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Monastère d'Alcobaça

Monastery of Alcobaça

The Monastery of Santa Maria d'Alcobaça, north of Lisbon, was founded in the 12th century by King Alfonso I. Its size, the purity of its architectural style, the beauty of the materials and the care with which it was built make this a masterpiece of Cistercian Gothic art.

Monastère d'Alcobaça

L'abbaye de Santa Maria d'Alcobaça, au nord de Lisbonne, fut fondée au XIIe siècle par le roi Alphonse Ier. Par l'ampleur de ses dimensions, la clarté du parti architectural, la beauté du matériau et le soin apporté à l'exécution, elle est un chef-d'œuvre de l'art gothique cistercien.

دير ألكوباسا

تم تشييد دير سانتا ماريا في ألكوباسا شمال لشبونة في القرن الثاني عشر على يد الملك ألفونس الاول، وهو يشكل تحفة من الفن القوطي السسترسي بضخامة حجمه ووضوح هندسته وجمالية المواد المستعملة في بنائه والعناية المتوخاة في تنفيذه.

source: UNESCO/ERI

阿尔科巴萨修道院

位于里斯本北部的圣玛利亚-阿尔科巴萨修道院建于公元12世纪阿方索一世统治时期。阿尔科巴萨修道院建筑风格统一,建筑材料考究,建筑技巧卓越,这一切都使其成为西多会哥特风格艺术的杰作。

source: UNESCO/ERI

Монастырь Алкобаса

Монастырь Богоматери в Алкобасе, к северу от Лиссабона, был основан в XII в. королем Альфонсом I. Его размеры, выдержанность архитектурного стиля, красота материалов, а также то старание, с которым он был построен, делают его шедевром цистерцианского готического искусства.

source: UNESCO/ERI

Monasterio de Alcobaça

Situada al norte de Lisboa, la abadía de Santa María de Alcobaça fue fundada en el siglo XII por el rey Alfonso I. Sus dimensiones, la pureza de su estilo arquitectónico, la belleza de los materiales empleados en su construcción y el esmero con que ésta se llevó a cabo han hecho de este monasterio una obra maestra del arte gótico cisterciense.

source: UNESCO/ERI

アルコバッサの修道院

source: NFUAJ

Klooster van Alcobaça

Het klooster van Santa Maria d’ Alcobaça ten noorden van Lissabon, werd in de 12e eeuw gesticht door koning Alfonso I. Het formaat, de zuiverheid van de architectonische stijl, de prachtige materialen en de zorg waarmee het werd gebouwd, maken dit tot een meesterwerk van cisterciënzer gotische kunst. De oprichting van het klooster is nauw verbonden met het begin van het Portugese koningshuis. De stilistische kwaliteit van de gebeeldhouwde ornamenten wordt – zelfs na restauratie – overtroffen door de dwingende symboliek van de iconografie, die het menselijk lot, de dood en de christelijke hoop op eeuwig leven oproept.

Source : unesco.nl

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Valeur universelle exceptionnelle

Brève synthèse

La fondation du Monastère d’Alcobaça, au centre du Portugal, est étroitement liée aux débuts de la monarchie portugaise. Lorsqu’Afonso Henriques fut proclamé roi en 1139, sous le nom d’Alphonse Ier, il appuya sa politique de reconquête sur les Croisés et sur les ordres religieux. Alcobaça fut donné aux Cisterciens en reconnaissance de leur soutien à la conquête de Santarem (1152), avec pour mission de coloniser et d’exploiter les terres alentour.

Au XIIIe siècle, tandis que s’élèvent l’abbatiale dans une conception qui reprend celle de Pontigny en Bourgogne (France) et de superbes bâtiments monastiques, l’influence politique et intellectuelle d’Alcobaça s’étend déjà dans tout l’ouest de la péninsule ibérique. C’était un centre d’étude et de doctrine religieuse avec la plus grande école monastique du royaume, où officiait une riche congrégation.

Dans cet ensemble monumental, la sacristie manuéline de l’infant Dom Afonso, nommé abbé d’Alcobaça en 1505, le cloître supérieur de João de Castilho, la façade et le corps de logis baroques du frère João Turriano (1702), et la Salle des rois sont des réalisations particulièrement remarquables.

Le symbole suprême de cette relation privilégiée avec la monarchie portugaise se trouve dans les célèbres tombeaux d’Inês de Castro et de Dom Pedro (Pierre Ier). Le roi Pierre Ier commanda les monuments funéraires jumeaux après les événements dramatiques qui inspireront plus tard le poète Luís Vaz de Camões, l’écrivain Velez de Guevara et tant d’autres auteurs et de cinéastes. La formule, fréquente au XIVe siècle, du haut sarcophage supportant les gisants que veillent des anges, trouve ici l’une de ses plus parfaites expressions artistiques. La qualité stylistique du décor sculpté, en dépit des mutilations causées par les troupes napoléoniennes en 1810-1811, est encore surpassée par le symbolisme prenant de l’iconographie qui évoque la destinée humaine, la mort et l’espérance chrétienne de la vie éternelle. Exécutés vers 1360, les tombeaux sont la marque tangible de la réhabilitation mystique que Pierre Ier accorda à Inês, assassinée à Coimbra sur les ordres du roi Alphonse IV.

Critère (i): Le monastère d’Alcobaça, par l’ampleur des dimensions, la clarté du style architectural, la beauté du matériau et le soin apporté à l’exécution, est un chef-d’œuvre de l’art gothique cistercien. Il témoigne de la diffusion d’une esthétique née en Bourgogne du temps de Saint-Bernard et de la survie de l’idéal ascétique qui caractérise les premières fondations de l’ordre comme Fontenay. Les tombeaux de Dom Pedro et de Dona Inês de Castro comptent parmi les plus belles sculptures funéraires gothiques.

Critère (iv): Le monastère d’Alcobaça offre un exemple de grand établissement cistercien avec un ensemble unique d’infrastructures hydrauliques et de bâtiments fonctionnels. Célèbre à juste titre, la cuisine du XVIIIe siècle ajoute à l’intérêt du complexe de bâtiments monastiques d’époque médiévale (cloître et lavabo, salle capitulaire, parloir, dortoir, salle des moines et réfectoire).

Intégrité

Le monastère d’Alcobaça est bien conservé et contient tous les éléments nécessaires à la transmission de sa valeur universelle exceptionnelle. Il n’y a eu aucun grand changement susceptible d’affecter l’intégrité du bien.

Les changements apportés au monastère d’Alcobaça concernent essentiellement la restauration du grenier du XVIIIe siècle, les installations électriques et audio, la restauration des sculptures en bois et terre cuite de la période baroque, les travaux de réparation pour éviter les infiltrations dans le monument et la construction de la galerie d’exposition Saint-Bernard.

Authenticité

Le monastère d’Alcobaça conserve son authenticité puisqu’il n’a pas subi de transformations majeures. Les travaux de restauration exécutés par des entreprises nationales ont rigoureusement respecté les techniques et les matériaux d’origine. En outre, la prise de conscience de l’importance de maintenir l’authenticité matérielle et immatérielle du bien est un principe fondamental qui sous-tend la sauvegarde du monument et préserve sa spécificité et son caractère unique. De même, les caractéristiques de l’emplacement et du cadre sont bien conservées du fait que les autorités municipales appliquent des mesures réglementaires et juridiques visant à préserver la zone tampon du bien et le cadre plus général du site.

Éléments requis en matière de protection et de gestion

Le monastère d’Alcobaça a été classé comme monument national par un décret publié au Journal officiel n°14 du 17 janvier 1907. Afin de garantir l’application de la loi comme fondement de la politique et de l’ensemble des règles de protection et de mise en valeur du patrimoine culturel (Loi n°107 du 8 septembre 2001), le Décret n°140 du 15 juin 2009 définit le cadre juridique pour des études, projets, rapports, travaux ou interventions sur des biens culturels classés. Il établit la nécessité d’une évaluation préalable et systématique, et d’un suivi de tous les travaux susceptibles de nuire à l’intégrité du bien afin d’éviter toute défiguration, dégradation et perte de caractéristiques physiques ou d’authenticité. Cela est assuré par une planification appropriée et rigoureuse, par un personnel qualifié, de toutes les techniques, méthodologies et ressources à utiliser pour réaliser des interventions sur les biens culturels.

De même, le Décret n°309 du 23 octobre 2009 assimile les zones tampons à des zones de protection spéciale qui bénéficient de restrictions adaptées à la protection et la mise en valeur des biens culturels.

L’un des principaux objectifs de la gestion du bien est de préserver les attributs qui en ont justifié l’inscription sur la Liste du patrimoine mondial tout en maintenant les conditions d’authenticité et d’intégrité de l’ensemble monumental. Cela est réalisé grâce au développement d’un plan de travail où la communauté locale intervient dans la prise des décisions et leur mise en œuvre.

Toutes les interventions qui ont été menées ou qui sont programmées respectent la législation en vigueur, ainsi que des critères techniques et scientifiques rigoureux. Une attention particulière est accordée au traitement et à la réhabilitation de la zone qui entoure le monument, du fait que ces travaux sont confiés à des organisations locales qui engagent à la fois la municipalité et la communauté locale.

La gestion du monastère d’Alcobaça est assurée par les services décentralisés de la Direction générale du Patrimoine culturel (DGPC), département de l’administration nationale responsable du patrimoine culturel. La conservation, la mise en valeur et les mesures de sauvegarde sont assurées par la DGPC, qui est également chargée d’établir un programme annuel et de le mettre en œuvre afin d’assurer la bonne conservation et la protection du bien.

Description longue
[Uniquement en anglais]

By virtue of its magnificent dimensions, the clarity of the architectural style, the beauty of the material used and the care with which it was built, the Cistercian Monastery of Santa Maria d'Alcobaça is a masterpiece of Gothic Cistercian art. It bears witness to the spread of an aesthetic style that developed in Burgundy at the time of St Bernard and to the survival of the ascetic ideal which characterized the order's early establishments such as Fontenay. The tombs of Dom Pedro and Doña Inés de Castro are among the most beautiful of Gothic funerary sculptures.

The monastery is also an outstanding example of a great Cistercian establishment with a unique infrastructure of hydraulic systems and functional buildings. Deservedly renowned, the 18th-century kitchen adds to the interest of the group of monastic buildings from the medieval period (cloister and lavabo, chapter room, parlour, dormitory, the monks' room and the refectory).

The founding of the monastery is intimately linked with the beginnings of the Portuguese monarchy. When Afonso Henriques was proclaimed King Afonso I in 1139, he based his political reconquest on the Crusaders - cruelly present in Lisbon in 1147 - and on religious orders. Alcobaça was given to the Cistercians in recognition of the victory of Santarém (1152) with the understanding that they would colonize and work the surrounding lands. The White Monks were already well established by 1153, the year of the death of St Bernard of Clairvaux, Alcobaça was, thus, the last of the saint's 'offspring' during his lifetime.

Despite an offensive led by Al-Mansoor at the end of the 12th century, the royal establishment began to prosper. In the 13th century, while the abbey church, laid out similarly to Pontigny, and beautiful monastic buildings were under construction, the abbey's intellectual and political influence had already spread throughout the western part of the Iberian Peninsula. It was a centre of study and religious doctrine (the kingdom's most important monastic school was there) and it enjoyed a wealthy congregation. The abbot was a powerful ecclesiastical lord whose authority extended over the fertile lands, 13 towns, four seaports and two castles. Later, from the reign of João I to that of João IV, the abbot was appointed by the king and became a member of the Council, Grand Almoner, and Lord Protector of the Border. A number of enhancements underscored the exceptional character of this royal establishment: the Manueline sacristy of the Infante Dom Afonso, named Abbot of Alcobaça in 1505, the upper cloister of João do Castilho, one of the architects of the Convent of the Hieronymites of Belém, the facade and main part of the Baroque lodgings of Friar João Turriano (1702), and the King's Room. The ultimate symbol of this privileged relationship with the Portuguese monarchy is found in the famous tombs of Inés de Castro and Dom Pedro (Peter I). He commissioned the twin tombs after the dramatic event that would later inspire Camoëns, Velez de Guevara and so many other contemporary authors and filmmakers. There the avenging king and his murdered queen are buried. The design of a high sarcophagus supporting the giants watched over by angels, frequently used in the 14th century, here finds one of its most perfect artistic expressions. The stylistic quality of the sculptured ornaments, even with the restoration necessitated after Napoleon's troops mutilated them in 1810-11, is surpassed by the compelling symbolism of the iconography which evokes human destiny, death and the Christian hope of eternal life. Built around 1360, the tombs are the tangible sign of Peter I's mystical rehabilitation of Inés, assassinated at Coimbra on the orders of his father Afonso IV.

Source : UNESCO/CLT/WHC