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Ensemble du Khānegāh et du sanctuaire de Cheikh Safi al-Din à Ardabil

Sheikh Safi al-din Khānegāh and Shrine Ensemble in Ardabil

Built between the beginning of the 16th century and the end of the 18th century, this place of spiritual retreat in the Sufi tradition uses Iranian traditional architectural forms to maximize use of available space to accommodate a variety of functions (including a library, a mosque, a school, mausolea, a cistern, a hospital, kitchens, a bakery, and some offices). It incorporates a route to reach the shrine of the Sheikh divided into seven segments, which mirror the seven stages of Sufi mysticism, separated by eight gates, which represent the eight attitudes of Sufism. The ensemble includes well-preserved and richly ornamented facades and interiors, with a remarkable collection of antique artefacts. It constitutes a rare ensemble of elements of medieval Islamic architecture.

Ensemble du Khānegāh et du sanctuaire de Cheikh Safi al-Din à Ardabil

Construit entre le début du 16e siècle et la fin du 18e siècle, ce lieu de retraite spirituelle soufi utilise les formes architecturales traditionnelles iraniennes. Les constructeurs ont su tirer le meilleur parti de l'espace réduit pour assurer de multiples fonctions, notamment une bibliothèque, une mosquée, une école, un mausolée, une citerne, un hôpital, des cuisines, une boulangerie et quelques bureaux. Le site comprend un cheminement conduisant au sanctuaire du Cheik articulé en sept étapes qui reflètent les sept stades du mysticisme soufi, séparées par huit portes qui représentent les huit attitudes du soufisme. Le site comprend également des façades et des intérieurs richement ornementés ainsi qu'une remarquable collection d'objets anciens. Il forme un rare ensemble d'éléments d'architecture islamique médiévale.

مجموعة الخانقه وحرم الشيخ صفيّ الدين في أردبيل

يتسم هذا المكان المخصص للخلوات الروحية الصوفية، الذي أُنشئ في الفترة ما بين بداية القرن السادس عشر ونهاية القرن الثامن عشر، بأشكال معمارية تقليدية إيرانية. وقد استغل الذين شيدوا هذا المكان المساحة الضيقة لإقامة أسواق، وحمامات عامة، وميادين، وأماكن للعبادة، ومساكن ومكاتب. كما أنهم رسموا طريقاً يفضى إلى ضريح الشيخ صفي الدين ينقسم إلى سبعة مواقف تعكس الأطوار السبعة في المذهب الصوفي. وفضلاً عن ذلك، يتسم هذا الموقع بزخارف خارجية وداخلية كثيرة، ويضم مجموعة متميزة من التحف القديمة. ويشكل الموقع مجموعة نادرة لعناصر معمارية إسلامية يرقى تاريخها إلى العصر الوسيط.

source: UNESCO/ERI

阿尔达比勒市的谢赫萨菲•丁(Sheikh Safi al-Din)圣殿与哈内加(Khānegāh) 建筑群

谢赫萨菲•丁(Sheikh Safi al-Din)圣殿与哈内加建筑群是伊斯兰教苏菲派的精神休憩之所。这一建筑群建于16世纪初至18世纪后期,采用伊朗传统的建筑形式,将有限的空间最为有效地加以利用,因而诸多功能于一身(包括一个图书馆,一所清真寺、一所学校、几个大型陵墓、一个地下蓄水池、一所医院、若干厨房、一个糕饼店和一些办公室)。前往神庙的道路被八道门分为七段,分别代表着苏菲神秘主义的八个理念和七个发展阶段。在这一保存完好的遗址中,人们可以看到丰繁精美的建筑外观与内部装饰,以及一批出色的古董收藏。这一建筑群作为中世纪伊斯兰建筑元素的大集合,是当今非常罕见的。

source: UNESCO/ERI

Ханега и святилища шейха Сафи аль-Дин в Ардабиле

Создававшееся с начала шестнадцатого и до конца восемнадцатого века, это сооружение - место духовного уединения суфистов - отличается традиционными иранскими формами архитектуры. Его строители смогли наиболее рационально использовать большую часть ограниченного пространства, разместив там, например, библиотеку, мечеть, школу, мавзолей, водный резервуар, госпиталь, кухни, булочную и рабочие помещения. Путь, ведущий к святилищу шейха, разделен на 7 сегментов, отражающих семь этапов суфийского мистицизма, и разделен 8 воротами, символизирующими восемь положений суфизма. Памятник также включает богато украшенные фасады и интерьеры и замечательную коллекцию антиквариата. Он является редчайшим образцом средневековой исламской архитектуры.

source: UNESCO/ERI

Conjunto del Khānegāh y del santuario del Jeque Safi Al Din en Ardabil

Este conjunto monumental es un sitio de retiro espiritual sufi que fue construido en los estilos arquitectónicos tradicionales iraníes, entre principios del siglo XVI y finales del siglo XVIII. Sus constructores aprovecharon al máximo el espacio relativamente reducido de que disponían para crear bazares, baños públicos, plazas, lugares de culto, viviendas y oficinas. También crearon un itinerario de acceso al mausoleo del Jeque Safi Al Din estructurado en siete etapas que corresponden a los siete estados místicos del sufismo. Formado por un conjunto excepcional de elementos de la arquitectura islámica medieval, el sitio cuenta con fachadas e interiores ricamente ornamentados y con una notable colección de objetos antiguos.

source: UNESCO/ERI

Khānegāh en heiligdomcomplex van Sjeik Safi al-Din in Ardabil

Het complex van Sjeik Safi al-Din is een spirituele plek in de soefi-traditie, gebouwd tussen het begin van de 16e eeuw en het einde van de 18e eeuw. Er is gebruik gemaakt van Iraanse traditionele architectonische vormen om de beschikbare ruimte te maximaliseren en zo de verscheidenheid van functies te faciliteren. Het complex omvat een bibliotheek, moskee, school, mausolea, ziekenhuis, bakkerij en een aantal keukens en kantoren. Er is ook een route naar het heiligdom van de Sjeik, verdeeld in zeven segmenten, die de zeven stadia van de soefi-mystiek weerspiegelen en gescheiden door acht poorten, die de acht houdingen van het soefisme vertegenwoordigen.

Source : unesco.nl

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Valeur universelle exceptionnelle

Brève synthèse

L’ensemble du Khānegāh et du sanctuaire de Cheikh Safi al-Din à Ardabil fut construit en tant que petite ville microcosmique possédant ses bazars, bains publics, places publiques, lieux de culte, maisons et bureaux. C’était le plus grand et le plus complet des Khānegāh d’Iran et le sanctuaire soufi le plus important car il abritait aussi la tombe du fondateur de la dynastie safavide. Pour ces raisons, il devint un lieu d’exposition d’œuvres d’art et d’architecture sacrées du XIVe au XVIIIe siècle et un centre de pèlerinage religieux soufi.

L’ensemble du Khānegāh et du sanctuaire de Cheikh Safi al-Din à Ardabil possède une valeur universelle exceptionnelle en tant que chef-d’œuvre artistique et architectural et représentation exceptionnelle des principes fondamentaux du soufisme. Les langages architecturaux ilkhanide et timouride, influencés par la philosophie soufie, ont créé de nouvelles formes d’espaces et de volumes et de nouveaux modèles décoratifs. La disposition de l’ensemble est devenue un prototype pour les expressions architecturales innovantes et une référence pour d’autres Khānegāhs. En tant que sanctuaire d’un maître soufi majeur, qui fut aussi le fondateur de la dynastie safavide, le bien est resté sacré en Iran jusqu’à ce jour.

Critère (i) : La conception globale du plan de l’ensemble, les proportions des espaces intérieurs et extérieurs et des édifices, leur conception et leur décoration raffinée ainsi que le sentiment d’aboutissement créé par le chemin qui mène par étapes au mausolée de Cheikh Safi al-Din s’associent pour créer un ensemble unique dans lequel esthétique et spiritualité sont engagées dans un dialogue harmonieux.

Critère (ii) : Les volumes et les caractéristiques architecturales du bien proposé pour inscription ont intégré des influences des périodes ilkhanide et timouride aux messages religieux du soufisme et au goût du raffinement des décorations et des grands espaces intérieurs, donnant ainsi naissance à de nouvelles formes architecturales et artistiques.

Critère (iv) : L’ensemble de Cheikh Safi al-Din est un prototype et un exemple exceptionnel d’ensemble religieux du XVIe siècle, associé à des fonctions sociales, caritatives, culturelles et éducatives, qui contient tous les éléments importants qui depuis lors caractérisent l’architecture safavide et sont devenus un prototype pour d’autres Khānegāhs et sanctuaires.

Intégrité et authenticité

Le bien contient tous les éléments qui soutiennent sa valeur universelle exceptionnelle. La plupart des éléments du bien sont en bon Etat et, malgré plusieurs transformations, le site continue de présenter une image de composition harmonieuse, dans laquelle la réalisation matérielle du chemin spirituel à travers la conception architecturale est encore clairement lisible. L’Etat partie a pris des mesures pour restaurer l’accès d’origine à l’ensemble, ce qui renforcera le lien entre l’architecture et les messages spirituels du soufisme.

La forme de l’ensemble et des édifices individuels a été conservée, ainsi que leur fonction religieuse dans la plupart des cas. Lorsque sont intervenus des changements, les nouvelles utilisations sont appropriées au regard de la structure architecturale en général et l’authenticité des matériaux et des techniques a été maintenue, de même que le caractère spirituel du lieu. Il est toutefois important de réduire la tendance à intervenir trop lourdement dans les travaux de conservation.

Mesures de protection et de gestion requises

Le bien proposé pour inscription est protégé par la législation iranienne depuis 1932. Selon la loi actuellement en vigueur, des dispositions particulières de protection sont en place pour le bien, pour la zone tampon entourant le bien et une zone plus vaste appelée la « zone paysagère ». Ces dispositions déjà en place sont aussi intégrées dans le plan directeur révisé pour Ardabil, dont l’approbation finale est prévue en septembre 2010.

Tout projet concernant les monuments protégés d’Iran doit être conforme aux dispositions de la loi et approuvé par l’ICHHTO, autorité en charge de la protection des monuments iraniens. Le cadre de gestion établi pour le bien proposé pour inscription intègre les réglementations visant l’ensemble du Khānegāh et du sanctuaire de Cheikh Safi al-Din et les dispositions du plan directeur d’Ardabil.

La gestion des monuments protégés est de la responsabilité du Haut Conseil technique de l’ICHHTO, qui approuve les budgets et les travaux de conservation importants. Les petits travaux et l’entretien quotidien sont assurés par un comité directeur qui peut s’adjoindre une équipe pluridisciplinaire (la base de l’ICHHTO chargée de l’ensemble de Cheikh Safi al-Din) qui est dirigée par un urbaniste et comprend des ingénieurs, des architectes, des architectes du patrimoine et des archéologues.

Description historique

Le soufisme (tasawwuf, de sūf « laine » en arabe ou safa « pureté ») est généralement considéré comme étant la dimension mystique interne à l'islam plutôt qu'une secte distincte. Il a commencé à se développer en tant que mouvement spirituel aux IXe et Xe siècles. On prétend que le soufisme a été un facteur déterminant de l'expansion de l'Islam et de la création d'une culture islamique intégrée en Afrique et en Asie. Le soufisme s'est épanoui entre le XIIIe et le XVIe siècle à travers le monde islamique en tant que vigoureuse culture intellectuelle et religieuse, avec des instructions spécifiques données par les différents tariqats ou ordres fondés par les maîtres soufis. Le soufisme a laissé de nombreuses traces de manifestations artistiques, en particulier en Asie centrale.

Au moment de la conquête islamique de l'Iran, Ardabil était la plus grande ville du nord-ouest du pays et le resta jusqu'aux invasions mongoles, qui laissèrent la ville en ruine pendant trois siècles jusqu'à l'avènement de la dynastie safavide, à laquelle Cheikh Safi al-Din (1252-1334) donna son nom.

Cheikh Safi al-Din suivit les enseignements de Cheikh Zāhed e-Gilāni, lui succéda et développa son propre tariqat qui prit son nom, où le soufisme safavide trouve son origine. Il fonda un Khānegāh à Ardabil, qui devint par la suite son sanctuaire.

L'ensemble fonctionnait à l'origine comme une petite ville indépendante possédant ses bazars, bains publics, meydāns, lieux de culte, maisons et bureaux.

Sous le règne des Safavides, le rôle et la fonction du bien proposé pour inscription revêtit une importance nationale et politique en tant que mausolée du fondateur de la dynastie safavide. Shah Ismail, successeur de Cheikh Safi al-Din en tant que chef soufi du Khānegāh, devint le premier shah de la dynastie safavide et déclara le chiisme comme religion d'État.

Les safavides n'épargnèrent aucune dépense pour enrichir et décorer la structure du sanctuaire de leur ancêtre de nombreuses oeuvres d'art. Le mausolée devint un lieu de pèlerinage attirant des pèlerins du monde entier, et un ensemble religieux contenant des oeuvres d'art, des ornementations et des vestiges archéologiques exceptionnels datant du XIVe au XVIIIe siècle.

Les chercheurs ont identifié quatre phases de construction au cours desquelles les plus importantes structures furent bâties ou modifiées :

  • 1300-1349 - Le plan du sanctuaire fut déterminé à cette époque, et les édifices suivants furent construits : le Khānegāh de Cheikh Safi al-Din Ardabili, le Haram-khānā, le dôme Allāh Allāh, le Sāhat, le Dār al-Huffāz, Shāhnishin, la cour du milieu, et le nouveau Chilla khānā.
  • 1349-1544 - Durant cette période furent construits les sépultures de Shah Ismail et de sa mère, le Dār al-Hadith, le Jannat-sarā, le Shahidgāh et le cimetière au sud de la tombe de Cheikh Safi al-Din. La plus grande partie de l'activité de construction date du XVIe siècle.
  • 1544-1752 - De cette époque datent le Chinikhānā dans sa forme actuelle, la porte Shāh Abbāsi et le jardin intérieur.
  • De 1752 au XXe siècle - L'école, les toilettes, la salle des machines et la serre furent construits, pour la plupart d'entre eux au XXe siècle.

Le bien proposé pour inscription a conservé son rôle en tant que lieu de culte et de pèlerinage.

Source : évaluation des Organisations consultatives