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Centre historique de Boukhara

Historic Centre of Bukhara

Bukhara, which is situated on the Silk Route, is more than 2,000 years old. It is the most complete example of a medieval city in Central Asia, with an urban fabric that has remained largely intact. Monuments of particular interest include the famous tomb of Ismail Samani, a masterpiece of 10th-century Muslim architecture, and a large number of 17th-century madrasas.

Centre historique de Boukhara

Située sur la Route de la soie, Boukhara a plus de 2 000 ans. C'est l'exemple le plus complet d'une ville médiévale d'Asie centrale dont le tissu urbain est resté majoritairement intact, avec de nombreux monuments dont la célèbre tombe d'Ismaël Samani, chef-d'œuvre de l'architecture musulmane du Xe siècle, et de nombreuses medersa du XVIIe siècle.

وسط بخارى التاريخي

تأسَّست مدينة بخارى التي تقع على طريق الحرير، منذ أكثر من 2000 عام. وهي المثال الأكثر كمالاً للمدينة االت ترقى إلى القرون الوسطى في وسط آسيا حيث بقي النسيج المدني سليماً بالإجمال، بالإضافة إلى آثار عديدة نذكر منها قبر اسماعيل الساماني الشهير، وهو تحفة من الهندسة الإسلامية التي تعود إلى القرن الخامس، والعديد من المدارس في القرن السابع عشر.

source: UNESCO/ERI

布哈拉历史中心

丝绸之路上的布哈拉已有两千多年的历史。在中亚城市之中,它完好地保存了绝大多数建筑物,是中世纪城市的典范。其中著名的纪念物有伊斯梅尔·萨马尼的著名墓碑,公元10世纪穆斯林的建筑杰作以及17世纪的一批建筑。

source: UNESCO/ERI

Исторический центр города Бухара

Возраст Бухары, расположенной на Великом Шелковом пути, превышает 2 тыс. лет. Это наиболее целостный образец средневекового города в Средней Азии, с почти не измененной городской планировкой. Наибольший интерес представляют такие памятники как гробница Исмаила Самани – шедевр исламской архитектуры X в., - а также многочисленные медресе XVII в.

source: UNESCO/ERI

Centro histórico de Bujara

Situada en la Ruta de la Seda, Bujara tiene más de 2.000 años de antigüedad. Es el ejemplo más completo de ciudad medieval existente en el Asia Central y su tejido urbano primigenio se ha conservado intacto en su mayor parte. Posee numerosos monumentos, entre los que destacan la célebre tumba de Ismail Samani, obra maestra de la arquitectura musulmana del siglo X, y varias madrazas del siglo XVII.

source: UNESCO/ERI

ブハラ歴史地区

source: NFUAJ

Historisch centrum van Bukhara

De stad Bukhara ligt aan de Zijderoute en is meer dan 2000 jaar oud. Bukhara geldt als het meest complete voorbeeld van een middeleeuwse plaats in Centraal-Azië, met een stedelijk karakter dat nog grotendeels intact is. Monumenten die zijn overgebleven zijn onder andere de beroemde graftombe van Ismail Samani, indrukwekkend door z'n sobere elegantie en een meesterwerk van islamitische architectuur uit de 10e eeuw. Tijdens de 11e eeuw werd de opvallende Poi-Kalyan-minaret gebouwd – een meesterwerk qua decoraties van baksteen – samen met het grootste deel van de Magoki Attori-moskee en het Chashma Ayub-heiligdom. Uit de 17e eeuw resteert nog een groot aantal madrassas.

Source : unesco.nl

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Centre historique de Boukhara © Our Place
Valeur universelle exceptionnelle

Brève synthèse

Le Centre historique de Boukhara, situé sur la Route de la soie, remonte à plus de deux mille ans. C’est un des meilleurs exemples de cités islamiques bien préservées d’Asie centrale du Xe au XVIIe siècle, avec un tissu urbain qui est resté largement intact.

Boukhara a longtemps été un centre économique et culturel important de l’Asie centrale. L’ancienne cité perse a servi de centre majeur de la culture islamique durant de nombreux siècles et est devenue un centre culturel majeur du Califat au VIIIe siècle.

À l’exception de quelques vestiges importants datant de la période antérieure aux invasions mongoles de Gengis Khan en 1220 et de Timour en 1370, la vieille ville est un témoin de l’urbanisme et de l’architecture de la période chaybanide des rois ouzbeks, à partir du début du XVIe siècle. La citadelle, reconstruite au XVIe siècle, marque le centre civique de la ville depuis ses origines.

Les monuments importants encore debout depuis ces temps anciens comprennent la célèbre tombe d’Ismail Samanai, impressionnante dans sa sobre élégance et plus bel exemple restant de l’architecture du Xe siècle dans tout le monde musulman. De la période karakhanide du XIe siècle date le remarquable minaret de Poi-Kalyan, chef-d’œuvre de la décoration en briques, de même que la plus grande partie de la mosquée Magoki Attori et du mausolée Chashma Ayub. La madrasa Ulugbek est un héritage survivant des Timourides. Aux Chaybanides sont dus certains des plus célèbres monuments de Boukhara : l’ensemble de Poi-Kalyan, l’ensemble de Lyabi-Khauz, la madrasa Kosh et la madrasa Gaukushon dans l’ensemble de Hodja-Kalon. Les édifices ultérieurs de cette période de l’histoire de Boukhara comprennent des madrasas monumentales aux carrefours importants : Taki Sarafon (Coupole des changeurs), Taki-Tilpak-Furushan (Coupole des chapeliers), Tim-Bazzazan et Tiro-Abdullah-Khan. Au début du XVIIe siècle, de belles constructions sont venues s’y ajouter, dont une nouvelle grande mosquée, Magoki Kurns (1637) et l’imposante madrasa Abdulazziz-Khan (1652).

Cependant, l’importance réelle de Boukhara tient non pas à ses édifices pris individuellement, mais plutôt à l’ensemble de son paysage urbain, démontrant le niveau élevé et constant de l’urbanisme et de l’architecture inauguré par la dynastie chaybanide.

Critère (ii) : L’exemple de Boukhara pour ce qui est du schéma urbain et des bâtiments a eu une profonde influence sur l’évolution et  l’urbanisme citadin d’une grande partie de l’Asie centrale.

Critère (iv) : Boukhara est l’exemple le plus complet et le plus intact de ville médiévale d’Asie centrale qui a, jusqu’à aujourd’hui, conservé son tissu urbain.

Critère (vi) : Entre le IXe et le XVIe siècle, Boukhara est restée le plus grand centre de théologie musulmane, particulièrement pour ce qui est du soufisme, au Proche-Orient, avec plus de deux cents mosquées et plus de cent madrasas.

Intégrité

Le bien présente tous les attributs qui justifient sa valeur universelle exceptionnelle. Ses limites et sa zone tampon sont appropriées et adéquates. Malgré le défaut de sensibilité de nombre de constructions nouvelles de 1920 aux années 1950 et les dommages sismiques, Boukhara conserve dans une large mesure son ambiance historique et un tissu urbain pour l’essentiel intact.

Toutefois, l’intégrité du bien est menacée par l’impact agressif de la salinité et des eaux souterraines et par les termites qui causent une érosion des structures en bois. De plus, de très nombreux bâtiments remarquables en terre sont dans certains quartiers extrêmement vulnérables en raison de la détérioration du tissu historique.

Authenticité

Boukhara a préservé en grande partie son schéma urbain qui date de la période chaybanide. Des bâtiments modernes ont été édifiés dans le centre historique, qui ont détruit l’apparence de certains quartiers, mais dans d’autres le paysage médiéval a survécu. La proportion de constructions anciennes, en particulier les édifices publics et religieux, reste néanmoins considérable, et le centre historique présente incontestablement un intérêt majeur en tant qu’exemple exceptionnel d’une ville musulmane essentiellement médiévale en Asie centrale.

Si l’on considère le Centre historique de Boukhara comme une entité complète – exprimée par divers attributs, parmi lesquels le contexte urbain, la forme et la conception, l’utilisation des matériaux et des techniques, les fonctions et la tradition – il est possible de discerner certains facteurs qui pourraient avoir un impact défavorable sur l’authenticité du bien, à savoir (i) le recul de l’utilisation des matériaux traditionnels et des techniques de construction traditionnelles et l’introduction de nouveaux matériaux de construction ainsi que de nouveaux détails architecturaux, (ii) l’insuffisance de la documentation sur les principaux monuments et le tissu urbain, et (iii) les pressions de l’urbanisation entraînant des conceptions inappropriées pour les nouvelles constructions.

Eléments requis en matière de protection et de gestion

Les lois et règlements nationaux pertinents concernant le bien du Patrimoine mondial comprennent la Loi sur la protection et l’exploitation des biens du patrimoine culturel, de 2001. Les lois en vigueur ainsi que les codes d’urbanisme prévoient la protection des monuments du patrimoine culturel et de leurs zones tampons. Ces documents sont reflétés dans le Plan directeur de la ville de Boukhara (2005). De plus, le Conseil des ministres de la République d’Ouzbékistan a approuvé le Décret spécial N° 49 du 23 mars 2010, relatif au « programme de l’Etat sur la recherche, la conservation, la restauration et l’adaptation à l’utilisation moderne des biens du patrimoine culturel à Boukhara jusqu’à 2020 ». Actuellement, ce programme en cours d’exécution renforce la protection et la conservation du bien.

La gestion des monuments du patrimoine culturel de Boukhara relève du Ministère de la culture et des sports de la République d’Ouzbékistan au niveau national et de l’Inspection régionale de Boukhara pour la protection et l’utilisation des monuments du patrimoine culturel et des autorités locales au niveau régional.

Dans le cadre de la protection du patrimoine culturel du centre historique de Boukhara, le Conseil des ministres de la République d’Ouzbékistan a adopté un programme d’Etat pour les activités complexes de recherche, de conservation et de restauration des monuments du patrimoine culturel du centre historique de Boukhara et leur adaptation aux besoins modernes pour la période 2010-2020. Les interventions sont strictement réglementées afin de garantir l’intégrité et les éléments caractéristiques des monuments. Durant la mise en œuvre du programme d’Etat, le suivi des monuments sera assuré en permanence. Un plan de gestion, qui doit comprendre une base de données informatisée, un plan directeur de conservation et de développement, un système de suivi scientifique, un plan d’infrastructure, des principes directeurs de conception et des directives et des règlements pour tous les services touristiques, est nécessaire pour préserver la valeur universelle exceptionnelle du bien et équilibrer les besoins du développement durable. Pour maintenir les conditions d’intégrité et d’authenticité, il faut une stratégie de conservation détaillée, en particulier pour enlever les couches culturelles construites à des époques ultérieures et abaisser la surface des rues à leur niveau historique. Un autre aspect important est de renforcer les capacités dans les techniques de construction traditionnelles. L’Institut de recherche scientifique et de projets en urbanisme est en train d’élaborer un projet d’urbanisme détaillé du centre historique de Boukhara qui traitera ces questions de manière plus approfondie. 

Description longue
[Uniquement en anglais]

Bukhara, which is situated on the Silk Route, is some 25 centuries old. It is the most complete example of a medieval city in Central Asia, with an urban fabric that has remained largely intact. Monuments of particular interest include the famous tomb of Ismail Samani, a masterpiece of 10th-century Muslim architecture, and a large number of 17th-century madrasas. The historic part of the city, which is in effect an open-air museum, combines the city's long history in a single ensemble.

Archaeological excavations have revealed that the settlement on the site of latter-day Bukhara became part of the Kushan state as early as the 2nd millennium BC. In the 4th century it was incorporated into the Ephtalite state. Before the Arab conquest Bukhara was one of the largest cities of central Asia, owing its prosperity to its site on a rich oasis and at the crossroads of ancient trade routes. It became a major cultural centre of the Caliphate of Baghdad in 709, and in 892 the capital of the independent Samanid Kingdom. A time of great economic growth came to an end with the sack of the city in 1220 by the Mongol horde of Genghis Khan. It slowly recovered, to become part of the Timurid Empire. The internal strife of the late 15th century led to the occupation of Bukhara by nomadic Uzbek tribesmen led by Khan Sheibani, becoming the capital of the Bukhara Khanate. A long period of unrest and short-lived dynasties ended in 1920, when it was absorbed into the Soviet Union; nevertheless, this period saw Bukhara consolidating its role as a major commercial and cultural centre.

The townscape of latter-day Bukhara represents every stage of the city's history. The earliest monuments include the 10th century Ismail Samani Tomb, the decorated brick minaret of Poi-Kalyan from the 11th century, along with the Magoki Mosque and the Chasma Ayub Shrine. The Timurid period is represented only by the Ulugbek Medresseh. The most celebrated buildings date from the Shebibanid period - the Poi-Kalyan group, the Lyabi-Khauz ensemble, the Kosh Medresseh, and the Gaukushon Medresseh. A little later came the medressehs at important crossroads, such as Taki Sarafon (Dome of the Moneyshangers, Taki-Tilpak-Furushan (Dome of the Headguard Sellers), Tim-Bazzazan, and Tim-Abdullah-Khan. Among the fine buildings erected in the anarchic early 17th century must be included the great new mosque Magoki Kurns (1637) and the imposing Abdullah-Khan Medresseh. It should be stressed, however, that the real importance of Bukhara lies not in its individual buildings but rather in its overall level of urban planning and architecture, which began with the Sheibanid dynasty.

Source : UNESCO/CLT/WHC
Description historique

Les fouilles archéologiques ont mis à jour que le peuplement de la toute première ville de Boukhara qui faisait partie de l'état de Kushan remonte au deuxième millénaire avant J.C .. Au quatrième siècle avant J. C., cette ville a été incorporée à l'état Ephtalite. Avant la conquête arabe, Boukhara était l'une des plus grandes villes d'Asie centrale en raison de sa prospérité, de sa situation sur une riche oasis, et à la croisée d'anciennes routes commerciales. L'ancienne ville perse couvrait une superficie de près de 40 hectares avec la citadelle, résidence de ses dirigeants, dans le quartier nord-est (ou survit un énorme tumulus de terre rectangulaire).

En 709, elle devint le principal centre culturel du califat de Bagdad. En 892, l'émir Ismaël Ibn Amad (892-907) créa un état indépendant et choisit Bukhara comme capitale du puissant royaume Samanide. C'est alors que se développa une période de grande prospérité économique et culturelle qui se manifesta par une grande croissance de la ville, surtout sous le règne des Karakhanides à partir du 11ème siècle. En 1220, la ville fut mise à sac par les hordes mongoles de Gengis Khan (1220) ; elle ne s'en remettra pas avant la seconde moitié du 13ème siècle. En 1370, elle fit partie du grand empire Timuride dont la capitale était Samarcande. Boukhara était toujours la deuxième ville de Maverannahr et ses bâtiments furent rénovés.

La fin du 15ème siècle fut une période de nombreuses luttes féodales sur le territoire Timuride, dont 1' influence était déclinante, avec pour conséquence que Boukhara a été occupée par les tribus nomades Ouzbeks sous le commandement de khan Cheïbani, qui fit de Boukhara le centre de l'état Ouzbek. Le khanat de Bukhara s'est efforcé de favoriser le développement économique et culturel de ses territoires ; la ville fut la grande bénéficiaire des nouvelles constructions qui s'ensuivirent.

Au cours des siècles qui suivirent la mort d'Abdullah khan en 1598, les dynasties brèves se succédèrent et dès la fin du 17ème siècle la faiblesse conséquente conduisit à une succession de raids et de pillages des souverains voisins. Ce n'est qu'à partir de 1753 que Boukhara devint la capitale de la nouvelle dynastie Manguite qui resta en place jusqu'en 1920. Pendant cette période, la ville fut 1' entrepôt commercial de toute 1 'Asie centrale (bien qu'elle ait été absorbée par l'empire russe en 1868). En 1848, elle ne comptait pas moins de 38 caravansérails, 6 arcades commerçantes, 16 bains publics et 45 bazars. Boukhara a également été le premier centre de théologie musulmane du Proche Orient avec deux cents mosquées et plus de cent médersas.

Source : évaluation des Organisations consultatives