Cité préhispanique et parc national de Palenque
Brève description
Exemple éminent de sanctuaire maya de l’époque classique, Palenque, qui connut son apogée entre le VIe et le VIIIe siècle, étendit son influence dans tout le bassin de l’Usumacinta. La technique et l’élégance de ses constructions, comme la légèreté de ses reliefs sculptés illustrant des thèmes mythologiques, témoignent du génie créateur de la civilisation maya.
Description longue
Palenque est un chef-d'œuvre absolu de l'art maya. Ses édifices se caractérisent par leur finesse et une légèreté qu'autorisaient de nouvelles techniques de construction et des méthodes de drainage développées pour permettre de réduire l'épaisseur de leurs murs. L'espace interne agrandi, les multiples ouvertures et le recours à des galeries confèrent une rare élégance à cette architecture richement décorée de sculptures et de stucs, d'un type entièrement nouveau. Son influence a été considérable dans tout le bassin de l'Usumacinta, et s'étendit même jusqu'à Comalcalco, aux confins occidentaux de la zone d'influence culturelle maya.
Les traits saillants de la civilisation maya sont sa permanence (apparue au IVe siècle de notre ère, elle déclina vers le IXe siècle, mais survécut sous différentes formes jusqu'à la conquête espagnole), l'étendue considérable de son territoire (il comprenait de vastes zones de cinq pays, Honduras, El Salvador, Guatemala, Belize et Mexique), et la dispersion de ses structures politiques (une myriade de centre religieux disséminés dans un « empire » qui, à la différence de celui de Teotihuacán, ne connaissait pas de pouvoir centralisé). Tout cela se traduisit par une prodigieuse diversité de styles composant un art monumental fascinant. Ses manifestations architecturales d'une extrême originalité, à la fois puissantes et raffinées, suscitèrent l'admiration des conquistadores.
Situées au cœur de la jungle tropicale, les ruines de Palenque ne sont que le centre d'une immense ville qui s'étendait sur quelque 8 km2, et qui présente une physionomie extraordinaire. De gigantesques travaux de terrassement ont modifié la topographie naturelle du site, entre le piémont accidenté du Chiapas au sud/sud-est et les plaines au nord, en créant toute une hiérarchie de volumes et d'espaces, où terrasses et édifices s'équilibrent harmonieusement. L'Otulum, un affluent de l'Usumacinta, a été canalisé dans une ingénieuse galerie voûtée en encorbellement de 50 m de long, et traverse la ville. En dialecte maya, Otulum signifie « maisons fortifiées » : c'est peut-être une allusion à la ville dont nous ne connaissons pas le nom ancien, et dont l'histoire n'a été que partiellement révélée par les fouilles archéologiques.
Palenque, du nom que les Espagnols lui donnèrent, apparut entre le IIIe et le Ve siècle. Ses principaux monuments ont été édifiés entre 500 et 700, deux siècles qui correspondent à son apogée. Vers la fin du Xe siècle, les populations locales de la région du golfe de Mexico l'envahirent et entraînèrent son déclin et son abandon.
Le principal ensemble de la zone centrale est le Palacio. Construits au cours de différentes périodes sur un immense tertre artificiel façonné comme une pyramide tronquée, ses différents édifices s'organisent autour de quatre cours et sont dominés, à l'angle sud-ouest, par une sorte de tour de garde ou d'observatoire astronomique, unique dans toute l'architecture maya.
L'ensemble du Palacio est équilibré par le temple des Inscriptions, qui est plus vaste encore. Placé au sommet d'une pyramide située en contrebas du Palacio, il est construit au-dessus d'une crypte funéraire qui a été explorée en 1952.
Plus loin, d'autres magnifiques temples-pyramides sont en partie cachés par la végétation : au sud-est, les temples du Soleil, de la Croix et de la Croix feuillue ; au nord, le temple du Comte (ce nom absurde lui vient d'un archéologue, le baron Jean-Frédéric Waldeck, qui y vécut au XIXe siècle). De nombreux édifices occupent tout l'espace compris entre ces deux zones. Identifiés, parfois explorés, ils ont plus rarement été remontés après avoir été fouillés. Ce type de travail d'entretien des monuments de Palenque n'est pas antérieur à 1940.
Source : UNESCO/CLT/WHC
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