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Centre historique de la ville de Salzbourg

Brève description

Salzbourg a su préserver un tissu urbain d’une richesse exceptionnelle élaboré entre le Moyen Âge et le XIXe siècle, alors qu’elle formait une ville-État gouvernée par son prince-archevêque. L’art gothique flamboyant qui s’y épanouit attira dans la ville de nombreux artistes avant que son rayonnement ne s’affirme encore avec l’intervention d’architectes italiens, Vincenzo Scamozzi et Santini Solari, à qui le centre de Salzbourg doit beaucoup de son caractère baroque. Cette rencontre du nord et du sud de l’Europe n’est peut-être pas étrangère au génie du plus illustre des fils de Salzbourg, Wolfgang Amadeus Mozart, dont la renommée universelle rejaillit désormais sur la ville.

© Tourismus Salzburg GmbH

Valeur universelle exceptionnelle

Brève synthèse

Salzbourg est un exemple exceptionnel de ville-État ecclésiastique, phénomène particulier au Saint Empire romain qui s'étendait de la Prusse à l'Italie. La plupart ont disparu en tant qu'unités administratives et politiques au début du XIXe siècle et ont pris des trajectoires différentes de développement. Aucun autre exemple d'organisation politique de ce genre ne s'est maintenu aussi complètement qu'à Salzbourg en parvenant à préserver aussi remarquablement son tissu urbain et ses différents édifices.

Salzbourg, point de rencontre des cultures italienne et allemande, a joué un rôle essentiel dans les échanges entre ces deux cultures. Le résultat est une ville baroque qui a émergé intacte de l'histoire et qui porte un témoignage matériel exceptionnel sur une culture et une période particulières. Le centre de Salzbourg doit beaucoup de son aspect baroque aux architectes italiens Vincenzo Scamozzi et Santino Solari.

La ligne des toits de Salzbourg, qui se détache sur un horizon de montagnes, se caractérise par une profusion de flèches et de dômes eux-mêmes dominés par la forteresse de Hohensalzburg. La ville possède un grand nombre d'édifices laïcs et religieux de très grande qualité, construits de la fin du Moyen Âge au XXe siècle. On constate une distinction nette, visible sur le terrain et sur la carte, entre les terres du prince-archevêque et celles des bourgeois. Les premières sont riches de monuments - la cathédrale, la Résidence, l'abbaye des Franciscains, l'abbaye Saint-Pierre -, et d'espaces ouverts, notamment la Domplatz. Les maisons des bourgeois sont par contre construites sur de petites parcelles et donnent sur des rues étroites, les seuls espaces ouverts étant les trois marchés historiques. Salzbourg compte de nombreux monuments édifiés depuis la période gothique qui, ensemble, ont créé une image de la ville et un tissu urbain d'une extrême originalité et d'une très grande beauté.

Enfin, Salzbourg est intimement liée à de nombreux et très illustres artistes et musiciens, dont le plus célèbre est Wolfgang Amadeus Mozart.

Critère (ii) : Salzbourg a joué un rôle fondamental dans les échanges entre les cultures italienne et allemande, en concrétisant l'éclosion de ces deux cultures et la pérennité de ces échanges.

Critère (iv) : Salzbourg est un exemple exceptionnellement important de ville-État ecclésiastique européenne -, comportant un très grand nombre d'édifices laïcs et religieux de très grande qualité, datant de la fin du Moyen Âge au XXe siècle.

Critère (vi) : Salzbourg est remarquable pour ses liens avec les arts, la musique en particulier, en la personne de son célèbre fils, Wolfgang Amadeus Mozart.

Intégrité (2010)

Le centre historique de Salzbourg possède tous les éléments essentiels qui définissent la ville-État ecclésiastique. L'harmonie d'ensemble est vulnérable à l'impact négatif de nouveaux aménagements dans la zone tampon et aux abords de la ville.

Authenticité (2010)

Le centre de Salzbourg a conservé dans une large mesure son paysage urbain historique et son réseau de rues. Se détachant sur un horizon de collines, ses principaux monuments, tels la cathédrale et le couvent de Nonnberg, ont conservé leur place dominante dans la ligne des toits. La ville a dans l'ensemble réussi à préserver son caractère et son tissu historiques, bien qu'ils soient vulnérables aux nouvelles constructions qui ne respectent pas totalement l'harmonie de sa forme baroque.

Besoins en matière de protection et de gestion (2010)

La gestion s'effectue au niveau national, régional et local. Le bien est protégé au niveau fédéral et provincial. D'autres législations spécifiques s'appliquent également dans certains domaines particuliers (comme la gestion de l'eau). Par ailleurs, une gestion consensuelle est également pratiquée et permet à des propriétaires et à des organismes culturels concernés d'agir à titre individuel.

Un plan de gestion a été établi en 2008, achevé fin janvier 2009 et adressé à toutes les autorités compétentes. Il montre comment on peut intégrer les nouvelles constructions au tissu urbain et à la planification, et contrôler et évaluer l'impact de nouveaux projets d'aménagements urbains pour faire en sorte de ne pas compromettre l'harmonie et l'intégrité de la ville.

On assiste depuis 40 ans à une prise de conscience collective de la valeur patrimoniale du tissu urbain. La commune et les différents propriétaires sont responsables du fonctionnement de la gestion quotidienne. Ils suivent les avis et orientations du personnel spécialisé de la Ville de Salzbourg, ainsi que les conseils du Bureau fédéral de Protection des Monuments. Le financement est assuré par l'État fédéral d'Autriche et par le biais du Fonds d'Entretien du Centre historique (financé par la ville et la province).

Description longue

Salzbourg est un important exemple, d'une portée universelle tout à fait exceptionnelle, d'une cité-État ecclésiastique européenne qui a su conserver de manière remarquable son tissu urbain, la signification historique de ses édifices, et un grand nombre de bâtiments religieux et séculiers construits au cours de plusieurs siècles. Son centre historique s'est développé entre le Moyen Âge et le XIXe  siècle, alors que la cité-État était dirigée par un prince-évêque. L'art gothique flamboyant y attira de nombreux artistes et artisans, avant que la ville ne devienne plus célèbre encore grâce à l'intervention d'architectes italiens comme Vincenzo Scamozzi et Santini Solari, auquel le centre de Salzbourg doit beaucoup de sa physionomie baroque actuelle.

L'image de la ville, qui se détache sur un fond de montagnes, se caractérise par une profusion de flèches et de coupoles, dominées par la forteresse de Hohensalzbourg. Il existe une séparation nette, visible au sol comme sur la carte, entre le domaine des princes-évêques et celui de leurs bourgeois : le premier se caractérise par des édifices monumentaux et des espaces ouverts, le second par de petits lots de terrain ouvrant sur des rues étroites, avec trois marchés historiques pour seuls espaces ouverts.

Salzbourg a conservé de nombreuses constructions remontant à la période gothique, qui forment ensemble un paysage urbain unique, et d'une grande beauté. Le principal édifice sacré, la cathédrale consacrée à saint Rupert et à saint Virgile, est le centre spirituel de la ville. Les fouilles archéologiques effectuées au cours de la reconstruction qui a suivi les importantes destructions dues aux bombardements de la Seconde Guerre mondiale ont mis au jour de nombreux témoignages des phases antérieures à l'édifice actuel, jusqu'à sa fondation au VIIIe  siècle comme une basilique à trois nefs. La seconde cathédrale, bien plus grande, a été construite en 1181 selon le même plan, mais elle a été détruite par un incendie en 1598, et remplacée par l'édifice actuel. Son plan original a été dessiné par Vincenzo Scamozzi, qui fut l'élève d'Andrea Palladio ; l'édifice actuel, dû à Santini Solari, architecte en chef de la Cour, a conservé bien des aspects de celui de Scamozzi.

L'église de l'abbaye bénédictine de Saint-Pierre, fondée à la fin du VIIe  siècle, est le seul édifice remontant à la première époque romane de Salzbourg, et date pour l'essentiel du XIIe  siècle ; le cimetière et la catacombe de l'abbaye sont particulièrement remarquables. Le couvent de religieuses de Nonnberg est le plus ancien couvent au nord des Alpes, fondé vers la même époque que l'abbaye de Saint-Pierre. Le complexe massif actuel, qui s'élève sur le sommet oriental du Mönchberg, marque profondément le paysage, avec son église placée en position dominante et sa coupole baroque.

La forteresse de Hohensalzbourg a été édifiée à l'emplacement d'une construction d'époque romaine qui occupait une éminence escarpée dominant la ville, remplacée au Moyen Âge par une forteresse en bois. La première construction en pierre, du début du XIIe  siècle, a été agrandie au XVe  siècle par l'adjonction de tours, de bastions et de structures externes. La reconstruction complète et les travaux d'agrandissement du complexe, commencés au XVIe  siècle, se sont poursuivis jusqu'à la fin du XVIIe  siècle.

La résidence de l'archevêque, construite à partir du début du XIIe  siècle, se trouve au cœur de la vieille ville. Son état actuel remonte à sa principale reconstruction, réalisée par l'archevêque Wolf Dietrich von Raitenau au début du XVIIe  siècle ; ses bâtiments se disposent autour de deux cours.

En plus de son patrimoine architectural, Salzbourg est particulièrement connu pour son association avec les arts, et notamment avec la musique en la personne de son fils le plus célèbre, Wolfgang Amadeus Mozart.

Source : UNESCO/CLT/WHC

Description historique

Compte-tenu de sa situation au point le plus étroit de la vallée de la Salzach, entourée de pentes montagneuses
abruptes, il n'est pas étonnant que Salzbourg soit devenu un lieu de peuplement dès la préhistoire. Puis
naturellement, les Romains y installèrent le Municipium Claudium Juvavum, A la croisée de trois grandes voies.
Ce qui en restait après les invasions barbares du 5ème siècle, fut légué en 696 par le duc de Bavière Théodo
à l'évêque missionnaire Franc Hrodbert, dotant dans le même temps, l'abbaye Saint-Pierre, au pied du Monchsberg et le couvent de Nonnberg qu'il avait fondé, de grandes parcelles de terre. Le Père supérieur de
Saint-Pierre fit fonction d'évêque. Equivalent séculier, un palais ducal y fut construit entre le quartier
ecclésiastique et la rivière. La ville médiévale s'implanta entre le palais et la rivière. Les eglises se multiplièrent
et les érudits affluèrent.

Deux évènements significatifs eurent lieu à la fin du 10ème siècle : la séparation en 987 de l'abbaye
et de l'archevêché et, en 996, le privilège accordé à la ville de percevoir des taxes et d'organiser des marchés.
En 1077, l'archevêque Gebhard fit édifier la forteresse de Hohensalzburg, symbole de son pouvoir. La ville
continua à s'agrandir, s'étalant le long d'une rue nord-ouest, parallèle à la rivière. Les anciennes palissades de
bois furent remplacées par un imposant mur de pierres.

La ville fut ravagée par le feu en 1167 ; la cathédrale bénéficia alors d'une période de reconstruction.
Les nombreux incendies qui caractérisèrent le moyen âge eurent pour conséquence le remplacement des maisons
en bois par des bâtiments en pierres de style citadin Inn-Salzach. Avec l'arrivée, vers 1300, de la période
gothique, les édifices tant religieux que civils firent l'objet d'embellissements. L'art gothique tardif de Salzbourg
acquit une renommée qui dépassa largement les limites de la ville. Aux 15ème et 16ème siècles, de nombreux
artistes vinrent y vivre et y travailler.

Wolf Dietrich von Raitenau, nomme archevêque en 1587, remodela l'ensemble de la ville portant plus
particulièrement son attention vers sa résidence, la cathédrale et leurs dépendances. Salzbourg échappa aux
ravages de la Guerre de Trente Ans au cours de la première moitié du siècle en partie grâce aux défenses qui
lui avaient été ajoutées par l'archevêque Paris Lodron mais aussi grâce à la très fine politique de neutralité
adoptée par l'archevêque. C'est à lui que l'on doit en 1622, la création de l'Université. Pendant cette période
de prospérité, les bourgeois modifièrent leurs habitations en copiant le style des bâtiments princiers.

Le paysage urbain fut encore améliore à la fin du 17ème siècle, avec l'arrivée du style baroque
Appliqué à de nombreuses constructions importantes et à une série de fontaines destinées à agrémenter les places
de Salzbourg. Cette période fut aussi celle de l'éclosion de la ville en tant que centre culturel des Lumières.
Wolfgang Amadeus Mozart naquit à Salzbourg en 1756 et y vécut jusqu'à ce que l'archevêque Hieronymus,
comte de Colloredo l'en expulse.

Le gouvernement ecclésiastique prit fin avec les guerres napoléoniennes en 1803. La ville devint un
Electorat auquel étaient intégrées Berchtesgaden, Passau et Eichstatt. Son premier dirigeant fut Ferdinand III
de Toscane qui avait été expulsé de son grand-duché. La guerre eut une incidence catastrophique sur l'économie
de la ville qui mit des décennies à se rétablir. Ce n'est qu'avec l'ouverture de la ligne de chemin de fer entre
Salzbourg et Linz puis Munich qu'elle redémarra grâce à la venue d'investisseurs de Bavière et de toute
l'Autriche. Une nouvelle époque de construction massive eut lieu qui se poursuivit jusqu'au début du 20ème
siècle avec, comme temps fort, la réalisation des bâtiments du Festspielhaus.

Salzbourg subit quelques bombardements au cours de la deuxième guerre mondiale. La reconstruction
prit place parallèlement à une période d'expansion ; un certain nombre d'édifices modernes de qualité y furent
élevés, venant enrichir le patrimoine architectural, témoin de la longue histoire de la ville.

Source : évaluation des Organisations consultatives