English Français
Veuillez noter qu'en raison des circonstances exceptionnelles liées à la pandémie de Coronavirus (COVID-19), le courrier régulier envoyé au Centre du patrimoine mondial à Paris ne peut être traité normalement pour le moment. Pour éviter tout retard dans le traitement de la correspondance statutaire et/ou générale, veuillez envoyer systématiquement au destinataire concerné au sein du Centre du patrimoine mondial une copie électronique de toute correspondance que vous souhaitez transmettre. Nous vous remercions de votre compréhension.

Parc Maloti-Drakensberg

Maloti-Drakensberg Park

The Maloti-Drakensberg Park is a transnational property composed of the uKhahlamba Drakensberg National Park in South Africa and the Sehlathebe National Park in Lesotho. The site has exceptional natural beauty in its soaring basaltic buttresses, incisive dramatic cutbacks, and golden sandstone ramparts as well as visually spectacular sculptured arches, caves, cliffs, pillars and rock pools. The site's diversity of habitats protects a high level of endemic and globally important plants. The site harbors endangered species such as the Cape vulture (Gyps coprotheres) and the bearded vulture (Gypaetus barbatus). Lesotho’s Sehlabathebe National Park also harbors the Maloti minnow (Pseudobarbus quathlambae), a critically endangered fish species only found in this park. This spectacular natural site contains many caves and rock-shelters with the largest and most concentrated group of paintings in Africa south of the Sahara. They represent the spiritual life of the San people, who lived in this area over a period of 4,000 years.

La description est disponible sous licence CC-BY-SA IGO 3.0

Parc Maloti-Drakensberg

Le Parc Maloti-Drakensberg est un bien transnational composé de l’uKhahlamba / Parc national de Drakensberg en Afrique du Sud et du Parc national de Sehlathebe au Lesotho. Le site offre une beauté naturelle exceptionnelle qui s’exprime tant à travers ses contreforts de basalte vertigineux, ses arrière-plans incisifs et spectaculaires et ses remparts de grès dorés que par ses grottes, falaises, piliers et bassins dans la roche. La diversité des habitats du site protège un grand nombre d’espèces de plantes endémiques et capitales au niveau mondial. Le site accueille des espèces menacées tel le vautour du Cap (Gyps coprotheres) et le gypaète barbu (Gypaetus barbatus). Le Parc national de Sehlathebe au Lesotho accueille également le poisson Cyprinidé (Pseudobarbus quathlambae), une espèce de poisson en voie d’extinction vivant exclusivement dans ce parc. Ce bien naturel spectaculaire compte également de nombreuses grottes et abris rocheux où l’on trouve le plus important et le plus dense groupe de peintures rupestres d’Afrique, au sud du Sahara. Ces peintures représentent la vie spirituelle du peuple San, qui a vécu sur ces terres pendant plus de quatre millénaires.

La description est disponible sous licence CC-BY-SA IGO 3.0

Parque Maloti-Drakensberg

source: UNESCO/ERI
La description est disponible sous licence CC-BY-SA IGO 3.0

マロティ‐ドラケンスバーグ公園
マロティ‐ドラケンスバーグ山脈の風景美と人類の痕跡。2000年に登録された南アフリカ共和国の「ウクハランバ/ドラケンスバーグ公園」に、レソトのセサバテーベ国立公園が追加登録された。山脈の一部をなす一帯は、美しい山岳風景と、多彩な生息環境が育む多くの動植物を特徴とする一方で、先住民が4000年以上かけて描き続けてきた壁画が、3万点以上も残されている。ドラケンスバーグ公園の素晴しい自然の景観のなかには、たくさんの洞窟や岩窟住居が見られ、4000年以上も前にサン人によって描かれたさまざまな壁画が残っている。多くは過去300年間に描かれたものであり、ドラケンスバーグは19世紀後半まで、サン人の居住地であった。壁画は儀式の場に描かれたと推測され、今日では居住地を離れて暮らす人々の精神世界の象徴になっている。

source: NFUAJ

Maloti-Drakensberg park

Het Maloti-Drakensberg park is van uitzonderlijke schoonheid met z'n stijgende basaltische steunpilaren, dramatische dieptes, gouden zandsteenwallen, graslanden, steile rivierdalen en rotsachtige kloven. Het park strekt zich uit langs de grens met Lesotho, waardoor het een belangrijk toevluchtsoord is voor meer dan 250 endemische plantensoorten en bijbehorende fauna. Het gebied kent veel grotten en rotsen, met daarin de grootste, meest geconcentreerde groep rotstekeningen in Afrika ten zuiden van de Sahara. De tekeningen werden 4.000 jaar lang gemaakt door het inmiddels uitgestorven volk San. Ze weerspiegelen hun spirituele leven en zijn van uitstekende kwaliteit, divers qua onderwerpen en de manier waarop dieren en mensen worden weergegeven.

Source : unesco.nl

  • Anglais
  • Français
  • Espagnol
  • Japonais
  • Néerlandais
Parc national de Sehlabathebe © UNESCO
Valeur universelle exceptionnelle

Brève synthèse

Le site du patrimoine mondial Parc Maloti- Drakensberg est un bien transnational qui s’étend le long de la frontière entre le Royaume du Lesotho et la République d’Afrique du Sud. Le bien comprend le Parc national de Sehlathebe (6 500 ha) au Lesotho et le Parc d’uKhahlamba Drakensberg (242 813 ha) en Afrique du Sud. Le site du patrimoine mondial Parc Maloti- Drakensberg est renommé pour ses paysages naturels spectaculaires, son importance en tant que refuge pour de nombreuses espèces menacées et endémiques, ainsi que pour la richesse de ses peintures rupestres réalisées durant 4000 ans par le peuple san. Le bien couvre une superficie de 249 313 ha, ce qui en fait le plus vaste complexe d’Aires Protégées le long du Grand Escarpement de l’Afrique australe.

La chaîne de montagnes du Parc Maloti- Drakensberg constitue la principale région productrice d’eau d’Afrique australe. Les zones longeant la frontière internationale entre les deux pays créent une ligne de partage des eaux sur l’escarpement qui forme le bassin versant de deux des plus vastes bassins hydrographiques d’Afrique australe. Le fleuve Thukela depuis le Parc d’uKhahlamba Drakensberg coule vers l’est pour se jeter dans l’océan Indien. Les rivières du sud de la chaîne de montagnes du Maloti- Drakensberg, dont celles du Parc national de Sehlabathebe, se déversent dans le fleuve Senqu/Orange qui se jette dans l’Océan Atlantique, aussi l’extension du site du patrimoine mondial « Parc d’uKhahlamba Drakensberg » au Parc national de Sehlabathebe permettra d’accroître les qualités hydrologiques de la zone.

Avec ses vallées fluviales vierges et encaissées et ses gorges escarpées, le bien comporte de nombreuses grottes et abris rocheux comptant selon les estimations 690 sites d’art rupestre avec plus de 35 000 dessins différents. Les images représentent des animaux et des êtres humains et témoignent aussi de la vie spirituelle du peuple san ; elles incarnent une tradition exceptionnellement cohérente et représentative des croyances et de la cosmologie de ce peuple sur plusieurs millénaires. On trouve aussi des peintures d’art rupestre datant des XIXe et XXe siècles, attribuables aux autochtones d’expression bantoue.

S’étendant sur presque toute la frontière sud-ouest entre le KwaZulu-Natal et le Lesotho, le bien est un refuge vital pour plus de 250 espèces végétales endémiques et la faune associée. On y trouve également la quasi-totalité de la végétation subalpine et alpine restante dans la province du KwaZulu-Natal, y compris de vastes zones humides d’altitude au-dessus de 2 750 mètres et c’est un site RAMSAR. Le Parc d’uKhahlamba Drakensberg a été classé Zone importante pour la conservation des oiseaux et il constitue un élément essentiel de la Zone endémique de l’avifaune des montagnes du Lesotho.

Critère (i) : L’art rupestre du Parc Maloti-Drakensberg constitue le groupe le plus important et le plus dense de peintures rupestres d’Afrique subsaharienne et il est remarquable par sa qualité comme par la diversité de ses sujets.

Critère (iii) : Le peuple san a vécu dans la région montagneuse du Maloti-Drakensberg pendant plus de quatre millénaires, laissant derrière lui un corpus d’art rupestre exceptionnel, témoignage unique qui met en exergue son mode de vie et ses croyances.

Critère (vii) : Le site est d’une beauté naturelle exceptionnelle avec ses contreforts de basalte vertigineux, ses arrière-plans incisifs et spectaculaires et ses remparts de grès dorés. Les prairies de haute altitude, les vallées fluviales vierges et encaissées et les gorges rocheuses ajoutent encore à la beauté du site.

Critère (x) : Le bien abrite des habitats naturels importants pour la conservation in situ de la diversité biologique. Sa richesse en espèces, particulièrement en plantes, est exceptionnelle. Reconnu comme centre mondial de diversité végétale et d’endémisme, il se trouve dans sa propre région florale, la région alpine du Drakensberg d’Afrique du Sud. Il se trouve aussi dans une zone endémique de l’avifaune importante au plan mondial et il est remarquable par la présence de plusieurs espèces menacées au plan mondial, comme le pipit à gorge jaune. La diversité des habitats est exceptionnelle avec un vaste ensemble de plateaux alpins, de pentes rocheuses vertigineuses et de vallées fluviales. Ces habitats protègent un nombre important d’espèces endémiques et menacées.

Intégrité

Composé de douze Aires Protégées établies entre 1903 et 1973, le Parc d’uKhahlamba Drakensberg a une longue histoire de gestion efficace en matière de conservation. Couvrant 242 813 ha, il est assez grand pour être viable en tant qu’aire naturelle et maintenir des valeurs naturelles. Il comprend quatre (4) zones de nature sauvage classées qui composent près de 50 % du Parc. Bien qu’il n’ait quasiment pas été touché par le développement anthropique, le bien reste vulnérable à des utilisations externes des terres – dont l’agriculture, les plantations forestières et l’écotourisme – même si des accords ont été mis en œuvre entre Ezemvelo Kwa-Zulu Natal Wildlife et les partenaires locaux concernés pour gérer ces menaces.

Les espèces envahissantes, les incendies, le développement d’infrastructures, l’érosion des sols, les impacts du tourisme sur des sentiers alpins vulnérables ainsi que le braconnage menacent aussi l’intégrité du site. L’absence de protection officielle de l’écosystème montagneux à la frontière du Lesotho (au-delà de la zone tampon du Parc national de Sehlabathebe) accentue ces menaces.

Les problèmes frontaliers mis en évidence lors de l’inscription portaient sur l’enclave appartenant au Conseil traditionnel amaNgwane et amaZizi, entre la partie septentrionale du parc et sa partie méridionale, beaucoup plus vaste. Des mécanismes de planification limitent le développement au-dessus de 1 650 m pour maintenir l’intégrité écologique. Des processus sont en cours afin d’élaborer un accord de coopération entre le Conseil traditionnel amaNgwane et amaZizi et Ezemvelo Kwa Zulu-Natal Wildlife. Il est également recommandé de procéder à une extension des aires de conservation par accord avec les propriétaires privés possédant des terrains le long de l’escarpement vers le sud du bien. Une mesure importante de renforcement de l’intégrité a été la création de l’aire de mise en valeur et de conservation transfrontalière Maloti-Drakensberg (MDTFCA) qui a reconnu l’importance d’un Parc transfrontalier de la Paix reliant le Parc national de Sehlabathebe (SNP) au Lesotho avec le Parc d’uKhahlamba Drakensberg. Les comités de coordination du projet du KwaZulu-Natal et du Lesotho coopèrent au processus de planification.

Le SNP (6 500 ha) est protégée depuis 1970 en tant que réserve naturelle et parc national, et a été classée en 2001 afin d’améliorer la protection de la biodiversité et des paysages de ce bien. La zone d’extension, qui a inclus le SNP, a amélioré la protection de la biodiversité et des valeurs culturelles du bien.

Le bien abrite le principal corpus d’art rupestre associé au peuple san dans cette région. Une concentration relativement importante de sites d’art rupestre semble présente dans la zone tampon ouest située au Lesotho et il conviendrait d’en entreprendre des relevés pour juger de leur contribution potentielle à la Valeur universelle exceptionnelle. Bien que la région ait relativement peu changé depuis l’époque où les grottes étaient habitées, les pratiques de gestion, comme la coupe d’arbres (qui, autrefois, protégeaient les peintures) et la fumée des brûlis peuvent avoir un impact sur les peintures fragiles des abris rocheux, tout comme l’accès non réglementé́ du public.

Authenticité

La synthèse des sites d’art rupestre et leur cadre naturel dans le Parc Maloti-Drakensberg témoignent d’un très fort sens d’authenticité en termes de cadre, de lieu et d’atmosphère, mais aussi de matériaux, de substance et de savoir-faire. Il convient de noter comme élément positif que dans d’importantes parties du bien aucun traitement systématique de conservation ou de consolidation n’a été entrepris, ce qui a laissé les sites d’art rupestres peut-être plus fragiles mais avec le plus haut degré possible d’authenticité. Les sites restent étroitement intégrés au paysage environnant et ils témoignent de manière crédible des récits de la vie et de l’activité du peuple san confronté aux dures conditions climatiques de la région et à l’exploitation nécessaire des ressources naturelles et des abris. Cette tradition artistique du peuple san ne se termine pas à la fin de l’Âge de la pierre mais se poursuit et s’exprime sur des sites associés aux peuples khoj et de l’Âge du Bronze. Les rayons UV et les intempéries pourraient faire passer les couleurs et réduire la lisibilité des images, ce qui risque par la suite d’affaiblir la capacité de transmission de leur message. Il est important qu’une documentation explicative aide à l’interprétation du contenu de ces images pour en retrouver le sens que leur donnait le peuple san.

Eléments requis en matière de protection et de gestion

La gestion du Parc est guidée par un plan de gestion intégrée qui comprend des plans subsidiaires et qui est entrepris selon la loi sur la Convention du patrimoine mondial, de 1999 (Afrique du Sud, loi n° 49 de 1999) ; la loi sur les ressources du patrimoine national, 1999 (Afrique du Sud, loi n° 25 de 1999) ; la gestion nationale de l’environnement : loi sur les Aires Protégées, 2003 (Afrique du Sud, loi n° 57 de 2003) ; la loi sur la biodiversité pour la gestion nationale de l’environnement, 2004 (Afrique du Sud, loi n° 10 de 2004) ; la loi d’amendement sur la gestion de la préservation de la nature du KwaZulu-Natal (Afrique du Sud, loi n° 5 de 1999) ; la proclamation de la préservation de la faune sauvage (Lesotho, loi 55 de 1951) ; la loi sur les monuments historiques, les reliques, la faune et la flore (Lesotho, loi n° 41 de 1967) ; la Loi sur le Patrimoine National de 2011 et la Loi Environnement (Lesotho, No. 10 de 2008); les Orientations devant guider la mise en œuvre de la Convention du patrimoine mondial ; les politiques environnementales de Lesotho et les politiques générales d’Ezemvelo KZN Wildlife. Selon cette législation, toute forme de développement à l’intérieur du bien ou au sein de sa zone tampon est soumise à une évaluation d’impact sur l’environnement qui tient compte de la valeur universelle exceptionnelle du bien. En outre, tous les biens du patrimoine mondial sont reconnus comme des Aires Protégées, ce qui signifie que l’exploitation et la prospection minières seront totalement interdites à l’intérieur du bien ou dans la zone tampon classée. D’autre part, aucun développement inapproprié ayant un impact potentiel sur le bien ne sera autorisé par les Ministres sud-africain et lesothan responsables de l’Environnement et de la Culture.

Les espèces envahissantes et les incendies posent de très importants problèmes de gestion. Il s’agit là d’une menace pour l’intégrité écologique du parc, ainsi que pour le rendement en eau des zones humides et des réseaux hydrographiques. L’interaction entre la gestion d’espèces envahissantes et la gestion des incendies devrait aussi être soigneusement étudiée, en tenant compte des effets du feu sur la faune sensible au feu comme les grenouilles endémiques. La gestion des feux et des espèces envahissantes est actuellement traitée conjointement par le Lesotho et l’Afrique du Sud, de préférence dans le cadre établi pour la coopération transfrontalière pour les Aires Protégées.

Il faut veiller à assurer un équilibre équitable entre la gestion de la nature et de la culture en intégrant des compétences spécialisées en patrimoine culturel dans la gestion du bien du patrimoine mondial. Il convient aussi d’allouer aux autorités responsables du patrimoine culturel des budgets appropriés pour les travaux d’inventaire, de conservation et de suivi. Cela permettra de faire en sorte que tous les processus de gestion des terres respectent les peintures, que les sites d’art rupestre bénéficient d’abris naturels adaptés, qu’un suivi des dessins rupestres soit régulièrement effectué par des spécialistes qualifiés en conservation, et que l’accès aux peintures soit correctement réglementé. D’autre part, il faudra aussi veiller à entreprendre des évaluations d’impact sur le patrimoine culturel concurremment avec les évaluations d’impact sur l’environnement pour tout projet d’aménagement concernant le cadre dans le périmètre du bien