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Palais royal du XVIIIe siècle de Caserte avec le parc, l’aqueduc de Vanvitelli et l’ensemble de San Leucio

Brève description

L'ensemble monumental de Caserte, créé par Charles III (Carlo Borbone) au milieu du XVIIIe siècle pour rivaliser avec Versailles et le palais royal de Madrid, est exceptionnel dans la manière dont il réunit un somptueux palais avec son parc et ses jardins mais aussi une partie naturelle boisée, des pavillons de chasse et un complexe industriel pour la production de la soie. C'est une évocation éloquente et concrète de la période des Lumières, intégrée plutôt qu'imposée à son paysage naturel.

Palais royal du XVIIIe siècle de Caserte avec le parc, l’aqueduc de Vanvitelli et l’ensemble de San Leucio © UNESCO

Justification d'inscription

Le Comité a décidé d'inscrire ce bien sur la base des critères (i), (ii), (iii) et (iv). L'ensemble monumental de Caserte, bien que bâti sur le même modèle que d'autres domaines royaux du 18ème siècle, est exceptionnel par l'étendue de sa conception puisqu'il comprend non seulement un imposant palais et un parc mais également une grande partie du paysage naturel environnant ainsi qu'une ambitieuse ville nouvelle agencée selon les préceptes de planification urbaine de son époque. Le complexe industriel du Belvédère, conçu pour la production de la soie, est également d'un grand intérêt en raison des principes idéalistes sous-jacents à sa conception et sa gestion d'origine.

Description longue

Le complexe monumental de Caserte, bien que conçu selon le même principe que d'autres palais royaux du XVIIIe  siècle, présente un intérêt exceptionnel du fait de l'ampleur de sa conception, qui rassemble un imposant palais, un parc, mais aussi la plus grande partie du paysage naturel environnant, avec une nouvelle ville planifiée selon les principes d'urbanisme les plus avancés de cette époque. Le complexe industriel du Belvédère, conçu pour produire la soie, est aussi d'un grand intérêt en raison des principes idéalistes qui ont suscité sa conception et sa gestion.

En 1734, Charles III, le fils de Philippe V, devint roi de Naples, royaume indépendant qui ne faisait plus partie, depuis longtemps, du royaume d'Espagne. La résidence royale et la ville nouvelle qu'il décida de construire en 1750 devaient rivaliser avec le palais de Versailles et avec les grandes villes européennes. Il fit donc appel à l'architecte Luigi Vanvitelli, qui participa ensuite à la reconstruction de Saint-Pierre de Rome. Le Bosco di San Silvestro, sur les deux collines de Montemaiuolo et de Montebriano, était couvert de vignobles et de vergers lorsque Ferdinand IV décida, en 1773, de le fermer pour y créer une réserve de chasse.

La colline de San Leucio tire son nom de l'église lombarde qui se trouve à son sommet ; le pavillon de chasse du Belvédère avait été construit en contrebas au XVIe  siècle par les princes de Caserte. Leur fief ayant été acheté par Charles III, Ferdinand IV y commença la construction de l'ancien pavillon de chasse, abandonnée après la mort de son fils. En 1778, le roi décida d'introduire la manufacture de la soie. Son architecte, Collecini, transforma l'édifice à cet effet et en fit le centre d'un vaste complexe industriel incluant une école, des logements pour les professeurs, des espaces pour l'élevage des vers et des salles pour filer et teindre la soie. En 1789, il édicta une série de lois pour réglementer la colonie royale de San Leucio : elles définissaient les tarifs à la pièce, abolissaient les dots et prescrivaient que tous les travailleurs devaient porter le même habit, conformément à une conception protosocialiste. Au cours de la décennie suivante, différents plans furent élaborés pour agrandir le village, et Collecini conçut une ville nouvelle, connue sous le nom de « Ferdinandopolis » ; ce rêve prit fin avec l'occupation française.

Les étangs à poissons des jardins du palais royal, la manufacture royale de soie et la nouvelle ville planifiée exigeaient de grandes quantités d'eau. Ce besoin entraîna la création de l'aqueduc Carolino, terminé en 1769, qui acheminait l'eau depuis la source de Fizo, à 38 km de distance, jusqu'au sommet de Montebriano. En 1744, Charles III fit l'acquisition du riche domaine de Carditello. Le pavillon de chasse fut construit en 1784 comme partie d'un ensemble d'édifices ruraux reliés entre eux par un faisceau de routes radiales, disposées en éventail à partir du bâtiment principal. Celui-ci comportait les appartements royaux au centre, et des salles pour les activités agricoles et de stockage de part et d'autre.

Le palais royal est de plan rectangulaire, avec quatre vastes cours intérieures qui se croisent à angle droit, et couronné par une coupole centrale. Son extension est de 45 000 m2 et ses quatre étages s'élèvent à une hauteur de 36 m. Les 143 fenêtres de sa façade principale, les 1 200 pièces de l'édifice et ses 34 escaliers donnent une bonne idée de ses dimensions. L'édifice est construit en brique, les deux niveaux inférieurs étant revêtus de blocs de travertin. Sa façade principale est précédée par un terrain de parade elliptique. L'intérieur est occupé par trois vestibules octogonaux, alignés sur l'axe principal de l'édifice, autour desquels s'organise la composition de l'ensemble. Le principal escalier monumental donne accès aux appartements royaux qui ont été décorés et meublés dans le style du XVIIIe  siècle. La chapelle, inspirée de celle de Versailles, et accessible par un vestibule plus bas, ainsi que le théâtre royal sont de magnifiques exemples d'architecture du XVIIIe  siècle.

Le parc qui s'étend derrière le palais a été dessiné par Luigi Vanvitelli, mais ne fut terminé que par son fils Carlo. Son axe principal est jalonné d'une série de fontaines baroques et de plans d'eau. Cette magnifique perspective s'achève par la grande fontaine dont les cascades, retombant d'une hauteur de 150 m, sont recueillies dans un bassin décoratif qui représente Diane au bain, épiée par l'infortuné Actéon.

Source : UNESCO/CLT/WHC

Description historique

En 1734, Charles III (Carlo Borbone), fils de Philippe V, accède au trône de Naples, ce royaume autonome dégagé de la domination espagnole. C'est en 1750 qu'il décide la construction d'un nouveau palais royal destiné à rivaliser avec le palais de Versailles, sinon à le dépasser, en tant que symbole du nouveau royaume. Cet édifice est conçu pour être le centre d'une nouvelle ville chargée de concurrencer les plus grandes métropoles européennes. Charles III s'attache les services de Luigi Vanvitelli, qui travaille à l'époque à la restauration de la basilique Saint-Pierre de Rome. La première pierre est posée en 1752. La construction se poursuivra jusqu'à la mort de Vanvitelli en 1773, sous le règne de Ferdinand IV, successeur de Charles.

Le Bosco di San Silvestro (Bois de Saint-Sylvestre) des deux collines avoisinantes de Montemaiuolo et Montebriano est couvert de vignes et de vergers lorsque, en 1773, Ferdinand IV décide de Je réunir à un territoire adjacent pour créer une réserve de chasse. L'étage du bâtiment qui s'y trouve fait office de pavillon de chasse alors que l'on utilise le rez-de-chaussée à des fins agricoles.

La colline de San Leucio doit son nom à l'église lombarde érigée à son sommet. Au 16ème siècle, la lignée princière de Caserte, les Acquaviva, fait construire un pavillon de chasse à son pied : le Belvédère. Charles ID achète ce fief et, en 1773, Ferdinand IV ordonne des travaux sur le "vieux pavillon de chasse", travaux qu'il abandonne à la mort de son fils. Le Belvédère est restauré de 1776 à 1778 et son hall principal transformé en église. En 1778, le roi décide de lancer la production de la soie. Son architecte, Collecini, convertit le bâtiment à cet effet : il en fait le centre d'un vaste complexe industriel comprenant une école, des logements pour les professeurs, des locaux pour l'élevage des vers à soie et des installations de filage et teinture de la soie. En 1789, il promulgue une série de lois destinées à réglementer la colonie royale de San Leucio. Elles définissent les tarifs à la pièce, abolissent les dots et ordonnent que tous les ouvriers soient vêtus de la même manière, mesures évoquant une forme de proto-socialisme. Au cours de la décennie suivante, on élabore les plans d'agrandissement du village et Collecini réalise la conception de la nouvelle ville de Ferdinandopolis qui, en raison de l'occupation française, restera à l'état de rêve.

Les étangs des jardins du Palais Royal, la manufacture royale de la soie et la nouvelle ville prévue exigent de grandes quantités d'eau, d'où la construction de l'aqueduc Carolino, achevé en 1769 et destiné à acheminer l'eau de la source Fizzo jusqu'au sommet de la colline Montebriano, à 38 km de là. La dernière section traverse les collines Tifatini, dont le village médiéval de Casertavecchia constitue, avec sa cathédrale romane, une partie du panorama visible du domaine royal.

En 1744, Charles III acquiert le riche domaine de Carditello. Le pavillon de chasse qui s'y trouve est construit en 1784 en tant qu'élément de l'ensemble de maisons rurales et routes se propageant en éventail depuis le bâtiment central. Les appartements royaux sont au centre, encadrés de part et d'autre part de pièces à usage agricole, dont des activités d'élevage. Des courses de chevaux ont lieu dans la cour d'honneur en forme de cirque romain et décorée de fontaines et d'obélisques. Au 19eme siècle Ferdinand ll ordonne l'extension des activités agricoles.

Source : évaluation des Organisations consultatives