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Sites Gusuku et biens associés du royaume des Ryukyu

Brève description

Ce groupe de sites et de monuments représente cinq cents ans d'histoire des Ryukyu (XIIe -XVIIe siècle). Les châteaux en ruine, qui se dressent sur d'imposantes hauteurs, illustrent la structure sociale d'une grande partie de cette période, tandis que les sites sacrés demeurent les témoins muets de la rare survivance d'une ancienne forme de religion jusque dans l'ère contemporaine. Les multiples contacts économiques et culturels des îles Ryukyu au cours de cette période s'expriment dans le caractère unique de la culture qu'elles ont forgée.

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Justification d'inscription

Critère ii Pendant plusieurs siècles, les îles des Ryukyu ont servi de centre d’échanges économiques et culturels entre l’Asie du sud-est, la Chine, la Corée et le Japon, comme en témoignent avec force les monuments qui subsistent. Critère iii La culture du royaume des Ryukyu a évolué et s’est épanouie dans un environnement politique et économique particulier, qui lui a conféré des caractéristiques uniques. Critère vi Les sites sacrés des Ryukyu constituent un exemple exceptionnel de forme indigène de culte de la nature et des ancêtres qui a survécu intact dans l’âge moderne, aux côtés des grandes religions du monde.

Description longue

Durant plusieurs siècles, les îles de Ryukyu sont demeurées un lieu d'échanges économiques et culturels entre l'Asie du Sud-Est, la Chine, la Corée et le Japon, comme le montrent bien les monuments qui y sont conservés. La culture du royaume de Ryukyu a évolué et s'est épanouie dans un environnement politique et économique tout à fait spécifique.

Entre le Xe et le XIIe , les communautés de fermiers de Ryukyu (gusuku) commencèrent à construire de simples murs de pierre autour de leurs villages, pour assurer leur protection ; de puissants groupes, connus sous le nom d'aji , y apparurent à partir du XIIe  siècle. Ils agrandirent les systèmes défensifs des sites dans lesquels ils vivaient, et les transformèrent en de véritables forteresses pour protéger leur groupe familial ; le terme de gusuku fut alors adopté pour décrire ces puissantes forteresses. Il s'ensuivit une phase de lutte permanente pour la suprématie entre les différents aji , qui ne se regroupèrent qu'au XVe  siècle en trois différents royaumes - Hokuzan (montagne nord), Chûzan (montagne centrale) et Nanzan (montagne sud).

Le Tamaudun royal a été construit par Shô Shin autour de 1501 comme symbole du pouvoir royal, en exploitant l'usage des gens de Ryukyu d'honorer les tombes de leurs ancêtres. Creusé dans le banc de calcaire, il est couvert par un toit de tuiles pannes à pignons.

Le Sonohyan-utaki Ishimon (le portail en pierre du sanctuaire de Sonohyan) a été construit en 1519 par Shô Shin, face à un bois sacré (Sonohyan-utaki). Il était considéré comme le sanctuaire rituel du royaume de Ryukyu ; on y offrait chaque année des prières pour la paix et la sécurité au cours de cérémonies rituelles. Il témoigne de l'architecture de pierre spécifique de Ryukyu.

Le Nakijin-jô (château Nakijin) fut la résidence du gouverneur de Ryukyu. Sa construction débuta à la fin du XIIIe  siècle, et il fut achevé sous sa forme actuelle au début du XVe  siècle. Le château occupe une position stratégique sur une colline isolée, bien défendue par son environnement naturel (rivière, falaises et vallée encaissée).

Le Zakimi-jô (château de Zakimi) a été construit au début du XVe  siècle par un puissant seigneur, Gosamaru. Après la fondation du royaume de Ryukyu, sa fonction fut de veiller sur les survivants du royaume d'Hokuzan, qui s'étaient réfugiés sur la côte ouest d'Okinawa.

Le Katsuren-jô (château de Katsuren), construit aux XIIe et XIIIe  siècles, était le château d'un autre puissant seigneur, Amawari. Situé en position dominante au sommet d'une colline, il comporte quatre enceintes reliées les unes aux autres, construites en murs de calcaire corallien. Le complexe englobe différents lieux de culte anciens, dont le sanctuaire dédié à Kobazukasa, formé d'une simple colonne de pierre ronde située au milieu de la première enceinte, et qui conserve encore aujourd'hui une importance spirituelle considérable.

Le Nakagusuku-jô (château de Nakagusuku), construit au cours des dernières années, agitées, du XIVe  siècle, et agrandi au milieu du XVe  siècle, est formé de six enceintes alignées le long d'un promontoire escarpé.

Le Shuri-jô (château de Shuri), construit dans la seconde moitié du XIVe  siècle, fut la principale forteresse des rois de Chûzan puis, après l'unification, celle du royaume de Ryukyu. La colline sur laquelle il se dresse domine la ville de Naha et son port. Il est divisé en enceintes interne et externe, conformément à la topographie du site. Le mur d'enceinte du château, construit en calcaire corallien à engagement aléatoire, court sur plus de 1 080 m.

Le Shikinaen est un jardin royal aménagé en 1799. Son plan trahit l'influence japonaise, mais certains éléments chinois y sont aussi présents, si bien que l'ensemble relève de l'architecture bien particulière de Ryukyu. L'étang est entouré de promenades, de pavillons, de collines artificielles et de jardins de fleurs.

Le Sêfa-utaki devint l'un des lieux les plus sacrés de la nouvelle religion. Le complexe comporte différents lieux de culte dont trois sont reliés entre eux par des allées dallées de blocs de pierre. Nous savons peu de chose de la signification réelle du Sêfa-utaki : c'est pour l'essentiel une colline très boisée, occupée par des sanctuaires et des sites de prière dont la valeur spirituelle est sans âge, et résulte davantage de leur emplacement que des symboles créés de la main de l'homme.

Source : UNESCO/CLT/WHC

Description historique

Aux Xe-XXe siècles, les communautés agricoles des Ryukyu (gusuku) commencèrent à protéger leur village de murs de pierre très simples. À partir du XIIe siècle, de puissants groupes, connus sous le nom d'aji, firent leur apparition. Ils agrandirent les défenses de leurs peuplements, transformant leur propre résidence en véritable forteresse ; le terme gusuku fut adopté pour désigner ces formidables châteaux. S'ensuivit une lutte continuelle entre les aji, se battant pour la suprématie. Ce n'est qu'au XVe siècle qu'ils se réunirent en coalitions, sous l'égide de trois royaumes principaux - Hozukan (la Montagne du Nord), Chûzan (la Montagne du Milieu) et Nanzan (la Montagne du Sud).

La période Sanzan (Trois Montagnes) fut marquée par de nombreux changements dans la société et l'économie des Ryukyu. L'amélioration des outils et des techniques entraîna en effet une hausse énorme de la production agricole. Ainsi, à partir de la période Sanzan, les Ryukyu entretinrent un commerce intensif avec la Chine de la dynastie Song, le Japon continental, la péninsule coréenne et l'Asie du sud-est, commerce qui atteignit son apogée entre la fin du XIVe siècle et le milieu du XVIe siècle.

Cette époque prit fin en 1429, avec l'unification des Ryukyu, sous l'égide du souverain Chûzan, en un seul royaume. Le premier roi fut renversé par un coup d'État en 1469, mais le royaume survécut, intact, jusqu'en 1879. Ces deux périodes sont connues sous le nom de première et seconde dynastie Shô, respectivement. Le troisième roi de la deuxième dynastie Shô, Shô Shin, consolida l'administration du royaume, instituant un contrôle centralisé et puissant des systèmes politique et religieux.

Le royaume fut enlevé au Japon en 1609 par le fief Satsuma, sous le shogunat Tokugawa, mais les nouveaux suzerains conservèrent la monarchie des Ryukyu comme administration locale. Il fournissait des liaisons importantes avec le reste du monde, à une époque où le Japon était virtuellement coupé de tout contact avec le monde extérieur. À la fin du shogunat, au début de l'ère Meiji, en 1868, il survécut brièvement en tant que « domaine Ryukyu », mais en 1879, le royaume des Ryukyu fut aboli et les îles devinrent la préfecture d'Okinawa, sous le nouveau système administratif.

Les Ryukyu furent le théâtre de lourds bombardements et d'âpres combats à la fin de la Seconde Guerre mondiale ; beaucoup y perdirent la vie, et les biens culturels furent dévastés. Ils demeurèrent sous tutelle américaine jusqu'en 1972, date à laquelle le Japon en reprit le contrôle.

Source : évaluation des Organisations consultatives