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Persépolis

Brève description

Fondée par Darius Ier en 518 av. J.-C., Persépolis, capitale de l'Empire achéménide, fut construite sur une immense terrasse mi-naturelle, mi-artificielle où le roi des rois avait édifié un splendide palais aux proportions imposantes, inspiré de modèles mésopotamiens. C'est un site archéologique unique par l'importance et la qualité de ses vestiges monumentaux.

© UNESCO

Description longue

Les magnifiques ruines de Persépolis se trouvent au pied du Kuh-i-Rahmat (montagne de la Grâce), dans la plaine de Marv Dasht, à quelque 700 km au sud de la capitale actuelle de Téhéran.

Fondée par Darius Ier en 518 av. J.-C. (mais plus d'un siècle passa avant qu'elle ne fût achevée par Artaxerxès Ier), comme l'indique une inscription gravée sur la façade sud de la terrasse, Persépolis était la capitale de l'Empire achéménide.

La ville était construite sur une immense terrasse mi-artificielle, mi-naturelle, où le roi des rois créa un impressionnant complexe palatial inspiré par les modèles mésopotamiens. Avant toute construction, il fallut réaliser un travail considérable, et notamment tailler dans les pentes irrégulières de la montagne pour façonner et élever la grande plate-forme, et remplir de cailloutis les vides et les dépressions. La terrasse de Persépolis, avec la double volée de marches qui y mène, ses murs tapissés de frises sculptées à différents niveaux, ses propylaea cantonnés à la mode assyrienne, ses taureaux ailés gigantesques, et les vestiges de deux immenses salles, est une création architecturale grandiose. La couverture du toit habilement allégée et le recours à des linteaux en bois ont permis aux architectes achéménides d'utiliser, dans les aires ouvertes, un nombre minimal de colonnes étonnamment élancées. Celles-ci sont surmontées de chapiteaux typiques sur lesquels, reposant sur des volutes doubles, deux avant-trains de taureaux agenouillés, dos à dos, tendent leurs nuques accolées et leurs têtes jumelles à l'entrecroisement des poutres du plafond.

Persépolis fut l'exemple par excellence de la ville dynastique, le symbole de la dynastie achéménide ; c'est la raison pour laquelle elle fut incendiée par les Grecs d'Alexandre le Grand en 330 av. J.-C. Selon Plutarque, ils emportèrent ses trésors sur 20 000 mules et 5 000 chameaux. Il ne reste plus aujourd'hui, dominant la ville, qu'une immense terrasse de pierre (530 x 330 m), mi-naturelle, mi-construite, plaquée contre la montagne.

Il semble que Darius ait planifié cet impressionnant complexe palatial non seulement comme siège du gouvernement, mais aussi, et principalement, comme un lieu d'ostentation et un théâtre impressionnant des réceptions et des fêtes des rois achéménides. Darius vécut assez longtemps pour voir une petite partie de son projet réalisée. Cet ensemble d'un abord majestueux avec ses escaliers monumentaux, ses salles du trône (apadana), ses salons de réception et ses dépendances compte au nombre des plus importants sites archéologiques du monde, parmi lesquels il n'a pas d'équivalent ; il témoigne du caractère tout à fait unique d'une très ancienne civilisation.

Au cours des siècles qui suivirent, nombreux furent les voyageurs qui se rendirent à Persépolis et décrivirent la ville et les ruines des palais achéménides. Les fouilles de la ville ne commencèrent que lorsque l'Institut oriental de l'université de Chicago décida de financer une expédition archéologique à Persépolis et dans ses environs. Celle-ci se déroula sous la supervision de E. Herzfeld de 1931 à 1934, et de E.F. Schmidt de 1934 à 1939.

Sur une terrasse, comme sur un piédestal, les rois achéménides, Darius (522-486 av. J.-C.), son fils Xerxès (486-465 av. J.-C.) et son petit-fils Artaxerxès (465-424 av. J.-C.) construisirent un splendide complexe palatial : propylées, salles de représentation et appartements privés ouvrant sur des cours reliées entre elles par des corridors à chicane, selon l'usage mésopotamien. La Persépolis visible de nos jours est pour l'essentiel l'œuvre de Xerxès ; la partie nord de la terrasse renfermait principalement la salle d'audience de l'apadana, la salle du trône et la porte de Xerxès ; c'était la partie officielle du complexe de Persépolis, qui n'était accessible qu'à un public restreint. L'autre partie comportait les palais de Darius et de Xerxès, le harem et la salle du conseil, entre autres.

Comme en Mésopotamie, le principal matériau de construction était la brique cuite au soleil ; cependant, la pierre de taille, principalement utilisée pour les éléments portants (piédroits et linteaux des portes, chambranles, allèges, bases et chapiteaux...), pour les portes monumentales et pour de vastes surfaces sculptées, a heureusement survécu aux atteintes du temps.

Source : UNESCO/CLT/WHC