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Béguinages flamands

Flemish Béguinages

The Béguines were women who dedicated their lives to God without retiring from the world. In the 13th century they founded the béguinages , enclosed communities designed to meet their spiritual and material needs. The Flemish béguinages are architectural ensembles composed of houses, churches, ancillary buildings and green spaces, with a layout of either urban or rural origin and built in styles specific to the Flemish cultural region. They are a fascinating reminder of the tradition of the Béguines that developed in north-western Europe in the Middle Ages.

Béguinages flamands

Les béguines, ces femmes qui consacraient leur vie à Dieu sans pour autant se retirer du monde, fondèrent au XIIIe siècle des béguinages, ensembles clos répondant à leurs besoins spirituels et matériels. Les béguinages flamands forment des ensembles architecturaux composés de maisons, d’églises, de dépendances et d’espaces verts organisés suivant une conception spatiale d’origine urbaine ou rurale et construits dans les styles spécifiques à la région culturelle flamande. Ils constituent un témoignage exceptionnel de la tradition des béguines qui s’est développée dans le nord-ouest de l’Europe au Moyen Âge.

أديرة المترهبات الفلمندية

في القرن الثالث عشر، أسست المترهبات اللواتي كنّ يكرّسن حياتهن لعبادة الله من دون الإنكفاء عن العالم ما يُعرف بأديرة المترهبات، وهي عبارة عن مجموعات سكنية مغلقة تلبّي الحاجات الروحية والمادية لهؤلاء المترهبات. وتشكّل هذه الأديرة الفلمندية مجمعات معمارية من المنازل، والكنائس، والأبنية الملحقة بها، والمساحات الخضراء المنظّمة وفقاً لتصوّر مكاني حضري أو ريفي والمبنية حسب الطراز الخاص بالمنطقة الثقافية الفلمندية. ولعلّ هذه الأديرة شهادة إستثنائية على التقليد المتبع لدى المترهبات والذي تطوّر في شمال غرب أوروبا خلال القرون الوسطى.

source: UNESCO/ERI

佛兰德的比津社区

“比津”(Béguines)是指献身上帝,却又不脱离世俗世界的妇女。这些妇女在13世纪建立了“比津社区”,也就是一个个封闭的社区,以满足她们的精神和物质需要。佛兰德比津社区是一处建筑群,包括民居、教堂、辅助建筑以及绿地,社区规划既有城市痕迹,也有乡村特色,反映了佛兰德地区的文化。这些建筑向我们展示了中世纪北欧和西欧形成的比津传统。

source: UNESCO/ERI

Фламандские «Бегинажи»

«Бегины» (Béguines) – так называли женщин, посвятивших свою жизнь Богу, но оставшихся в миру. В XIII в. они основали «бегинажи», замкнутые общины, в которых они могли удовлетворять свои духовные и материальные потребности. Фламандские «бегинажи» представляют собой архитектурные ансамбли, состоящие из жилых зданий, церквей, вспомогательных помещений и озелененных площадок, с планировкой городского или сельского типа, в стиле, характерном для культуры Фламандии. Они являются очаровательным напоминанием о традициях «бегин», сложившихся на северо-западе Европы в средние века.

source: UNESCO/ERI

Béguinages flamencos

Las ”béguines“ eran mujeres que consagraron su vida al servicio de Dios sin retirarse del mundo. En el siglo XIII fundaron los ”béguinages“, recintos que correspondí­an a sus necesidades espirituales y materiales. Los ”béguinages“ flamencos son conjuntos formados por casas, iglesias, dependencias y zonas verdes, que estí¡n estructurados con arreglo a un trazado de carí¡cter urbano o rural. Construidos en los estilos arquitectónicos tí­picos de Flandes, son el testimonio excepcional de una tradición religiosa nacida en el noroeste de Europa en la Edad Media.

source: UNESCO/ERI

フランドル地方のベギン会修道院

source: NFUAJ

Vlaamse begijnhoven

De Begijnen waren vrouwen die hun leven wijden aan God zonder zich terug te trekken uit de wereld. In de 13e eeuw richtten ze de begijnhoven op, omheinde gemeenschappen ontworpen om te voorzien in zowel hun geestelijke als materiële behoeften. De Vlaamse begijnhoven zijn architectonische ensembles bestaande uit huizen, kerken, bijgebouwen en groene gedeelten. De hoven hebben van oorsprong een stedelijk of landelijk karakter en zijn gebouwd in een typisch Vlaamse stijl. De Begijnhoven vormen een fascinerende herinnering aan de traditie van de Begijnen die zich gedurende de Middeleeuwen ontwikkelde in Noordwest-Europa.

Source : unesco.nl

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Béguinages flamands © OUR PLACE
Justification d'inscription

Critère (ii) : Les béguinages flamands présentent les caractéristiques physiques saillantes de la planification urbaine et rurale ainsi qu'une combinaison de l'architecture religieuse et traditionnelle de styles spécifiques à la région culturelle flamande.

Critère (iii) : Ils apportent un témoignage exceptionnel sur la tradition culturelle de femmes religieuses indépendantes en Europe du nord-ouest au moyen âge.

Critère (iv) : Ils constituent un exemple exceptionnel d'ensemble architectural associé à un mouvement religieux caractéristique du moyen âge qui associe des valeurs séculières et monastiques.

Description longue

Les béguinages flamands présentent des caractéristiques remarquables de planification urbaine et rurale, et conjuguent architecture religieuse et architecture traditionnelle dans un style tout à fait spécifique à la région de culture flamande. Ils témoignent de manière exceptionnelle de la tradition culturelle des femmes dévotes indépendantes dans l'Europe du Nord-Ouest, au Moyen Âge, et offrent un exemple rare d'ensemble architectural associé à un mouvement religieux caractéristique du Moyen Âge, alliant valeurs séculières et conventuelles.

Les béguines, ces femmes qui consacraient leur vie à Dieu sans pour autant se retirer du monde, fondèrent au XIIIe  siècle des béguinages, ensembles clos répondant à leurs besoins spirituels et matériels. Les béguinages flamands forment des ensembles architecturaux composés de maisons, d'églises, de dépendances et d'espaces verts organisés suivant une conception spatiale empruntée au monde urbain ou rural et construits dans les styles spécifiques à la région flamande. Ils constituent un témoignage exceptionnel de la tradition des béguines, qui s'est développée dans le nord-ouest de l'Europe au Moyen Âge.

L'apparition spontanée du mouvement des béguines autour de 1200 reflète le courant de renouveau religieux qui s'est répandu en Europe occidentale au début du XIIIe  siècle, et dans lequel les femmes jouèrent un rôle important. En plus des nombreuses femmes qui entrèrent en religion en prononçant leurs vœux, d'autres développèrent un style de vie original, « semi-religieux », qui leur permettait de se consacrer à Dieu sans se retirer entièrement du monde. Parmi ces mulieres religiosæ du nord de l'Europe, ni nonnes ni simples laïques, les béguines choisirent de mener une vie individuelle ou de communauté consacrée à la prière, aux soins apportés aux malades et au travail manuel. Pour la plupart établies en communautés urbaines, elles occupaient des maisons proches des hôpitaux et des léproseries. Célibataires ou veuves, elles ne prononçaient pas de vœux et étaient libres d'aller et venir en société, ainsi que de quitter la communauté si elles le souhaitaient.

Le béguinage était administré par une béguine, désignée du nom de « Grande Dame », qui était élue pour une durée limitée et était assistée, dans de nombreux béguinages, par un conseil. Bien que la vie des béguines eût été marquée par la simplicité et l'humilité, il ne leur était nullement interdit de gérer des biens personnels : les plus riches d'entre elles construisaient ou louaient leurs propres maisons, d'autres vivaient dans des logis communautaires, les plus pauvres à l'infirmerie. Dans tous les cas, chacune devait pourvoir à ses propres besoins, et nombre d'entre elles travaillaient dans l'industrie textile.

Tous les béguinages ne sont pas parfaitement conservés : beaucoup ont été partiellement démantelés (Antwerp, Hasselt, le Petit Béguinage de Louvain, le Petit Béguinage de Mecheln, Herentals, Aarschot) ou en grande partie englobés dans les bâtiments construits à proximité (Grand Béguinage de Gand). Certains ont subi des dommages au cours de la Première ou de la Seconde Guerre mondiale (le Béguinage de Dixmude a été reconstruit dans les années vingt du XXe  siècle, tandis qu'Aarschot, partiellement reconstruit après 1944, a conservé quatre de ses constructions d'origine ; l'église de Hasselt a été détruite en 1944).

Les béguinages formaient des villes miniatures, enfermées dans des murs ou entourées de tranchées, dont les portes n'ouvraient au « monde » que pendant la journée. Ils étaient organisés selon deux modèles : soit un type urbain, reflétant sur une échelle réduite le modèle d'une ville médiévale, avec un lot à part destiné au cimetière, et la place où l'église était bâtie ; soit un type à cour interne, avec une aire centrale dont la forme a pu varier, consistant fréquemment en une pelouse plantée d'arbres, où se trouvait l'église, et autour de laquelle étaient groupées les maisons. Un troisième type, mixte, et qui résulte de différentes extensions réalisées aux XVIIe et XVIIIe  siècles, combine ces deux planimétries.

Source : UNESCO/CLT/WHC
Description historique

La naissance spontanée du mouvement des béguines aux alentours de 1200 s'inscrit dans le courant de renouveau religieux que connut l'Occident au début du XIIIe siècle et dans lequel les femmes occupèrent une place importante. A côté des nombreuses femmes qui entrèrent dans la vie religieuse dans le cadre des institutions monastiques, d'autres développèrent un mode de vie original, "semi-religieux", où elles purent se consacrer à Dieu sans pour autant se retirer du monde.

Parmi ces mulieres religiosae, ni moniales ni simples laïques, d'Europe du Nord, les béguines commencèrent à mener une vie individuelle ou communautaire, consacrée à la prière, au soin des malades et au travail manuel. Implantées pour la plupart dans les milieux urbains, elles occupaient des maisons aux abords des hôpitaux et des lazarets. Ces femmes, célibataires ou veuves, ne prononçaient pas de voeux, se déplaçaient librement et leur engagement était révocable. Bien qu'elles bénéficièrent de la protection de prélats tels que l'évêque Jacques de Vitry et en dépit de liens étroits avec leurs confesseurs ou directeurs spirituels (cisterciens, franciscains et dominicains), elles ne furent jamais reconnues comme ordre conventuel ou congrégation régulière. Leur statut canonique demeura sujet à caution tout au long du XIIIe siècle.

Dans ce climat de suspicion, les béguines constituèrent à partir des années 1230 leurs propres institutions. Les autorités religieuses et séculières de la région flamande favorisèrent la constitution de béguinages clos, dans ou en dehors des villes qui furent placés sous surveillance. Chaque béguinage adopta ses propres règles qui concernaient la prière, le comportement, le travail, l'habitat, la direction de l'infirmerie et de la Table du Saint-Esprit (ou table des pauvres). La direction du béguinage était assurée par une béguine (plus connue sous le nom de Grande Dame), élue pour une courte période et aidée dans de nombreux béguinages par un conseil. Bien que la vie dans les béguinages fut marquée par la simplicité et l'humilité, elle n'excluait pas les possessions individuelles : les béguines les plus aisées pouvaient construire leur propre maison où les louer, d'autres vivaient dans des maisons communautaires et les plus démunies étaient logées à l'infirmerie. Dans tous les cas, chacune devait subvenir à son maintien et nombre d'entre elles travaillèrent dans l'industrie textile. Après un certain temps, la plupart des béguinages furent élevés au rang de paroisses et obtinrent leur propre curé.

Dans les autres régions comme dans les pays rhénans, les béguines qui ne purent bénéficier de la collaboration de bienfaiteurs séculiers ou religieux continuèrent à vivre seules ou dans des maisons communautaires dispersées à travers la ville.

Le sentiment de méfiance face à l'ampleur du mouvement béguinal et au développement d'une spiritualité féminine s'exprimant aussi dans des textes littéraires (comme les "Visions" d'Hadewijch d'Anvers, v. 1240) qui pouvaient constituer une menace pour l'autorité de l'Eglise se manisfesta au Concile de Vienne (1312) par la condamnation des béguines.

Dans les pays rhénans cette condamnation et celles qui suivirent furent appliquées avec vigueur pour combattre les béguines. Dans la région flamande, les béguines bénéficièrent pour la plupart du soutien des autorités religieuses. L'enquête sur l'orthodoxie des béguinages de cette région menée par les évêques à la demande du pape Jean XXII en 1320 leur fut favorable.

Les difficultés religieuses et la crise politique que connurent les Pays-Bas aux XVIe et XVIIe siècles eurent aussi une incidence sur les béguinages. L'institution disparut dans les provinces calvinistes du Nord (excepté à Amsterdam et Breda) et se maintint dans les Pays-Bas méridionaux restés catholiques. A partir du milieu du XVIe siècle, les évêques gagnés aux idées de la Contre- Réforme soutenus par les ordres conventuels rétablirent l'ancienne discipline dans les béguinages qui connurent un nouvel essor au siècle suivant, en dépit des dommages que subirent nombre d'entre eux au cours de la guerre des Quatre-Vingts ans (1568-1648). Les activités de construction et de restauration s'intensifièrent à mesure que le nombre des béguines augmentait.

Le recul du mouvement béguinal perceptible au XVIIIe siècle s'accélèra après l'annexion à la France en 1795. Bien que la législation française et la politique anticléricale ait été interprétée de manière différente par les instances locales, les béguinages furent sécularisés, les biens et leur gestion passa aux Commissions municipales des Hospices civils. Un nombre limité de béguinages survécut.

Le sort des béguinages au XIXe siècle différa d'un lieu à l'autre et dépendit de l'attitude des autorités urbaines et des Commissions municipales des Hospices civils. Les béguines conservèrent l'usage de leurs maisons à titre personnel, les maisons restées libres accueillirent des indigents. Parfois elles parvinrent à racheter par personne interposée quelques maisons et à reconstituer des communautés restreintes. Ailleurs, des béguinages furent repris par des ordres religieux. A Gand, les béguines bénéficièrent du soutien de l'Eglise et du duc Engelbert von Arenberg qui racheta le petit béguinage et fit construire le béguinage de Mont-Saint-Amand (1873) pour loger les béguines du grand béguinage que l'administration communale menaçait de démanteler. Dans plusieurs béguinages, les maisons communautaires et infirmeries furent progressivement affectées à des hospices, des orphelinats, écoles, etc.

Les démarches répétées des béguines pour obtenir la reddition de leurs biens au long des XIXe et XXe siècles furent vaines et le mouvement dépérit. Plusieurs béguinages subirent des dommages au cours de la première et la deuxième guerre mondiale. De nos jours, la plupart des béguinages restent des entités bien définies dans le tissu urbain et certains forment encore une partie essentielle du patrimoine bâti de plusieurs villes. Ces îlots de tranquillité conservent une fonction d'habitat et une dizaine de béguines y vivent toujours.

Source : évaluation des Organisations consultatives