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Routes de la soie : le réseau de routes du corridor de Chang’an-Tian-shan

Silk Roads: the Routes Network of Chang'an-Tianshan Corridor

This property is a 5,000 km section of the extensive Silk Roads network, stretching from Chang’an/Luoyang, the central capital of China in the Han and Tang dynasties, to the Zhetysu region of Central Asia. It took shape between the 2nd century BC and 1st century AD and remained in use until the 16th century, linking multiple civilizations and facilitating far-reaching exchanges of activities in trade, religious beliefs, scientific knowledge, technological innovation, cultural practices and the arts. The thirty-three components included in the routes network include capital cities and palace complexes of various empires and Khan kingdoms, trading settlements, Buddhist cave temples, ancient paths, posthouses, passes, beacon towers, sections of The Great Wall, fortifications, tombs and religious buildings.

Routes de la soie : le réseau de routes du corridor de Chang’an-Tian-shan

Cette section des Routes de la soie s’étend sur 5 000 km, de Chang’an/Luoyang, capitale centrale de la Chine sous les dynasties Han et Tang, jusqu’à la région de Jetyssou, en Asie centrale. Ce corridor a pris forme entre le IIe siècle av. J.-C. et le Ier siècle apr. J.-C. ; il a été utilisé jusqu’au XVIe siècle, reliant de nombreuses civilisations et facilitant des échanges à longue distance en matière de commerce mais aussi de croyances religieuses, de connaissances scientifiques, d’innovations technologiques, de pratiques culturelles et artistiques. Parmi les 33 sites inclus dans la nomination figurent d’importants ensembles de villes/palais de différents empires ou royaumes de khans, des établissements de commerce, des temples de grottes bouddhistes, des voies antiques, des relais de poste, des cols, des tours balises, des parties de la Grand Muraille, des fortifications, des tombes et des édifices religieux.

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Routes de la soie : section initiale des routes de la soie, le réseau de routes du corridor de Tian-shan © Valery KOLCHENKO
Valeur universelle exceptionnelle

Brève synthèse

Les routes de la soie constituaient un maillage de routes interconnectées, reliant les anciennes sociétés de l’Asie, du sous-continent, de l’Asie centrale, de l’Asie occidentale et du Proche-Orient et ont contribué au développement de nombreuses grandes civilisations du monde. Elles représentent l’un des réseaux de communication à longue distance prééminents dans le monde, s’étirant à vol d’oiseau sur environ 7 500 km, mais d’une longueur de plus de 35 000 km, le long d’itinéraires spécifiques. Alors que certaines de ces routes ont été utilisées pendant des millénaires, au IIe siècle av. J.-C., le volume des échanges avait considérablement augmenté, de même que le commerce à longue distance, entre l’Est et l’Ouest, avec des marchandises de grande valeur. Les impacts politiques, sociaux et culturels de ces déplacements eurent de profondes répercussions sur toutes les sociétés qui les rencontrèrent.

Les routes servaient principalement pour le transfert des matières premières, des denrées alimentaires et des produits de luxe. Certaines zones jouissaient d’un monopole sur des matériaux ou marchandises spécifiques : notamment la Chine, qui fournissait en soie l’Asie centrale, le sous-continent, l’Asie de l’Ouest et le monde méditerranéen. De nombreuses marchandises de grande valeur étaient transportées sur de très longues distances – par des bêtes de somme ou des embarcations fluviales – et, probablement, par une chaîne de marchands différents.

Le corridor de Tian-shan est une section, ou un corridor, de ce vaste réseau général des routes de la soie. S’étendant sur une distance d’environ 5 000 km, il englobe un réseau complexe de routes commerciales d’une longueur d’environ 8 700 km, qui se développèrent pour relier Chang’an en Chine centrale au cœur de l’Asie centrale entre le IIe siècle av. J.-C. et le Ier siècle apr. J.-C., lorsque le commerce à longue distance avec des marchandises de grande valeur, en particulier la soie, commença à se développer entre les empires chinois et romains. Il prospéra entre le VIe et le XIVe siècle apr. J.-C. et continua d’être utilisé comme grand axe commercial jusqu’au XVIe siècle.

Les variations extrêmes de la géographie le long des routes illustrent graphiquement les défis posés au commerce à longue distance. Descendant à 154 mètres au-dessous du niveau de la mer puis s’élevant à 7 400 mètres au-dessus de celui-ci, les routes frôlent de grands fleuves, des lacs alpins, des lacs couverts d’une croûte de sel, de vastes déserts, des montagnes aux sommets enneigés et des prairies « fécondes ». Le climat varie, passant d’une sécheresse extrême à une semi-humidité ; tandis que la végétation couvre des zones de forêts tempérées, de déserts tempérés, de steppes tempérées, de steppes alpines et d’oasis.

Partant du plateau de Lœss à Chang’an, la capitale centrale de la Chine sous les dynasties Han et Tang, les routes du corridor de Tian-shan se dirigent vers l’ouest, empruntant le corridor de Hosi pour traverser les monts Qinling et Qilian et atteindre le passe de Yumen à Dunhuang. À partir de Loulan/Hami, elles longent les flancs nord et sud de la montagne du Tian-shan et, ensuite, traversent des cols pour rejoindre les vallées de Ili, Tchouï et Talas dans la région de Jetyssou en Asie centrale, reliant deux des grands centres de pouvoir qui stimulèrent le commerce sur les routes de la soie.

Les trente-trois sites le long du corridor incluent d’importants ensembles de villes/palais de différents empires et de royaumes des Khans, des établissements pratiquant le commerce, des temples troglodytes bouddhistes, des voies antiques, des relais de poste, des cols, des tours balises, des parties de la Grande Muraille, des fortifications, des tombes et des édifices religieux. Le système officiel de relais de poste et de tours balises, fourni par l’Empire chinois, a facilité le commerce. Ce fut aussi le cas du système de forts, caravansérails et relais gérés par les États de la région de Jetyssou. À Chang’an et dans ses environs, une succession de palais reflète le centre du pouvoir de l’Empire chinois sur plus de 1 200 ans, tandis que les cités de la vallée de Tchouï témoignent de la sphère d’influence de la région de Jetyssou du IXe au XIVe siècle et de leur organisation du commerce à longue distance.

La série de pagodes bouddhistes et de vastes temples troglodyte élaborés, s’étendant de Kucha (appelé maintenant district de Kuqa) à l’ouest jusqu’à Luoyong à l’est, gardent les traces de la transmission du bouddhisme vers l’est, depuis l’Inde via le Karakorum, et témoignent d’une évolution dans la conception des stupas avec l’assimilation d’idées locales. Leur élaboration reflète le patronage d’autorités locales et du gouvernement central de la Chine impériale, ainsi que les dons de riches marchands et l’influence des moines, qui voyagèrent sur les routes, nombre de leurs voyages ayant été documentés à partir du IIe siècle av. J.-C. et au-delà. D’autres édifices religieux illustrent la coexistence de nombreuses religions (ainsi que de nombreux groupes ethniques) le long du corridor, y compris le zoroastrisme, la principale religion des Sodgiens de la région de Jetyssou, le manichéisme dans les vallées de Tchouï et de Talas et dans la ville de Qocho et à Luoyong, le christianisme nestorien également dans la ville de Qocho, autour de Xinjiang et à Chang’an, et l’islam à Burana.

L’énorme échelle des activités commerciales favorisa le développement de grandes villes et cités florissantes et prospères qui reflètent également l’interface entre des communautés sédentaires et nomades de multiples manières : l’interdépendance mutuelle de nomades, d’agriculteurs et de différents peuples comme entre les Turcs et les Sogdiens de la région de Jetyssou ; la transformation de communautés nomades en communautés sédentaires dans les montagnes de Tian-shan, ayant débouché sur un type de construction et de planification à fort caractère distinctif comme le type de bâtiments semi-souterrains ; dans le corridor de Hosi, l’expansion agricole prévue pour le couloir long de 1 000 miles après le Ier siècle av. J.-C. en tant que garnison agricole et sa transformation en communautés agricoles sédentaires. Les différents systèmes de gestion de l’eau à grande échelle étaient essentiels pour faciliter l’expansion des villes, des établissements de commerce, des forts, des caravansérails et de l’agriculture nécessaire à leur soutien, comme les vastes canaux karez collectant l’eau souterraine du bassin de Turpan extrêmement aride, dont beaucoup sont encore utilisés, qui alimentaient en eau la cité de Qocho et étaient complétés par des puits profonds à l’intérieur de la cité de Yar ; la grande ampleur du réseau de canaux ouverts et de fossés le long du corridor de Hosi, qui drainait l’eau du fleuve vers les établissements et dont 90 km subsistent autour de la cité de Suoyang ; et, dans la région de Jetyssou, la distribution de l’eau du fleuve, par l’intermédiaire de canaux et de tuyaux, et sa collecte dans des réservoirs. 

Tout en étant des canaux de circulation pour les marchandises et les personnes, les routes permirent le passage d’un flux exceptionnel d’idées, de croyances et d’innovations technologiques comme celles ayant trait à l’architecture et à l’urbanisme qui modelèrent les espaces urbains et la vie des personnes de façon fondamentale et de bien des manières. 

Critère (ii) : L’immensité des réseaux de routes continentales, la durée extrêmement longue de leur utilisation, la diversité des vestiges patrimoniaux et leurs imbrications dynamiques, la richesse des échanges culturels qu’ils facilitèrent, les environnements géographiques variés qu’ils relièrent et croisèrent témoignent clairement de la vaste interaction qui se produisit à l’intérieur de diverses régions culturelles, concernant plus spécialement les civilisations nomades des steppes et celles sédentaires agricoles/proches des oasis/pastorales, sur le continent eurasiatique du IIe siècle av. J.-C. au XVIe siècle apr. J.-C.

Cette interaction et ces influences furent profondes en termes de développements en architecture et urbanisme, de religions et croyances, de culture et habitat urbains, de commerce de marchandises et de relations interethniques dans toutes les régions longeant les routes.

Le corridor de Tian-shan est un exemple extraordinaire dans l’histoire du monde de la manière dont un canal dynamique reliant des civilisations et des cultures à travers le continent eurasiatique a réalisé l’échange le plus large et le plus durable qui ait existé entre des civilisations et des cultures.

Critère (iii) : Le corridor de Tian-shan est un témoignage unique sur les traditions de communication et d’échanges en matière d’économie et de culture, et sur le développement social dans tout le continent eurasiatique du IIe siècle av. J.-C. au XVIe siècle apr.  J.-C.

Le commerce à longue distance eut une profonde influence sur la structure des établissements dans le paysage, grâce au développement de villes et de cités qui firent se rencontrer des communautés nomades et sédentaires, grâce aux systèmes de gestion de l’eau qui soutinrent ces établissements, grâce au vaste réseau de forts, de tours balises, de relais de poste et de caravansérails qui hébergeaient des voyageurs et assuraient leur sécurité, grâce à la succession de sanctuaires et temples de grottes bouddhistes et grâce aux manifestations d’autres religions comme le zoroastrisme, le manichéisme, le christianisme nestorien et l’islam, qui furent le produit de communautés cosmopolites et multi-ethniques qui organisèrent ce commerce de grande valeur et en bénéficièrent.

Critère (v) : Le corridor de Tian-shan est un exemple exceptionnel de la manière dont la valeur du commerce à longue distance a suscité la croissance de villes et de cités d’une certaine taille, s’appuyant sur des systèmes de gestion de l’eau élaborés et sophistiqués, qui recueillaient l’eau des fleuves, des puits et des sources souterraines pour les habitants, les voyageurs et l’irrigation des cultures.

Critère (vi) : Le corridor de Tian-shan est directement associé à la mission diplomatique de Zhang Qian dans les Régions occidentales, un événement marquant de l’histoire de la civilisation humaine et des échanges culturels dans le continent eurasiatique. Il reflète également d’une manière profonde l’impact matériel du bouddhisme sur la Chine antique, qui eut une influence significative sur des cultures de l’Asie de l’Est, et l’expansion du christianisme nestorien (qui atteignit la Chine en 500 apr. J.-C.), du manichéisme, du zoroastrisme et de l’islam naissant. De nombreuses villes et cités le long du corridor reflètent également d’une manière exceptionnelle l’impact des idées qui circulèrent le long des routes, se rapportant à la maîtrise de l’énergie hydraulique, de l’architecture et de l’urbanisme.  

Intégrité

La proposition d’inscription expose clairement pourquoi la série proposée pour inscription pourrait, dans son ensemble, être considérée comme possédant une intégrité et, au travers d’une analyse détaillée, comment chaque site individuel peut aussi être considéré comme conservant une intégrité.

L’ensemble de la série reflète de manière appropriée les caractéristiques importantes du corridor de Tian-shan et les attributs de la valeur universelle exceptionnelle, en termes de représentation de villes et de cités, d’établissements de commerce plus petits, d’installations de transport et de défense, de sites religieux et de tombes et de gestion de l’eau. La seule zone qui pourrait être renforcée est l’ensemble des relais de poste, balises, tours de guet et caravansérails qui facilitèrent le commerce régulier et reflètent l’utilisation quotidienne de la route. Une tour de guet a été proposée pour inscription ainsi qu’un relais de poste. Bien que ceux-ci soient importants, ils ne montrent pas pleinement l’étendue du soutien officiel offert au commerce et aux voyageurs. Les nombreux sites de tours balises et de forts qui subsistent entre le corridor de Hoxi et la chaîne de montagnes de Tian-shan nécessitent des études et des recherches plus approfondies afin d’identifier les sites qui pourraient être ajoutés à la série. De même, des structures formelles dans la région de Jetyssou nécessitent également de faire l’objet d’une identification et de recherches plus poussées.

En ce qui concerne les sites individuels, bien qu’il soit reconnu que certains sont vulnérables face à des pressions dues notamment au développement urbain, rural, des infrastructures, au tourisme et aux changements dans les pratiques agricoles, ces pressions, dans leur majorité, sont contenues d’une manière appropriée. Il est nécessaire de s’assurer que de nouvelles interventions comme la construction de murs écrans sur certains sites dans un style traditionnel ne brouillent pas les données archéologiques.

S’agissant de certains sites, afin de comprendre pleinement la relation entre des zones urbaines et leurs paysages de déserts environnants et, en particulier, les routes commerciales, il est nécessaire de procéder à d’autres études de terrain ou à de la télédétection dans les zones alentour.

Les vastes systèmes intacts de gestion de l’eau, nécessaires à leur survie, sont actuellement à l’extérieur des délimitations de certains sites et, dans certains cas, à l’extérieur des zones tampons. Une attention particulière doit être accordée à l’évaluation de la manière dont ces systèmes de gestion de l’eau contribuent à l’intégrité des sites et, par endroits, il est nécessaire d’envisager des ajustements mineurs des délimitations. 

Authenticité

L’ensemble de la série inclut des sites appropriés pour exprimer pleinement les points forts et caractéristiques particulières de ce corridor de Tian-shan. L’authenticité des sites individuels est pour l’essentiel satisfaisante.

Si la valeur intégrale de ces sites doit être clairement transmise, un plus grand nombre d’études, de recherches et d’explications sont alors nécessaires pour montrer comment les sites se rapportent aux routes auxquelles ils sont associés et, dans le cas des établissements, d’indiquer comment ils ont subsisté dans des zones désertiques grâce à l’utilisation de techniques sophistiquées de gestion de l’eau.

Dans la région de Jetyssou, les onze sites ont tous été remblayés et couverts pour assurer leur protection et contrôler leur détérioration, ce qui est essentiel compte tenu de l’absence actuelle de moyens adéquats pour stabiliser les briques exposées. Comprendre pleinement la signification des vestiges est une tâche difficile. Il est nécessaire d’explorer des voies innovantes permettant de mettre en évidence le champ et l’étendue des fonctions urbaines.

Il est également nécessaire d’approfondir les recherches archéologiques et universitaires pour clarifier les fonctions, notamment des sites urbains, et de les relier plus clairement, au travers de l’interprétation, aux anciennes routes auxquelles ils étaient associés.

Eléments requis en matière de protection et de gestion

Un comité de coordination intergouvernemental pour l’ensemble des routes de la soie a été formé en 2009. Il s’agit d’un comité directeur composé de représentants de tous les États parties impliqués dans les propositions d’inscription de tous les corridors des routes de la soie. Le Centre de conservation international de l’ICOMOS à Xi’an (IICC-X) est le secrétariat du comité. Le comité supervise l’élaboration de propositions d’inscription en série transnationales pour les corridors identifiés dans l’étude thématique de l’ICOMOS sur les routes de la soie. Du point de vue de la gestion, ce comité vise à mettre en œuvre un système de gestion coordonnée, basé sur un accord mutuel, et à fournir des orientations sur les principes, les méthodes et la gestion de la conservation.

Pour le corridor de Tian-shan, l’accord officiel entre tous les pays participant au comité a été enrichi par un accord spécifique entre les trois États parties, concernant en particulier la gestion coordonnée des sites du corridor. Un premier accord a été signé entre les trois États parties en mai 2012 et un autre accord détaillé en février 2014. Ces accords exposent les mécanismes de la gestion et identifient des principes et des règles de gestion de la conservation. Ils contiennent également des suggestions pour les échanges et la collaboration sur la conservation, l’interprétation, la présentation et la publicité. Le comité directeur pour le corridor est composé de vice-ministres. Il y a également un groupe de travail formé de deux experts et un responsable du gouvernement de chaque État partie, et un secrétariat - le Centre de conservation international de l’ICOMOS à Xi’an (IICC-X). Des réunions régulières sont organisées entre les trois États parties. La collaboration s’appuie sur le développement d’une plateforme en ligne à l’IICC-X, qui fonctionne en trois langues, anglais, russe et chinois. Elle collecte et diffuse les informations sur les initiatives de conservation le long des routes de la soie.

Cette collaboration internationale a besoin, notamment au Kazakhstan et au Kirghizistan, d’être soutenue par une collaboration nationale si les nombreux sites archéologiques fragiles doivent partager des informations sur les techniques et les mesures de conservation les plus avancées, qui sont appropriées et bénéfiques pour les sites. À l’intérieur de la Chine, cette structure de gestion est bien développée et semble efficace. Au Kazakhstan et au Kirghizistan, cette collaboration a besoin d’être renforcée.

Des plans de gestion sont en place pour tous les sites individuels de la Chine. Au Kazakhstan, un calendrier pour l’élaboration de plans de gestion détaillés, qui fourniraient des stratégies pour la conservation et la gestion des visiteurs, y compris l’interprétation, a été approuvé et les travaux commenceront entre 2014 et 2016. Il est essentiel que ces plans aillent au-delà de fouilles archéologiques pour englober la gestion courante, la surveillance des sites, la conservation, la protection de l’environnement et la gestion du tourisme. Au Kirghizistan, les trois sites ont tous des plans de gestion pour 2011 – 2015, qui incluent des propositions d’amélioration de la conservation des sites, des équipements destinés aux visiteurs et du suivi. 

Bien que la nécessité de disposer de plans pour le tourisme soit reconnue dans chacun des trois pays, que ceux-ci aient été mis en place en Chine et soient mis en œuvre et qu’un plan ait été approuvé pour la vallée de Tchouï, il existe un besoin urgent de plans pour le tourisme devant être mis en place dans les sites restants et mis en œuvre pour s’assurer que les sites sont bien préparés à une augmentation du nombre des visiteurs qui ne d les agents de leur destruction.

La majorité des trente-trois sites proposés pour inscription étant des sites archéologiques, une bonne information est nécessaire pour permettre de comprendre leur plan, leur fonction et leur histoire, les raisons de leur importance et, en particulier, leur relation avec les routes de la soie, avec l’eau et sa gestion, qui fut si cruciale pour la survie, avec le commerce et leurs relations réciproques. Nombre d’entre eux sont associés à des découvertes remarquables, mais celles-ci sont souvent dans des musées à une certaine distance des sites. Et ces musées ne donnent pas toujours d’informations spécifiques sur les routes de la soie ni sur les liens de ces découvertes avec les sites. Compte tenu de l’échelle et du champ du corridor de Tian-shan et de l’éloignement de certains sites, il est nécessaire de recourir à des techniques innovantes pour fournir les informations et l’interprétation nécessaires.

L’ampleur de ce corridor des routes de la soie, le nombre de sites, la fragilité relative de beaucoup d’entre eux et les énormes distances qui les séparent font du suivi une tâche gigantesque. Néanmoins, le suivi (allié à une protection physique appropriée) est un outil crucial. En Chine, tous les sites possèdent des équipements de suivi modernes. La manière dont ces données sont analysées et utilisées sera d’une importance cruciale et il semblerait nécessaire de renforcer les capacités pour accomplir ces tâches. Dans les sites plus reculés du Kazakhstan, un suivi régulier assuré par du personnel formé ne devrait probablement pas être parfaitement approprié (ou techniquement faisable par endroits) et a besoin d’être complété par d’autres moyens. Dans ce contexte, l’implication des communautés locales doit être encouragée.

De même, il est également recommandé d’explorer les approches les plus récentes en matière de télédétection et de liens vidéo, qui pourraient être utilisées pour aider le personnel sur le terrain au Kazakhstan et au Kirghizistan.