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Ruines de León Viejo

Ruins of León Viejo

León Viejo is one of the oldest Spanish colonial settlements in the Americas. It did not develop and so its ruins are outstanding testimony to the social and economic structures of the Spanish Empire in the 16th century. Moreover, the site has immense archaeological potential.

Ruines de León Viejo

Léon Viejo est l'un des plus anciens peuplements coloniaux espagnols des Amériques. La ville ne s'étant pas développée, ses ruines offrent un remarquable témoignage des structures économiques et sociales de l'empire espagnol au XVIe siècle. Le site possède, en outre, un immense potentiel archéologique.

آثار ليون فيخو

تُعتبر ليون فيخو إحدى أقدم المستعمرات السكانية الاسبانية في اميركا. فتقدّم أنقاض هذه المدينة التي لم تتطوَّر، شهادةً مميّزةً على البنية الاقتصادية والاجتماعية للامبراطورية الاسبانية في القرن السادس عشر. فضلاً عن ذلك، يتميّز الموقع بطاقةٍ أثريّةٍ هائلة.

source: UNESCO/ERI

莱昂•别霍遗址

莱昂·别霍地区是西班牙在美洲最早的殖民地之一。由于它在各个方面都没有什么发展和改变,所以它的遗址成为16世纪西班牙帝国社会、经济结构的重要见证。另外,遗址还具有巨大的考古潜力。

source: UNESCO/ERI

Руины города Леон-Вьехо (Старый Леон)

Леон-Вьехо – одно из старейших испанских колониальных поселений в Америке. Оно хорошо сохранилось, поэтому его руины являются ярким свидетельством социального и экономического устройства испанской колониальной державы в XVI в. и имеют огромное археологическое значение.

source: UNESCO/ERI

Ruinas de León Viejo

León Viejo es uno de los más antiguos asentamientos coloniales españoles de América. Las ruinas de esta ciudad, que nunca logró desarrollarse, ofrecen un testimonio excepcional de las estructuras económicas y sociales del imperio español en el siglo XVI. El sitio ofrece inmensas posibilidades a las excavaciones arqueológicas.

source: UNESCO/ERI

レオン・ビエホ遺跡群

source: NFUAJ

Ruïnes van León Viejo

León Viejo is een van de oudste Spaanse koloniale nederzettingen in de Amerika's. De nederzetting heeft zich niet ontwikkeld, waardoor zijn ruïnes een bijzonder getuigenis vormen van de sociale en economische structuren van het Spaanse Rijk in de 16e eeuw. León Viejo laat zien hoe Europese architectuur- en planningsconcepten zich aanpasten aan de materiële mogelijkheden van een ander gebied. De ruïnes zijn een rijke bron voor archeologisch onderzoek. Ze vormen een historisch monument van uitzonderlijk belang en zijn vrijwel uniek in Midden-Amerika. Er zijn maar weinig 16e-eeuwse steden intact en ongewijzigd gebleven door latere verbouwingen.

Source : unesco.nl

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Ruines de León Viejo © OUR PLACE
Valeur universelle exceptionnelle

Brève synthèse

Les Ruines de León Viejo se situent près du village de Puerto Momotombo, en face du volcan du même nom, à l’extrémité ouest du lac de Managua, lui-même situé 68 km de la capitale Managua. Le site archéologique comprend l'ensemble des vestiges mis à jour et le territoire environnant.

Les Ruines de León Viejo constituent un témoignage exceptionnel des premiers établissements humains européens dans le Nouveau Monde.  Fondée en 1524 par Francisco Hernández de Córdoba, la ville a subi au cours de sa courte histoire une série de désastres naturels. Partiellement détruite par le volcan Momotombo qui se réveilla en 1578, le tremblement de terre de 1610 lui porta le coup de grâce en détruisant ce qui restait debout. On décida alors de déplacer la ville pour la reconstruire à six lieues de là. L’enfouissement graduel de la ville pour cause de désastres naturels a permis de conserver les ruines sans altération et dans le même environnement, sans qu’elles aient subi de modification.

Les Ruines s'étendent sur 31,87 ha. À ce jour, 17 structures coloniales ont été découvertes, parmi lesquelles se détachent, pour leur importance sociale, la cathédrale Santa María de la Gracia, l’église et le couvent La Merced, la Casa de la Fundición (La Fonderie) ainsi que d’autres bâtiments destinés à des logements et à des installations civiles et militaires. Ces structures ont toutes une forme relativement simple et sont construites en tapial.

León Viejo ne s’étant pas développé, les ruines constituent un témoignage remarquable des structures économique et sociale de l’Empire espagnol au XVIe siècle. Le site conserve le tracé original des premières villes fondées par les Espagnols dans le Nouveau Monde avant la loi des Indes. Il témoigne également d’expériences faites sur des matériaux afin de trouver ceux qui seraient employés dans les futures constructions coloniales érigées dans les Amériques.

Critère iii :La ville en ruines de Léon Viejo fournit un témoignage exceptionnel de la culture matérielle d’un des plus anciens établissements humains coloniaux espagnols.

Critère iv : La forme et la nature des premiers établissements humains espagnols dans le Nouveau Monde, adaptant les concepts architecturaux et urbanistiques européens au potentiel matériel d’une autre région, sont préservées de façon unique sur le site archéologique de Léon Viejo.

Intégrité 

L'espace sur lequel s'étendent les Ruines de León Viejo contient les principaux éléments matériels, architecturaux et urbains de l'ancienne ville de León fondée en 1524 et disparue en 1610. Y sont clairement définis les principaux axes urbains (Calle Real – la Rue royale – et Plaza Mayor – la Grand-Place), ainsi que les bâtiments les plus importants (religieux, civils, destinés à des logements et à des installations militaires), qui constituent des éléments fondamentaux et caractéristiques des villes hispano-américaines fondées au XVIe siècle.

L’abandon de la ville en 1610 et son enfouissement graduel ont permis de les conserver sans altération pendant plus de 350 ans, jusqu'à leur découverte en 1967. Depuis lors, des fouilles archéologiques, des relevés des bâtiments, des études scientifiques et des ouvrages de conservation ont été réalisés, qui ont assuré la préservation des ruines existantes et leur exploitation de manière durable avec la participation –et au bénéfice– de la communauté.

Les risques d'origine anthropique restent mineurs, du fait que les Ruines se situent dans une zone faiblement peuplée et peu développée au plan urbain. Les principales menaces qui pèsent sur l’intégrité du site sont les phénomènes naturels. 

Authenticité

Il n’existe aucun doute sur l’identification du site. Les fouilles ont largement prouvé qu’il s’agit de l’ancienne ville coloniale de Léon. Les vestiges mis au jour sont authentiques, à l’exclusion des quelques interventions nécessaires à leur imperméabilisation.

Les Ruines de León Viejo conservent les plans d'une ville hispano-américaine fondée durant la première étape de la conquête et de la colonisation du continent américain. Elles sont le témoignage de l'utilisation et de l'application de matériaux et de techniques de construction du Vieux Monde adaptées à l’environnement et aux ressources du Nouveau Monde.

Sans perdre de vue la nécessité de préserver leur caractère de ruines, il est possible d’en assurer la mise en valeur dans une perspective de développement durable, conformément aux instruments normatifs juridiques, aux études et aux plans de conservation mis en œuvre, et au profit des communautés locales.

Mesures de protection et de gestion 

Les Ruines de León Viejo ont été déclarées patrimoine culturel de la Nation par la loi 167 et ses modifications, parue le 31 mai 1994 dans le n° 100 du Journal officiel « La Gaceta ». Il y est établi que ce bien fait l’objet du régime spécial de protection, tel que contenu dans la loi en vigueur sur la protection du patrimoine culturel de la Nation (décret-loi n° 1142, paru le 2 décembre 1982 dans le n° 282 du Journal officiel « La Gaceta »).

La zone protégée appartient à l’État ; la zone périphérique qui recèle des vestiges archéologiques appartient à des propriétaires privés. 

La conservation des Ruines et des valeurs universelles exceptionnelles qu'elles représentent se réalise par la mise en œuvre d’un plan de gestion. Celui-ci, qui doit être régulièrement mis à jour, définit les actions d'intervention et celles visant la mise en valeur du site dans une perspective de durabilité. Il est exécuté par l'Institut nicaraguayen de la Culture (entité de l'État responsable de la gestion administrative du site inscrit), en coordination avec diverses institutions nationales et locales.

L'Institut nicaraguayen de la Culture s'engage à renforcer la conservation des Ruines de León Viejo en concevant et en appliquant les instruments normatifs spécifiques à la zone désignée et à sa zone tampon, et à apporter son appui financier pour la mise en œuvre appropriée du plan de gestion. 

Description longue
[Uniquement en anglais]

The form and nature of early Spanish settlement in the New World, adapting European architectural and planning concepts to the material potential of another region, are uniquely preserved in the archaeological site of León Viejo, which provides exceptional testimony to the material culture of one of the earliest Spanish colonial settlements. The site of León Viejo is a historic monument of exceptional importance that is probably unique in Central America. This is largely due to its state of preservation, as few 16th century cities are preserved intact and unaltered by subsequent rebuilding.

León Viejo is an excellent laboratory for experimentation with excavation techniques, and the artefacts discovered provide a rich inventory of materials dating from the first years of contact between the Spanish settlers and the indigenous population in the 16th century. These materials may be used to establish comparative chronological sequences to date other sites in Nicaragua and neighbouring regions. Given the presence of a pre-Hispanic population, the site offers the potential to study the demographic, social and economic dynamic between the native and Spanish communities. Moreover, burials may supply details about diet and diseases introduced by the Spaniards. León Viejo could be a key site for the development of historical archaeology in Central America, a region where the discipline is still in its infancy.

The region was densely populated before the conquest by Chorotega Indians, a farming society with a moderate hierarchical structure headed by an elected council of elders. The Spanish town was founded in 1524 by Francisco Hernández de Córdoba, who was sent from Panama by Pedrarias Dávila to conquer the Pacific zone northwards to Tezoatega. It developed, like many colonial towns in Latin America, round a central plaza, on the extreme north-east shore of what was to be called the Lake of León. Its role was to dominate the territory already conquered by the Spaniards and expand towards the Gulf of Fonseca and the mining zone of Olancho, as well as to Aguán on the Caribbean.

Despite its role as a provincial capital, León was never more than a relatively modest collection of rustic buildings, most of them in the same material as those used by the indigenous people: wood, bamboo and mud - mezquinas barracas (mean huts) in the contemptuous words of the Marqués de Lozoya.

Only the church, convents and houses of the governor and a handful of the richer citizens were more elaborate. The fortress, which was built at the beginning of the settlement, was allowed to fall into ruins within 20 years, indicating the extent of the pacification of the region. The Royal Foundry and Mint was also a substantial building, but constructed in the indigenous materials, which resulted in successive fires. The material needs of the inhabitants were well catered for, judging by the range of craftsmen working in the town from early in its history.

León reached its peak of development around 1545, during the governorship of Rodrigo de Contreras. It was still relatively small, its Spanish population not exceeding some 200. There was an eruption of the nearby volcano, Momotombo, in 1578, which combined with the raging inflation to drive the richer inhabitants away. By 1603 there were only 10 houses remaining, the others having been abandoned and allowed to fall into ruins. The final blow came on 11 January 1610, when a severe earthquake destroyed what was still standing. The city was taken to a site 'six leagues away', near the village of Subtiava.

The original layout of the town is not recorded and has so far not been reconstructed from archaeological data. It was certainly laid out on a regular grid pattern but it is unlikely to have been as large as contemporary towns such as Lima. Excavations carried out since the site was discovered in 1968 have uncovered the remains of a number of buildings, of which the following are the most important: the cathedral, with a central nave and a main altar at the eastern end reached by steps; the Convent of La Merced, which consists of five rooms enclosed by a tapia wall and connecting directly with the convent church; the Royal Foundry, one of the largest buildings in the town, consisting of 11 rooms; and several private houses, some of which can be assigned to a known inhabitant of the town.

Source : UNESCO/CLT/WHC
Description historique

Bien qu'aucune étude archéologique détaillée n'ait été menée sur le site de ce qui devait devenir la capitale de la Province du Nicaragua, les premiers chroniqueurs espagnols relatent que la région était densément peuplée avant la conquête par des Indiens Chorotega, société agraire modérément hiérarchisée et gouvernée par un conseil des anciens.

La ville espagnole fut fondée en 1524 par Francisco Hernández de Córdoba, envoyé depuis Panama par Pedrarias Dávila pour conquérir la zone du Pacifique Nord jusqu'à Tezoatega (maintenant village de El Viejo). Elle se développa comme beaucoup de villes coloniales en Amérique Latine autour d'une place centrale, sur la rive à l'extrême nord-est de ce qui fut appelé le lac de León. Sa fonction était de contrôler la région déjà conquise par les Espagnols et de l'étendre vers le golfe de Fonseca, la région minière d'Olancho et aussi Aguán sur la mer des Caraïbes.

Hernández de Córdoba ne profita pas longtemps de sa nouvelle capitale car il fut exécuté pour trahison sur les ordres de Pedrarias en 1526. Ce dernier devint gouverneur du Nicaragua en 1528 et rejoignit León. Cette même année, Francisco de Bobadilla installa le premier couvent et une terrible famine coûta la vie à des milliers d'indigènes. La population locale fut encore réduite par l'une des activités principales de León, la déportation massive d'Indiens vendus comme esclaves à Panama et au Pérou. La fin de cette très importante année vit la création, par ordre royal, d'un hôtel de la monnaie où « seraient traités l'or, l'argent et autres métaux de la région ». L'économie de la région trouvait ainsi un second filon tout aussi violent et démographiquement catastrophique que le premier pendant les quatre-vingt-six années que dura cette situation.

En dépit de son rôle de capitale de la province, León ne fut jamais qu'un modeste ensemble de bâtiments simples pour la plupart construits avec les mêmes matériaux que ceux des indigènes : bois, bambou et boue, mezquinas barracas (petites cahutes) selon les termes péjoratifs du marquis de Lozoya. Seuls l'église, les couvents et quelques maisons, celles du gouverneur et d'un petit nombre de riches citoyens sont plus élaborés. La forteresse qui avait été construite au moment de la création de la ville tomba en ruines en vingt ans laissant deviner une réelle pacification de la région. La fonderie royale et l'hôtel de la monnaie étaient réunis en un grand bâtiment construit, lui aussi, avec les matériaux indigènes ce qui occasionna de nombreux incendies. Les besoins matériels des habitants de la ville étaient satisfaits, à en juger par le nombre d'artisans travaillant dans cette ville depuis sa fondation.

Léon connut son apogée de développement vers 1545 sous l'administration du gouverneur Rodrigo de Contreras. La ville restait relativement petite, sa population espagnole n'excédant pas deux centaines d'hommes. L'assassinat de l'évêque Antonio de Valdivieso marqua en 1550 un tournant dans son histoire : on disait qu'une malédiction pesait sur elle et des désastres économiques et naturels s'abattirent sur la ville au cours des années qui suivirent. En 1578, le volcan Momotombo se réveilla et une forte inflation poussa les plus aisés de ses habitants à l'abandonner. En 1603, il ne restait qu'une dizaine de maisons, les autres désertées tombèrent en ruines. Le coup fatal survint le 11 janvier 1610 quand un tremblement de terre détruisit ce qui restait debout. On décida alors de déplacer la ville pour la reconstruire à six lieues de là, à proximité de Subtiava, ce qui était envisagé depuis plusieurs années. Les documents précisent que les matériaux des maisons détruites servirent à la reconstruction du nouveau village.

Source : évaluation des Organisations consultatives