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Centre historique de Cordoue

Historic Centre of Cordoba

Cordoba's period of greatest glory began in the 8th century after the Moorish conquest, when some 300 mosques and innumerable palaces and public buildings were built to rival the splendours of Constantinople, Damascus and Baghdad. In the 13th century, under Ferdinand III, the Saint, Cordoba's Great Mosque was turned into a cathedral and new defensive structures, particularly the Alcázar de los Reyes Cristianos and the Torre Fortaleza de la Calahorra, were erected.

Centre historique de Cordoue

La période glorieuse de Cordoue a commencé au VIIIe siècle quand elle a été conquise par les Maures et qu'ont été construits quelque 300 mosquées et d'innombrables palais et édifices publics, rivalisant avec les splendeurs de Constantinople, Damas et Bagdad. Au XIIIe siècle, sous Ferdinand III le Saint, la Grande Mosquée de Cordoue a été transformée en cathédrale et de nouvelles constructions défensives ont été édifiées, notamment l'Alcazar de los Reyes Cristianos et la tour-forteresse de la Calahorra.

وسط قرطبة التاريخي

بدأ نجم قرطبة يسطع في القرن الثامن عندما دخلها العرب الذي شيّدوا فيها حوالى 300 جامع والعديد من القصور والمباني العامة مزاحمين روائع القسطنطينيّة ودمشق وبغداد. في القرن الثامن وتحت حكم فردينان الثالث القديس، تمّ تحويل جامع قرطبة العظيم إلى كاتدرائيّة وشيُّدت مبانٍ دفاعيّة جديدة ومنها قصر الملوك المسيحيين وبرج قلعة كالاهورا.

source: UNESCO/ERI

科尔多瓦历史中心

公元8世纪,摩尔人占领了西班牙,于是科尔多瓦进入了它的鼎盛时期,在这段全盛时期中,城中建起了约300座清真寺、数不清的宫殿和公共建筑与君士坦丁堡、大马士革和巴格达的辉煌繁荣相媲美。公元13世纪,西班牙国王费尔南德三世时期,科尔多瓦大清真寺被改建成大教堂,一些新的防御性建筑也修建起来,特别著名的有基督教国王城堡和卡拉奥拉高塔要塞。

source: UNESCO/ERI

Исторический центр города Кордова

Период величайшего расцвета Кордовы начался в VIII в. после мусульманского завоевания, когда были построены около 300 мечетей, неисчислимые дворцы и общественные здания, и город соперничал с великолепием Константинополя, Дамаска и Багдада. В ХIII в. при Фердинанде III Святом Большая мечеть Кордовы была превращена в кафедральный собор, были возведены новые оборонительные сооружения, и прежде всего Алькасар-де-лос-Рейос-Кристианос и Торре-Форталеса-де-ла-Калаорра.

source: UNESCO/ERI

Centro histórico de Córdoba

El período de gloria de Córdoba comenzó en el siglo VIII, después de su conquista por los moros, cuando se construyeron unas 300 mezquitas e innumerables palacios y edificios públicos. El esplendor de la ciudad llegó entonces a rivalizar con el Constantinopla, Damasco y Bagdad. En el siglo XIII, en tiempos de Fernando III el Santo, se transformó la gran mezquita en catedral cristiana y se construyeron nuevos edificios defensivos como la Torre Fortaleza de la Calahorra y el Alcázar de los Reyes Cristianos.

source: UNESCO/ERI

コルドバ歴史地区
スペイン南部、アンダルシア地方中央部、グァダルキビール河岸に位置する都市。756年イスラム教徒の後ウマイヤ朝の首都となり、13世紀中頃までイスラム世界の学問と芸術の一大中心地であった。785年頃創建された「コルドバの大モスク」は、スペインの代表的なイスラム建築である。そのほか旧市街には、アルカーサル、ローマ時代の橋と保塁、考古美術館、パティオ(中庭)を備えた白壁の民家などがある。

source: NFUAJ

Historisch centrum van Cordoba

Voor Cordoba begon de periode van grootste roem in de 8e eeuw, na de Moorse verovering. Er werden toen ongeveer 300 moskeeën en ontelbare paleizen en openbare gebouwen gebouwd om te wedijveren met de pracht en praal van Constantinopel, Damascus en Baghdad. In de 13e eeuw werd de Grote moskee van Cordoba – onder de Heilige Fendinand III – veranderd in een kathedraal. Er werden nieuwe verdedigingswerken gebouwd, waaronder Alcázar de los Reyes Cristianos en de Torre Fortaleza de la Calahorra. Het historische centrum van Cordoba bestaat vandaag de dag uit de straten, delen land en huizenblokken rondom de moskeekathedraal.

Source : unesco.nl

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Centre historique de Cordoue © Waqqas Akhtar
Valeur universelle exceptionnelle

Brève synthèse 

Fondée par les Romains au IIe siècle av. J.-C. près de la ville tartésique préexistante de Corduba, capitale de la Bétique, Cordoue acquit une grande importance à l’époque d’Auguste. Elle devint la capitale de l’émirat dépendant de Damas au VIIIe siècle. En 929, Abd el-Rahman III l’établit comme siège du califat indépendant. La période glorieuse de Cordoue a commencé au VIIIe siècle après sa conquête par les Maures, avec la construction de quelque 300 mosquées et d’innombrables palais et édifices publics rivalisant avec les splendeurs de Constantinople, Damas et Bagdad. Au XIIIe siècle, sous Ferdinand III, la Grande Mosquée de Cordoue a été transformée en cathédrale et de nouvelles constructions défensives ont été édifiées, notamment l’Alcázar de los Reyes Cristianos et la tour-forteresse de la Calahorra.

Le Centre historique de Cordoue comprend maintenant les rues entourant la Grande Mosquée et toutes les parcelles de terrains donnant sur ces rues, ainsi que les pâtés de maisons autour de la mosquée-cathédrale. Cette zone s’étend au sud jusqu’à la rive opposée du Guadalquivir (pour inclure le pont romain et la Calahorra), à l’est jusqu’à la rue San Fernando, au nord jusqu’aux limites du centre commercial, et à l’ouest au-delà de l’Alcázar de los Reyes Cristianos et du quartier San Basilio.

La ville, par ses dimensions, sa configuration ainsi que sa signification historique en tant qu’exemple vivant des diverses cultures qui s’y sont exprimées et sa relation avec le fleuve, forme un ensemble historique d’une extraordinaire valeur. Elle représentait un passage obligé entre le sud et la « meseta » et son port était important pour l’exportation des produits miniers et agricoles des montagnes et de la campagne.

Le Centre historique de Cordoue offre un cadre urbain et paysager parfait pour la mosquée. Il illustre des milliers d’années d’occupation par différents groupes culturels – romains, wisigoths, islamiques, juifs et chrétiens – qui ont tous laissé leur marque. Ce lieu reflète la complexité urbaine et architecturale de l’époque romaine et la splendeur de la grande ville islamique qui, entre le VIIIe et le Xe siècle, constituait le principal foyer urbain et culturel du monde occidental. La richesse de ses monuments et son architecture résidentielle unique sont exceptionnelles. Il subsiste de nombreuses demeures ancestrales et maisons traditionnelles. Les maisons communes construites autour de cours intérieures (sur le modèle de la casa patio) sont les plus représentatives des maisons cordouanes. On y retrouve leur origine romaine avec une touche andalouse et l’importance donnée aux plantes et à l’eau dans la vie quotidienne.

La Grande Mosquée de Cordoue représente une réalisation artistique unique par sa taille et par l’audace pure de la hauteur de ses plafonds. C’est un témoignage irremplaçable du califat de Cordoue et le monument le plus emblématique de l’architecture religieuse islamique. C’est la deuxième mosquée en termes de surface après la Mosquée sainte de La Mecque, dépassant la Mosquée Bleue (Istanbul, 1588) ; elle constitue un type très original de mosquée qui témoigne de la présence de l’islam en Occident. La Grande Mosquée de Cordoue a également fortement influencé l’art islamique occidental depuis le VIIIe siècle, ainsi que le style néo-mauresque au XIXe siècle.

En matière d’architecture, elle a représenté un lieu d’expérimentation de techniques de construction qui ont influencé à la fois les cultures arabes et chrétiennes depuis le VIIIe siècle.

Il s’agit là d’une architecture hybride associant nombre de valeurs artistiques d’Orient et d’Occident et incluant des éléments jusque-là inconnus dans l’architecture religieuse islamique, notamment l’utilisation de doubles arches pour soutenir le toit ; on en trouve d’ailleurs la préfiguration dans l’aqueduc de Los Milagros (des Miracles) à Merida. Ces techniques de construction associant la pierre et la brique étaient nouvelles mais reprenaient et intégraient des techniques romaines et wisigothes. Elles incluaient aussi le chapiteau dit « en nid d’abeille » – différent du chapiteau corinthien et caractéristique de l’art califal –, qui devait la suite fortement influencer toute l’architecture espagnole. De même, l’association de la voûte en croisée d’ogives avec un système d’arcs polylobés outrepassés donne de la stabilité et de la solidité à l’ensemble et constitue une avancée architecturale remarquable, une centaine d’années avant l’apparition de la voûte à croisée d’ogives en France. 

Critère (i) : La Grande Mosquée de Cordoue, par ses dimensions et l’audace d’une élévation intérieure qui n’ont pas fait école, est une création artistique unique. 

Critère (ii) : Bien qu’elle soit unique, la mosquée de Cordoue a exercé une influence considérable sur l’art musulman occiden­tal à partir du VIIIe siècle. Elle a également influencé le développement des styles « néo-mauresques » du XIXe siècle. 

Critère (iii) : Le Centre historique de Cordoue est le témoin irremplaçable du califat de Cordoue (929-1031) qui fit de cette ville, où s’élevaient dit-on 300 moquées et d’innombrables palais, la rivale de Constantinople et de Bagdad. 

Critère (iv) : C’est un exemple exceptionnel de l’architecture religieuse de l’Islam. 

Intégrité

La Grande Mosquée de Cordoue a été inscrite sur la Liste du patrimoine mondial en 1984 et le bien a été étendu en 1994 pour inclure une partie du Centre historique, l’Alcázar (la forteresse), et inclure vers le sud les rives du Guadalquivir, le pont romain et la tour de la Calahorra. Sa superficie totale est de 80,28 ha.

Le Centre historique de Cordoue maintient son intégrité matérielle et n’est nullement menacé. Il conserve son unité grâce à ses zones urbaines et ses monuments historiques – dont de nombreux monuments protégés en bon état de conservation et d’utilisation.

La Grande Mosquée, avec sa juxtaposition de cultures et de styles architecturaux, a conservé son intégrité matérielle. Elle a été édifiée au VIIIe siècle, au-dessus des vestiges de la basilique wisigothe Saint-Vincent. Des extensions ont été réalisées par la suite sur plus de trois siècles, et c’est en 1236 qu’a été instaurée la cathédrale chrétienne. La reconstruction la plus importante, effectuée à l’époque de la Renaissance entre 1523 et 1599, lui a donné sa structure spatiale actuelle. L’utilisation religieuse continue de l’édifice explique en grande partie sa préservation.

Authenticité

Le bien conserve l’état d’authenticité incarné par son tissu urbain et ses monuments historiques. Il y a eu très peu de travaux de rénovation urbaine et le plan et la forme ont été maintenus. Cordoue a grandi organiquement et continuellement pendant deux millénaires ; il en résulte que nombre de ses bâtiments parmi les plus importants portent la marque des changements successifs des goûts et des styles, les reconstructions suivant les destructions et les changements d’utilisation. Le paysage urbain a cependant conservé sa propre authenticité. Il existe toujours un haut niveau de traditions et techniques de construction, d’emplacements et d’abords, que l’on retrouve dans la présence des lieux urbanisés, des monuments historiques, de l’image et du traitement des espaces publics. D’autres monuments, inclus dans la zone concernée et représentatifs de différents styles et époques, conservent un haut degré d’authenticité de forme, de conception, de matériaux et d’utilisation et peuvent s’ajouter aux nombreux types architecturaux des demeures ancestrales, casas patios, corrales (immeubles d’habitation) et autres.

La Grande Mosquée a totalement conservé son authenticité en termes de forme, de conception, de matériaux, d’utilisation et de fonction. La juxtaposition des styles lui confère une indéniable authenticité et lui ajoute de l’originalité. La manière dont d’anciennes colonnes romaines et wisigothes ont été réutilisées dans l’architecture islamique constitue un bon exemple d’assimilation des matériaux et une preuve de l’authenticité du monument. 

Éléments requis en matière de protection et de gestion

Un cadre juridique est en place pour assurer la protection du bien : c’est pour l’essentiel la loi nationale 16/1985 du Patrimoine historique espagnol et la loi 14/2007 du Patrimoine historique d’Andalousie. Le gouvernement régional d’Andalousie est l’autorité responsable pour la sauvegarde du bien et la protection du patrimoine. Le Conseil municipal, en tant qu’instance la plus proche, est responsable de l’établissement de politiques d’urbanisme et de stratégies pour protéger le bien et le mettre en valeur. Il existe aussi un Bureau municipal pour le Centre historique, constitué de techniciens spécialisés et de personnel administratif ; il est chargé de la gestion de la tutelle du site et de la promotion du Centre historique de Cordoue.

La zone inscrite fait partie du plus vaste « Ensemble historique » de Cordoue, protégé par la législation sur le patrimoine. L’Ensemble historique possède une zone protégée de 246 ha et sa propre protection assurée par le Plan spécial de protection et son Inventaire. Les 80,28 ha correspondant au bien du patrimoine mondial représentent 32 % de l’Ensemble historique.

Les monuments uniques bénéficient du plus haut niveau de protection existant dans la législation sur le patrimoine, étant déclarés « biens d’intérêt culturel » dans la catégorie des monuments.

Le Plan spécial des Ensembles historiques précise les conditions de protection pour le maintien de la structure urbaine, des différents types et de l’image traditionnelle, et inclut un inventaire complet de 119 monuments particuliers et de 513 bâtiments enregistrés, ainsi qu’un ensemble de 1 163 parcelles protégées en tant qu’ensembles inventoriés. Le Plan spécial de protection a proposé des actions précises de restauration urbaine. Ces actions incluent une réorganisation de l’axe des monuments et du centre d’accueil des visiteurs près de la Mosquée, en améliorant la liaison du Centre historique avec les différentes installations en cours d’installation sur la rive gauche du Guadalquivir : Centre de Congrès, Musée d’Art contemporain, moulins à eau, futur Musée des Beaux-Arts et autres. De même, des plans spéciaux concernant l’ensemble de monuments de la Forteresse chrétienne, des Écuries royales et du Guadalquivir devraient améliorer la cadre visuel et symbolique lorsque l’on contemple la façade historique du bien depuis la rive du fleuve. Le Plan d’accessibilité sera centré sur une nouvelle planification des espaces publics. Beaucoup de ces actions devront être intégrées dans un Plan de gestion du patrimoine mondial qui sera établi par le Conseil municipal.

Description longue
[Uniquement en anglais]

The Historic Centre of Cordoba now comprises the streets surrounding the monument and all the parcels of land opening on to these, together with all the blocks of houses around the mosque-cathedral. To the south this area extends to the further bank of the River GuadaIquivir (to include the Roman bridge and the Calahorra), to the east to the Calle San Fernando, to the north to the boundary of the commercial centre, and to the west to incorporate the AIcázar des los Reyes Cristianos and the San Basilio quarter. The city, by virtue of its extent and plan, its historical significance as a living expression of the different cultures that have existed there, and its relationship with the river, is a historical ensemble of extraordinary value.

Cordoba is defined by two geographical features: the mountains of the Sierra Morena, with their mineral wealth, and Guadalquivir, which skirts and then cuts through them. It was a flourishing Carthaginian township in 206 BC, when it was captured by the Romans, who recognized its strategic and commercial importance and made it the capital of Hispania Inferior, adorned with fine public and private buildings and enclosed by imposing fortifications. Among its illustrious sons were the two Senecas and the poet Lucan.

With the onset of the barbarian invasions of the 6th century, Roman society on the Iberian peninsula crumbled, and Cordoba fell to the Visigoths. In 756 the Caliph of Damascus set up his court at Cordoba and laid the foundations for the most glorious period of the city's history. He began building the Great Mosque, on the site of a Roman temple of Janus, which had been converted into a church by the Visigoths. Cordoba became the centre of a great realm renowned for its artistic and intellectual predominance and its liberal toleration of other religions, but the Caliphate collapsed after the bitter civil war of 1009-31, and only the Great Mosque survived as a symbol of its achievements. In 1236 the city was captured by Ferdinand III: the mosque became the cathedral and new defensive structures were raised, as befitted its role as a frontier town under constant threat of attack from the Moors. The historic centre, clustering round the mosque-cathedral, preserves much of its medieval urban fabric, with its characteristic narrow, winding streets.

Its earlier Roman past is, however, also in evidence, as the sixteen-span bridge was originally thrown across the fast-flowing GuadaIquivir. The fine mosaics in the Alcázar, with its columns of the 1st century AD temple, and sections of the Roman wall. The gardens of the Alcázar formed part of the Moorish design for the area around the Mosque, and are good examples of Moorish Andalusian garden design, with effective use of water. The remains of the monumental CaliphaI Baths are nearby. During the Moorish period there were many small places of worship around the Great Mosque. Most of these have disappeared, but their minarets survive as the churches of Santiago and San Lorenzo and the Hermitage of Santa Clara. Another important monument from this period is the Almodóvar Gate. There are reminders of the important Jewish population of Moorish Cordoba in the quarter known as La Judería, which best preserves the original street pattern, and the small Synagogue, converted for Christian use after the expulsion of the Jews in 1492.

The Christian structures of the Alcázar date from the early 14th century, and were built as a royal residence: they show strong Mudejar influence in their design. The Torre de la Calahorra formed part of a medieval fortress, perhaps from the beginning of the Christian period. The church of San Jacinto (now the Palace of Congresses and Exhibitions) is in Florid Gothic style; the Chapel of San Bartolomeo, Moorish in origin, now is clearly Christian, in the Gothic-Mudejar style; San Francisco and San Nicolás, which date from the same period. Also important buildings are from the 16th century: the Seminary of San Pelagio, Puerta del Puente, Casa Solariega de los Pàez de Castillo and Casa del Marqués de la Fuensanta del Valle, which illustrate the religious, military and architectural styles. From the 18th century come the civic buildings: the Triunfos de San Rafael and Hospital del Cardenal Salazar.

Source : UNESCO/CLT/WHC
Description historique

Le site de Cordoue est délimité par deux éléments géographiques : les monts de la Sierra Morena riche en ressources minières et la rivière Guadalquivir qui les longe puis les traverse. Il est donc un lieu évident d'occupation humaine tant pour des raisons de défense que pour des échanges commerciaux.

On ne sait rien de la toute première histoire de la ville. En revanche, on sait qu'à son emplacement existait une florissante communauté carthagénoise en 206 avant J.C. qui fut plus tard prise par les Romains qui reconnurent son importance stratégique et commerciale en en faisant la capitale de leur province d'Hispanie Inférieure (Baetica). De nombreuses et très belles constructions publiques et privées l'enjolivèrent et d'imposantes fortifications la ceinturèrent. Deux de ses célèbres enfants furent Sénèque et le poète Lucain.

Avec les premières invasions barbares du 6ème siècle, la société romaine de la péninsule ibérique disparut et Cordoue fut prise par les Wisigoths en 572. En dépit des destructions dont la ville fut victime, Cordoue conserva son identité pendant toute la période de la domination wisigothe.

En 711, après la très belle victoire de Guadelete, la ville tomba aux mains des Maures, avec à leur tête Tarik ibn Zayid. Quand Abd al Rahman 1er fut déposé par le calife de Damas en 756, il installa sa cour à Cordoue et ouvrit la période de gloire de l'histoire de la ville. En 786, cherchant à créer une structure dont l'éclat ferait paraître terne la mosquée de Damas, il commença à construire la grande mosquée à l'emplacement du temple romain de Janus qui, entre temps, avait été transformé en église par les Wisigoths. Les travaux de la mosquée se poursuivirent pendant les deux siècles qui suivirent.

Au même moment, Cordoue devint le centre d'un grand royaume connu pour sa supériorité artistique et intellectuelle et aussi pour sa tolérance envers les différentes religions. A sa plus belle époque, la ville dit-on possédait 300 mosquées et d'innombrables palais et bâtiments publics, rivalisant de splendeur avec Constantinople, Damas et Bagdad. Le califat de Cordoue s'effondra après une très brutale guerre civile qui dura de 1009 à 1031 et la grande mosquée est le seul monument de sa période glorieuse à avoir survécu. Avec l'accession au pouvoir des Almoravides et des Almohades qui s'ensuivit, Cordoue devenue capitale d'AI Andalus retrouva au 12ème siècle une grande partie de sa gloire passée. Sa suprématie intellectuelle était assurée par de grands érudits parmi lesquels Averroès (Abû al-Walîd ibn Rushd) et Maimonide (Mûsa ibn Maymûn).

En 1236, la ville était prise par Ferdinand III le Saint et Cordoue entra à nouveau dans le monde chrétien. La grande mosquée devint la cathédrale et comme le commandait sa position de ville frontière constamment menacée par les attaques maures, de nouvelles structures défensives furent édifiées dont l'Alcazar de los Reyes Cristianos (forteresse), et la tour Fortaleza de la Calahorra.

Avec le rétablissement de la loi chrétienne sur l'ensemble de la péninsule ibérique, Cordoue perdit de son importance intellectuelle et politique. Elle conserva cependant un très grand rôle commercial en raison principalement de la proximité des mines de cuivre de la Sierra Morena.

Source : évaluation des Organisations consultatives
Notes
  • Extension du bien « Mosquée de Cordoue ».