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Sanctuaire d’oiseaux migrateurs le long du littoral de la mer Jaune et du golfe de Bohai de Chine (phase I)

Migratory Bird Sanctuaries along the Coast of Yellow Sea-Bohai Gulf of China (Phase I)

The property features an intertidal mudflat system considered to be the largest in the world. These mudflats, as well as marshes and shoals, are exceptionally productive and serve as growth areas for many species of fish and crustaceans. The intertidal areas of the Yellow Sea/Gulf of Bohai are of global importance for the gathering of many migratory bird species that use the East Asian-Australasian flyway. Large gatherings of birds, including some of the world's most endangered species, depend on the coastline as a stopover to moult, rest, winter or nest.

La description est disponible sous licence CC-BY-SA IGO 3.0

Sanctuaire d’oiseaux migrateurs le long du littoral de la mer Jaune et du golfe de Bohai de Chine (phase I)
Le bien présente un système de vasières intertidales considéré comme le plus grand du monde. Ces vasières ainsi que les marais et les hautfonds sont exceptionnellement productifs et servent de zones de croissance à de nombreuses espèces de poissons et de crustacés. Les zones intertidales de la mer Jaune/golfe de Bohai sont d’importance mondiale pour le rassemblement de nombreuses espèces d’oiseaux migrateurs qui utilisent la voie de migration Asie de l’Est-Australasie. De grands rassemblements d’oiseaux - parmi lesquels se trouvent certaines des espèces les plus menacées au monde - dépendent du littoral comme lieu de halte pour la mue, le repos, l’hivernage ou la nidification.

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Vue aérienne du site © Yancheng Broadcasting Television
Valeur universelle exceptionnelle

Brève synthèse

Le Sanctuaire d'oiseaux migrateurs le long du littoral de la mer Jaune et du golfe de Bohai de Chine (phase I) est situé dans le plus grand système mondial de vasières intertidales et protège une diversité biologique globalement significative. Le bien en série est un lieu de convergence indispensable et irremplaçable pour plus de 400 espèces aviaires, et crucial pour plus de 50 millions d'oiseaux migrateurs qui empruntent la voie de migration Asie de l'Est-Australasie à travers quelque 22 pays répartis dans les deux hémisphères, de l'Arctique à l'Asie du Sud-Est et à l'Australasie. Plusieurs sites Ramsar, dont certains empiètent totalement ou partiellement sur le bien, attestent l'importance de l'ensemble de la zone côtière à l'échelle planétaire. Le bien annonce un début prometteur en termes d'identification, conservation et gestion des représentations les plus pertinentes d'un système de patrimoine naturel plus vaste, globalement significatif et, néanmoins, extrêmement vulnérable.

Les deux éléments constitutifs du bien sont situés en bordure de la mer Jaune, dans la province du Jiangsu. L'habitat d'oiseaux migrateurs du sud de Yancheng (Jiangsu) et l'habitat d'oiseaux migrateurs du nord de Yancheng couvrent ensemble une superficie totale de 188 643 ha, avec deux zones tampons distinctes qui mesurent en tout quelque 80 056 ha. Distants d'une trentaine de kilomètres l'un de l'autre, les deux éléments constitutifs  du bien sont séparés par le port de Dafeng et constituent la phase I d'une proposition d'inscription d'un site en série beaucoup plus étendu.

Critère (x) : Le bien accueille quelque 680 espèces de vertébrés, dont 415 espèces d'oiseaux, 26 espèces de mammifères, 9 espèces d'amphibiens, 14 espèces de reptiles, 216 espèces de poissons, ainsi que 165 espèces d'organismes benthiques. De grandes colonies aviaires dépendent du littoral où elles trouvent des lieux de halte, de mue, de repos, d'hivernage, de nourrissage et/ou nidification. Les vasières du bien sont d'une importance exceptionnelle pour la conservation des oiseaux migrateurs dans le monde en accueillant d'innombrables espèces globalement significatives, y compris des espèces rares et menacées. Les vasières de la phase I offrent des habitats saisonniers d'une importance cruciale pour plus de 10 % des populations de passage sur la voie de migration Asie de l'Est-Australasie, notamment deux des espèces migratrices les plus rares au monde : le bécasseau spatule et le chevalier tacheté. Ces habitats naturels qui subsistent sont vitaux pour la survie même de ces oiseaux et d'une multitude d'autres espèces menacées, comme la petite spatule, la cigogne orientale, la grue du Japon et le bécasseau de l'Anadyr.

Intégrité

Le bien apporte une contribution non négligeable à la viabilité de la zone de passage obligé Asie de l'Est-Australasie, l'une des plus importantes voies de migration au monde, sans doute la plus menacée et la plus fragile de toutes. Les limites des deux éléments constitutifs du bien sont clairement établies afin d'assurer la bonne protection des oiseaux une fois sur leur lieu de pose. Il importe, toutefois, de préciser que ces derniers dépendent d'habitats côtiers aussi variés que les roselières ou les fourrés, d'où l'égale importance à accorder aux efforts de protection et de restauration de ces sites. Le bien comporte des vasières très étendues, des plages et autres habitats clés d'oiseaux en halte migratoire. Les vasières intertidales, marais et eaux peu profondes sont autant de milieux extraordinairement productifs qui servent de frayères et de zones de croissance à d'innombrables espèces de poissons et de crustacés. Les vasières intertidales attirent notamment une grande diversité et un nombre impressionnant d'oiseaux résidents et migrateurs. Le corps principal de la plaine de dépôts marins et de la vasière s'est formé avant 1855, au moment où le fleuve Jaune a modifié son cours. Cette vasière intertidale poursuit encore son processus actif d'accumulation en raison des phénomènes hydrologiques marins qui ont façonné l'habitat crucial des oiseaux migrateurs. Les fondements de ce système reposent sur les grands cours d'eau (fleuves Jaune, Yangtzé, Yalu, Liao, Luan et Hai He) qui ne cessent de déverser dans la mer Jaune et le golfe de Bohai des sédiments dont l'accumulation forme une série de différents types d'habitats qui sont tous d'une importance vitale pour les oiseaux migrateurs.

Toute la frange littorale s'étend dans une partie de la Chine densément peuplée et exploitée de manière intensive, qui a subi un impact et une modification anthropiques très profonds sur une longue période. En dépit du fait que l'activité humaine ait modifié de vastes portions du littoral et des zones humides tidales, on voit apparaître des politiques encourageantes (en faveur d'une société écologiquement plus durable) afin de stopper la transformation des aires naturelles subsistantes, voire d'inverser la tendance en restaurant les habitats clés des oiseaux migrateurs. Cependant, la tâche est d'autant plus complexe que bon nombre de facteurs de changement sous-jacents, comme la pollution, le trafic maritime, la modification des grands fleuves avec les dépôts sédimentaires qu'ils charrient, l'énergie éolienne et les infrastructures à terre et en mer proviennent de l'extérieur du bien, y compris des eaux côtières et proches du rivage.

Éléments requis en matière de protection et de gestion

Les deux éléments constitutifs sont propriété de l'État et intégralement protégés par la loi. Les « Lignes rouges écologiques » fixées par le Gouvernement chinois identifient le linéaire côtier naturel dont le maintien est proposé à l'intérieur du système global. L'accès et l'usage des ressources dans les zones côtières sont sévèrement limités. Les deux éléments constitutifs bénéficient du statut de protection de Réserve naturelle nationale à l'exception de la région de Tiaozini. Quelques droits de pêche et de récolte sont délivrés aux exploitants de ressources locales dans les eaux peu profondes proches du rivage, y compris les vasières. Toutes les installations et infrastructures publiques appartiennent à l'État et le contrôle des ressources naturelles relève des pouvoirs publics. Les lois et réglementations nationales et provinciales qui protègent le bien sont : la Constitution de la République populaire de Chine, la Loi sur la protection de l'environnement, la Loi sur les forêts, la Loi sur la protection du milieu marin, les dispositions réglementaires appliquées aux réserves naturelles et celles de la province du Jiangsu sur la protection des zones humides et le tourisme. La région de Tiaozini est protégée par le règlement provincial de 2013 sur la conservation des zones humides et son statut antérieur de réserve naturelle nationale pourrait être rétabli afin de respecter l'engagement de sa protection pris lors de l'inscription.

La majeure partie de l'activité touristique est physiquement séparée des aires protégées et se limite aux centres d'accueil des visiteurs. La planification et la gestion futures de chacun des éléments constitutifs du bien doivent veiller à ne produire aucun effet négatif inacceptable du développement sur la biodiversité et les espèces menacées, y compris les effets négatifs du tourisme (qu'il faudrait adapter en conséquence et avec un faible impact), des éoliennes, de la pollution (y compris la pollution sonore), de l'aménagement du territoire et du développement de l'infrastructure. Il convient de mettre en œuvre des stratégies spécifiques afin d'assurer la conservation des espaces au-dessus des zones tidales et de restaurer l'environnement des systèmes dégradés qui sont importants pour maintenir l'habitat essentiel à l'intérieur du bien.

À la lumière de l'énorme transformation antérieure et des profondes répercussions sur les écosystèmes des zones côtières et intertidales et des fortes pressions et menaces existantes, il est clair qu'il faut adopter une approche plus ambitieuse de l'aménagement du territoire afin que le bien reste viable à plus longue échéance. Il est ainsi primordial de continuer à respecter les engagements pris par l'État partie de procéder à l'extension du bien dans la phase II en ajoutant des parcelles clés le long de la partie chinoise de la mer Jaune et du golfe de Bohai. À l'échelle nationale, il y a un engagement manifeste et impératif de fusionner le bien en série en ajoutant les éléments constitutifs appropriés du linéaire côtier de la mer Jaune et du golfe de Bohai.

Au-delà des frontières de la Chine, les zones humides intertidales de la mer Jaune et du golfe de Bohai recèlent des habitats indispensables aux oiseaux migrateurs dans leur périple entre l'Asie de l'Est et l'Australasie. Au-delà du cadre national, il y a un potentiel de patrimoine mondial connexe qui mérite d'être pris en considération dans la mesure où les pays concernés intensifient leurs efforts d'harmonisation des stratégies de gestion et de conservation des lieux d'étapes régionaux les plus précieux du couloir migratoire Asie de l'Est-Australasie. L'efficacité en matière de conservation et gestion de la voie Asie de l'Est-Australasie nécessitera une coopération internationale qui implique tous les États parties le long de ce corridor migratoire. Les efforts initiaux des trois États parties au cœur de la zone de passage obligé des espèces migratrices sont encourageants et devraient se poursuivre et s'étendre, y compris dans le cadre de la Convention du patrimoine mondial et d'autres initiatives internationales.