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Ancienne ville de Shibam et son mur d'enceinte

Old Walled City of Shibam

Surrounded by a fortified wall, the 16th-century city of Shibam is one of the oldest and best examples of urban planning based on the principle of vertical construction. Its impressive tower-like structures rise out of the cliff and have given the city the nickname of ‘the Manhattan of the desert’.

Ancienne ville de Shibam et son mur d'enceinte

Entourée de son mur d’enceinte, cette ville du XVIe siècle offre l’un des plus anciens et des meilleurs exemples d’un urbanisme rigoureux fondé sur le principe de la construction en hauteur. Ses impressionnantes structures en forme de tours qui jaillissent de la falaise lui ont valu son surnom de « Manhattan du désert ».

مدينة شبام القديمة وسورها

تشكل هذه المدينة المسوّرة التي ترقى الى القرن السادس عشر أحد أقدم النماذج وافضلها للتنظيم المدني الدقيق المرتكز على مبدأ البناء المرتفع. وتعود تسميتها "بمانهاتن الصحراء" الى مبانيها البرجية الشاهقة المنبثقة من الصخور.

source: UNESCO/ERI

城墙环绕的希巴姆古城

建于16世纪的希巴姆古城堡被军事防御墙所环绕,是基于垂直建筑规则建造的最古老、最杰出的城市规划典范之一。古城建在悬崖峭壁之上,其塔状建筑令人印象深刻,城市由此得名“沙漠中的曼哈顿”。

source: UNESCO/ERI

Старый укрепленный город Шибам

Окруженный крепостной стеной ХVI в., город Шибам является одним из старейших и самых ярких примеров городского планирования, основанного на принципе строительства по вертикали. Его выразительные башнеподобные сооружения, возвышающиеся над утесом, дали городу прозвище «Манхеттен в пустыне».

source: UNESCO/ERI

Ciudad vieja amurallada de Shibam

Esta ciudad amurallada del siglo XVI constituye uno de los más antiguos y mejores ejemplos de planificación urbanística basada en el principio de la construcción vertical. Sus impresionantes edificios en forma de torres, que parecen brotar de los farallones en que han sido construidos, le han valido el sobrenombre de “Manhattan del desierto”.

source: UNESCO/ERI

シバームの旧城壁都市

source: NFUAJ

Oude ommuurde stad Shibam

De 16e-eeuwse stad Shibam is omgeven door een versterkte muur en geldt als een van de oudste en beste voorbeelden van stedelijke planning gebaseerd op het principe van de verticale constructie. De indrukwekkende, torenachtige huizen van door de zon gedroogde modderbakstenen, rijzen omhoog vanuit de rotsafgrond Wadi Hadramaut. Hierom wordt Shibam ook wel ‘het Manhattan van de woestijn’ genoemd. De woningen zijn soms wel zeven verdiepingen hoog. Shibam werd de hoofdstad van het gebied Hadramaut nadat in 300 na Christus de oude, pre-islamitische hoofdstad Shabwa werd vernietigd. De stad is een belangrijke halteplaats voor de specerijen- en wierrookhandelsroute van het Arabische plateau.

Source : unesco.nl

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Valeur universelle exceptionnelle

Brève synthèse

La masse imposante de maisons-tours en brique crue séchée au soleil qui se dressent dans l'enceinte fortifiée de Shibam datant du XVIe siècle, surgissant de la falaise au bord du wadi Hadramaout, est décrite comme la 'Manhattan' ou 'Chicago du désert'. Étape importante sur le parcours caravanier de la route des épices et de l'encens qui franchissait les hauts plateaux de l'Arabie méridionale, la ville aux maisons de sept étages s'est développée dans une enceinte fortifiée où les rues et les places suivent un tracé rectangulaire. La ville qui s'élève sur un éperon rocheux à plusieurs centaines de mètres au-dessus du lit du wadi, a succédé à une implantation plus ancienne partiellement détruite par une crue massive en 1532-33. L'édification de la mosquée du Vendredi remonte au IXe-Xe siècle et le château date du XIIIe siècle, mais la toute première occupation humaine remonte à l'époque préislamique. Shibam devint la capitale de l'Hadramaout après la destruction en 300 après J.-C. de l'ancienne capitale Shabwa, qui se trouvait plus à l'ouest le long du wadi. À la fin du XIXe siècle, les marchands de retour d'Asie revitalisent la cité fortifiée qui poursuivi alors son expansion sur la rive sud du wadi pour former la nouvelle agglomération d'al-Sahil. L'abandon du vieux système agricole de gestion des crues dans le wadi, la saturation des réseaux d'évacuation traditionnels par l'introduction d'un nouveau système moderne d'alimentation en eau combiné avec un drainage inadapté, ainsi que les changements dans la gestion du bétail sont autant de facteurs qui ont contribué au délabrement de la ville.

La densité du tissu urbain de Shibam où se massent des maisons-tours contiguës à l'intérieur des murs d'enceinte est l'expression d'une réponse urbaine au besoin de refuge et de protection manifesté par les familles rivales, tout comme leur prestige économique et politique. À ce titre l'ancienne ville de Shibam et son mur d'enceinte et sa position dans le wadi Hadramaout constitue un exemple éminent d'établissement humain, d'occupation des sols et d'urbanisme. L'architecture domestique de Shibam, avec son impact visuel surgissant de la plaine inondable du wadi, son tracé fonctionnel, ses matériaux et techniques de construction, est une expression prodigieuse, mais extrêmement vulnérable de la culture arabe et musulmane traditionnelle.

Le paysage environnant des terres irriguées par épandage des eaux de crue, une pratique agricole qui a été et reste en usage, constitue un système économique intégré alliant l'irrigation par épandage des eaux de crue, la production de limon et l'utilisation de terre crue dans la construction, qui n'existe plus nulle part ailleurs dans la région.

Critère (iii) : L'aspect défensif de Shibam, caractérisé par la densité de l'habitat avec ses maisons à étages multiples et presque sans fenêtres au niveau de la rue, offre un témoignage exceptionnel de la forte concurrence qui régnait entre les familles rivales de la région. Si la société extrêmement homogène retrouve ses racines à Shibam au fil des siècles, le mode de vie traditionnel dont elle témoigne avec ses maisons-tours n'en est pas moins menacé par les bouleversements sociaux et économiques.

Critère (iv) : Entourée d'un mur d'enceinte, la ville historique de Shibam offre l'un des plus anciens et des meilleurs exemples d'urbanisme fondé sur la construction en hauteur. Elle représente l'exemple le plus accompli de l'architecture urbaine traditionnelle hadrami, à la fois dans le damier de ses rues et de ses places et dans l'impact visuel de sa forme surgissant de la plaine inondable du wadi, du fait de la hauteur de ses maisons-tours en brique crue. Ces éléments illustrent la période charnière de l'histoire hadrami du XVIe au XlXe siècle, où les marchands locaux contribuèrent au développement économique et politique de la ville grâce aux voyages et au commerce extérieur.

Critère (v) : Située entre deux montagnes au bord d'un vaste wadi inondable et presque complètement isolée de tout autre établissement urbain, Shibam et ses environs conservent le dernier témoignage vivant et intégral d'une société traditionnelle qui s'est adaptée à un mode de vie précaire dans un environnement où se pratique l'irrigation des terres agricoles par épandage des eaux de crue. Elle est vulnérable aux transformations sociales et économiques et à la menace constante d'incursion des crues annuelles.

Intégrité (2011)

À l'intérieur du mur d'enceinte de la ville, tous les éléments, les caractéristiques physiques et le tissu urbain qui font l'importance du bien sont présents, n'ont pratiquement pas subi de dégradations et sont pour la plupart en bon état. De même, l'oasis est resté intact dans son fonctionnement et sa relation avec la ville, et mérite d'être protégé. L'intégrité sociale, fonctionnelle et visuelle reste valable même si l'intégrité visuelle et structurelle est indirectement menacée par les nouvelles constructions et les structures en béton alentour.

La menace potentielle la plus pénible à supporter pour la ville est le risque d'inondation qui pourrait à tout moment être préjudiciable pour l'intégrité et l'authenticité de l'ancienne ville, comme cela a été le cas lors des inondations catastrophiques d'octobre 2008. 

Authenticité (2011)

Shibam atteste de l'identité culturelle des populations du wadi Hadramaout et de leur ancien mode de vie traditionnel. Les éléments qui justifient la Valeur universelle exceptionnelle, comme le tracé urbain, le panorama urbain, le mur d'enceinte, le bâti traditionnel et la relation entre la ville et son paysage environnant, demeurent préservés. L'authenticité est indirectement menacée par les bouleversements extérieurs et, dans certain cas, par la tendance générale au Yémen à remplacer les matériaux traditionnels par des structures de béton. 

Eléments requis en matière de protection et de gestion (2011)

La protection de l'Ancienne ville de Shibam est garantie par la loi de 1997 sur les antiquités, ainsi que la loi de 2002 sur le bâti. La protection sera améliorée lorsque la loi sur la préservation des villes historiques entrera en vigueur. Un plan directeur de la ville a récemment été approuvé et le plan de conservation urbaine devrait être adopté d'ici quelques mois.

L'Organisation générale pour la préservation des villes historiques au Yémen (GOPHCY) fondée en 1990 en vue d'assurer la gestion et la sauvegarde de toutes les villes historiques, est l'autorité principale chargée de la conservation du patrimoine au Yémen. Cet organisme devrait gagner en efficacité une fois que la nouvelle législation sur la conservation entre en vigueur et que ses ressources humaines et financières sont améliorées. 

Depuis 2000, l'antenne locale de la GOPHCY à Shibam bénéficie du soutien d'un projet géré par le GIZ visant à améliorer les conditions générales, sociales et économiques de la ville tout en veillant au renforcement des capacités du personnel de la GOPHCY locale  C'est ainsi que la GOPHCY de Shibam a pu gérer la mise en œuvre d'un programme de rénovation de l'habitat qui a réussi à documenter 98 % de l'habitat traditionnel à Shibam et à réhabiliter plus de 60 % des maisons privées traditionnelles. L'OGPVHY a encore besoin de davantage de soutien, de moyens et de renforcement de ses capacités pour pouvoir assurer une gestion durable. 

Un plan de gestion pour la ville qui aura une stratégie clairement définie de revitalisation et de conservation durable du bien à long terme, est en préparation.

Description longue
[Uniquement en anglais]

The old walled city of Shibam and Wadi Hadramaut constitute an outstanding example of human settlement and land use. The domestic architecture of Shibam is an outstanding characteristic example of houses in the Arab and Muslim world. The rigorous city planning based on the principle of vertical construction is exceptional and an example of a traditional but vulnerable culture

Sometimes called the 'Chicago of the desert' or the 'Manhattan of the desert', the old city of Shibam presents to historians and urbanists one of the earliest and most perfect examples of rigorous planning based on the principle of vertical construction.

The city is built on a hillock, which has allowed it to escape the devastating floods of Wadi Hadramaut and to become the capital of the territory after the destruction of ancient pre-Islamic capital, Shabwa, in AD 300. Its plan is trapezoidal, almost rectangular; and it is enclosed by earthen walls within which a block of dwellings, also built from earth, have been laid out on an orthogonal grid. The highest house is eight storeys high and the average is five.

The impressive structures for the most part date from the 16th century, following a devastating flood of which Shibam was the victim in 1532-33. However, some older houses and large buildings still remain from the first centuries of Islam, such as the Friday Mosque, built in 904, and the castle, built in 1220.

In Shibam there are some mosques, two ancient sultan's palaces, a double monumental door and 500 more buildings, separated or grouped, but all made uniform by the material of which they are constructed: unfired clay.

Source : UNESCO/CLT/WHC