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Cité punique de Kerkouane et sa nécropole

Punic Town of Kerkuane and its Necropolis

This Phoenician city was probably abandoned during the First Punic War (c. 250 B.C.) and as a result was not rebuilt by the Romans. The remains constitute the only example of a Phoenicio-Punic city to have survived. The houses were built to a standard plan in accordance with a sophisticated notion of town planning.

Cité punique de Kerkouane et sa nécropole

Cette cité phénicienne, sans doute abandonnée pendant la première guerre punique (vers 250 av. J.-C.), et n'ayant de ce fait pas été reconstruite par les Romains, nous offre les seuls vestiges d'une ville phénico-punique qui ait subsisté. Ses maisons ont été construites selon un plan type, suivant un modèle d'urbanisme très élaboré.

مدينة كركوان البونيقية ومقبرتها

هذه المدينة الفينيقية التي هجّرت دون شك خلال الحرب البونيقية الاولى (حولى سنة 250 قبل الميلاد) والتي لم يعد الرومان بناءها تتضمن الآثار الوحيدة لمدينة فينيقية بونيقية متبقية، وقد تم تشييد بيوت هذه المدينة حسب مخطط نموذجي يعتمد اسلوباً متطوراً جداً في التنظيم المدني.

source: UNESCO/ERI

科克瓦尼布尼城及其陵园

这座腓尼基城市大约在第一次布尼战争(约公元前250年)期间被废弃,此后罗马人也没有重建这座城市。因此它作为唯一的腓尼基迦太基城市遗址得以保存。其房屋设计构造与复杂缜密的城镇规划标准相符合。

source: UNESCO/ERI

Пунический город Керкуан и его некрополь

Этот финикийский город был, вероятно, покинут жителями еще во время Первой пунической войны (около 250 г. до н.э.), и впоследствии так и не был восстановлен древними римлянами. Его руины представляют собой единственное дошедшее до нас свидетельство о финикийско-пуническом городе, где дома были построены по единому плану в соответствии с наиболее развитыми взглядами на градостроительство того времени.

source: UNESCO/ERI

Ciudad púnica de Kerkuán y su necrópolis

Esta ciudad fenicia fue abandonada al parecer durante la primera guerra púnica, hacia el año 250 a.C., y el hecho de que no hubiese sido reconstruida por los romanos se debe probablemente a esto. Sus vestigios son los únicos existentes de una ciudad fenicio-púnica. Las casas de Kerkuán se construyeron con arreglo a un plano estándar, elaborado en función de una concepción de la planificación urbanística muy perfeccionada.

source: UNESCO/ERI

ケルクアンの古代カルタゴの町とその墓地遺跡

source: NFUAJ

Punische stad Kerkouane en haar necropolis

Deze Fenicische stad werd waarschijnlijk tijdens de Eerste Punische Oorlog (circa 250 voor Christus) verlaten en daarom later niet meer herbouwd door de Romeinen. De huizen van de stad waren gebouwd volgens een standaardplan dat berustte op een verfijnde opvatting van ruimtelijke ordening. De necropolis van Arg el Ghazouani, gelegen op een rotsachtige heuvel minder dan een kilometer van de stad, is een waardevolle getuigenis van Punische funeraire architectuur. Deze necropolis is het best bewaarde deel van de grote necropolis van Kerkouane,waar de graven verspreid liggen over de kustheuvels op het puntje van Cap Bon.

Source : unesco.nl

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© Editions Gelbart
Valeur universelle exceptionnelle

Brève synthèse

La Cité punique de Kerkouane, situé à l'extrémité du Cap Bon sur une falaise qui domine la mer, apporte un témoignage exceptionnel sur l'urbanisme phénico-punique. Contrairement à ce qui s'est passé à Carthage, Tyr ou Byblos, aucune agglomération romaine ne s'est surimposée à la ville phénicienne dont le port, les remparts, les quartiers d'habitation, les boutiques, les ateliers, les rues, les places, les temples et la nécropole se dessinent nettement dans leur état du IIIe siècle av. J.-C. Le site de la ville punique de Kerkouane a été repéré au cours de l'année 1952. Les fouilles ont été l'œuvre de l'institut national d'archéologie et d'art. Les témoignages les plus anciens reconnus sur le site remonteraient au VIe siècle av. J.-C.; quant aux vestiges, actuellement visibles sur le terrain, ils sont datés de la fin du IVe, première moitié du IIIe siècle av. J.-C. et ils attestent d'un urbanisme sophistiqué.

La nécropole d'Arg El Ghazouani, qui est située sur une colline rocheuse à moins d'un kilomètre de la ville, offre par ailleurs un témoignage inestimable sur l'architecture funéraire punique de cette époque ; il s'agit du secteur le mieux conservé de la grande nécropole de Kerkouane dont les tombes s'éparpillent tout au long des collines côtières de l'extrémité du Cap Bon.

Critère (iii) : La cité punique de Kerkouane, qui n'a jamais été réoccupée depuis son abandon vers le milieu du IIIe siècle av. J.-C., apporte un témoignage exceptionnel sur l'urbanisme phénico-punique. Il s'agit de l'unique cité punique actuellement reconnue en Méditerranée et qui recèle une mine d'informations sur l'urbanisme (l'aménagement de l'espace respecte un plan général préétabli : des rues larges et relativement droites forment un réseau en damier dont les cases sont remplies par les insulae) et l'architecture (de défense, domestique, religieuse, structures artisanales, techniques et matériaux de construction). Sur la base des données mises au jour, l'archéologue est en mesure de tracer le profil d'une cité punique telle qu'elle était entre le VIe et le milieu du IIIe siècle av. J.-C. La découverte de Kerkouane constitue un apport considérable pour une meilleure connaissance des sites phénico-puniques en Méditerranée.

Intégrité (2009)

La cité punique de Kerkouane a préservé toutes ses composantes architecturales et urbanistiques et ces composantes sont situées dans la limite du bien. Après sa destruction par Regulus vers 255 av. J.-C, la ville a été abandonnée et, contrairement aux autres cités puniques qui après la chute de la métropole carthaginoise ont été romanisées et ont perdu leur aspect punique, le sol de Kerkouane n'a jamais été réoccupé. L'intégrité est menacée par l'érosion de la mer. La présence d'un mur de soutènement moderne du côté de la falaise vise à ralentir l'érosion du site et à préserver son intégrité. Quant à la nécropole d'Arg El Ghazouani, les limites de ce secteur renferment  la partie la mieux conservée de la grande nécropole de Kerkouane.

Authenticité (2009)

La « punicité » de Kerkouane se reflète parfaitement dans l'architecture, l'urbanisme, le genre de vie (il semble avoir été essentiellement citadin), la vie socio-économique (diversité et richesse des activités économiques), ainsi que certaines pratiques religieuses et funéraires. La relation fonctionnelle des deux parties du bien, la cité et la nécropole, doit être également perçue en termes visuels. 

Besoins en matière de protection et de gestion (2009)

Le bien est protégé par la Loi 35-1994 relative à la protection du patrimoine archéologique, historique et arts traditionnels. Propriété de l'État, il est géré par l'Institut National du Patrimoine (INP) qui est responsable de l'application du Code du patrimoine.  La valorisation du site est sous la responsabilité de l'Agence de mise en valeur du patrimoine. Une équipe relevant de l'INP veille à sa sauvegarde et est chargée de sa gestion au quotidien. Un mur de soutènement a été bâti contre la falaise afin de contrer les méfaits du ressac sur les vestiges. La nécropole est clôturée et surveillée en permanence par un gardien. Des fouilles archéologiques ainsi que la sauvegarde (restauration) des monuments sont programmées. Une zone tampon qui serait soumise au contrôle de l'INP est à l'étude. Sa délimitation devrait permettre l'intégration des deux éléments du bien inscrit et des mesures administratives et réglementaires pour sa gestion devraient être définies. 

Description longue
[Uniquement en anglais]

Kerkuane, which has never been reinhabited since it was abandoned, bears exceptional witness to Phoenician town planning and daily life in a Punic city.

At the tip of Cap Bon, the archaeological site of Kerkuane has enriched knowledge in the area of Punic town planning thanks to the discovery of a city (Tamezrat?) which was fossilized after being abandoned during the first Punic War (c. 250 BC). Unlike Carthage, Tyre or Byblos, no Roman city was built upon this Phoenician city whose port, ramparts, residential districts, shops, workshops, streets, squares, temples and necropolis clearly remain as they were in the 3rd century.

The rectangular houses have a single entrance and a corridor which afford access to an interior courtyard containing a well, a washbasin and a bath; around the courtyard there are reception rooms. In proving the repetitive nature of this particular plan, which was taken to be a typical plan, the excavation made it possible to confirm the existence of an authentic town-planning programme that gave considerable importance to hydraulics and hygiene.

Through the study of small artefacts and structures, it is possible to understand a city that was cut off from the hinterland and lacking in agricultural and pastoral occupations, preferring to focus its efforts on industry (manufacture of purple dye through murex processing) and arts and crafts (stonecutters, masons, stucco workers, potters, and makers of clay figurines abounded there). It is believed that this Phoenician port traded with the Punic cities of Sicily, particularly Motya, as early as the 6th century.

The links between Punic culture, Hellenic culture and natives cultures can be analysed over three centuries on the basis of architectural forms and on a number of iconographic documents illustrating Assyro-Babylonian, Phoenician, Greek and Sicilian, etc., influences.

The necropolis of Arg el Ghazouani, located on a rocky hill less than 1 km north-west of the city, is the best conserved portion of the great Kerkuane necropolis whose tombs are scattered throughout the coastal hills at the extreme end of Cap Bon. In the protected area there are approximately 200 tombs, including 50 that have not been excavated. Investigations of the site revealed two types of tomb: these hewn in rock and these comprising a funerary chamber, with dromos in tiers and an antechamber. No other example of this type of tomb with steps has been found outside the area of Cap Bon.

The funerary chambers reveal a rich collection of seats, niches and dug-out sarcophagi never before found in other necropolises. Decorations painted in red ochre and inscriptions of the name of the deceased engraved above the entrance doors are a basic source for the study of funerary rites. Exceptionally rich furnishings (ceramics, bronze artefacts, jewellery, coins, etc.) add to the value of the site. Burials at the site cover a long period, from the 6th to the mid-3rd centuries BC.

Source : UNESCO/CLT/WHC
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