Église Saint-Jean-Népomucène, lieu de pèlerinage à Zelená Hora
Brève description
À Zelená Hora, non loin de Ždár nad Sázavou en Moravie, s’élève l’église de pèlerinage construite à la gloire de saint Jean Népomucène. Édifiée au début du XVIIIe siècle sur un plan en étoile, c’est l’œuvre la plus originale du grand architecte Jan Blazej Santini dont le style extrêmement personnel se situe entre le néo-gothique et le baroque.
Description longue
Le lieu de pèlerinage de Saint-Jean-Népomucène à Želena Hora, Ždár nad Sázavou, est un chef-d'œuvre architectural, qui témoigne de la transition entre les traditions gothique et baroque.
Le vicaire général de l'archevêché de Prague, Jan (Jean) de Pomuk, souffrit le martyre en 1393. En 1719, ses restes furent examinés par une commission réunie par l'archevêque de Prague lorsque l'on découvrit que sa langue était parfaitement conservée, ce qui fut alors interprété comme un signe tangible de sa sainteté. Commença alors une vague d'enthousiasme pour le culte de ce martyr, notamment dans le monastère cistercien de Ždár nad Sázavou, près de la frontière séparant la Bohême de la Moldavie. Ce monastère avait hérité du rôle de Želena Hora, près de Nepomuk, où saint Jean Népomucène avait été élevé.
Les travaux de construction d'une nouvelle église de pèlerinage commencèrent en 1719, trois ans avant la canonisation effective de Jean Népomucène, confirmant ainsi le statut officieux dont il avait joui, pendant des siècles, dans sa Bohême natale. Son architecte était Jan Blažej Santini qui fonda son travail sur le symbole représenté par la langue du saint et sur la valeur numérologique des chiffres 3 et 5 (le saint mourut à l'âge de 53 ans). L'église, encore inachevée, fut consacrée le 16 mai 1720, jour anniversaire de son martyre, et l'essentiel du complexe était achevé l'année suivante. L'église demeura un centre de pèlerinage majeur depuis sa fondation jusqu'en 1784, date de la suppression du monastère.
La composition complexe du lieu de pèlerinage de Želena Hora se fonde sur la conception esthétique d'un corps de bâtiment parfaitement central, lui-même dominé par une dominante verticale centrale accusée. La centralité du plan est accentuée par un système qui repose sur le parallélisme et deux rayons équivalents. Le nombre 5 domine aussi bien dans son dessin que dans ses proportions : le plan de l'église comporte deux groupes de cinq axes radiaux à partir desquels s'organisent les différents éléments du plan de base et la composition des différents volumes. Dans le dessin du cloître, ces dix rayons, qui se recoupent au centre de l'église, déterminent l'emplacement des chapelles et des portes. Le plan d'ensemble se fonde sur un dessin géométrique épuré et sur des relations proportionnelles qui sont elles-mêmes très simples.
L'analyse de ces relations montre le soin avec lequel Santini a su associer la symbolique des mesures et des proportions à la création d'une réalité spatiale cohérente. L'extérieur de l'église se présente comme un corps vertical central en forme d'étoile avec cinq pointes rayonnant depuis le centre. Sa morphologie est simple, les éléments de l'ordine gotico ayant été interprétés, de manière minimaliste, en stuc, ce qui contribue à adoucir l'impact initial provoqué par la géométrie complexe de la structure de base. Les motifs structurants se réduisent à de simples encadrements de pilastres, dont les verticales sont reliées entre elles par des bandeaux rustiques. Le portail et les ouvertures en voûte brisée, encadrées par de simples bandes, simplifient le style gothique de manière à mieux rendre la portée symbolique du glaive du Seigneur.
L'impression majeure suscitée par l'intérieur est son ampleur, et l'organisation verticale de l'espace. Celui-ci est partagé en deux par la grande galerie qui se trouve à la base des voûtes. L'espace central s'ouvre sur cinq niches dont quatre présentent des partitions horizontales, tandis que la dernière, à l'est, est occupée par le maître-autel dessiné par Santini, qui figure la montée au ciel de saint Jean Népomucène, et par quatre autels latéraux du même auteur, qui représentent les quatre évangélistes.
Source : UNESCO/CLT/WHCDescription historique
Le Vicaire général de l'Archevêché de Prague, Jean de Pomuk est mort martyr en 1393. En 1719, ses restes firent l'objet d'une étude demandée par l'archevêque de Prague qui révéla que sa langue était parfaitement intacte ce qui fut interprété comme une preuve de sa sainteté. Une vague d'enthousiasme pour le culte du martyr s'ensuivit, en particulier au monastère cistercien de Zdár nad Sázavou à proximité de la frontière entre la Bohême et la Moravie.
Ce monastère avait pris la suite du monastère de Zelená Hora près de Népomucène où saint Jean avait reçu sa toute première éducation et qui avait été détruit au cours des guerres hussites. Certains moines de Zelená Ho ra fondèrent la maison de Zdár nad Sázavou dont 1 'abbé était Václav Vejmluva, fidèle admirateur de saint Jean Népomucène. Ce dernier avait décidé de construire une église à la gloire du saint qui montrerait en même temps le lien entre les deux maisons cisterciennes.
L'église avait été voulue dès le départ comme un lieu de pélerinage. Les travaux commencèrent en 1719, trois ans avant que la canonisation officielle du saint ne vienne confirmer le statut que depuis plusieurs siècles sa terre natale, la Bohême, lui avait reconnu. L'architecte était Jan Blazej Santini qui travaillait pour Vejmluva depuis 1706 sur divers projets relatifs au monastère. L'abbé travailla avec l'architecte à la conception de l'église en imposant son cadre idéologique, basé sur le symbolisme de la langue du saint et la valeur numérologique du 3 et du 5 (le saint était mort à l'âge de 53 ans).
L'église, bien que non terminée, fut consacrée le 16 mai 1720, date du martyr de saint Jean Népomucène. La construction de la structure principale fut finie en 1721. Meublée et décorée sommairement, elle fut une nouvelle fois consacrée l'année suivante bien que les travaux du cloître et des bâtiments ancillaires aient duré jusqu'en 1727. Certains éléments importants de mobilier tels 1' autel central et les autels latéraux, la chaire et nombre de statues, furent ajoutées au cours des années qui suivirent.
L'église devint un important lieu de pèlerinage du jour de sa fondation jusqu'en 1784, année où le monastère fut aboli. Il resta néanmoins un lieu de culte et au 19ème siècle, le cloître servit de cimetière. Les tombes de cette époque survivent in situ.
Source : évaluation des Organisations consultatives
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