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Paysage culturel de Maymand

Cultural Landscape of Maymand

Maymand is a self-contained, semi-arid area at the end of a valley at the southern extremity of Iran’s central mountains. The villagers are semi-nomadic agro-pastoralists. They raise their animals on mountain pastures, living in temporary settlements in spring and autumn. During the winter months they live lower down the valley in cave dwellings carved out of the soft rock (kamar), an unusual form of housing in a dry, desert environment.  This cultural landscape is an example of a system that appears to have been more widespread in the past and involves the movement of people rather than animals.

La description est disponible sous licence CC-BY-SA IGO 3.0

Paysage culturel de Maymand

Maymand est une zone semi-désertique isolée au bout d’une vallée à l’extrémité sud des montagnes du centre de l’Iran. Les habitants sont des semi-nomades qui pratiquent l’agro-pastoralisme. Ils élèvent du bétail sur les pâturages des montagnes où ils ont des établissements provisoires du printemps à l’automne. Pendant les mois d’hiver, ils vivent plus bas dans la vallée, dans des maisons troglodytiques creusées dans la roche tendre de kamar (tuf), ce qui est un habitat inhabituel dans un environnement désertique. Ce paysage culturel témoigne d’un système qui semble avoir été plus répandu autrefois et qui implique le mouvement des personnes plutôt que celui des animaux.

La description est disponible sous licence CC-BY-SA IGO 3.0

موقع ميمند الثقافي
ميمند منطقة شبه صحراوية معزولة تقع في نهاية وادٍ، عند الطرف الجنوبي من الجبال الموجودة في وسط إيران. وسكان ميمند هم من شبه الرُحّل، ويمارسون الزراعة ويربون المواشي في مراعي الجبال حيث يعيشون في مساكن مؤقتة من فصل الربيع حتى فصل الخريف. وفي أشهر فصل الشتاء، يعيش سكان ميمند في أسفل الوادي، في منازل بدائية محفورة في صخور كمار الجيرية المرنة، وهي منازل نادراً ما تُصادف في بيئة صحراوية. ويشهد هذا الموقع الثقافي على نظام يبدو أنه كان أكثر انتشاراً في الماضي ويرتكز على تنقل الناس أكثر مما يرتكز على تنقل الحيوانات.

source: UNESCO/ERI
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梅满德
梅满德是伊朗中部山脉南端终点谷底尽头孤立的半沙漠地区。居民是从事农牧业的半游牧民族。他们在山区牧场放牧,春秋两季住在山区临时定居点里,冬季则住在山谷底部在软岩(卡玛尔凝灰岩)上凿出的窑洞里,这种窑洞在干旱的沙漠地区非常罕见。这一文化景观呈现了一套过去曾经非常普遍的游牧系统,主要是为了适应人的迁移,而不是动物的迁徙。

source: UNESCO/ERI
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Культурный ландшафт Мейманда
Мейманд представляет собой изолированный полупустынный район в глубине долины в южных отрогах центрального горного массива Ирана. Население Мейманда ведет полукочевую жизнь и занимается земледелием и скотоводством, переселяясь с весны по осень во временные жилища на горных пастбищах. На зиму они спускаются в долину и живут в домах-пещерах, выдолбленных в мягких скальных породах (туфах), довольно необычный вид жилищ в сухих пустынных условиях. Культурный ландшафт Мейманда свидетельствует о существовании специфичной системы, ранее, по-видимому, более распространенной, характерной кочевыми перемещениями, преимущественно, людей, а не животных.

source: UNESCO/ERI
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Paisaje cultural de Maymand
Situado en la parte más meridional de la cordillera central del Irán, este paisaje cultural abarca una zona aislada semidesértica en el extremo de un valle. Sus habitantes llevan una vida seminómada, practicando la agricultura y el pastoreo. Desde la primavera hasta el otoño residen en asentamientos provisionales establecidos en las praderas de las zonas montañosas altas, donde hacen pastar a sus ganados. Luego bajan al valle y se instalan durante los meses de invierno en viviendas troglodíticas excavadas en terrenos de toba (kamar), que constituyen un hábitat excepcional en un medio natural desértico. Este paisaje cultural atestigua la existencia de un sistema de trashumancia, bastante extendido al parecer en otros tiempos, en el que el desplazamiento de los pastores prevalece sobre la migración del ganado.

source: UNESCO/ERI
La description est disponible sous licence CC-BY-SA IGO 3.0

メイマンドの文化的景観

source: NFUAJ

Cultuurlandschap van Maymand

Maymand is een op zichzelf staand halfdroog gebied, liggend aan het einde van een vallei op het zuidelijkste punt van het centrale gebergte van Iran. De dorpelingen zijn semi-nomadische veehouders. Ze houden hun dieren op de bergweiden en leven in tijdelijke nederzettingen in de lente en de herfst. Tijdens de wintermaanden leven ze dieper in de vallei, in grotwoningen die uitgehouwen zijn in de zachte steen (kamar), een ongebruikelijke vorm van huisvesting in een droge woestijnachtige omgeving. Dit cultuurlandschap is een voorbeeld van een systeem dat in het verleden op grotere schaal lijkt te zijn toegepast, en dat draait om het zich verplaatsen van groepen mensen, meer nog dan van dieren.

Source : unesco.nl

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Elevage du bétail à Sar-e-Aqol © Maymand Cultural Heritage Base
Valeur universelle exceptionnelle

Brève synthèse

Maymand est une vallée relativement indépendante située au sud de la chaîne aride des montagnes du centre de l’Iran. Les villageois sont des pasteurs-agriculteurs qui pratiquent un type très particulier de transhumance en trois phases qui s’inscrit dans un environnement désertique sec. Au cours de l’année, les fermiers se déplacent avec leurs animaux dans des établissements définis, traditionnellement quatre et plus récemment trois qui comprennent des habitats troglodytes fortifiés pour les mois d’hiver. Dans trois de ces établissements, les maisons sont temporaires, tandis que dans le quatrième, les maisons troglodytes sont permanentes.

Les Sar-e-Āghol sont des établissements utilisés de la fin de l’hiver jusqu’à la fin du printemps qui se trouvent sur les champs orientés au sud. Les maisons sont de deux types : les Markhāneh sont des maisons circulaires, semi-enterrées pour les abriter du vent avec des murs bas de pierre sèche et des couvertures en bois et chaume de chardons sauvages ; les Mashkdān sont construites au niveau du sol avec des murs en pierre sèche et un toit conique fait de branchages. Certains des bâtiments pour le bétail sont bien plus importants et sont couverts de toits à voûtes en berceau de brique ou de pierre.

Les maisons Sar-e-Bāgh sont des maisons implantées près des rivières saisonnières et utilisées pendant l’été et au début de l’automne. Par temps chaud, les structures sont légères. Des murs de pierre sèche soutiennent une charpente de toiture assemblant des pièces de bois verticales et horizontales et recouverte de chaume. Par mauvais temps, des maisons plus solides sont construites, avec des murs en pierre plus hauts et un toit conique. Le bétail est rassemblé dans des enclos en pierre à ciel ouvert. Près des rivières saisonnières autour de ces villages d’été sont situées des terrasses pour cultiver le blé et l’orge et les vestiges ou les ruines à présent de moulins à eau, dont l’un a été restauré. Des fosses pour bouillir et presser le jus de raisin sont toujours utilisées, de même que les Kel-e-Dūshāb qui recueillent le Dūshāb ou sirop de raisin produit.

Les maisons troglodytiques utilisées en hiver sont creusées dans la roche tendre sur plusieurs niveaux pouvant aller jusqu’à cinq. Environ 400 Kiches ou maisons ont été identifiées, dont 123 sont intactes. Chaque maison possède entre une et sept pièces servant traditionnellement de lieu d’habitation et de stockage.

Dans ce climat extrêmement aride, traditionnellement chaque goutte d’eau devait être recueillie à diverses sources, telles que les rivières, les sources et les réserves souterraines, et collectées dans des réservoirs ou canalisés via les qanats souterrains pour abreuver les animaux et arroser les vergers et les petits jardins potagers.

La communauté a un lien fort avec l’environnement naturel qui s’exprime dans des pratiques sociales, des cérémonies culturelles et des croyances religieuses.

Critère (v) : Le paysage culturel de Maymand, une petite communauté essentiellement auto-suffisante vivant dans une grande vallée, reflète un système de transhumance en trois phases doté d’un habitat hivernal troglodyte inhabituel dans un environnement désertique. C’est un bon exemple d’un système qui semble avoir été plus répandu autrefois et implique le mouvement des personnes plutôt que celui des animaux vers trois aires d’établissement fixe, dont l’une est constituée d’habitations troglodytes.

Intégrité

Tous les éléments du paysage reflétant le système agro-pastoral et les habitations permanentes et saisonnières sont inclus dans les délimitations.

Les éléments constitutifs sont cependant vulnérables, notamment quant à la résilience des systèmes de transhumance. Ils se perpétuent pour le moment, avec une population en déclin. Bien que les petits champs irrigués survivent ils ne sont plus utilisés pour la culture des denrées de base dans le cadre d’une économie auto-suffisante familiale. L’amélioration des communications, par exemple avec les villes voisines, signifie que les fermiers peuvent prendre soin de leurs bêtes et de leurs potagers d’une manière différente qu’auparavant.

Il en résulte que beaucoup moins de personnes passent l’hiver dans les maisons troglodytiques par rapport à la génération précédente et que les familles utilisant les établissements saisonniers sont nettement moins nombreuses.

Seules quelque 90 sur les 400 habitations troglodytiques sont habitées en hiver. S’y ajoutent quelques-unes qui ne sont occupées que pendant les fins de semaine, lorsque les habitants reviennent de la ville voisine où ils ont déménagé.

Le nombre d’Āghols a diminué ces dernières années en raison de la diminution du nombre de pasteurs. Dans le bien, il reste au moins 8 Āghols qui sont encore utilisées par les familles qui ont un cheptel assez important pour assurer leur survie. Deux autres sont abandonnées.

La plupart des habitations saisonnières sont en grande partie reconstruites à chaque saison et reflètent par conséquent les pratiques traditionnelles qui perdurent depuis des générations. Il s’agit cependant d’une pratique très vulnérable qui pourrait disparaître en l’espace d’une génération si le mode de vie pastoral n’est plus attractif ou suffisamment viable pour la jeune génération.

Authenticité

L’authenticité de la plupart des éléments constitutifs du bien fait peu de doute, en ce qui concerne le paysage lui-même et les pratiques traditionnelles qui interagissent avec lui, comme le reflètent les maisons troglodytiques, les abris saisonniers et les structures de collecte de l’eau. Certaines de ces dernières ont été adaptées au cours des dernières décennies et seuls deux des qanats subsistent. Les structures troglodytiques ont subi d’importantes restaurations ces dix dernières années.

L’authenticité est également vulnérable à un affaiblissement des pratiques traditionnelles qui pourrait conduire à une réduction de la taille de la communauté qui gère le paysage, à davantage de familles ne vivant dans la vallée que pendant les mois d’été, et à l’impact du tourisme en particulier sur les habitations troglodytiques.

Éléments requis en matière de protection et de gestion

Le village troglodytique est inscrit sur la liste du patrimoine national, il est protégé par la Loi de protection et de conservation des monuments historiques. Il est entendu que la totalité du bien sera légalement protégée lors de l’inscription comme le sont d’autres biens inscrits en Iran.

Le bien est également protégé par d’autres lois iraniennes sur la culture et la nature, telles que la Loi civile iranienne qui interdit le transfert de propriété de monuments publics et la propriété privée d’un bien culturel important. La Loi pénale islamique protège aussi le site, car aucune restauration, réparation, rénovation, aucun transfert ni changement de fonction, etc., de bâtiments classés ne peut se faire sans l’accord de l’Organisation iranienne du patrimoine culturel, de l’artisanat et du tourisme. La zone est également soumise à la réglementation concernant le patrimoine naturel qui protège l’environnement naturel.

Depuis 2001, l’Organisation iranienne du patrimoine culturel, de l’artisanat et du tourisme assume la responsabilité du site et la Base du patrimoine culturel de Maymand a été créée, en étroite relation avec le conseil du village de Maymand et le bureau de l’administration du village de Maymand. Le conseil local gère les affaires quotidiennes en collaboration avec la Base du patrimoine culturel de Maymand. L’administration est actuellement dotée de ressources locales.

Un plan de gestion présenté dans le dossier de proposition d’inscription d’origine comprenait des réglementations visant le bien. Dans la zone tampon, des plans d’envergure qui peuvent concerner la construction de complexes industriels et des projets d’aménagement tels que la construction d’autoroutes, etc., doivent recevoir l’agrément de l’Organisation iranienne du patrimoine culturel, de l’artisanat et du tourisme.

Des détails d’un plan étoffé, découlant d’un atelier qui visait à encourager le développement durable pour les communautés locales en établissant des engagements entre elles et les agences nationales et régionales, ont été fournis. Cela concernait la sensibilisation à l’héritage dont elles avaient la charge et la mise en place d’un cadre de développement durable basé sur le soutien et l’encouragement de nouveaux moyens d’ajouter de la valeur aux produits locaux, de même qu’un certain soutien officiel, tel que le drainage des qanats et la vaccination du bétail. Ce plan de développement durable est encore très récent et nécessite visiblement d’être complété par un plan d’action assorti d’un calendrier convenu et de ressources nécessaires.

Trois autres plans ont également été développés par les départements de l’Université : évaluation des capacités écologiques ; description et étude comparative du mode de vie agro-pastoral ; projet de recherche sur l’impact des sources d’eau et de l’agriculture. Par ailleurs, une équipe locale s’est engagée dans le relevé topographique des activités agricoles tout au long de l’année.

Malgré ces initiatives et l’engagement de la communauté locale dans un dialogue sur la manière de soutenir les pratiques paysagère dynamiques, il y a des inquiétudes qu’une si petite communauté de quelque 70 familles puisse former une unité résiliente et durable qui conservera vivant le système agro-pastoral de Maymand, même si, à l’avenir, il ne survit pas dans les vallées voisines. L’intégrité et l’authenticité sont donc vulnérables face à l’affaiblissement des pratiques traditionnelles.

Le développement durable devra sans aucun doute exploiter les opportunités appropriées du tourisme. Il est nécessaire de planifier la manière dont le tourisme pourrait être géré afin qu’il soutienne les traditions locales plutôt que de leur nuire, et qu’il évite la muséification du village et la perte des traditions agro-pastorales.
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