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Paysage culturel de Sukur

Sukur Cultural Landscape

The Sukur Cultural Landscape, with the Palace of the Hidi (Chief) on a hill dominating the villages below, the terraced fields and their sacred symbols, and the extensive remains of a former flourishing iron industry, is a remarkably intact physical expression of a society and its spiritual and material culture.

Paysage culturel de Sukur

Le paysage culturel de Sukur – avec le palais du Hidi (chef) sur une colline dominant les villages en contrebas, ses champs en terrasses et leurs symboles sacrés, ainsi que les vestiges omniprésents de l'ancienne industrie florissante du fer – reflète fidèlement la société qui l'a créé il y a des siècles et sa culture spirituelle et matérielle.

منظر سوكور الثقافي

تعكس طبيعة سوكور الثقافية مع قصر هيدي (القائد) الذي يقع على تلة تطلّ على القرى في الاسفل، ومع حقولها المسطحة ورموزها المقدسة بالاضافة الى الآثار الموجودة في كل مكان لصناعة الحديد القديمة المزدهرة، المجتمع الذي أنشأها منذ قرون عديدة بامتياز وبثقافته الروحية والمادية.

source: UNESCO/ERI

宿库卢文化景观

苏库尔文化景观包括建在小山上俯瞰下方村庄的酋长宫殿、平坦的场地和神圣的图腾,以及曾经繁荣的铁器工业的大量遗迹。这一景观完整地体现了社会原貌,反映了它的精神文明和物质文明。

source: UNESCO/ERI

Культурный ландшафт Сукур

Культурный ландшафт Сукур включает находящийся на холме дворец хиди (вождя), доминирующий над нижерасположенными селениями, террасированные поля, священные символы, а также многочисленные следы преуспевающего в прошлом железоделательного производства. Все это яркие свидетельства духовной и материальной культуры местного сообщества.

source: UNESCO/ERI

Paisaje cultural de Sukur

El palacio del hidi (jefe) erigido en posición dominante en lo alto de una colina, las aldeas circundantes, los cultivos en terrazas y sus símbolos sagrados, y los vestigios omnipresentes de la floreciente actividad siderúrgica de antaño componen este paisaje cultural, que es la viva expresión intacta de la cultura material y espiritual de la sociedad que lo creó siglos atrás.

source: UNESCO/ERI

スクルの文化的景観

source: NFUAJ

Cultuurlandschap van Sukur

Het cultuurlandschap van Sukur bevat het Paleis van de Hidi (Opperhoofd), dat van grote politieke en religieuze betekenis is voor de bevolking van Sukur. Het paleis ligt op een heuvel en domineert de dorpen die zich daaronder bevinden. Naast het paleis herbergt Sukur terrasvormige velden en hun heilige symbolen en de uitgebreide overblijfselen van een voormalig bloeiende ijzerindustrie. Het cultuurlandschap is een opmerkelijk intact gebleven uiting van een samenleving en haar geestelijke en materiële cultuur. Sukur is gedurende vele eeuwen ongewijzigd gebleven. Daarmee is het een bewijs van een sterke culturele traditie die vele eeuwen heeft doorstaan.

Source : unesco.nl

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Paysage culturel de Sukur © Ishanlosen Odiaua
Valeur universelle exceptionnelle

Brève synthèse

Sukur est situé dans la région du gouvernement local de Madagali, dans l’État d’Adamawa, le long de la frontière entre le Nigeria et le Cameroun, à environ 290 km de Yola, capitale de l’État d’Adamawa, au nord-est du Nigeria. Il s’agit d’un lieu de peuplement situé sur un plateau, à 1 045 m d’altitude. L’ensemble du site couvre 1942,50 ha, avec une zone centrale de 764, 40 ha et une zone tampon de 1 178.10 ha. Sukur est un ancien village traditionnel avec une histoire documentée de métallurgie du fer, un commerce florissant et une forte tradition politique qui remonte au 16e siècle.

Le paysage est caractérisé par des cultures en terrasses, des constructions en pierre sèche et des chaussées pavées de pierre. Le paysage en terrasses de Sukur est remarquable, avec sa structure hiérarchique et son mélange d’agriculture intensive et extensive. Il possède en outre des caractéristiques que l’on ne trouve nulle part ailleurs, notamment l’utilisation de voies pavées et la dimension spirituelle des terrasses, avec leurs éléments rituels comme les arbres sacrés.

La position vénérée de l’Hidi, chef politique et spirituel de la communauté, est soulignée par le magnifique travail architectural de pierre sèche de son palais, autour duquel on trouve une concentration de sanctuaire, dont certains en céramique. Les villages en contrebas du palais du Hidi possèdent leur propre architecture autochtone caractéristique, notamment des murs en pierre sèche, servant de marqueurs sociaux et d’enclos défensifs, des enclos creusés pour les animaux (essentiellement des taureaux), des silos à grain et des aires de battage. Les groupes de cases d’habitation sont entourés de petits murs de pierre sèche. Les puits ont une importance économique et sociale considérable. Ce sont des structures enterrées surmontées de structures coniques en pierre et entourées d’un mur de clôture. À l’intérieur, les animaux – bœufs et moutons – sont engraissés soit pour la consommation de la famille, soit comme signe de prestige et symbole de statut, utilisés en cadeaux et en échanges pour les mariages.

On trouve encore les vestiges de nombreux fours de fonderie abandonnés. Ces fours enterrés, alimentés par un soufflet, étaient habituellement situés à proximité de la maison de leur propriétaire. La production du fer entraînait des relations socio-économiques complexes et s’accompagnait d’un rituel important.

Critère (iii) : Sukur est un paysage exceptionnel qui illustre graphiquement une forme d’occupation du territoire caractéristique d’un stade critique de l’établissement humain et de sa relation à l’environnement.

Critère (v) : Le paysage culturel de Sukur est resté inchangé pendant des siècles et demeure ainsi à une époque où cette forme d’établissement humain traditionnel est menacée dans de nombreuses régions du monde.

Critère (vi) : Le paysage culturel de Sukur est le témoignage éloquent d’une tradition spirituelle et culturelle forte et continue qui perdure depuis de nombreux siècles.

Intégrité

On retrouve tous les éléments essentiels du paysage culturel à l’intérieur des limites. Le système d’agriculture traditionnel en terrasses et ses systèmes rituels subsistent encore de nos jours. Toutefois, les bâtiments traditionnels sont vulnérables aux changements de matériaux et de techniques et les toits de chaume, en particulier, exigent un entretien fréquent.

Authenticité

Les caractéristiques essentielles du paysage culturel n’ont pas été sensiblement modifiées depuis l’origine et se sont ainsi maintenues depuis cette époque grâce à l’utilisation de matériaux et techniques traditionnels.

Les éléments culturels restent activement présents au sein de la communauté car ils font partie de sa culture vivante. Les constructions en pierre en forme d’habitations, les exploitations agricoles en terrasses et les chaussées restent toujours les traits distinctifs du paysage de Sukur. La célébration et l’observance régulières des fêtes et cérémonies attestent de leur continuité culturelle. Ces événements suscitent un nouvel intérêt grâce à l’engagement des autorités locales et de l’État.

Eléments requis en matière de protection et de gestion

Le paysage culturel de Sukur est classé Monument national en vertu de l’instrument conjoint du Décret fédéral n° 77 de 1979 (maintenant NCMM ACT, Cap 242 de 2000) et de l’autorité juridique subséquente du gouvernement de l’État d’Adamawa, comme cela a été publié au Journal officiel n° 47, vol. 7 du 20 novembre 1997, avec l’accord écrit du  « Hidi-en-Conseil ».

En 1998, le gouvernement local de Madagali, l’Association pour le Développement de Sukur, le Conseil public des Arts et de la Culture et le Gouvernement de l’État d’Adamawa ont accepté de travailler avec la Commission nationale pour les Musées et les Monuments à l’établissement d’un programme durable de préservation et d’éducation culturelle.

En février 2010, le Ministre de la Culture, du Tourisme et de l’Orientation nationale a salué la création d’un Comité de gestion. Intégrant le droit coutumier et le décret nigérian n° 77 de 1979, le Plan de gestion du site pour 2006-2011 sert au Comité de principe d’orientation pour la conservation, la gestion et la protection du site.

Depuis l’inscription en 1999, tous les vestiges matériels ont été conservés de manière appropriée par la Commission nationale pour les Musées et les Monuments, en collaboration avec la communauté de Sukur. Des travaux annuels de restauration ont été réalisés en utilisant des matériaux de construction traditionnels. L’ensemble du palais du Hidi, ainsi que les sanctuaires et autres lieux sacrés, sont correctement entretenus car ils sont toujours utilisés.

Les exploitations agricoles privées continuent à se développer avec la création de terrasses moins hautes adaptées à la culture en pente. La longue tradition de travail communautaire se perpétue pour entretenir les voies pavées, portes, cimetières, fermes et bâtiments d’habitation.

Description longue
[Uniquement en anglais]

The cultural landscape of Sukur has survived unchanged for many centuries, and graphically illustrates a form of land use that marks a critical stage in human settlement and its relationship with its environment. Situated on a plateau in north-eastern Nigeria, near the frontier with Cameroon, it has been occupied for centuries, and its inhabitants have left abundant traces on the present-day landscape.

The Hidi's Palace or house complex of the Hidi (chief), the harem section of which is now in ruins, is of considerable political and religious significance for the Sukur people. The evidence for Neolithic occupation of Sukur is slight, but a pre-Sukur Iron Age phase is shown by finds of furnaces, ore and grindstones. The buildings that make up the circular enclosure are relatively simple in design, and constructed of the local granite. Some of the large stones, such as the monoliths that flank one of the gates, are very large and were brought to the site over long distances.

The present Dur dynasty of chiefs was established in the 17th century. It saw Sukur becoming a major iron-producing region, supplying north-eastern Nigeria with a vital raw material. This phase continued until the first decade of the 20th century. However, between 1912 and 1922 Sukur was subjected to raids and devastation at the hands of Hamman Yaje, the Fulbe Lamido (chief) of nearby Madagali. Iron smelting continued to decline in the colonial and independence period, ending around 1960. As a result there were substantial migrations of Sukur people from the plateau to the plains lying to north and south.

Leading up to the palace complex from the north and east are paved walkways, 5-7 m wide, made from slabs of the same granite that was used within the palace itself. Within and around the complex there are also paved paths, but composed of much larger slabs. The domesticated landscape of the Sukur plateau is characterized by the extensive terracing, of a type known elsewhere in Nigeria. However, the Sukur terraces have a sacred quality that is lacking in these purely functional terraced landscapes, and they are the product of social organizations whose working parties maintained and progressively extended them. While primarily intended to provide level areas for agriculture, they are invested with a spiritual significance, as shown by the sacred trees, entrances and ritual sites within them. The villages, situated on low-lying ground below the Hidi Palace, have their own domestic architecture of drystone walls, used as social markers and defensive enclosures, sunken animal pens, granaries and threshing floors. Again, local granite is the main source of constructional materials. The living huts are simple circular structures made from clay with roofs of thatch and woven mats. Integrated groups are surrounded by low drystone walls.

The traditional cemeteries are to be found in the hills. The tombs are simple stone structures, and different clans and social groups had their own cemeteries. The only exceptions were for the Hidi, whose bodies were buried within their own palace complexes, and children, buried close to the settlement. Of considerable social and economic importance are the wells - below ground, surmounted by conical stone structures and surrounded by an enclosure wall. Within these domestic animals such as cattle and sheep were fattened, for consumption by the family or as status symbols used in gift and marriage exchanges.

The remains of many disused iron-smelting furnaces can still be found. These shaft-type furnaces, blown with bellows, were usually sited close to the houses of their owners. It is clear that iron production involved complex socio-economic relationships and that there was a considerable ritual associated with it.

There are a number of shrines and altars, many of them ceramic, in the Sukur cultural landscape particularly in and around the Hidi Palace. The landscape as a whole is an integrated one, which symbolizes the political and economic structure of the Sukur people. Authority, in the form of the Hidi, is located in an elevated position overlooking the mass of the people in their low-lying villages. Complex social relationships can be observed in the disposition of the cemeteries, while the relationships between iron furnaces and settlements and within the agricultural terraces illustrate an elaborate economic pattern of production and distribution.

Source : UNESCO/CLT/WHC
Description historique

Les preuves de l'occupation humaine de Sukur au néolithique sont rares mais des traces de fours, de minerais et de meules attestent l'existence d'un âge du fer qui aurait précédé la civilisation de Sukur.

L'actuelle dynastie des chefs Dur s'est établie au XVIIe siècle. A cette époque, Sukur est devenu une région vouée à la métallurgie du fer, fournissant au Nord-Est du Nigeria cette matière première vitale. Cette phase se poursuivit jusqu'à la première décennie du XXe siècle. Toutefois, entre 1912 et 1922 Sukur fut soumis à des attaques et des dévastations par Hamman Yaje, le Lamido Fulbe (chef) de Madagali.

La métallurgie du fer continua de décliner durant la période coloniale et après l'indépendance pour s'éteindre vers 1960, entraînant des migrations importantes du peuple de Sukur du plateau vers les plaines qui s'étendent au Nord et au Sud.

Source : évaluation des Organisations consultatives