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Nécropole paléochrétienne de Pécs (Sopianae)

Early Christian Necropolis of Pécs (Sopianae)

In the 4th century, a remarkable series of decorated tombs were constructed in the cemetery of the Roman provincial town of Sopianae (modern Pécs). These are important both structurally and architecturally, since they were built as underground burial chambers with memorial chapels above the ground. The tombs are important also in artistic terms, since they are richly decorated with murals of outstanding quality depicting Christian themes.

Nécropole paléochrétienne de Pécs (Sopianae)

Au IVe siècle, une série remarquable de tombeaux ornés fut érigée dans le cimetière de la ville romaine provinciale de Sopianae (la Pécs moderne). Ces tombeaux sont importants, tant du point de vue structurel qu'architectural, car ils ont été construits sous terre comme des chambres funéraires surmontées de chapelles commémoratives en surface. Ils sont également importants sur le plan artistique dans la mesure où ils sont richement ornés de peintures murales d'une qualité exceptionnelle représentant des thèmes chrétiens.

مقبرة بيك الكبيرة المسيحية القديمة في مدينة سوبيانايي

شُيّدت في القرن الرابع مجموعة مدهشة من الأضرحة المزيّنة في مقبرة مدينة سوبيانايي الرومانية. واتّسمت هذه الأضرحة بأهمية بالغة إن من حيث بنائها أو هندستها لأنها شُيّدت تحت الأرض كغرف جنائزية تقوم على سطحها كنائس تذكارية. وتتخذ هذه الأضرحة أهميةً أخرى من حيث التصميم الفني إذ أنها زُيّنت زينةً غنية برسوم جدرانية ذات نوعية استثنائية تحمل رموزا دينية.

source: UNESCO/ERI

佩奇的早期基督教陵墓

公元4世纪,罗马帝国索皮阿瑙埃省(现代的佩奇城)建造了大量带有装饰的基督徒墓地。墓地不仅有地下墓室,而且地面上还有礼拜堂,在结构和建筑方面都具有重要意义。墓室里的装饰以基督为主题,创作精美细腻,这一切使皮阿尼亚基督徒墓地在人类建筑史和艺术史上都占有一席之地。

source: UNESCO/ERI

Раннехристианское захоронение в городе Печ (древнеримская Сопиана)

В IV в. на кладбище древнеримского центра провинции – города Сопиана (современный Печ) - было сооружено несколько богато украшенных гробниц. Подземные склепы и наземные мемориальные часовни выделяются в строительно-техническом и архитектурном отношении. Гробницы также имеют художественное значение, так как богато украшены великолепными настенными изображениями на христианские темы.

source: UNESCO/ERI

Necrópolis paleocristiana de Pécs (Sopianae)

En el siglo IV se construyó un excepcional conjunto de tumbas ornamentadas en el cementerio de la ciudad provincial romana de Sopianae (la actual Pécs). Estos sepulcros poseen un gran valor estructural y arquitectónico, porque fueron excavados bajo tierra como cámaras funerarias y encima de ellos se construyeron capillas funerarias. También poseen un valor artístico importante porque están ricamente ornamentados con excelentes pinturas murales de temática cristiana.

source: UNESCO/ERI

ペーチ(ソピアネ)にある初期キリスト教墓地遺跡

source: NFUAJ

Vroegchristelijke necropolis van Pécs (Sopianae)

In de 4e eeuw bouwde men een opmerkelijke reeks versierde graven op de begraafplaats van de Romeinse provinciestad Sopianae (het moderne Pécs). De tombes zijn belangrijk qua structuur en architectuur omdat ze als ondergrondse grafkamers met gedenktekenkapellen boven de grond werden gebouwd. De graven zijn ook van artistiek belang; ze zijn rijkelijk versierd met muurschilderingen van uitstekende kwaliteit die christelijke thema’s uitbeelden. De stad Sopianae werd in de 2e eeuw gesticht door kolonisten uit West-Pannonia en Italië. Sopianae was vooral in de 4e eeuw welvarend door de ligging op het kruispunt van verschillende belangrijke handelsroutes.

Source : unesco.nl

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Nécropole paléochrétienne de Pécs (Sopianae)
Valeur universelle exceptionnelle

Brève synthèse

Au IVe siècle avant J.-C., une remarquable série de tombeaux ornés fut érigée dans le cimetière de la ville de Sopianae, dans la Province romaine de Pannonie, dont les ruines sont demeurées sous terre ; ils sont situés dans la ville actuelle de Pécs, dans le sud de la Hongrie. Les chambres funéraires, les chapelles et les mausolées mis au jour sur le site du cimetière de Sopianae forment un complexe témoignant d'une culture et d’une civilisation antiques ayant eu un impact durable. C'est la plus riche collection de monuments funéraires et d’architecture de ce type dans les provinces romaines septentrionales et occidentales, qui reflètent une diversité d’influences culturelles. Ces monuments sont importants tant du point de vue structurel qu’architectural, dans la mesure où ils ont été construits au-dessus du sol et servaient à la fois de chambres funéraires et de chapelles commémoratives. Ils sont également importants sur le plan artistique en raison de leurs parois richement décorées de fresques illustrant des thèmes chrétiens, d'une qualité exceptionnelle.

La nécropole romaine a été mise au jour au cours de fouilles archéologiques qui commencèrent il y a deux siècles. Des fouilles ultérieures ont révélé que ce groupe  de monuments paléochrétien constituait une preuve exceptionnelle de la continuité d’une histoire particulière qui couvre des siècles d’histoire troublée, du IVe siècle marqué par le déclin de l’Empire romain jusqu’au VIIIe siècle et la conquête de l’Empire franc. Le bien du patrimoine mondial consiste en seize monuments funéraires, mais le cimetière comprend plus de cinq cents tombes plus modestes situées autour des principaux monuments.

Critère (iii) : Les chambres funéraires et les chapelles commémoratives du cimetière de Sopianae témoignent de façon exceptionnelle de la force et de la foi des communautés chrétiennes de la fin de l’Empire romain.

Critère (iv) : L’art et l’architecture funéraire paléochrétiens des provinces romaines du nord et de l’ouest sont illustrés de façon exceptionnelle et complète par le cimetière de Sopianae à Pécs.

Intégrité

Le bien comprend un ensemble de seize monuments qui font partie de la nécropole paléochrétienne de Sopianae. Ils ont été mis au jour par les fouilles archéologiques qui se poursuivent. La délimitation du bien pourrait changer comme suite aux recherches en cours. En ce qui concerne les éléments qui restent et qui se trouvent tous sous terre, le caractère intact des ruines et leurs interrelations historiques a été conservé autant que possible, dans la mesure où des couches urbaines successives, y compris la ville contemporaine, se sont sédimentées au-dessus du bien.

Authenticité

Les chambres funéraires, les chapelles commémoratives et d’autres restes et fragments sépulcraux mis au jour depuis le XVIIIe siècle ont été conservés à leur emplacement d'origine, à la suite de recherches scientifiques et de restauration, et grâce aux techniques disponibles à l’époque concernée, mais aussi grâce aux solutions techniques disponibles aujourd'hui. Les interventions modernes, nécessaires pour conserver et présenter les éléments d’origine, sont bien distinguées du matériel d’origine.

Eléments requis en matière de protection et de gestion

Le bien et sa zone tampon sont situés dans une Zone de Monuments historiques, déclarée en 1966. Le cimetière romain est également protégé en tant que site archéologique. Au niveau local, le décret gouvernemental sur la ville n° 40 de 1994 a classé le centre historique de la ville et la zone du cimetière romain Zone de mémoire. La ville a également pris divers arrêtés relatifs à la protection du patrimoine historique et architectural dans le contexte du développement urbain. La propriété des seize monuments varie : deux appartiennent à l'Etat hongrois, treize à la ville de Pécs et le dernier au département de Baranya.

Sur la base du de la Loi sur le patrimoine mondial national de 2011, un nouveau plan de gestion entrera en vigueur par décret du Gouvernement et sera revu au moins tous les sept ans. L'organe de gestion est la Division du patrimoine mondial de Zsolnay Management Non Profit Ltd., un organisme à but non lucratif. Une fois finalisé et approuvé, le plan de gestion et le comité de gestion prendront des dispositions claires en matière de gouvernance impliquant les différentes parties prenantes. Sur la base de la Loi sur le patrimoine mondial, l'état du site, ainsi que les menaces et les mesures de préservation, fera l’objet d’une surveillance régulière et d’un rapport à l'Assemblée nationale; le plan de gestion sera revu au moins une fois tous les sept ans. Il convient de maintenir un équilibre entre la préservation de l’authenticité et les besoins contemporains de présentation. Afin de garantir une authenticité accrue des éléments, une modernisation des solutions techniques antérieures est en cours. Les recherches actuelles dans la zone de l'ancienne nécropole pourraient fournir la base d’une extension du bien à l'avenir.

Description longue

Les chambres funéraires et les chapelles commémoratives du cimetière de Sopianae

sont de remarquables témoignages de la puissance et de la foi des communautés chrétiennes de la fin de l'Empire romain, et illustrent bien le caractère unique de l'art funéraire chrétien précoce et de l'architecture des provinces romaines septentrionales et occidentales.

La partie de la Hongrie moderne située à l'ouest du Danube a été intégrée à l'Empire romain au Ier  siècle apr. J.-C., à l'intérieur de la province romaine de Pannonie. La ville de Sopianae a été fondée sur le flanc méridional du massif du Mecsek au II siècle par des colons venus de Pannonie occidentale et d'Italie, qui se croisèrent avec les populations indigènes illyro-celtiques. Sopianae fut particulièrement prospère au IV siècle du fait de sa position à la jonction de différentes voies commerciales et militaires importantes. Saint István (le roi Étienne Ier ), le fondateur de l'État hongrois, y établit l'un de ses dix évêchés.

La ville médiévale s'est développée à l'extérieur des murs du complexe du château épiscopal, et fut à son tour fortifiée au XV siècle pour la protéger de la menace croissante exercée par les Turcs. La partie centrale du pays fut conquise par les Ottomans au milieu du XVI siècle, et le château épiscopal de Pécs devint le centre administratif d'un sandjak . La plupart des habitants hongrois de la ville prirent alors la fuite, remplacés par des musulmans de Turquie ou des Balkans qui démolirent les églises (à l'exception de la cathédrale) et les monastères, et utilisèrent leurs pierres pour la construction de mosquées ou d'autres édifices islamiques. Pécs fut libéré du joug ottoman en 1686, entrant alors dans les possessions des Habsbourg. L'évêché fut réinstallé et la ville repeuplée avec des colons hongrois et allemands. Les mosquées et les autres édifices musulmans furent adaptés à des fonctions chrétiennes, mais les bains (hammams) demeurèrent en activité pendant une très longue période. Les fortifications qui entourent le château furent démolies et la ville prit alors une physionomie baroque.

La nécropole romaine a été mise au jour au cours de fouilles archéologiques qui commencèrent il y a deux siècles dans une zone, aménagée en terrasses dans l'Antiquité, située juste en face de la cathédrale. Le site classé sur la Liste du patrimoine mondial consiste en 16 monuments funéraires, dont les principaux sont les suivants :

Chambre funéraire I (Pierre-Paul)  : découverte en 1782, cette tombe de la fin du IV siècle consiste en une chapelle sous laquelle se trouve la chambre funéraire souterraine proprement dite, avec des peintures murales religieuses et un petit vestibule menant à la chambre funéraire. Elle est taillée dans la pente des collines de Mecsek.

Chambre funéraire II (chambre du pichet à vin)  : structure à deux niveaux, avec des murs de calcaire et une voûte en brique. Sur les murs de la niche qui s'ouvre au-dessus du sarcophage se trouve une peinture représentant un pichet à vin et un verre, qui symbolisent la soif de l'âme en route vers l'Au-delà.

Cella trilobée  : cette chapelle au plan élaboré est formée d'un espace central rectangulaire doté de trois absides et d'un vestibule méridional (narthex) ; l'abside orientale présente un sol surélevé sur lequel se trouvait probablement un autel.

Cella à sept lobes  : cet édifice funéraire, qui présente un plan unique comportant sept absides, n'était pas utilisé comme tombe. Il remonte à la période romaine, autour de 430.

Mausolée paléochrétien  : chambre funéraire souterraine accessible par un vestibule ou narthex, surmontée par une église à nef unique dotée d'une abside à son extrémité orientale. Les murs nord, est et sud sont tous décorés de peintures murales figurant des sujets bibliques.

Chapelle funéraire paléochrétienne  : utilisée exclusivement comme chapelle, elle est au centre d'un regroupement de plus de cent tombes datables entre la fin du IVe et le début du V siècle.

Tombes jumelles peintes  : double tombeau à fronton renfermant des peintures murales figurant des symboles chrétiens en rouge, carmin et jaune sur fond blanc.

Tombeau commun  : il contient 14 tombes, séparées les unes des autres par des blocs de pierres et des briques. Certains fragments de pierre ou de brique portent des noms dont on pense qu'ils sont ceux des membres d'une même famille.

Source : UNESCO/CLT/WHC
Description historique

La partie moderne de la Hongrie à l'ouest du Danube fut intégrée à l'Empire romain pendant le Ier siècle apr. J.-C. La ville de Sopianae fut fondée au IIe siècle sur les pentes sud du massif de Mecsek par des colons venus d'Italie et de la partie ouest de la Pannonie, qui s'intégrèrent aux peuples indigènes celto-illyriens. Sopianae fut particulièrement prospère au IVe siècle grâce à sa situation géographique à la croisée de plusieurs grandes routes militaires et commerciales. Ce fut à cette époque, avec la réorganisation des provinces romaines, qu'elle devint la capitale de Valeria. Des fouilles archéologiques ont mis au jour plusieurs édifices publics datant de cette époque dans le voisinage du forum.

Il y avait un cimetière au nord de la ville, avec de nombreuses tombes chrétiennes datant du IVe siècle. Pendant la période post-romaine et jusqu'au VIIIe siècle, les grandes tombes servirent d'abris à différents groupes de peuplements (Huns, Germains et Avars). Ce n'est qu'au IXe siècle que la chrétienté fut rétablie dans la ville.

En 1009, saint Étienne (Étienne Ier), fondateur de l'État hongrois, y établit l'un de ses dix évêchés. Le complexe épiscopal fortifié fut agrandi et reconstruit aux siècles suivants, et ce fut à l'intérieur de cette enceinte que le roi angevin Laszlo Ier le Grand fonda la première université de Hongrie (1367). La ville médiévale s'agrandit hors des murs du Palais épiscopal et fut à son tour fortifiée au XVe siècle contre la menace turque. Malgré la résistance héroïque des monarques hongrois pendant plus d'un siècle, le pays fut conquis par les Ottomans au milieu du XVIe siècle. Le Palais épiscopal de Pécs devint le centre administratif d'un sandjak. La plupart des habitants hongrois de la ville s'enfuirent et furent remplacés par des musulmans de Turquie et des Balkans, qui détruisirent les églises et les monastères (à l'exception de la cathédrale) et utilisèrent les pierres pour la construction de mosquées et autres édifices islamiques. Les murs de la ville furent renforcés par des bastions.

Pécs fut libérée de la domination turque en 1686 et intégrée aux terres des Habsbourg. L'évêché fut rétabli et la ville fut repeuplée de colons hongrois et allemands. Les mosquées et autres édifices musulmans furent convertis en lieux chrétiens, les bains turcs (hammams) continuèrent de fonctionner pendant une longue période. Les fortifications entourant le palais furent démolies et la ville commença à prendre une apparence baroque. Elle devint le centre administratif d'un comté et se dota de beaux édifices publics.

Pécs se libéra de la tutelle épiscopale en 1780. Au cours du XIXe siècle, elle connut un développement commercial et industriel spectaculaire et fut dotée de nombreux édifices dans les styles d'architecture en vogue à l'époque - classique, romantique, historiciste et Art Nouveau. Heureusement, aucune constructions inappropriées ne furent érigées pendant la deuxième moitié du XXe siècle.

Source : évaluation des Organisations consultatives