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Ancienne cité de Nessebar

Brève description

Édifié sur une péninsule rocheuse de la mer Noire, le site de Nessebar, plus de trois fois millénaire, était à l’origine un site de peuplement des Thraces (Menobria). Au début du VIe siècle, la ville est devenue un comptoir grec. Les vestiges de la ville datent essentiellement de la période hellénistique et comprennent l’acropole, un temple d’Apollon, une agora et un mur de fortification thrace. Parmi d’autres monuments, la basilique de Stara Mitropolia et la forteresse rappellent le Moyen Âge, époque où la cité était l’une des plus importantes villes byzantines de la côte ouest de la mer Noire. Les maisons en bois construites au XIXe siècle représentent l’architecture de la mer Noire à cette époque.

Ancienne cité de Nessebar © Gordontour Plus d'images ...

Valeur universelle exceptionnelle

Brève synthèse

L'ancienne cité de Nessebar est un exemple unique de synthèse de multiples activités menées, au fil des siècles, par les hommes dans le domaine de la culture ; c'est un site où de nombreuses civilisations ont laissé des traces tangibles formant un tout homogène, s'organisant harmonieusement avec la nature. Les différents stades de développement de son architecture résidentielle vernaculaire reflètent les phases de développement du style architectural des Balkans et de l'ensemble de la Méditerranée orientale. On retrouve dans sa structure urbaine des éléments du second millénaire avant J.-C., de l'Antiquité et de la période médiévale.

L'architecture religieuse médiévale, sous l'influence des formes byzantines traditionnelles, met en lumière l'art de la faïence décorative, ornement peint caractéristique de la période. La ville a été, pendant plus de mille ans, un remarquable foyer spirituel de la culture chrétienne.

Critère (iii) : L'ancienne cité de Nessebar apporte le témoignage unique d'un patrimoine culturel et historique à multiples strates. C'est un site où de nombreuses civilisations ont laissé des traces tangibles : structures archéologiques du second millénaire avant J.-C., une colonie grecque de la mer Noire dont les vestiges des fortifications nous sont parvenus, une villa hellénistique et des édifices religieux de l'Antiquité, des églises préservées (dans certaines seulement des parties des structures archéologiques ont été préservées) du Moyen Âge. Nessebar a prouvé son importance historique en tant que ville frontière en de nombreuses occasions. Ayant été un remarquable centre spirituel de la chrétienté pendant mille ans, elle est aujourd'hui un organisme urbain vivant, en expansion.

Critère (iv) : L'ancienne cité de Nessebar est un exemple unique d'un ensemble architectural ayant une structure renaissante bulgare préservée et forme une entité homogène harmonieuse avec la configuration naturelle exceptionnelle de la péninsule rocheuse, reliée au continent par une longue bande de terre étroite. Sa nature et son existence sont le fruit et la synthèse d'une activité humaine séculaire, qui a été le témoin d'importantes périodes historiques - une structure urbaine avec des éléments du second millénaire avant J.-C., de l'Antiquité classique et du Moyen Âge ; le développement d'une architecture religieuse médiévale avec de riches ornementations plastiques et polychromes sur ses façades sous la forme de faïences décoratives caractéristiques de la période ; les différents stades du développement des maisons en bois typiques, qui prouvent la domination de l'architecture des Balkans et de la Méditerranée orientale. L'architecture vernaculaire de l'ensemble urbain, dominé par les églises médiévales et les éléments archéologiques, et le relief côtier unique qui se combinent pour produire un tissu urbain de grande qualité.               

Intégrité (2010)

La petite péninsule rocheuse renferme, dans ses limites, toutes les preuves des différentes strates culturelles - du 2ème millénaire avant J.-C. jusqu'à nos jours.

Bien que les principaux éléments soient généralement restés inchangés, depuis 1986 quelques exceptions sont survenues avec un certain nombre d'interventions illégales sur des structures du XIXe siècle, et quelques nouvelles constructions réalisées en violation de la loi sur le patrimoine culturel.

De plus, et en violation de la loi sur les monuments et les musées, des influences négatives sont également apparues avec la stabilisation d'urgence du littoral de la péninsule. Toutes ces modifications ont le potentiel de menacer l'extraordinaire cohérence du tissu urbain et l'intégrité visuelle générale du bien.

Authenticité (2010)

Seuls des travaux de conservation et de stabilisation sont effectués sur les églises médiévales, et l'ensemble des sites archéologiques étudiés sont exposés et préservés. Certaines églises médiévales ont désormais besoin d'une remise en état. Les modifications sans autorisation apportées à certains édifices vernaculaires, les pressions constantes et accrues du tourisme, du public et des fonctions résidentielles, et les intérêts des investisseurs, associés à l'introduction d'unités de vente mobiles, commencent à menacer la structure urbaine traditionnelle de la ville, son apparence architecturale et son atmosphère.

Besoins en matière de protection et de gestion (2010)

La gestion est mise en œuvre en vertu de :

1) la loi sur le patrimoine culturel (Journal officiel n° 19 de 2009) et législation subdéléguée. Cette loi régit la recherche, l'étude, la protection et la promotion du patrimoine culturel immeuble en Bulgarie, et le développement de plans de gestion et de conservation pour ses biens culturels immeubles inscrits sur la Liste du patrimoine mondial.

2) Règlement n° 8 du Comité de la Culture et du Comité sur l'architecture et les travaux publics des réserves historiques et architecturales de Sozopol et Nessebar/SG 9/1981 ; ce règlement porte sur les questions d'aménagement général et détaillé du territoire, les projets, la réalisation des travaux de conservation et de restauration et les nouvelles constructions. Il détermine également les frontières et les zones de contact du site, les grands principes impliqués, et définit les règles en matière de protection et de mise en œuvre.

3) Élaboré par l'Institut national pour les monuments de la culture /rebaptisé en 2009 Institut national pour le Patrimoine culturel immeuble/, le plan directeur est un document conceptuel sur la préservation et le développement du patrimoine historique et culturel de la ville de Nessebar. Le plan offre une analyse et un pronostic professionnels intégrés du développement urbain sur un large éventail d'activités. Contribuant officiellement à la protection, à la promotion et au développement durable du bien, le document, malheureusement, ne reflète pas totalement les conditions actuelles et a besoin d'être mis à jour.

4) Le plan de construction et de réglementation actuel de l'Ancienne cité de Nessebar, adopté en 1981, et le projet de plan de construction et de réglementation (adopté le 30.07.1991 par le ministère de la Construction et de l'Urbanisme) régissent l'utilisation des sols, les types de construction, les parcs et les jardins, etc.

5) La loi d'aménagement du territoire - (Journal officiel, n° 1 de 2001 et amendements ultérieurs) et législation subdéléguée porte sur l'aménagement du territoire et l'urbanisme, les projets d'investissement et les constructions en Bulgarie. Elle détermine également une protection territoriale et spatiale particulière, ainsi que les zones de patrimoine culturel.

Afin d'apporter une réponse adéquate aux menaces émanant des développements non autorisés, des pressions dues au tourisme et aux utilisations nouvelles, il est nécessaire de mettre en place un plan de gestion général pour le bien proposant un cadre collaboratif à l'ensemble des parties prenantes.

Description longue

 

Des études archéologiques systématiques ainsi que des travaux de consolidation, de restauration et de conservation nous ont transmis, mieux que partout ailleurs en Bulgarie, les témoignages matériels de l'histoire de Nessebar. Cette petite péninsule, occupée depuis les temps les plus reculés, s'est révélée, à plusieurs reprises, occuper une position historique significative de ville-frontière aux confins d'un empire menacé. Les millénaires d'occupation humaine ininterrompue, dont les plus anciennes traces remontent à plus de 3 000 ans, ont créé une stratification culturelle impressionnante dont l'épaisseur, dans certaines zones, peut atteindre 6 m.

Édifié sur un promontoire rocheux de la côte bulgare, le site-musée de Nessebar, plus de trois fois millénaire, était à l'origine occupé par les Thraces, qui furent les premiers à s'installer sur ce lieu naturellement défendu, comme l'atteste la découverte de nombreux objets de l'âge du bronze. Strabon mentionne sa fondation légendaire par le Thrace Mena, dont la ville aurait pris son premier nom, Menobria. Des colons doriens de Mégara y fondèrent ensuite l'une des plus anciennes colonies grecques du Pont-Euxin (la mer Noire), qu'ils nommèrent Messembria. Selon Hérodote, cette colonie existait encore en 513 av. J.-C.

Nessebar s'étend le long d'un isthme romantique. Ses rues pavées, ses églises médiévales encore bien conservées et ses maisons en bois remontant au XIXe siècle illustrent bien son passé mouvementé. Les églises de Nessebar peuvent être considérées comme un croisement entre les architectures slave et grecque orthodoxe, et comptent parmi les plus belles de toute cette zone. La ville, qui est l'une des plus anciennes d'Europe, témoigne encore de l'esprit de différentes époques et de différents peuples - Thraces, Grecs, Romains, Slaves, Byzantins et Bulgares.

La ville grecque, dont l'acropole s'élève dans la partie est de la péninsule, était défendue, en direction de la terre ferme, par un mur du VIe siècle av. J.-C. encore partiellement conservé au nord. Des vestiges de l'agora, du théâtre et du temple d'Apollon ont été mis au jour près d'édifices construits alors que Messembria était sous contrôle romain. La ville fut prise en 71 av. J.-C., mais elle continua à jouir de nombreux privilèges, comme celui de frapper sa propre monnaie. Lorsque la mort de Théodose, en 395, aboutit à la partition de l'Empire romain, Messembria entra dans l'orbite de Byzance dont elle devint rapidement l'une des principales places fortes, et l'objet de luttes opposant les Grecs aux Bulgares.

La ville passa successivement aux mains des uns et des autres, selon les fortunes de la guerre, jusqu'en 812, date à laquelle le khan bulgare Krum s'en empara après un siège de deux semaines

Jusqu'à sa prise par les Turcs, en 1453, Nessebar comportait des monuments tout à fait exceptionnels, comme la Stara Mitropolia, une grande basilique dépourvue de transept, reconstruite au IXe siècle ; l'église de la Vierge ; la Nova Mitropolia, construite au XIe siècle et continuellement embellie jusqu'au XVIIIe siècle ; l'église Saint-Jean-Baptiste, où se trouve aujourd'hui le musée archéologique ; enfin, une remarquable série d'églises des XIIIe et XIVe siècles - Saint-Théodore, Saint-Paraskebba, Saint-Michel et Saint-Gabriel, Saint-Jean-Alituhgethos. L'ancien évêché, en style byzantin ancien (IVe-Ve siècle), et le nouvel évêché (Saint-Stéphane), qui renferme d'intéressantes fresques du XIIe siècle, sont également d'importants édifices.

La domination turque marqua le déclin de Nessebar, mais ne diminua en rien son patrimoine monumental, qui s'enrichit au XIXe siècle de nombreuses maisons du « style de Plovdiv ». Cette architecture vernaculaire assure sa pleine cohérence à un cadre urbain en tout point remarquable. Les maisons de la Renaissance nationale de Nessebar, avec leurs fondations en pierre et leurs larges toitures en bois, qui surplombent d'étroites ruelles pavées menant vers la mer, sont extrêmement belles.

 

Source : UNESCO/CLT/WHC