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Fort et jardins de Shalimar à Lahore

Fort and Shalamar Gardens in Lahore

These are two masterpieces from the time of the brilliant Mughal civilization, which reached its height during the reign of the Emperor Shah Jahan. The fort contains marble palaces and mosques decorated with mosaics and gilt. The elegance of these splendid gardens, built near the city of Lahore on three terraces with lodges, waterfalls and large ornamental ponds, is unequalled.

Fort et jardins de Shalimar à Lahore

Il s'agit de deux chefs-d'œuvre de la brillante civilisation moghole à son apogée, au temps de l'empereur Shah Jahan. Le fort de Lahore renferme des palais et mosquées de marbre, ornés de mosaïques et de dorures. À proximité de la ville, les merveilleux jardins de Shalimar étagés sur trois terrasses, avec des pavillons, des cascades et de vastes pièces d'eau, sont d'un raffinement sans égal.

حصن وحدائق شاليمار في لاهور

انها التحف التي تعود الى حضارة المغول اللامعة وهي في ذروة ازدهارها في عهد الامبراطور شاه جهان. ويضم حصن لاهور قصورًا ومساجدَ من المرمر مزخرفة بالفسيفساء وبطبقات الذهب. وبالقرب من المدينة تقع حدائق شاليمار المدهشة المقسّمة على 3 مصطبات والتي تتضمَّن جناحات وشلالات وبقع مياه واسعة، تظهر دقة لا مثيل لها.

source: UNESCO/ERI

拉合尔古堡和夏利玛尔公园

辉煌的莫卧尔文化中有两个典范在沙贾汉国王统治时期达到顶峰——包括建有宫殿的要塞和用马赛克和镀金饰品装饰起来的清真寺。在拉合尔城附近的园林都建在三层平台上,带小屋、瀑布和巨大的装饰水池;这些园林的优雅和美丽简直无与伦比。

source: UNESCO/ERI

Форт и сады Шалимар в городе Лахор

Эти два шедевра относятся к тому времени, когда блестящая цивилизация Великих Моголов достигла своего расцвета при императоре Шах-Джахане. В форте находятся мраморные дворцы и мечети, украшенные мозаиками и позолотой. Вблизи города Лахор были разбиты роскошные сады Шалимар, где на трех террасах были сооружены павильоны, водяные каскады и большие декоративные бассейны.

source: UNESCO/ERI

Fuerte y jardines de Shalamar en Lahore

Este sitio comprende dos obras maestras del periodo de apogeo de la civilización mogol, en tiempos del emperador Sha Jahan. El fuerte de Lahore encierra en sus murallas un conjunto de palacios y mezquitas de mármol ornamentados con mosaicos y dorados. En las cercanías de la ciudad, los espléndidos jardines de Shalamar, escalonados en tres terrazas, ofrecen un ejemplo inigualable de refinamiento artístico con sus pabellones, cascadas y vastos estanques.

source: UNESCO/ERI

ラホールの城塞とシャーリマール庭園

source: NFUAJ

Fort en Shalamar tuinen in Lahore

Dit zijn twee meesterwerken uit de tijd van de schitterende Mogol beschaving, die zijn hoogtepunt bereikte tijdens de regering van keizer Shah Jahan. Het fort bevat marmeren paleizen en moskeeën gedecoreerd met mozaïeken en vergulde elementen. De 21 monumenten die bewaard zijn gebleven binnen het fort vormen een prachtige collectie van de Mogol architectuur, gekenmerkt door een gestandaardiseerde bouw met baksteen en metsellagen van rode zandsteen verluchtigd met Hindoe motieven. De elegantie van de 16 hectare grote Shalamar Tuinen is ongeëvenaard. Ze zijn aangelegd in de buurt van de stad Lahore op drie terrassen met paviljoens, watervallen en grote siervijvers.

Source : unesco.nl

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Fort et jardins de Shalimar à Lahore © Zishan Sheikh
Valeur universelle exceptionnelle

Brève synthèse

Le bien inscrit se compose de deux ensembles royaux, le Fort de Lahore et les Jardins de Shalimar, tous deux situés dans la ville de Lahore, à 7 km de distance l’un de l’autre. Ces deux ensembles –l’un caractérisé par des structures monumentales et l’autre par de vastes jardins d’eau– sont des exemples exceptionnels, représentatifs de l’expression artistique moghole à son apogée, à travers son évolution aux XVIe et XVIIe siècles. La civilisation moghole, fusion de sources islamique, persane, hindoue et mongole (d’où vient l’origine du mot moghol) exerça sa domination sur le sous-continent indien pendant plusieurs siècles et en influença fortement le développement ultérieur.

Situé au nord-ouest de la ville fortifiée de Lahore, le Fort est érigé sur un site dont l’occupation remonte à plusieurs millénaires. Sa configuration actuelle date du XIe siècle, bien qu’il ait été détruit et reconstruit à plusieurs reprises par les premiers moghols entre le  XIIIe et le XVe siècle. Les 21 monuments conservés dans son périmètre constituent un répertoire exceptionnel des formes de l’architecture moghole depuis le règne d’Akbar (1542-1605), caractérisé par l’emploi d’un appareil régulier de brique cuite et de blocs de grès rouge marqué par l’influence hindoue de corbeaux architecturaux zoomorphiques, jusqu’à celui de Shah Jahan (1627-58), caractérisé par le luxe des marbres, des incrustations de matières précieuses et de mosaïques, et une exubérance de motifs ornementaux empruntés à l’art perse.

La Porte Masjidi, flanquée de deux bastions, et Khana-e-Khas-o-Am (la Salle d’audience publique et privée) témoignent de l’œuvre d’Akbar. Son successeur, Jahangir, acheva la construction de la grande cour nord (1617-18) commencée par Akbar et entreprit en 1624-25 le décor des murs nord et nord-ouest du Fort. Shah Jahan fit construire tout un ensemble d’édifices féériques qui entourent la cour de Shah Jahan (Diwan-e-Kas, Lal Burj, Khwabgah-e-Jahangiri et le Shish Mahal (1631-32), l’un des plus beaux palais du monde, tout étincelant de mosaïques de verre, de dorures, de pierres semi-précieuses et d’écrans de marbre).

Les Jardins de Shalimar, créés sous l’empereur Shah Jahan en 1641-42, sont des jardins moghols où se superposent les influences persanes et les traditions médiévales des jardins islamiques, témoins de l’expression artistique moghole à son apogée. Le jardin moghol se compose d’un mur d’enceinte, d’éléments et d’allées au tracé rectiligne et de vastes pièces d’eau. Les Jardins de Shalimar s’étendent sur 16 hectares et s’étagent sur trois terrasses qui descendent du sud vers le nord. Ils sont de plan régulier, clos par un mur d’enceinte crénelé en grès rouge, découpés en parterres carrés sur les terrasses inférieures et supérieures, et en massifs allongés sur la terrasse intermédiaire, plus étroite ; dans ce décor végétal, d’élégants pavillons équilibrent des plantations harmonieusement concertées de peupliers et de cyprès dont le feuillage se reflète dans les vastes pièces d’eau.

Critère (i) : Les 21 monuments conservés dans le périmètre du Fort de Lahore constituent un répertoire exceptionnel de formes de l’architecture moghole à son apogée artistique et esthétique, du règne d’Akbar (1542-1605) à celui de l’empereur Shah Jahan (1627-58). De même, les Jardins de Shalimar dont la création est due à Shah Jahan en 1641-42, symbolisent l’art paysager moghol à son apogée. Les deux ensembles peuvent être considérés comme un chef-d’œuvre du génie créateur humain.

Critère (ii) : Les formes, les motifs et les conceptions mogholes dont témoignent le Fort de Lahore et les Jardins de Shalimar ont subi l’influence d’innovations dans l’aménagement d’autres enclaves royales mogholes, mais ont aussi largement influencé au cours des siècles suivants le développement de l’expression artistique et esthétique à travers le sous-continent indien.

Critère (iii) : La conception des monuments du Fort de Lahore et les éléments des Jardins de Shalimar apportent un témoignage unique et exceptionnel de la civilisation moghole à l’apogée de ses réalisations artistiques et esthétiques, aux XVIe et XVIIe siècles. 

Intégrité (2011)

L’inclusion par le Comité du patrimoine mondial des propositions d’inscription initialement distinctes du Fort de Lahore et des Jardins de Shalimar en un seul et même bien classé en 1981 a élargi l’éventail des expressions d’art créatif  – des structures monumentales aux jardins aquatiques– en apportant un témoignage des réalisations artistiques et esthétiques mogholes comprises dans le bien, et en a amélioré l’intégrité globale. Les deux ensembles inclus dans l’inscription, tels qu’ils se présentent aujourd’hui, sont complets en tous points ; le complexe du Fort de Lahore se compose des 21 monuments édifiés dans le périmètre défini pour le site, et les Jardins de Shalimar renferment toutes les terrasses, fontaines et autres pavillons aménagés derrière leur mur d’enceinte. 

Toutefois, les missions effectuées sur place (2003, 2005, 2009), ont établi que le Badshahi Masjid (Mosquée royale) et la Tombe de Ranjit Singh, bien qu’étant à l’extérieur du Fort proprement dit, sont une partie intégrante de son cadre physique et historique, et estiment que leur inclusion dans le bien inscrit en renforcerait l’intégrité. 

Toutefois, la destruction accidentelle en 1999 de deux ouvrages hydrauliques sur les trois que comptent les Jardins de Shalimar avec les murs attenants pour élargir la grande route nationale de Lahore à Mugha a sérieusement altéré l’intégrité du bien qui a été placé sur la Liste du patrimoine mondial en péril en 2000. Une analyse détaillée menée à l’époque a également révélé la détérioration considérable de certains monuments constitutifs et de graves empiètements urbains qui affectent quelques-unes des structures. Malgré les opérations de conservation entreprises depuis 2000 pour répondre progressivement aux besoins de réparation de monuments individuels, la priorité n’a pas donnée au rétablissement des installations ou des composantes hydrauliques.

Des mesures destinées à améliorer l’intégrité du bien ont été identifiées, notamment la consolidation et la protection des réservoirs d’eau endommagés, la protection des murs extérieurs des deux complexes, un gros investissement dans la rénovation des monuments et autres constructions que renferment les deux ensembles, l’extension  des zones inscrites et des zones tampons pour mieux protéger la Valeur Universelle Exceptionnelle des deux biens et leur cadre, la réflexion au sujet de l’inclusion des monuments adjacents dans l’inscription, et la suppression des empiètements urbains et le contrôle plus rigoureux des pressions urbaines (avec l’aménagement d’un parc de stationnement réservé aux cars de tourisme).

Authenticité (2011)

Le bien en général conserve un caractère authentique tant au niveau de la conception, des formes, de la création et de la substance des deux ensembles que des éléments constitutifs, des composants et des constructions associés à l’expression artistique et esthétique moghole des XVIe et XVIIe siècles. La préservation de l’authenticité d’exécution nécessite que les travaux contemporains de réparation et de conservation utilisent et réhabilitent les techniques et les matériaux traditionnels. 

Malgré tout, l’authenticité de la fonction et du cadre s’est dégradée au fil du temps : la fonction initiale de ces ensembles royaux a été remplacée par la fréquentation des visiteurs et le tourisme, et le cadre élargi des deux sites s’est désormais adapté à la circulation et aux nécessités fonctionnelles de la ville contemporaine de Lahore.

Eléments requis en matière de protection et de gestion (2011)

Le bien du patrimoine mondial est protégé en vertu de la loi sur les antiquités (1975) et a été administré jusqu’en 2005 par le Département pakistanais d’Archéologie. À cette époque, la responsabilité de la gestion du bien est passée de l’échelon national à l’échelon provincial et la Direction générale de l’Archéologie du Pendjab (DGoA,P) a pris en charge la gestion globale du bien. La DGoA,P travaille selon les directives énoncées dans les deux schémas directeurs établis pour le Fort de Lahore et les Jardins de Shalimar, et avec le financement de projet prévu par le Gouvernement du Pendjab au titre d’un « Programme quinquennal pour la préservation et la restauration du Fort de Lahore » et d’un « Programme quinquennal pour la préservation et la restauration des Jardins de Shalimar » lancés en 2006-2007. La DGoA,P est également soutenue dans ses efforts de gestion par un Comité directeur chargé de la mise en œuvre de projets planifiés, un Comité technique qui supervise les activités de conservation et s’occupe de la mise en place d’un « plan de conservation » d’après les priorités établies dans les schémas directeurs, et une Fondation du patrimoine du Pendjab pour essayer d’avoir une source permanente de financement.

Le classement de ce bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril a fait ressortir les nombreuses menaces pour sa valeur universelle exceptionnelle, son intégrité et son authenticité. On peut citer notamment la dégradation continue des éléments matériels du bien, l’insuffisance des moyens de surveillance et de contrôle des empiètements urbains sur le site et alentour, et l’insuffisance des moyens de contrôle des actions d’autres instances susceptibles d’avoir un impact sur la valeur universelle exceptionnelle du bien.

Les principales composantes de la méthode de gestion mise en place pour soutenir et protéger la valeur universelle exceptionnelle, l’intégrité et l’authenticité du bien, et juguler les menaces précitées, contiennent des mesures visant à étendre les limites de la zone inscrite et sa zone tampon, achever et mettre en œuvre les schémas directeurs du Fort de Lahore et des Jardins de Shalimar, sensibiliser davantage la communauté locale et institutionnelle aux valeurs du bien et aux sources principales de sa vulnérabilité, et améliorer les mécanismes de coordination entre toutes les parties prenantes dont les actions pourraient entamer la valeur universelle exceptionnelle du bien, en particulier les autorités nationales et locales engagées dans l’exécution de travaux publics, et la promotion et la gestion du tourisme sur le site.

Description longue
[Uniquement en anglais]

The Fort and Shalamar Gardens in Lahore are a unique artistic realization which, while bearing exceptional testimony to the Mughal civilization, has exercised a considerable influence, long after its creation in the Punjab and throughout the Indian subcontinent.

Lahore Fort, situated north-west of the city, has the same mythical origins as the city because its foundation is attributed to Prince Lob, son of Rama. Yet the first historic references to the fort date from before the 11th century. Destroyed and rebuilt several times by the Mughals from the 13th to the 15th centuries, it was definitively rebuilt and reorganized starting with the reign of Emperor Akbar (1542-1605). Based on the 21 monuments preserved within its boundaries, it comprises the most beautiful repertory of the forms of Mughal architecture, whose evolution may be followed over more than two centuries. The monuments from the reign of Akbar are characterized by the use of regular wall masonry consisting of baked bricks and blocks of red sandstone. Hindu influence may be noted, especially in the zoomorphic corbels which do not belong to the Mughal tradition.

Among the testimonies to this first series of structures, the Masjidi Gate flanked by two bastions and the Khana-e-Khas-o-Am (Public and Private Audience Hall) may be cited. The style of Akbar's constructions was not appreciably altered by his successor, Jahangir, who finished the large north court in 1617-18 that had been begun by Akbar and, in 1624-25, undertook the decoration of the north and north-west walls of the Fort.

On the other hand, the buildings constructed by Shah Jahan (1627-58), the prince-architect with sumptuous tastes, differ from their antecedents given the luxururious materials, marble, hard stone, and mosaics, and their exuberant decorative repertory, which is alive with motifs borrowed from Iranian art. The entire complex of fairy-like buildings surrounding the Court of Shah Jahan (Diwan-e-Kas, Lal Burj, Khwabgah-e-Jahangiri, etc.) and especially the Shah Burj or Shish Mahal, make it one of the most beautiful palaces in the world. Built in 1631-32, it sparkles with mosaics of glass, gilt, semi-precious stones and marble screening. All these monuments, and those, no less attractive, built under the reign of Aurangzeb, suffered greatly after the fall of the Mughal dynasty. The wars and sieges undergone by the Sikhs in the 19th century, and the British occupation, considerably reduced the monumental heritage of Lahore. Since 1927, a reorganization plan has been under study. It took effect in 1973 and suitable preservation measures were declared by the Government of Pakistan in 1975.

Source : UNESCO/CLT/WHC