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Région des lacs Willandra

Willandra Lakes Region

The fossil remains of a series of lakes and sand formations that date from the Pleistocene can be found in this region, together with archaeological evidence of human occupation dating from 45–60,000 years ago. It is a unique landmark in the study of human evolution on the Australian continent. Several well-preserved fossils of giant marsupials have also been found here.

Région des lacs Willandra

On trouve dans cette région les restes fossilisés d’une série de lacs et de formations dunaires du pléistocène, ainsi que la preuve archéologique d’une occupation humaine il y a de cela 60 000 à 45 000 ans. C’est un jalon unique dans l’histoire de l’évolution humaine sur le continent australien. On a découvert également dans la région plusieurs fossiles de marsupiaux géants bien conservés.

منطقة بحيرات ويلاندرا

نجد في هذه المنطقة بقايا متحجّرات من سلسلة بحيرات وتشكلات كثبانية تعود إلى الباليستوسين، بالإضافة إلى البرهان الأثري عن إشغال بشري للمكان منذ 60000 إلى 45000 عام. إنه معلم فريد من نوعه في تاريخ التطوّر البشري على القارة الأسترالية. وقد تمّ اكتشاف عدد من المتحجّرات العائدة للحرابيات العملاقة التي لا تزال محفوظة جيدًا.

source: UNESCO/ERI

威兰德拉湖区

该湖区有更新世(the Pleistocene)系列湖泊和沙滩构造的化石,考古研究还发现了4.5至6万年前人类居住的证据。这对于研究澳洲大陆人类进化史有着里程碑式的意义。湖区还有一些保存完好的大型有袋动物化石。

source: UNESCO/ERI

Озерный район Уилландра

Окаменелости и другие археологические находки, датируемые плейстоценом, обнаруженные в песках и на высохших озерах, свидетельствуют о заселении этого района 45-60 тыс. лет назад. С точки зрения изучения эволюции человека на австралийском материке район Уилландра является поистине уникальным местом. Здесь также найдены хорошо сохранившиеся ископаемые останки гигантских сумчатых животных.

source: UNESCO/ERI

Región de los Lagos Willandra

Esta región posee restos fosilizados de lagos y dunas del Pleistoceno, así como vestigios arqueológicos que atestiguan la presencia del ser humano desde unos 60.000 a 45.000 años. De ahí que sea un sitio excepcional para el estudio de la evolución humana en el continente australiano. También se han encontrado varios fósiles de marsupiales gigantes en buen estado de conservación.

source: UNESCO/ERI

ウィランドラ湖群地域

source: NFUAJ

Willandra Merenregio

In de regio van de Willandra meren bevinden zich de fossiele resten van een reeks meren en zandformaties uit het Pleistoceen. Daarnaast is er archeologisch bewijs te vinden van menselijke bewoning daterend van 45.000 tot 60.000 jaar geleden. De flora en fauna van het Willandra merengebied zijn archeologisch van significant belang; ze gelden als een mijlpaal in de studie van de menselijke evolutie op het Australische continent. De gevonden en goed bewaard gebleven fossielen van reuzenbuideldieren maken het namelijk mogelijk een verband vast te stellen tussen het uitsterven van deze dieren en predatie door de mens.

Source : unesco.nl

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Région des lacs Willandra © DSEWPaC
Valeur universelle exceptionnelle

Brève synthèse

La région des lacs Willandra, dans la zone semi-aride du sud-ouest de la Nouvelle-Galles du Sud (NGS), contient un système de lacs fossilisés dont les sédiments, la géomorphologie et les sols présentent un témoignage exceptionnel de paysage du Pléistocène non glaciaire de faible altitude. Elle contient également des traces exceptionnelles des oscillations climatiques glaciaires-interglaciaires du Pléistocène supérieur, en particulier au cours des 100.000 dernières années. Les lacs Willandra, qui ont cessé de fonctionner en tant qu’écosystème lacustre il y a environ 18.500 ans, offrent les conditions idéales pour illustrer les événements survenus au cours du Pléistocène, période au cours de laquelle l’évolution de l’homme a abouti à sa forme actuelle.

Le contexte stratigraphique intact offre un témoignage exceptionnel permettant de restituer la vie économique de l'Homo sapiens sapiens.  Les vestiges archéologiques tels que des restes de foyers, des outils de pierre et des amas de coquillages montrent une remarquable adaptation aux ressources locales et une fascinante interaction entre la culture humaine et un environnement changeant.  Plusieurs fossiles bien conservés de marsupiaux géants y ont également été découverts.

Willandra contient certaines des plus anciennes traces d’Homo sapiens sapiens en dehors d'Afrique. Les preuves d'occupation humaine permettent d’établir que des êtres humains étaient présents jusqu’en Australie il y a 42.000 ans. Les sites présentent également des sépultures humaines très anciennes, comme un site de crémation vieux de près de 40.000 ans, le plus ancien site de crémation connu au monde, et des traces de systèmes de collecte de plantes alimentaires complexes qui remontent à plus de 18.000 ans av J.-C., associées à des meules utilisées pour écraser l’herbe sauvage dont on tirait de la  farine, à peu près à la même époque que leur utilisation dans le Moyen-Orient. Des pigments étaient transportés jusqu’aux rives des lacs il y a plus de 42.000 ans. Les preuves découvertes dans la région ont permis de définir la typologie des premiers outils de pierre australiens.

Depuis l'inscription du site, la découverte des vestiges humains fossiles, datés entre 19.000 et 23.000 ans av J.-C., ont ajouté à la compréhension de la façon dont les premiers humains interagissaient avec leur environnement.
Critère (iii) : L'assèchement des lacs Willandra quelque 18.500 années av J.-C a permis que subsistent  des preuves remarquables de la façon dont les premiers humains interagissaient avec leur environnement. La stratigraphie intacte a révélé des traces de l'Homo sapiens sapiens dans cette région depuis près de 50.000 ans, y compris le premier site de crémation connu, des vestiges fossiles, des traces d'utilisation de la technique de la meule et de l'exploitation des ressources d'eau douce, qui offrent tous un témoignage exceptionnel de l’évolution humaine au cours du Pléistocène.

Critère (viii) : Le milieu géologique australien, dont le relief est peu accentué et qui manifeste peu d’activité, est unique par l’ancienneté de ses paysages, et la région des lacs Willandra offre une perspective exceptionnelle sur les changements climatiques et environnementaux consécutifs au cours des 100.000 dernières années. Les lacs Willandra, en grande partie non modifiés depuis leur assèchement  quelque 18.500 années av J.C., offrent d'excellentes conditions pour témoigner des événements du pléistocène, et démontrent comment les zones non glaciaires ont réagi aux grandes fluctuations glaciaires-interglaciaires.

La démonstration sur ce site de l'étroite interconnexion entre les reliefs et la pédogenèse, la paléochimie, la climatologie, l’archéologie, l’archéomagnétisme, la datation par le carbone, la paléoécologie et l'extinction de la faune, constitue un jalon classique dans la recherche sur le Pléistocène dans la région Australasie. La région des lacs Willandra est également d'une importance exceptionnelle pour l'étude de la période où l'homme est devenu dominant en Australie, et de l’extinction des grandes espèces de faune, et les recherches se poursuivent pour élucider le rôle que les humains ont joué dans ces événements.
Intégrité 

Le bien proposé à l’inscription couvrait quelque 3.700 km2, suivant les limites cadastrales et incluait la totalité des systèmes de lacs et de rivières du Pléistocène, depuis le lac Mulurulu au nord jusqu’aux lacs Prungle au sud, comprenant ainsi tous les éléments qui contribuent à sa valeur universelle exceptionnelle. En 1995, les limites de la propriété ont été révisées afin de «mieux définir la zone qui contient les valeurs du patrimoine mondial et ... de faciliter la gestion du bien». Les limites révisées suivent les caractéristiques topographiques, avec une zone tampon appropriée à l'intérieur des limites, afin de délimiter plus étroitement l'ensemble du système de lacs et de rivières, mais en excluant les zones pastorales extérieures. La superficie du bien couvre maintenant environ 2.400 km2.

Bien que le développement pastoral ait entraîné des changements écologiques, les rendements de l’élevage, qui dépend de pâtures naturelles, sont faibles et la région reste majoritairement à végétation naturelle. Pour les propriétés locatives à l’intérieur du bien, des Plans de propriété individuels ont été développés et mis en œuvre, y compris des mesures telles que l'exclusion des pâturages de zones sensibles et le déplacement des points d'eau afin de minimiser l’impact du pâturage et de protéger la valeur universelle exceptionnelle, tout en permettant l’utilisation durable des terres. Il y a également eu des ajouts significatifs au parc national de Mungo, y compris quelques-unes des zones archéologiques les plus importantes du bien.

Une grande partie de l’importance scientifique et culturelle du bien est liée aux valeurs intégrées ou associées aux lunettes. L'érosion et la déflation continuent d’exposer les dunes dans les zones déjà perturbées des lunettes. Au moment de l'inscription, environ 8% avaient été largement érodés, tandis que 72 % restaient couverts de végétation et intacts, la zone restante étant en partie érodée.

Authenticité

L'authenticité des valeurs du patrimoine naturel et culturel aborigène de Willandra a tout d’abord été établie, au sens culturel occidental ou européen, par des recherches scientifiques rigoureuses menées par des experts reconnus dans leurs domaines. Les chercheurs ont établi la grande ancienneté et la richesse du patrimoine culturel aborigène à Willandra, ce qui a conduit à une réévaluation de la préhistoire de l'Australie et de sa place dans l'évolution et la dispersion de l'homme à travers le monde.

Pour les groupes tribaux traditionnels (GTT) qui ont un lien avec la région, il n'y a jamais eu de doute sur l'authenticité de Willandra et de chaque site particulier qui s’y trouve. Les GTT ont maintenu leurs liens avec la terre et continuent de se sentir concernés par ce lieu  important et de participer à sa gestion en tant que bien du patrimoine mondial. Les aborigènes de Willandra sont très fiers de leur patrimoine culturel et maintiennent leurs liens grâce à des pratiques culturelles, sociales et économiques modernes.

Eléments requis en matière de protection et de gestion 

La majorité de la région comprend des parcelles de pâturage louées par l'État et administrées par l’Autorité de gestion des terres et des biens (NSW). Le reste du territoire inclut une grande partie du parc national de Mungo, qui est géré par le Service des parcs nationaux et de la vie sauvage (NPWS), et qui est passé de 4,2% du bien au moment de l'inscription à 29,9% en 2012. Il y a aussi quelques petites zones de terres en pleine propriété à l’intérieur du bien. Le Bureau NSW de l'Environnement et du Patrimoine fournit une expertise archéologique sur tous les régimes fonciers à l’intérieur du bien. La base légale de la gestion est fournie par le Plan de l'Environnement de la Région des Lacs Willandra en vertu de la législation de la Nouvelle-Galles du Sud.  Celui-ci fournit au Conseil communautaire de gestion, un Comité consultatif scientifique et technique, un Conseil des aînés des groupes tribaux traditionnels affiliés à Willandra et un groupe de protection des propriétaires qui donnent des avis sur la gestion du site du patrimoine mondial.

Lors de l’inscription, le Comité du patrimoine mondial a demandé qu'un plan de gestion soit  «rapidement mis en place pour toute la région».  Ce processus avait commencé en 1989 avec le premier plan de gestion du bien - Soutenir Willandra - finalisé en 1996 à la suite d’une vaste consultation avec toutes les parties prenantes. Des plans de propriété individuels ont été élaborés pour protéger les valeurs du patrimoine mondial sur les parcelles de pâturage. De même, le parc national de Mungo, géré conjointement par les NPWS et les groupes tribaux traditionnels en vertu d'un accord de gestion conjointe, est soumis à un plan de gestion qui vise à maximiser la conservation des valeurs tant du patrimoine naturel que culturel, tout en conservant la biodiversité et en facilitant un accès approprié aux visiteurs. L'accès des visiteurs aux zones sensibles est soigneusement contrôlé, et exclu dans certaines zones, afin d’atténuer les impacts négatifs sur les valeurs du patrimoine mondial.
Tous les biens du patrimoine mondial en Australie sont considérés comme «objets d’importance nationale pour l’environnement» protégés et gérés en vertu de la Loi de 1999 sur la protection de l’environnement et la conservation de la biodiversité. C’est le texte réglementaire pour la mise en œuvre des obligations de l'Australie en vertu d’un certain nombre d’accords environnementaux multilatéraux, y compris la Convention du patrimoine mondial. Selon la Loi, toute action qui a, aura ou est susceptible d'avoir un impact significatif sur les valeurs d’un bien du patrimoine mondial, doit être soumise au ministre responsable pour étude. Des sanctions sont prévues au cas où une action de ce type serait engagée sans approbation préalable. Lorsqu’un lieu patrimonial est inscrit, la Loi prévoit l'élaboration de plans de gestion qui doivent définir les aspects patrimoniaux importants du lieu et la façon dont les valeurs du site seront gérées.

Surtout, cette loi vise à protéger des impacts les objets d’importance nationale pour l’environnement, tels que les biens du patrimoine mondial, même s’ils trouvent leur origine en dehors du bien, ou si les valeurs du bien sont mobiles (comme la faune). Elle constitue ainsi une couche supplémentaire de protection conçue pour préserver les valeurs des biens du patrimoine mondial contre les impacts extérieurs. En 2007, la région du patrimoine mondial des lacs Willandra  a été ajoutée à la Liste du patrimoine national en reconnaissance de son importance pour ce patrimoine.

Le plan de gestion du bien identifie les problèmes de gestion, propose des stratégies pour y répondre et identifie les parties responsables. Parmi les enjeux et les menaces sur les valeurs, qui sont traitées par une action coordonnée, on mentionnera la présence d'espèces nuisibles envahissantes (tels que les lapins européens et des chèvres sauvages), la recherche de l’équilibre entre l’augmentation de la fréquentation et la protection, le contrôle total de la pression du pâturage pour assurer la régénération de la végétation pérenne, et le frein à l’accélération de l'érosion lorsque cela est possible.

Description longue

On trouve dans cette région les vestiges fossilisés d'une série de lacs et de formations dunaires du pléistocène, ainsi que les témoignages archéologiques d'une occupation humaine vieille de 45 000 à 60 000 ans. C'est un jalon unique dans l'histoire de l'évolution humaine sur le continent australien. On y a également découvert plusieurs fossiles de marsupiaux géants bien conservés.

La région des lacs Willandra est avant tout un site géologique, avec une faune et une flore d'un intérêt remarquable sur le plan archéologique : c'est probablement le meilleur site pour documenter le lien entre l'extinction des marsupiaux géants et l'apparition de prédateurs humains. L'environnement géologique australien, avec ses reliefs topographiques bas et son régime à basse énergie, est unique par la longévité du paysage qu'il a conservé. Le site inclut la totalité du lac et du système de rivières du lac Mulurulu, le dernier à être resté en eau, jusqu'aux lacs Prungle, asséchés depuis plus de 15 000 ans. Cette région est unique au monde.

Les lacs Willandra offrent des conditions idéales pour illustrer les événements survenus au cours du pléistocène (époque au cours de laquelle l'évolution de l'homme aboutit à sa forme actuelle), en montrant de quelle manière les zones non glaciaires ont réagi aux changements climatiques majeurs entre les périodes de glaciation. Lorsque le Willandra Billabong se fut tari, cessant ainsi d'alimenter les lacs, ceux-ci s'asséchèrent progressivement depuis les lacs Prungle au sud jusqu'au lac Mulurulu au nord, au cours d'une période de plusieurs milliers d'années ; en s'évaporant, chacun d'entre eux forma un système indépendant en traversant toute une série de transformations, de l'eau douce à l'eau salée, puis au lit asséché.

Aussi longtemps que le lac conserva son eau, des dunes se formèrent le long de sa rive orientale. C'est ce système de dunes transversales en demi-lunes, connues sous le nom de « lunettes », qui conserve le témoignage du passé hydrogéologique et de l'environnement géochimique. Les lacs d'eau douce concentraient les sables de quartz pur sur leurs plages orientales, mais avec l'augmentation de la salinité qui accompagna leur dessèchement progressif, de petites mottes d'argile se détachèrent du fond du lac sous l'action des vents, formant ainsi ces lunettes d'argile caractéristiques. Ces dunes d'argile sont rares dans le monde, et les exemples fossiles bien conservés des lacs Willandra constituent donc un bien géologique important ; les lunettes d'argile de 30 m de hauteur du lac Chibnalwood sont parmi les plus importantes du monde.

La région des lacs Willandra est un remarquable exemple de site permettant de restituer la vie économique de l'Homo sapiens, qui a su s'adapter aux ressources locales, et d'appréhender l'interaction passionnante entre la culture humaine et un environnement naturel changeant. Le paysage fossile est resté en grande partie intact depuis la fin du dernier âge glaciaire du pléistocène.

Les découvertes archéologiques faites dans cette zone sont de la plus grande importance. On signalera notamment un site de crémation vieux de 26 000 ans (c'est le plus ancien connu au monde), une tombe couverte d'ocre vieille de 30 000 ans, des restes de marsupiaux géants extrêmement bien conservés, ainsi que des meules remontant à 18 000 ans, utilisées pour écraser l'herbe sauvage dont on tirait de la farine, à une époque correspondant à celle des plus anciennes économies utilisant cette technologie. On y trouve aussi des restes de foyers, dont certains sont vieux de 30 000 ans.

La région offre aussi le témoignage du point le plus extrême de dispersion atteint par l'Homo sapiens, au cours de la dernière glaciation, et du plus ancien système économique de dépendance de l'homme de l'eau douce connu au monde. Ce modèle était encore en vigueur auprès des Aborigènes, voici à peine un siècle, sur la rivière Darling.

Source : UNESCO/CLT/WHC