Parc archéologique national de Tierradentro
Brève description
Le parc regroupe des statues monumentales de personnages humains et contient de nombreux hypogées construits entre le VIe et le Xe siècle. Ces vastes tombes souterraines (certaines chambres mortuaires atteignent 12 m de large) sont ornées de motifs reproduisant les décorations intérieures des habitations de l'époque. Elles témoignent de la complexité sociale et de la richesse culturelle d'une société préhispanique du nord des Andes.
Description longue
Les hypogea du complexe de Tierradentro offrent un témoignage unique de la vie quotidienne, des rites et des coutumes funéraires d'une société préhispanique développée et stable du nord des Andes, en Amérique du Sud.
L'état actuel de nos connaissances archéologiques et anthropologiques invite à penser que les bâtisseurs des hypogea (tombes souterraines), entre 500 et 900, vivaient sur les pentes des montagnes et dans les vallées de cette zone. Ils établirent de petits sites dans les vallées tandis que l'occupation des collines était dispersée, à proximité des champs. Les maisons de plan ovale étaient construites sur des terrasses artificielles, avec des sols de terre battue, une armature en bois, des murs faits de clayonnages revêtus d'argile et un toit de chaume. Dépourvues de divisions internes, elles présentaient un seul foyer, au centre, et des bancs de bois pour dormir.
L'économie produisait manifestement des surplus qui ont permis à une partie de la population de se spécialiser dans la construction d'hypogea et dans la production d'outils spécifiques utilisés pour échanger les produits de luxe, en or et en coquillage, avec les communautés voisines. L'artisanat textile est documenté archéologiquement et la poterie présentait des formes et des décors très variés. Les outils, haches, hachettes ou houes étaient en pierre dure, avec un manche en bois.
Le parc comporte différentes zones de tombes préhispaniques : Alto del Aguacate, loma de San Andres, Alto de Segovia et Alto de Buende. On a trouvé dans toute l'Amérique, du Mexique au nord-ouest de l'Argentine, des tombes souterraines dotées de chambres latérales, mais la plupart d'entre elles se trouvent en Colombie. Cependant, ce n'est pas seulement le nombre et la concentration de ces tombes à Tierradentro qui leur confèrent un caractère unique : elles offrent un témoignage exceptionnel d'une société préhispanique disparue. Ces hypogea , uniques en Amérique, comportent un puits vertical, un escalier hélicoïdal, un vestibule et une grande chambre latérale de plan ovale, dotée de colonnes centrale et périphériques, avec des représentations anthropomorphes sculptées et des peintures polychromes.
Les hypogea étaient creusés dans le substrat sous les crêtes des montagnes ou dans des collines basses. Ils sont exceptionnels par leurs dimensions et par leurs escaliers ; leurs plafonds voûtés, leurs murs et les colonnes de leurs chambres funéraires sont souvent décorés de dessins linéaires géométriques, zoomorphes ou anthropomorphes, peints en pigments minéraux rouges et noirs sur fond blanc. La dimension des petits hypogea de forme ovale varie entre 2,50 et 7 m de profondeur, pour une largeur de 2,50 à 3 m, tandis que les plus grandes chambres peuvent atteindre 10 à 12 m de largeur ; les plus impressionnants d'entre elles comportent deux ou trois colonnes centrales et plusieurs pilastres décorés le long des murs, séparés par des niches.
La symétrie symbolique établie par un nombre limité, mais élégant, de traits communs entre les maisons des vivants, au-dessus du sol, et les hypogea souterrains des morts suscite une impression esthétique plaisante, et évoque aussi puissamment l'importance du nouvel état dans lequel se trouvait désormais le défunt : la continuité entre la vie et la mort, entre le vivant et le monde des ancêtres.
L'importance des constructions souterraines et la manière dont les restes humains sont disposés à l'intérieur des hypogea indiquent l'existence d'une structure hiérarchique sociale et politique fondée sur les chefs qui assumaient une fonction de prêtres. Les rites funéraires comportaient deux stades. La déposition primaire dans de simples tombes était suivie par la déposition secondaire des ossements, souvent après crémation, ou mélangés à de la terre rouge, à l'intérieur des hypogea - soit dans des urnes décorées avec soin, soit dans des tombes creusées dans le sol de la chambre funéraire.
Les statues en pierre de la région de Tierradentro présentent une grande importance. Faites de pierre volcanique, elles représentent des personnages debout, les bras sur la poitrine. Les hommes portent des coiffures formées de bandelettes, de longs vêtements et différents ornements, les femmes des turbans, des blouses sans manches et des jupes. Cette statuaire est très semblable, par sa forme et par sa technique, à celle du parc archéologique de San Agustín (site inscrit sur la Liste du patrimoine mondial).
Source : UNESCO/CLT/WHCDescription historique
L'état actuel des connaissances en matière d'archéologie et d'anthropologie laisse à penser que les bâtisseurs des hypogées (tombes souterraines) de la période allant de 500 à 900 de notre ère, habitaient sur les versants de la montagne et dans les vallées. Dans ces vallées, ils installèrent de petits hameaux tandis que sur les versants, les habitations étaient dispersées et à proximité des champs. Les constructions de forme ovale étaient édifiées sur des terrasses artificielles avec des sols en terre battue. La structure en bois de ces habitations était constituée d'un clayonnage en tiges de maïs enduites de torchis, le chaume servait de toiture. Aucune cloison ne divisait la pièce unique dotée d'un foyer en son centre et de bancs de bois en guise de couche.
La base de l'économie était l'agriculture qui produisait, en particulier, du maïs, des citrouilles, des haricots et des yuccas dans les régions chaudes ou bien la pomme de terre dans les régions plus froides. Le coca y était cultivé pour les cérémonies de la communauté comme c'est la coutume dans les sociétés modernes Paéz. Le régime alimentaire était complété par du poisson, des fruits sauvages, de la biche, du lapin, du tatou et des oiseaux. Le sel était obtenu par évaporation de l'eau de source saline.
Les cultures devaient sans doute être excédentaires pour permettre ainsi à une partie de la population de se consacrer à la construction des hypogées et à la fabrication d'objets spécialisés qui étaient utilisés dans les échanges avec les autres communautés voisines contre des produits de luxe en or et coquillages. on a également trouvé des preuves de fabrication de textiles ainsi que des poteries d'une grande diversité de formes et de motifs. Des outils tels que des haches, des hachettes et des houes étaient faites avec des pierres dures fixées à des manches de bois.
L'ampleur des travaux souterrains et la façon dont les ossements humains étaient disposés dans l'hypogée indiquent l'existence d'une structure sociale et politique hiérarchisée, reposant sur des chefs aux fonctions de prêtres. Les rites funéraires se déroulaient en deux étapes : le premier enterrement dans de simples tombes était suivi d'un second ensevelissement des ossements à l'intérieur de l'hypogée, souvent après crémation, ou encore, mélangés dans de la terre rouge et déposés, soit dans des urnes décorées, soit dans des tombes sur le sol de la chambre mortuaire.
Source : évaluation des Organisations consultatives
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