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Forts et châteaux de Volta, d'Accra et ses environs et des régions centrale et ouest

Brève description

Sur la côte ghanéenne, entre Keta et Beyin, ces comptoirs fortifiés fondés entre 1482 et 1786 sont les vestiges des itinéraires commerciaux que les Portugais avaient créés à travers le monde à l'époque de leurs grandes découvertes maritimes.

Forts et châteaux de Volta, d'Accra et ses environs et des régions centrale et ouest © John Tolva Plus d'images ...

Description longue

Les vestiges des comptoirs commerciaux fortifiés fondés entre 1482 et 1786 demeurent visibles aujourd'hui sur la côte du Ghana, entre Keta et Beyin. Ils jalonnaient les routes commerciales tracées par les Portugais dans de nombreuses régions du monde, au cours de leur grande phase d'exploration maritime.

Accra a été fondée à la fin du XVIe siècle, lorsque le peuple des Ga y émigra. Le site leur permit d'engager des relations commerciales avec les Européens qui avaient bâti des forts à proximité, dont les plus importants sont le fort James et le fort Ussher. Ces premiers habitants se consacrèrent également à l'agriculture et à la pêche ; cette dernière activité se développa de manière importante vers le milieu du XVIIIe siècle. À l'époque de la traite négrière, Accra prit une grande importance grâce au voisinage des forts dont beaucoup étaient contrôlés par les Hollandais, comme ce fut le cas jusqu'à l'abolition du commerce des esclaves, en 1807.

La compétition entre les différents pays européens faisait rage à Accra ; y posséder un fort présentait un très grand intérêt stratégique, le site étant au terme d'une importante route commerciale menant vers l'intérieur des terres. Les forts et les châteaux construits pour assurer la sécurité des comptoirs commerciaux ont été occupés à différentes époques par des marchands européens et par des aventuriers venus du Portugal, d'Espagne, du Danemark, de Suède, de Hollande, d'Allemagne et de Grande-Bretagne. Les châteaux défendaient les marchands européens et leurs alliés locaux, et protégeaient les différents partenaires commerciaux ; utilisés comme entrepôts pour les esclaves ou pour différentes denrées, et ils étaient les centres de l'administration européenne établis sur la Côte-de-l'Or.

Le fort Ussher est l'un des trois forts européens d'Accra conservés à ce jour, les deux autres étant le château de Cristiansborg (connu localement, plus simplement, comme « le château ») et le fort James. Il a été construit par les Hollandais en 1649 sous le nom de fort Crèvecœur. Au XVIIIe siècle, ce fort joua un rôle important dans la traite. Son histoire demeura ensuite étroitement liée à celle de l'Accra hollandaise, qui est aujourd'hui la ville d'Ussher, juste au nord du fort. Le fort Crèvecœur a été détruit en 1862 par un tremblement de terre. Partiellement reconstruit, il fut occupé en 1868 par les Anglais qui le renommèrent fort Ussher. Peu après, ceux-ci commencèrent à l'utiliser, comme le fort James voisin, comme une prison. Ils l'agrandirent considérablement, si bien que l'on discerne à peine aujourd'hui le fort hollandais des origines. Il cessa de fonctionner comme prison en 1993, lorsqu'il fut repris par le Bureau des monuments et musées du Ghana, qui utilise à présent une partie de l'édifice pour son administration.

En 1652, les Suédois construisirent à Accra un comptoir qui fut occupé par les Hollandais. En 1661, les Danois occupèrent la place et y construisirent le fort Cristiansborg, situé sur une falaise rocheuse près de la ville africaine d'Osu. Hormis une courte époque d'occupation portugaise, le fort demeura aux mains des Danois pendant près de deux siècles. En 1680, un navire portugais arriva dans le fort danois que son gouverneur vendit au commandant du navire. Les Portugais le rebaptisèrent fort São Francisco Xavier et y construisirent une chapelle. En 1683, les Danois du fort Frederiksborg voisin le réoccupèrent et y installèrent leurs quartiers généraux. Le fort présentait un plan carré, avec quatre bastions. Les Danois firent différentes tentatives pour établir des plantations près du fort et créèrent aussi, au tout début du XIXe siècle, une station de hauteur et une plantation à Frederiksborg, qui furent vendues aux Anglais en 1850.

Source : UNESCO/CLT/WHC