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Sculptures rupestres de Dazu

Brève description

Les montagnes abruptes de la région de Dazu abritent une série exceptionnelle de sculptures rupestres datant du IXe au XIIIe siècle. Celles-ci sont remarquables à plusieurs égards : leur grande qualité esthétique, la richesse de leurs sujets, tant séculiers que religieux, et l'éclairage qu'elles portent sur la vie quotidienne en Chine à cette époque. Elles témoignent aussi de façon éclatante de la fusion harmonieuse du bouddhisme, du taoïsme et du confucianisme.

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Justification d'inscription

Critère (i) : De par leur grande qualité esthétique, la diversité de leur style et de leurs sujets, les sculptures de Dazu représentent l’apogée de l’art rupestre chinois.

Critère (ii) : Le bouddhisme tantrique originaire d’Inde et les croyances taoïstes et confucianistes chinoises se sont réunis à Dazu pour créer une manifestation hautement originale d’harmonie spirituelle, dont l’influence a été énorme.

Critère (iii) : La nature éclectique des croyances religieuses de la fin de la Chine impériale trouve son expression dans le patrimoine artistique exceptionnel de l’art rupestre de Dazu.

Description longue

Le patrimoine artistique exceptionnel des sculptures rupestres de Dazu témoigne pleinement du caractère éclectique des croyances religieuses à la fin de l'Empire chinois. Les valeurs spirituelles du bouddhisme tantrique d'Inde, taoïstes et confucianistes de Chine se fondent à Dazu en une manifestation tout à fait originale d'harmonie spirituelle qui était appelée à exercer une importante influence. Les sculptures de Dazu, compte tenu de leur très grande qualité artistique et de la diversité de leur style et de leur iconographie, représentent l'apogée de l'art rupestre chinois.

Les plus anciennes gravures rupestres du comté de Dazu remontent à 650 apr. J.-C., dans les premières années de la dynastie des Tang, mais leur plus grand développement commence à la fin du IXe  siècle. En 892, Wei Junjing, préfet de Changzhou, fut le pionnier des gravures rupestres à Beishan. Son exemple fut suivi après la chute de la dynastie des Tang, mais on cessa d'en graver au début de la dynastie des Song pour ne recommencer qu'en 1078, sous le règne de l'empereur Yuan Feng, de la dynastie des Song du Nord. Cette activité reprit à Beishan, jusqu'en 1146 avec la création des groupes de Nanshan et de Shimenshan.

La falaise sur les flancs de laquelle ont été gravées les sculptures, à Beishan, est divisée en deux secteurs : 100 groupes de sculptures se trouvent au nord, 190 au sud. Beishan renferme 264 niches ornées de statues, une peinture en intaille et huit piliers inscrits, avec un total de plus de 10 000 sculptures. Plus de la moitié d'entre elles s'inspirent du bouddhisme tantrique, et les autres se rapportent aux concepts de la Trinité et du Sukhavati. Plus du tiers des sculptures de Beishan remontent au milieu du Xe  siècle et se caractérisent par de petites figures soigneusement dessinées, présentant différentes poses, aux traits naturels et spontanés, et aux habits délicatement ornés.

Les statues de la dynastie des Song (entre la fin du Xe et le milieu du XIIe  siècle) sont plus animées et présentent des personnalités clairement différenciées, des poses gracieuses, des figures bien proportionnées, et un splendide habillement. Les sept inscriptions conservées sont importantes pour l'étude de l'histoire, des coutumes religieuses, de la datation et de l'IDENTIFICATION des figures historiques.

Les sculptures de Nashan, le mieux conservé en Chine des cinq principaux ensembles taoïstes, s'étendent sur 86 m de longueur. La plupart d'entre elles représentent des sujets taoïstes. Au XIIe  siècle, lorsque ces sculptures ont été réalisées, le taoïsme avait évolué du culte du Maître Suprême et des Trois Officiers en la croyance à la Trinité Pure et aux Quatre Empereurs.

Les sculptures de Shimenshan, de la première moitié du XIIe  siècle, couvrent 72 m. Elles témoignent de la fusion de thèmes bouddhistes et taoïstes, ces derniers étant les plus caractéristiques. Les 92 statues de la grotte des Dieux et des Déesses du mont Tai [Taishan] témoignent du rôle important de la famille Taishan au sein des divinités taoïstes, entre le Xe et le XIIIe  siècle.

Entre 1174 et 1252, le moine Zhao Zhifeng introduisit le bouddhisme tantrique à Baodingshan et créa le seul grand lieu de culte rupestre relevant de cette croyance, qui attira des artistes venus de tout le pays. Le climat guerrier qui régnait alors entraîna à nouveau l'interruption des travaux à la fin du XIIIe  siècle ; ceux-ci ne devaient reprendre qu'à la fin du XVe  siècle, sous la dynastie des Ming. Ils se poursuivirent, bien que sur une échelle beaucoup plus réduite, jusqu'à la fin de la dynastie des Qing, dans les dernières années du XIXe  siècle.

Baodingshan est un site très impressionnant, situé 15 km au nord-est de la ville de Longgang, de part et d'autre d'une vallée encaissée, à plus de 500 m au-dessus du niveau de la mer. On y trouve deux groupes de sculptures. Le premier, qui est le plus petit, connu sous le nom de Xiaofowan, situé au sommet de la montagne, est étroitement lié au monastère contemporain de la Sainte Longévité, qui fut plus tard détruit par un incendie et reconstruit au cours des dynasties Ming et Qing. Le second groupe, celui de Daifowan, se trouve à l'ouest du monastère et réalise la fusion de la doctrine fondamentale du bouddhisme, de l'éthique du confucianisme, des dogmes du rationalisme et du taoïsme. Ces sculptures peuvent, à différents titres, être considérées comme l'apogée de la sculpture rupestre chinoise.

Les sculptures de Shizhuanshan, de la fin du XIe  siècle, s'étendent sur plus de 130 m et offrent un rare exemple de disposition tripartite d'images bouddhistes, taoïstes et confucianistes.

Source : UNESCO/CLT/WHC

Description historique

Les premières sculptures rupestres du comté de Dazu remontent à 650 après J.-C., à l'aube de la dynastie Tang, mais la période majeure commença à la fin du IXe siècle. En 892, Wei Junjing, préfet de Changzhou, lança l'exécution des premières sculptures de Beishan ; à la chute de la dynastie Tang, son exemple fit des émules parmi les officiels de la préfecture et du comté, la petite noblesse locale, les moines et nonnes, et les petites gens, entre 907-65 (période des Cinq Dynasties et des Dix Royaumes).

La création de ces sculptures cessa pendant les premières années de la dynastie Song, et ne reprit qu'en 1078, sous le règne de l'empereur Yuan Feng de la dynastie Song du nord ; Le travail recommença à Beishan, se poursuivant jusqu'en 1146. C'est alors que furent sculptés les groupes de Nanshan et de Shimenshan. Entre 1174 et 1252, le moine Zhao Zhifeng se fit le porte-parole du bouddhisme tantrique à Baodingshan et créa le seul grand site rituel de pierre réservé à cette croyance, faisant appel pour cela à des maîtres artisans des quatre coins du pays.

Les guerres omniprésentes interrompirent à nouveau les travaux à la fin du XIIIe siècle, qui ne reprirent qu'à la fin du XVe siècle, sous la dynastie Ming. Ils se poursuivirent, quoique à une échelle beaucoup plus réduite, jusqu'à la fin de la dynastie Qing (fin du XIXe siècle).

Source : évaluation des Organisations consultatives