Bâtiments traditionnels ashanti
Brève description
Au nord-est de Koumassi subsistent les derniers témoins matériels de la grande civilisation des Ashantis qui connut son apogée au XVIIIe siècle. Les maisons de bois, de terre et de chaume sont peu à peu menacées de destruction sous l'effet du temps et du climat.
Description longue
Les derniers vestiges matériels de la grande civilisation ashanti, qui atteignit son apogée au XVIIIe siècle, se trouvent au nord et au nord-est de Kumasi. Faites de terre, de bois et de paille, les constructions qui en témoignent de manière saisissante sont particulièrement vulnérables au passage du temps et aux intempéries.
La plupart des villages ashanti ont été détruits au XIXe siècle, durant les guerres entreprises par ce peuple pour lutter contre la domination britannique, entre 1806 et 1901. C'est au cours de cette période, en 1895, que le mausolée royal (le Barem) fut incendié par Baden-Powell. Il ne subsiste plus aujourd'hui qu'un petit nombre de bâtiments traditionnels, dévolus aux hommes ou aux dieux, dont la plupart n'ont pas plus de cent ans d'âge.
La physionomie de ces édifices est bien connue grâce au témoignage des premiers voyageurs européens, ainsi qu'à différentes études contemporaines. Une série de poteaux et d'impostes en bois reliés par des lattes en bambou forme l'ossature sur laquelle repose le toit de chaume. Le sol est en argile damée. La façade présente un riche décor en argile plaquée sur une armature en bois ; elle comporte une balustrade, des impostes et parfois des fenêtres que leur décor apparente à celui des transennes OK??, ces lourdes grilles utilisées pour fermer la tombe des martyrs chrétiens. Les motifs décoratifs sont géométriques, floraux, animaux, végétaux ou anthropomorphes.
La conservation de ces structures faites de matériaux hétérogènes pose un problème difficile, sinon insoluble. Le chaume des toits est un matériau évidemment fragile. Au moment de la publication du livre fondamental de Michael Swithenbank, Ashanti Fetish Houses, la plupart des maisons étaient couvertes par un toit de fer rouillé. Depuis, des travaux d'entretien ont été entrepris par le Bureau des monuments et musées du Ghana.
Le bois de la charpente vient essentiellement de deux espèces tropicales (Hippocrates africana et Hippocrates rowlandii) connues pour leur résistance aux termites. Mais il n'est pas très résistant au processus de détérioration biologique typique de cette latitude. Le revêtement d'argile plaqué sur l'armature en bois risque de disparaître au cours des prochaines décennies.
Source : UNESCO/CLT/WHC
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