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Quartier du Vieux pont de la vieille ville de Mostar

Brève description

La ville historique de Mostar, nichée dans la profonde vallée de Neretva, est une ancienne ville frontière ottomane qui s’est développée aux XVe et XVIe siècles, et durant la période austro-hongroise des XIXe et XXe siècles. Mostar se caractérise par ses maisons turques anciennes et par le vieux pont, Stari Most, qui lui a valu son nom. Lors des conflits des années 1990, la majeure partie de la ville historique et le vieux pont du célèbre architecte Sinan ont cependant été détruits. Le vieux pont a été reconstruit et de nombreux édifices de la vieille ville ont été restaurés ou rebâtis avec l’aide d’un comité scientifique international mis en place par l’UNESCO. Le quartier du vieux pont, avec ses caractéristiques architecturales (pré-ottomanes, ottomanes de l’Est, méditerranéennes et d’Europe occidentale), est un exemple remarquable d’occupation urbaine multiculturelle. Le pont reconstruit et la vieille ville de Mostar sont un symbole de la coopération internationale et de la coexistence de diverses communautés culturelles, ethniques et religieuses.

Quartier du Vieux pont de la vieille ville de Mostar © Silvan Rehfeld

Justification d'inscription

Critère (vi) : Avec la « renaissance » du vieux pont et son environnement, la force et la signification symboliques de la ville de Mostar – en tant que symbole universel et exceptionnel de la coexistence de communautés d’origines culturelles, ethniques et religieuses différentes – sont renforcées et confortées, soulignant les efforts illimités de la solidarité humaine pour la paix et une coopération solide face à des situations catastrophiques écrasantes.

Description longue

Le vieux pont de la vieille ville de Mostar, avec son architecture exceptionnelle qui témoigne d'influences culturelles multiples (préottomanes, ottomanes orientales, méditerranéennes et de l'ouest de l'Europe) et sa relation harmonieuse avec le paysage, est un exemple remarquable d'aménagement urbain multiculturel. La qualité exceptionnelle de sa construction, en dépit des destructions considérables dues à la guerre, et des travaux de reconstruction qui l'ont suivie, a été confirmée par une enquête scientifique approfondie qui a prouvé le raffinement technique extrême et la qualité de la mise en œuvre des constructions anciennes, et notamment celle du vieux pont. La Radoboija, qui se jette dans la Neretva sur sa rive droite, présente une importance particulière, puisqu'elle a alimenté en eau l'agglomération à ses débuts, ainsi qu'un grand nombre de canalisations utilisées pour l'irrigation ou pour faire fonctionner les roues des moulins à eau.

La présence de l'homme sur la Neretva est documentée depuis la préhistoire, entre la colline de Hum et la montagne de Velez, comme en témoigne la découverte d'enceintes fortifiées et de nécropoles. Différents vestiges d'époque romaine ont été mis au jour à l'emplacement de la ville actuelle.

Nous sommes peu renseignés sur le Mostar médiéval, bien que les basiliques de la fin de l'Antiquité aient continué à y être fréquentées. Le nom de la ville est mentionné pour la première fois dans un document de 1474, et dérive de celui des gardiens du pont (mostari ) : il se réfère à un pont en bois qui reliait alors la ville-marché à la rive gauche de la rivière, utilisé par les soldats, par les marchands et par d'autres voyageurs. La ville était alors le siège d'un kadiluk (district où résidait un juge régional). Du fait de sa position sur la route commerciale reliant l'Adriatique aux régions riches de minéraux de la Bosnie centrale, l'habitat se développa sur la rive droite de la rivière, et devint la principale ville du sandjak d'Herzégovine puis, avec l'arrivée des Turcs ottomans de l'Est, le centre du pouvoir turc.

La ville fut fortifiée entre 1520 et 1566, et le pont reconstruit en pierre. La seconde moitié du XVIe  siècle et les premières décennies du XVIIe  siècle furent celles de son apogée. On y construisit alors des monuments religieux et publics, concentrés sur la rive gauche de la rivière, à l'intérieur d'un complexe religieux. La même période vit la multiplication des édifices privés et commerciaux, organisés en quartiers distincts, connus sous le nom de mahalas (résidentiels), ainsi que la construction du bazar.

Des trente mosquées d'origine, remontant aux XVIe et XVIIe  siècles, sept ont été détruites au cours du XXe  siècle pour des raisons idéologiques, ou du fait de bombardements. L'une des deux églises orthodoxes du XIXe  siècle a également disparu, et la synagogue du début du XXe  siècle, après avoir été sévèrement endommagée au cours de la Seconde Guerre mondiale, a été transformée en théâtre. Plusieurs auberges de la période ottomane sont conservées, ainsi que d'autres édifices de cette même époque, comme des fontaines ou des écoles.

Les constructions administratives sont toutes de l'époque austro-hongroise, et présentent des traits stylistiques néoclassiques et sécessionnistes. De nombreuses maisons de la fin de la période ottomane montrent une forme d'architecture domestique caractéristique : entrée, étage supérieur utilisé comme habitation, cour pavée et véranda sur un ou deux étages. Les maisons plus tardives, du XIXe  siècle, sont toutes de style néoclassique.

Plusieurs édifices anciens utilisés pour le commerce et l'artisanat existent encore, notamment des boutiques basses en pierre ou en bois, des entrepôts en pierre, ainsi qu'un groupe d'anciennes tanneries disposées autour d'une cour ouverte. Là aussi, les édifices commerciaux du XIXe  siècle sont essentiellement de style néoclassique. De nombreux vestiges des anciennes fortifications sont encore visibles. La tour d'Hercegusa remonte à la période médiévale, tandis que les fortifications ottomanes sont attestées par les tours d'Halebinovka et de Tara, les tours de guet placées aux extrémités du vieux pont, et par un tronçon du rempart.

Source : UNESCO/CLT/WHC

Description historique

L'occupation humaine sur la Neretva, entre les hauteurs du Hum et les pentes de la Velez, remonte à la préhistoire, comme en témoignent les enceintes fortifiées et les nécropoles. Les vestiges de la présence romaine sont enfouis sous la ville actuelle.

On sait peu de choses de Mostar au Moyen Âge, mais les basiliques chrétiennes de la fin de l'antiquité sont toujours utilisées. Le nom de Mostar apparaît pour la première fois dans un document de 1474, du nom des gardiens du pont, les mostari : cela fait référence à l'existence d'un pont de bois qu'empruntaient les soldats, les commerçants et les autres voyageurs pour se rendre dans la ville marchande située sur la rive gauche de la rivière. À l'époque, c'était le siège d'un kadiluk (district avec un juge régional). Du fait qu'elle se trouvait sur la 215 route commerciale entre l'Adriatique et les riches régions minières du centre de la Bosnie, la bourgade s'étendit de l'autre côté du pont sur la rive droite de la Neretva. Elle devint la première ville du sandjak de l'Herzégovine et, avec l'arrivé des Ottomans, le centre du gouvernement turc.

La ville fut fortifiée entre 1520 et 1566 et le pont reconstruit en pierre. La deuxième moitié du XVIe siècle et le début du XVIIe furent les périodes les plus importantes du développement de Mostar. On construisit des bâtiments religieux et publics tels que des mosquées, une médersa (école islamique) et un hammam (bains publics). Ces constructions se trouvaient sur la rive gauche de la rivière, dans un ensemble religieux (kullia). Dans le même temps, de nombreux bâtiments commerciaux et privés, organisés par quartier, appelés les mahalas (résidentiel), et le bazar, furent érigés.

La Bosnie-Herzégovine fut d'abord occupée (1878) puis annexée (1908) par l'Empire austro-hongrois. C'est à cette époque que de nombreux bâtiments administratifs, militaires, culturels et chrétiens furent construits. Ils étaient essentiellement bâtis sur la rive droite, où un nouveau quartier s'est élevé selon le plan Rondo. Ce quartier est très différent de celui de la rive gauche où la ville a grandi en s'accrochant aux pentes des collines, formant des rues étroites et des espaces publics occupés par des marchés (pazar), des lieux de loisir (mejdan), et de prière (musallah). À l'époque, une voie de chemin de fer et de nouvelles routes reliaient Mostar à Sarajevo et à l'Adriatique.

De 1992 à 1995 la ville fut gravement endommagée au cours de la guerre en Bosnie et Herzégovine et la plupart du centre urbain fut laissée à l'état de ruines et le vieux pont fut détruit. Depuis 1998, des projets de restauration majeurs ont été menés dans le centre de la vieille ville et notamment la reconstruction du vieux pont a été réalisée.

Source : évaluation des Organisations consultatives