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Monuments d’Oviedo et du royaume des Asturies

Brève description

Au IXe siècle, la flamme de la chrétienté a été entretenue dans la péninsule Ibérique, dans le petit royaume des Asturies où est apparu un style novateur d'architecture préromane qui a joué un rôle important dans l'évolution de l'architecture religieuse de la péninsule. Les églises de Santa Maria del Naranco, San Miguel de Lillo, Santa Cristina de Lena, la Cámara Santa et San Julian de los Prados, situées dans la capitale Oviedo et aux alentours, en sont les illustrations les plus représentatives. On peut y associer la remarquable structure d'ingénierie hydraulique connue sous le nom de La Foncalada.

Monuments d’Oviedo et du royaume des Asturies © UNESCO

Description longue

[Uniquement en anglais]

The palaces and churches in the surroundings of Oviedo provide eminent testimony to the civilization of the small Christian Kingdom of Asturias during the splendour of the Emirate of Cordoba. Pre-Romanesque Asturian architecture represents a unique artistic achievement which is neither a metamorphosis of palaeo-Christian art nor a feature of Carolingian art. These churches, which are basilical in layout and entirely vaulted, and which make use of columns instead of piers, have very rich decors which contain Visigothic references, Arabic elements, and shapes that associate them with the great sanctuaries of Asia Minor. Asturian monuments have exerted a decisive influence on the development of medieval architecture on the Iberian peninsula.

On the morrow of the Arab conquest of Spain, the reconstitution in the mountains of Asturias of the tiny Christian kingdom of Pelage is of historical and cultural importance which greatly overshadows its political significance. For a long time, the existence of this principality, an offshoot of the Visigothic kingdom, remained precarious and it is not without a certain prejudice that the battle of Covadonga (718) was portrayed as the first victory in a war against Islam which lasted eight centuries, drawing to a close as it did with the taking of Granada by the Catholic kings.

However, the Kingdom of Asturias, although frequently threatened by Arab raids (Oviedo was captured in 789, then sacked again in 794), became a stronghold of Christianity in the 9th century and a special brand of architecture took root there, reaching its apogee under the reign of Ramiré I (842-50) whom the narrative sources (chronicles of Albelda, Sebastian, and Silos) portray as a great builder.

Santa María del Naranco and San Miguel de Lillo, sanctuaries which are located in the immediate vicinity of the capital of the kingdom, Oviedo, on the slopes of Mont Naranco, both are traced back to the reign of Ramiré. A third edifice, which is slightly more recent, makes use of the spatial, structural and decorative innovations of the Ramirian period: it is the church of Santa Cristina de Lena, 37 km south of Oviedo on the road to León.

Santa María del Naranco is a former royal residence built on two levels. Excavations in 1930-34 revealed the existence of baths in one of the lower rooms. This rectangular Ramirian palace which was converted into a church between 905 and 1065, has exterior stairways at the north end and a balcony at the south end; it opens to the east and west via loggias which act as lookout points poised upon bays and open at all three sides.

San Miguel de Lillo, which has been a church right from the very start, has only retained the first two admirably balanced bays of an ambitious building which bears a strong resemblance to the Naranco Palace.

Santa Cristina de Lena, a harmonious but smaller version of these exceptional creations embodies the final phase of this incomparable Asturian architecture (c . 850-66), if it is indeed true, as believed, that this was the chapel of the royal domain of Ordoño I.

Source : UNESCO/CLT/WHC

Description historique

Fruela Ier, roi des Asturies de 757 à 768, fit bâtir une basilique dédiée au Sauveur à un endroit alors connu sous le nom d'Ovetao et, à ses côtés, une résidence royale où naquit son fils Alphonse II. A peu près à la même époque, une communauté monastique s'établit au même endroit, et fonda un monastère consacré à saint Vincent.

Cette nouvelle ville fut détruite pendant la campagne de l'émirat de Cordoue en 794-795 ; néanmoins, Alphonse II la reconstruisit et en fit sa capitale. Pendant son long règne (791-842), Oviedo fut dotée de bon nombre de nouveaux bâtiments ecclésiastiques et séculiers, parmi lesquels la basilique et le monastère reconstruits, une seconde basilique dédiée à saint Tirso, une église dédiée à la Vierge, des palais et des bains à l'intérieur de l'enceinte, ainsi qu'une troisième basilique, dédiée à saint Julien et à sainte Basilisa, extra muros.

Les deux établissements religieux situés au sud du Naranco, Santa María del Naranco et San Miguel, furent construits sous le dur règne de Ramiro Ier (842-850). On ignore pourquoi il choisit de les installer à plusieurs kilomètres de la capitale de son prédécesseur. Quant à Alphonse III, dernier et plus grand des rois des Asturies (866-910), il apporta lui aussi sa contribution, sous la forme d'une forteresse construite au nord-est, à l'extérieur des murailles. Au pied du château, le quartier Socastiello, tirant bien évidemment son nom de son emplacement, était le quartier juif de la fin du Moyen Age.

C'est aux alentours de cette époque que les dépouilles des martyrs cordouans Eulogio et Leocricia furent apportées à Oviedo. Une salle du trésor fut construite dans la cathédrale pour les accueillir, la Cámara Santa (chambre sainte), qui devait devenir un lieu de pèlerinage à la fin du Moyen Age.

A la mort d'Alfonso, la cour s'installa à León et Oviedo connut un certain déclin, car elle perdit ses importantes connexions royales. Cependant, elle resta un haut lieu des affaires religieuses et ecclésiastiques, rivalisant avec cet autre lieu de pèlerinage qu'est toujours Saint Jacques de Compostelle. Elle attira également un grand nombre d'immigrants francs, à tel point que deux juridictions furent instaurées, l'une pour les Castillans et l'autre pour la composante franque de la population. Ce contact avec le sud-ouest de la France se poursuivit tout au long du Moyen Age.

Sous le règne d'Alphonse VI le Vaillant, roi de León et de Castille (1065 - 1105), Oviedo reçut ses premières lois, la charte Fuero, qui excluait clairement les citoyens faisant allégeance à l'évêque d'Oviedo et non à la couronne. Alphonse IX (1188-1230) accorda à la ville le droit de construire de nouvelles fortifications autour de sa zone urbaine, qui s'était étendue, mais qui dépassa rapidement ces nouvelles limites, tandis que des ordres mendiants s'installaient à l'extérieur. Parallèlement, l'influence des fondations religieuses - la cathédrale et les monastères San Pelayo et Santa María, en particulier-, connut un essor considérable, et une grande partie des terrains urbains tomba en leur possession.

Cet ordre médiéval parvint à son terme avec l'incendie désastreux de Noël 1521. Lors de la reconstruction ultérieure, les citoyens se libérèrent dans une grande mesure d'un joug ecclésiastique trop pesant. Des bâtiments publics séculiers furent érigés, tels que l'Hôtel de Ville, l'Audiencia (le tribunal), et l'Université, et le XVIIe et le XVIIIe siècles virent la construction de nombre de magnifiques palais et résidences bourgeoises.

Source : évaluation des Organisations consultatives

Notes

  • Extension du bien « Églises du royaume des Asturies » pour y inclure le centre historique de la cité d’Oviedo.