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Parc national de la Garamba

Année d'inscription du bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril : 1996

Brève description

Comprenant d'immenses savanes, herbeuses ou boisées, entrecoupées de forêts-galeries le long des rivières et de dépressions marécageuses, le parc abrite quatre des plus grands mammifères : l'éléphant, la girafe, l'hippopotame et surtout le rhinocéros blanc, inoffensif et beaucoup plus gros que le rhinocéros noir, dont il ne subsiste qu'une trentaine d'individus.

© Nuria Ortega

Valeur universelle exceptionnelle

Brève synthèse

Comprenant d'immenses savanes herbeuses ou boisées entrecoupées de forêts-galeries et de dépressions marécageuses, le Parc national de la Garamba se situe au nord-est de la République Démocratique du Congo (RDC) dans la zone de transition entre les forêts denses humides du bassin du Congo et les savanes guinéo-soudaniennes. Il abrite la dernière population mondiale du rhinocéros blanc du nord, une sous-espèce endémique de girafe congolaise et une population d’éléphants mélangeant éléphants de forêt, éléphants de savane et des individus montrant des caractéristiques morphologiques communes aux deux sous-espèces. Il se caractérise aussi par une biomasse exceptionnellement élevée de grands herbivores grâce à la productivité végétale du milieu. Couvrant 490 000 ha et entouré de 752 700 ha de trois domaines de chasse qui contribuent à une protection efficace du bien contre les menaces provenant de la zone environnante, ce bien est un sanctuaire exceptionnel de par son mélange inhabituel de grande faune spectaculaire.

Critère (vii) : Le Parc national de la Garamba et ses domaines de chasse avoisinants offrent une vaste étendue parsemée d’un réseau dense de petites sources permanentes qui soutiennent une productivité végétale et une biomasse d’herbivores exceptionnellement élevées. Cette biomasse se traduit par exemple par la présence d’importants attroupements d’éléphants à certaines périodes de l’année, parfois dans des troupeaux de plus de 500 individus, phénomène naturel exceptionnel.

Critère (x) : Le Parc national de la Garamba abrite les quatre plus grands mammifères terrestres du monde, soit l’éléphant, le rhinocéros, la girafe et l’hippopotame. La population de rhinocéros blanc du nord est la dernière population survivante de cette sous-espèce. De plus, la sous-espèce de la girafe congolaise est également endémique au parc. Situé dans la zone de transition entre les centres d’endémisme guinéo-congolien et guinéo-soudanien, le parc et les domaines de chasse avoisinants abritent une biodiversité particulièrement intéressante avec des espèces typiques des deux zones biogéographiques. Outre le rhinocéros et la girafe, les espèces purement savanicoles incluent le lion, la hyène tachetée, et de nombreuses espèces d’antilopes. Par ailleurs, les espèces typiques de la forêt dense comprennent le bongo, l’hylochère, le chimpanzé, et cinq espèces de petits primates diurnes. Le parc fait aussi parti des rares endroits en Afrique où l’on rencontre à la fois l’éléphant de forêt Loxodonta africana cyclotis et l’éléphant de savane Loxodonta africana africana, ainsi que des éléphants présentant des caractéristiques morphologiques communes aux deux sous-espèces. Une population très importante du buffle africain montre également des formes intermédiaires entre le buffle de forêt Syncerus caffer nanus et le buffle de savane Syncerus caffer aequinoctialis.

Intégrité

Le Parc national de la Garamba est délimité à l’est, au sud et à l’ouest par des cours d’eau importants qui constituent des limites naturelles précises et connues de tous. Au nord, il partage ses limites avec le Lantoto National Park du Soudan du Sud, offrant d’intéressantes possibilités de protection à l’échelle transfrontalière et régionale. Dans un paysage vierge, aucune présence ou installation humaine n’était signalée dans le parc au moment de l’inscription et la population en périphérie était faible. Le Parc national de la Garamba est entouré de trois grands domaines de chasses contigus, constituant un écosystème d’une superficie suffisamment étendue (1 242 700 ha) pour soutenir des populations importantes de grands mammifères avec leurs schémas de migrations locales saisonnières. Les domaines de chasse contribuent à une protection efficace du bien contre les menaces provenant de la zone environnante. Leur valeur est primordiale, particulièrement pour les mouvements saisonniers des éléphants et pour le maintien des populations viables des espèces forestières.

Eléments requis en matière de protection et de gestion

Le Parc national de la Garamba a un statut de Parc national depuis 1938, et l’autorité de gestion en est l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN). Il est géré à travers les trois secteurs administratifs de Nagero, Gangala na Bodio et Beredwa à la limite nord, chacun ayant une infrastructure immobilière et routière.  La mise en place d’un plan de gestion est une condition indispensable à la gestion du parc. Etant donné l’importance des domaines de chasse pour l’intégrité du bien, ceux-ci doivent bénéficier d’une gestion intégrée avec le parc.

Il est essentiel que l’intégration des communautés locales dans la gestion du parc et des domaines de chasse périphériques, à travers l’approche de la conservation communautaire, soit mise en place par le biais d’une gestion participative des ressources naturelles.

La surveillance est assurée par les gardes au moyen de patrouilles dans les trois domaines de chasse ainsi que dans le parc, en liaison avec des survols réguliers de toutes ces zones.  L’aspect touristique y avait été développé et la possibilité, unique en Afrique, d’un tourisme à dos d’éléphant y existait ; cette activité pourra être reprise lorsque la situation sécuritaire sera plus stable.

Le partenariat avec les organismes internationaux et la recherche de fonds suffisants pour une conservation efficace du bien doivent aussi être renforcés, y compris idéalement par la création d’un Fonds fiduciaire.

Description longue

[Uniquement en anglais]

The site is located in the north-east of the country, on the Sudanese border. The park's immense savannahs, grasslands and woodlands, interspersed with gallery forests along the riverbanks and swampy depressions, are home to four large mammals: the elephant, giraffe, hippopotamus and above all the white rhinoceros.

A vast undulating plateau broken up by inselbergs (generally of granitic formation) and sizeable marshland depressions, it lies on the watershed between the River Nile and the River Zaire. The largest rivers are the Dungu, Aka and Garamba.

The park's position, between the Guinean and Sudanese biogeographic realms, makes it particularly interesting. Three formations can be distinguished: gallery forest, forest clumps and marshland; aquatic and semi-aquatic associations; and savannahs ranging from dense woodland to virtually treeless grassland. The densely wooded savannah, gallery forests, and papyrus marshes of the north and west give way in the centre to more open tree/bush savannah. Numerous small rivers with valley grasslands and papyrus swamps dissect the grasslands. It is estimated that there are approximately 1,000 vascular plant species, of which some 5% are endemic.

The park contains probably the last viable natural population of square-lipped or northern white rhinoceros. Elephant is a unique population representing an intermediary form between the forest and savannah subspecies. Other mammals include northern savannah giraffe (occurring nowhere else in the country), hippopotamus, buffalo, hartebeest, kob, waterbuck, chimpanzee, olive baboon, colobus, vervet, de Brazzas and four other species of monkey, two species of otter, five species of mongoose, golden cat, leopard, lion, warthog, bush pig, roan antelope and six other antelope species.

Source : UNESCO/CLT/WHC

Description historique

[Uniquement en anglais]

Instituted by decree on 17 March 1938 as Garamba National Park. Prior to that, an autonomous institution had been in existence since 1925, with the main aim of managing 'Albert National Park'. From 22 August 1969, under Presidential Decree No. 69/72, the National Institute for Nature Conservation had management responsibility. On 22 July 1975, the Institut Zairois pour la Conservation de la Nature, a public institution with legal status under the authority of the state Commission for the Environment, Nature Conservation and Tourism, was responsible for the management of the park. It was inscribed on the Unesco World Heritage list in 1980.

Source : évaluation des Organisations consultatives