activité minière au XIXe siècle a produit l'heureux résultat que son tissu ancien a été bien protégé et qu'il nous est parvenu presque intégralement.

Source : évaluation des Organisations consultatives