jump to the content

Villes anciennes de Djenné

Old Towns of Djenné

Inhabited since 250 B.C., Djenné became a market centre and an important link in the trans-Saharan gold trade. In the 15th and 16th centuries, it was one of the centres for the propagation of Islam. Its traditional houses, of which nearly 2,000 have survived, are built on hillocks (toguere) as protection from the seasonal floods.

Villes anciennes de Djenné

Habité depuis 250 av. J.-C., le site de Djenné s'est développé pour devenir un marché et une ville importante pour le commerce transsaharien de l'or. Aux XVe et XVIe siècles, la ville a été un foyer de diffusion de l'islam. Ses maisons traditionnelles, dont près de 2 000 ont été préservées, sont bâties sur des petites collines toguere et adaptées aux inondations saisonnières.

مدن جنّة القديمة

تطوّر موقع جنة المأهول منذ العام 250 ق.م.، ليصبح سوقًا ومدينةً مهمَّيْن لتجارة الذهب عبر الصحراء. وفي القرنَيْن الخامس عشر والسادس عشر، كانت المدينة مركزًا لنشر الاسلام. وأُنشئت منازلها التقليديّة التي لم يتبقّ سوى ألفَيْن منها على تلالٍ صغيرةٍ تمّ تكييفها حتى تتصدّى للفياضانات الموسميّة.

source: UNESCO/ERI

杰内古城

杰内自公元前250年开始有人居住,后来发展成一个市场中心和撒哈拉黄金贸易的重要中心。15世纪到16世纪间杰内成为伊斯兰教义传播的中心。城内的古建筑约有2 000座被完好地保存下来。这些建筑为防止季节性洪水,房屋建在了小丘之上 。

source: UNESCO/ERI

Старые города Дженне

Обитаемый с 250 г. до н.э., Дженне был рыночным центром и важным звеном транссахарской золототорговли. В XV-XVI вв. город стал одним из мест, откуда распространялся ислам. В городе сохранилось около 2 тыс. традиционных жилищ, построенных на небольших холмиках – «тогуере» - для защиты от сезонных наводнений.

source: UNESCO/ERI

Ciudades antiguas de Djenné

Poblado desde el año 250 a.C., el sitio de Djenné llegó a ser un centro mercantil importante y un eslabón de la ruta transahariana del oro. En los siglos XV y XVI fue un foco de propagación del Islam. Sus viviendas tradicionales –de las que se conservan unas 2.000 aproximadamente– se construyeron en pequeños altozanos (toguere) para protegerlas contra las inundaciones estacionales.

source: UNESCO/ERI

ジェンネ旧市街

source: NFUAJ

Oude steden van Djenné

Djenné is vanaf 250 voor Christus bewoond. Het werd een marktcentrum en een belangrijke schakel in de trans-Sahara goudhandel. In de 15e en 16e eeuw was het een van de centra voor de verspreiding van de islam. De traditionele huizen – waarvan er bijna 2.000 intact zijn gebleven – zijn gebouwd op heuveltjes (toguère) als bescherming tegen de seizoensgebonden overstromingen. Opgravingen hebben bewoning van voor de 3e eeuw voor Christus blootgelegd en een stadsontwerp van circulaire en rechthoekige constructies. De oude stad is uniek vanwege haar archeologische, historische, religieuze en architectonische waarde.

Source : unesco.nl

  • Anglais
  • Français
  • Arabe
  • Chinois
  • Russe
  • Espagnol
  • Japonais
  • Néerlandais
Villes anciennes de Djenné © CRAterre
Valeur universelle exceptionnelle
Brève synthèse

Djenné, chef lieu du Cercle du même nom, située à 130 km au sud-ouest de Mopti (la capitale régionale) et à environ 570 km au nord-est de Bamako (la capitale nationale), est l’une des villes les plus anciennes d’Afrique subsaharienne.

Le bien culturel dénommé « Villes anciennes de Djenné » est un bien en série composé de quatre sites archéologiques Djenné Djeno, Hambarkétolo, Kaniana et Tonomba, et du tissu ancien de la ville actuelle de Djenné couvrant une superficie de 48,5 ha et divisé en dix quartiers. Le bien est un ensemble qui a longtemps symbolisé la ville africaine par excellence. Il est aussi particulièrement représentatif de l’architecture islamique en Afrique subsaharienne.

Le bien est caractérisé par un usage intensif et remarquable de la terre particulièrement dans son architecture. La mosquée exceptionnelle, de grande valeur monumentale et religieuse, en est un exemple éloquent. La ville est célèbre pour ses constructions civiles dont le style est marqué par la hauteur et les contreforts, ainsi que pour ses maisons monumentales, d’un style élégant et aux façades soigneusement composées. 

Des fouilles effectuées en 1977, 1981, 1996 et 1997, ont révélé une passionnante page de l’histoire de l’humanité remontant au 3ème siècle avant Jésus Christ. Elles ont mis au jour un  ensemble archéologique qui témoigne d’une structure urbaine préislamique riche de ses constructions circulaires ou rectangulaires en djenné ferey, etde nombreux vestiges archéologiques (jarres funéraires, poteries, meules, scories de métal, etc.).

Le bien « Villes anciennes de Djenné » s’identifie par la ville de Djenné, caractérisée par une architecture remarquable et sa trame urbaine, d’une rare harmonie et par quatre (4) sites archéologiques qui témoignent d’une civilisation préislamique disparue.

Le bien « Villes anciennes de Djenné » possède encore les valeurs qui ont justifié sa valeur universelle exceptionnelle à son inscription sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. On peut citer, en premier lieu, les valeurs archéologiques, historiques, religieuses et architecturales.

Critère (iii) : Djenné Djeno, ainsi que Hambarketolo, Tonomba et Kaniana apportent un témoignage exceptionnel sur les civilisations pré– islamiques du Delta intérieur du Niger. La découverte de nombreuses structures d’habitat sur le site de Djenné Djeno (restes de structures en djenné ferey, jarres funéraires) ainsi que d’un riche patrimoine mobilier en terre cuite et en métal, en font un site archéologique majeur pour l’étude de l’évolution de l’habitat, des technologies et de l’artisanat.

Critère (iv) : le tissu ancien de Djenné offre un exemple éminent d’un ensemble architectural illustrant une période historique significative. Influencée par l’architecture du Maroc (1591), et marquée plus tard par l’avènement de l’Empire Toucouleur en 1862, l’architecture de Djenné se caractérise par sa verticalité, ses contreforts qui scandent les façades des maisons à deux niveaux dont l’entrée est toujours particulièrement soignée. La reconstruction de la mosquée (1906-1907) a abouti à la réalisation d’un monument représentatif de l’architecture religieuse locale.

Intégrité

Les quatre sites archéologiques inscrits gardent leurs vestiges intacts (tessons de poterie, jarres funéraires, restes de murs et de maisons circulaires ou rectangulaires en briques rondes en terre crue - djenné ferey -, statuettes et briques en terre cuite, scories de fer, meules, broyeurs et sépultures d’inhumations islamiques). Les marécages dans lesquels se dressent les îlots, leur assurent une certaine intégrité physique. Cependant, ces sites archéologiques inscrits connaissent des menaces très sérieuses comme le lessivage, l’érosion et le ravinement par les intempéries et l’urbanisation anarchique.

En plus de sa prestigieuse mosquée, Djenné abrite encore ses maisons monumentales au style élégant et d’une rigoureuse composition avec, aux façades, dotées ou non d’un auvent, leurs pilastres en contreforts, et au centre de l’intense ornement « le potige », motif décoratif signalant l’emplacement de la porte d’entrée.  Cette architecture de terre, un des critères de l’inscription du bien sur la Liste du patrimoine mondial subi depuis des décennies des modifications altérant son esthétique comme entre autres:

  • l’introduction des matériaux modernes comme le ciment, les briques cuites, des portes et fenêtres métalliques;
  • la disparition des éléments décoratifs de la façade, caractéristiques de l’architecture de terre de Djenné.
Authenticité

L’authenticité du site, en particulier du tissu ancien inscrit, s’affirme à travers l’utilisation des matériaux de construction qui ont été très peu modifiés : la terre est le matériau de construction privilégié. La transmission des techniques constructives est assurée par les Barey, corporation des maçons de père en fils.

Enfin, à travers l’esprit, la sagesse, l’accueil et la grande mosquée, Djenné reste et demeure la “ville pieuse”.

Eléments requis en matière de protection et de gestion

La ville de Djenné bénéficie d’une protection légale à travers le classement du bien dans le patrimoine national et la création d’une Mission culturelle œuvrant à sa conservation.

La grande mosquée, les écoles coraniques et les tombes des Saints bénéficient d’une protection coutumière par la mise en place d’un comité de gestion de la mosquée, l’association des écoles coraniques et la supervision du chef de village, son conseil et les chefs de quartier.

Le site est doté d’un « plan de conservation et de gestion » élaboré selon l’approche participative avec les communautés pour une durée de cinq (5) ans 2008 -2012.

D’éventuels problèmes pourraient se poser par l’accroissement de la population et la spéculation foncière. Les limites de la zone de protection sont floues. Un règlement d’urbanisme en cours d’élaboration pourrait aider à définir ces dites limites et contribuer à un développement durable de la ville qui respecte les valeurs du patrimoine.

Il est nécessaire de doter la Mission culturelle de moyens humains et matériels pour assurer le contrôle du bien contre le pillage et les autres menaces sur le patrimoine culturel.

 

Description longue

Djenné-Djeno, avec Hambarketolo, Tonomba et Kaniana, constitue un témoignage exceptionnel des civilisations préislamiques de l'intérieur du delta du Niger. Djenné offre un remarquable exemple de groupe d'édifices illustrant une période historique significative ; elle est considérée comme « la plus belle ville d'Afrique », ou encore comme la « ville africaine typique ».

La crue annuelle du Niger et de ses affluents est un phénomène naturel essentiel aussi bien dans la région de Djenné que dans tout l'intérieur du delta. La crue recouvre toutes les terres, à l'exception de quelques hauteurs connues sous le nom de toguere. Les fouilles menées entre 1977 et 1981 sur le toguere de Djenné-Djeno, dans le bassin inondé du Bani, 3 km au sud-est de Djenné, ont montré que l'occupation humaine y a été continue de 250 av. J.-C. au XIVe siècle.

Différentes phases d'occupation ont été mises en évidence. Au cours d'une période préurbaine, le peuple Bozo vivait de la pêche et de la riziculture. La phase d'urbanisation qui suivit fut probablement le fait du peuple Nono, dont les marchands firent rapidement de la ville une place commerciale et un point essentiel du commerce de l'or transsaharien, qui débuta au IXe ou au Xe siècle en Afrique occidentale, pour répondre à la demande des musulmans. La découverte de nombreuses structures domestiques (murs, maisons, restes de foyers) et d'un grand nombre d'objets en métal et en terre cuite a fait de Djenné-Djeno un site archéologique majeur pour l'étude de l'évolution de l'habitat, des techniques industrielles et artisanales, et de la diffusion de l'islam.

La découverte de restes organiques, dont un grand nombre de grains de riz africain, a permis de beaucoup mieux comprendre comment s'y était développée la riziculture. D'autres toguere, comme ceux de Hambarketolo, Tonomba et Kaniana, ont également livré d'importantes découvertes. Toutes ces collines, qui étaient un refuge naturel à l'époque des crues, sont des sites archéologiques potentiels, et méritent à ce titre d'être protégées.

Au XIVe siècle, Djenné-Djeno a été abandonnée en faveur de Djenné, qui était habitée depuis le XIe siècle. L'histoire du sacrifice expiatoire d'une jeune fille, Tepama, murée vivante pour garantir la prospérité de la ville, doit être replacée dans le contexte religieux d'une époque où les croyances animistes et le fétichisme ne s'étaient pas encore effacés devant l'islam. Introduit par des marchands Marka, ce dernier ne s'est pas affirmé avant la fin du XIIIe siècle, époque à laquelle le sultan Koumboro s'y convertit. Il abandonna son palais et en fit la première mosquée de Djenné ; celle-ci fut détruite en 1830.

Comme Tombouctou, Djenné a connu son âge d'or aux XVe et XVIe siècles. La ville était alors un centre majeur de diffusion de l'islam. Prise par les Marocains en 1591, puis par les Peuls en 1810, par les Toucouleur en 1862, enfin par les troupes coloniales françaises en 1893, Djenné ne connut aucune nouvelle phase de développement important jusqu'à ce que le Mali ait conquis son indépendance. La période coloniale a laissé des traces importantes sur la ville, notamment avec la reconstruction de sa grande mosquée, en 1906-1907. Ce monument, construit pour 3 000 fidèles, est cependant un pastiche assez réussi de l'architecture religieuse locale.

La ville de Djenné, qui s'étend sur plusieurs toguere, est coupée en deux par une large avenue. Au sud, la place du marché est dominée par la grande mosquée. Quelque 1850 maisons traditionnelles (en 1982) se répartissent de part et d'autre de cet axe central, sur une ancienne parcelle de terrain de 20 ha environ. Le trait principal de l'architecture domestique, influencée par celle du Maroc, réside dans sa verticalité. Des contreforts scandent les façades des maisons à deux niveaux dont les entrées sont toujours particulièrement soignées.

Outre ce quartier historique, différents édifices contemporains ont été construits lors des extensions successives des limites de la ville. Il faut enfin mentionner les ports de Djenné, qui sont au nombre de 17, et notamment celui de Bambana, où faisaient escale les pirogues venues de Tombouctou.

Source : UNESCO/CLT/WHC