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Fort d'Agra

Brève description

À proximité immédiate des jardins du Taj Mahal, le Fort rouge d'Agra, monument significatif du XVIIe siècle moghol, est une puissante citadelle de grès rouge enserrant dans son enceinte de 2,5 km de périmètre la ville impériale, avec un grand nombre de palais féeriques, comme le palais de Jahangir ou le Khas Mahal, bâti par Shah Jahan, des salles d'audience, comme le Diwan-i-Khas, et deux très belles mosquées.

© Tim Schnarr

Description longue

Le Fort rouge et le Taj Mahal témoignent tous deux, de manière exceptionnelle et complémentaire, d'une civilisation disparue, celle des empereurs moghols. L'histoire d'Agra remonte à plus de 2 500 ans, mais ce n'est qu'avec le règne moghol qu'Agra devint plus qu'une ville de province. Humayun, le fils du fondateur de l'Empire moghol, reçut de la famille du rajah de Gwalior des bijoux et des pierres précieuses, dont l'un était le célèbre Koh-i-Noor. L'apogée d'Agra coïncide avec le règne du fils d'Humayun, Akbar le Grand. La plus grande partie du fort d'Agra a été construite sous son règne.

Le Fort rouge d'Agra est une puissante forteresse construite en 1565 par l'empereur Akbar (1556-1605) sur la rive droite de la Yamuna ; elle se trouve aujourd'hui à l'extrémité nord-ouest des jardins de Chah Jahan qui entourent le Taj Mahal et forme, avec lui, un ensemble monumental profondément unitaire.

La forteresse, avec ses murs de grès rouge longs de 2,5 km qui s'élèvent au-dessus d'un fossé et sont interrompus par de gracieuses courbes et par des bastions élancés, renferme la ville impériale des souverains moghols. Comme le fort de Delhi, celui d'Agra est l'un des symboles les plus évidents de la puissance moghole établie par Akbar, Jahangir et Chah Jahan.

La muraille comporte deux portes, la porte de Delhi et la porte d'Amar Singh. L'entrée d'origine, qui est la plus majestueuse, est la porte de Delhi, qui mène à une porte interne appelée la Hathi Pol, ou porte des Éléphants ; toutefois, l'entrée du fort ne se fait plus aujourd'hui que par la porte d'Amar Singh.

La citadelle renferme un grand nombre de palais féeriques : le Khas Mahal, le Shish Mahal, la tour octogonale Muhammam Burj, ainsi que des salles de réception - le Diwan-i-Khas (salle des audiences privées), construit en 1637, et le Diwan-i-Am (salle des audiences publiques), avec ses multiples colonnes, construit en 1628 sous le règne éclatant de Chah Jahan (1630-1655). Le complexe palatial comporte aussi deux très belles mosquées en marbre blanc, la Moti Masjid, ou mosquée de la Perle, construite en 1646-1653 par Chah Jahan, et la Nagina Masjid, construite sous le règne d'Aurangzeb (1658-1707).

Plusieurs de ces édifices sont construits en marbre, avec de magnifiques décors gravés ; tous marquent l'apogée d'un art indo-musulman fortement imprégné d'influences perses, qui sont déjà manifestes dans l'art timouride.

L'empereur Chah Jahan, qui construisit le Taj Mahal, fut emprisonné par son fils Aurangzeb dans le fort d'Agra, d'où il pouvait voir le monument qu'il avait fait construire pour son épouse défunte : on dit qu'il mourut dans la Musamman Burj, une tour octogonale au magnifique balcon de marbre

Source : UNESCO/CLT/WHC