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Qhapaq Ñan, réseau de routes andin

Qhapaq Ñan, Andean Road System

This site is an extensive Inca communication, trade and defence network of roads covering 30,000 km. Constructed by the Incas over several centuries and partly based on pre-Inca infrastructure, this extraordinary network through one of the world’s most extreme geographical terrains linked the snow-capped peaks of the Andes – at an altitude of more than 6,000 m – to the coast, running through hot rainforests, fertile valleys and absolute deserts. It reached its maximum expansion in the 15th century, when it spread across the length and breadth of the Andes. The Qhapac Ñan, Andean Road System includes 273 component sites spread over more than 6,000 km that were selected to highlight the social, political, architectural and engineering achievements of the network, along with its associated infrastructure for trade, accommodation and storage, as well as sites of religious significance.

 

Qhapaq Ñan, réseau de routes andin

Ce grand réseau de routes de communication, de commerce et de défense parcourt plus de 30 000 km. Construit par les Incas sur plusieurs siècles et en partie basé sur une infrastructure préinca, ce réseau extraordinaire traversant l’un des terrains géographiques les plus difficiles du monde relie les sommets enneigés des Andes (à plus de 6 000 m) à la côte en passant par des forêts tropicales humides, des vallées fertiles et des déserts. Le Qhapac Ñan qui a atteint son extension maximale au XVe siècle s’étendait sur toute la longueur et la largeur des Andes. Le bien comprend 273 sites individuels s’étendant sur plus de 6 000 km. Ils ont été choisis pour illustrer les réalisations architecturales, techniques, politiques, sociales du réseau ainsi que son infrastructure associée, destinée au commerce, à l’hébergement et au stockage des marchandises, et des sites d’importance religieuse.

カパック・ニャン アンデスの道
アンデス山脈一帯の6ヵ国にわたって延びる、インカの人々が整備した道路網で、人々の交流や商業取引、防衛システムとして機能した。この道路ネットワークはペルーのクスコの中央広場から出発する4本の基幹道路からなり、町や生産拠点、宗教拠点を結ぼうというインカの政治的試みの成果である。15世紀までの間に総延長3万kmに拡大した道路網は、数百年にわたり、キャラバンや旅行者、飛脚、軍隊、地域住民など約4万人に利用された。登録された697.450kmの範囲の中には、273の構成資産がある。

source: NFUAJ

Qhapaq Ñan, het Andes-wegsysteem

Qhapaq Ñan is het wegsysteem van de Inca’s door het Andes Gebergte. Het is een uitgebreid communicatie-, handels- en verdedigingsnetwerk van wegen dat 30.000 kilometer beslaat. Het loopt door een van ’s werelds meest extreme geografische terreinen en werd gedurende een aantal eeuwen gebouwd op basis van een pre-Inca infrastructuur. Het bijzondere wegennet verbond de met sneeuw bedekte pieken van de Andes – op meer dan 6000 meter hoogte – met de kust en gaat daarbij door hete regenwouden, vruchtbare valleien en pure woestijnen. Qhapac Ñan was op z’n meest uitgebreid in de 15e eeuw toen het zich uitstrekte over de lengte en breedte van de Andes. Het Andes-wegsysteem omvat 274 aangewezen sites verspreid over meer dan 6000 kilometer. Deze plekken laten zien dat het wegennetwerk heeft gezorgd voor sociale, politieke, architectonische en technische successen. Andere positieve gevolgen van het wegsysteem zijn de infrastructuur voor handel, huisvesting en opslag en het ontstaan van belangrijke religieuze plekken.

Source : unesco.nl

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Qhapaq Ñan, réseau de routes andin © Proyecto QÑ-Bolivia
Valeur universelle exceptionnelle

Brève synthèse

Le Qhapaq Ñan, réseau de routes andin, est un grand réseau inca de routes de communication, de commerce et de défense s’étendant sur plus de 30 000 kilomètres. Construit par les communautés andines préhispaniques pendant plusieurs siècles, ce réseau atteignit son extension maximale au XVe siècle, lors de la consolidation du Tawantinsuyu, s’étendant sur toute la longueur et la largeur des Andes. Le réseau est basé sur quatre routes principales qui prennent leur départ de la place centrale de Cusco, la capitale du Tawantinsuyu. Ces routes principales sont reliées à plusieurs autres réseaux routiers de moindre importance qui créent entre elles des liens et des interconnections. 137 zones composant le bien et 308 sites archéologiques associés, s’étendant sur 616,06 kilomètres du Qhapaq Ñan mettent en lumière les réalisations architecturales et techniques des Incas ainsi que son infrastructure associée pour le commerce, l’hébergement et le stockage des marchandises et les sites d’importance religieuse. Le réseau de routes fut l’aboutissement d’un projet politique mis en œuvre par les Incas reliant les villes et les centres de production et de culte dans le cadre d’un programme économique, social et culturel au service de l’État. 

Le Qhapaq Ñan, réseau de routes andin, est un réseau de routes exceptionnel qui traverse l’un des terrains géographiques les plus extrêmes du monde, utilisé pendant plusieurs siècles par les caravanes, les voyageurs, les messagers, les armées et des populations représentant jusqu’à 40 000 personnes. Le Qhapaq Ñan était le lien vital du Tawantinsuyu, reliant entre eux les villes et les centres de production et de culte sur de longues distances. Les villes, les villages et les zones rurales furent ainsi intégrés dans un même réseau de routes. Plusieurs communautés locales qui restent les gardiens et protecteurs traditionnels des segments du Qhapaq Ñan préservent les traditions culturelles immatérielles associées, parmi lesquelles les langues. 

Le Qhapaq Ñan, par son ampleur et la qualité de la route, est un exemple unique de prouesse technique sur les terrains les plus variés, reliant les sommets enneigés des Andes, à plus de 6 600 mètres d’altitude, à la côte, traversant des forêts tropicales humides, des vallées fertiles et des déserts absolus. Il manifeste une grande maîtrise technique mise en œuvre pour résoudre la myriade de problèmes posés par le paysage varié des Andes grâce à diverses technologies de construction de routes, de ponts, d’escaliers, de fossés et de pavages en pierre. 

Critère (ii) : Le Qhapaq Ñan présente d’importants processus d’échanges de marchandises, de communication et de traditions culturelles dans une aire culturelle déterminée et a permis la création d’un vaste empire s’étendant sur une distance de 4 200 km à son apogée au XVe siècle. Il est basé sur l’intégration de savoirs ancestraux andins antérieurs à l’Empire inca et les spécificités des communautés et des cultures andines formant un système d’organisation étatique qui permettait des échanges d’influences sociales, politiques et économiques au service de la politique impériale. Plusieurs structures bordant la route apportent une trace durable des ressources et des marchandises de valeur échangées le long du réseau, tels que les métaux précieux, les muyu (coquilles de Spondylus), les denrées alimentaires, les fournitures militaires, les plumes, le bois, la coca et les textiles transportés depuis la zone de leur collecte, production ou fabrication vers les centres incas de différents types et vers la capitale elle-même. Plusieurs communautés, qui restent gardiennes des éléments de ce réseau de communication, sont de vivants rappels de l’échange d’influences culturelles et linguistiques. 

Critère (iii) : Le Qhapaq Ñan est un témoignage unique et exceptionnel sur la civilisation inca fondée sur des valeurs et des principes de réciprocité, de redistribution, de dualité et constituant un système singulier d’organisation appelé Tawantinsuyu. Le réseau de routes était la base vitale de l’Empire inca intégrée dans le paysage andin. En tant que témoignage de l’Empire inca, le Qhapaq Ñan illustre des milliers d’années d’évolution culturelle ; il était un symbole omniprésent de la puissance et de l’extension de l’Empire à travers les Andes. Ce témoignage influence les communautés qui vivent le long du Qhapaq Ñan jusqu’à aujourd’hui, en particulier par rapport au tissu social des communautés locales et aux philosophies culturelles qui donnent un sens aux relations entre les personnes et entre les peuples et la terre. Surtout, la vie est, à ce jour, encore définie par des liens entre proches parents et par une éthique de soutien mutuel. 

Critère (iv) : Le Qhapaq Ñan, réseau de routes andin, est un exemple exceptionnel d’un ensemble technologique qui, malgré les conditions géographiques des plus difficiles, créa un système de commerce et de communication fonctionnant en permanence avec des compétences exceptionnelles en matière d’ingénierie et de technologie dans des environnements isolés et ruraux. Plusieurs éléments illustrent des typologies caractéristiques en ce qui concerne les murs, les routes, les marches et les escaliers, les fossés en bordure des routes, les canalisations d’égouts et de drainage, etc., utilisant des méthodes de construction propres au Qhapaq Ñan, tout en variant selon le lieu et le contexte régional. Nombre de ces éléments étaient standardisés par l’État inca, ce qui a permis de contrôler l’uniformité des conditions le long du réseau de routes. 

Critère (vi) : Le Qhapaq Ñan a joué un rôle essentiel dans l’organisation de l’espace et de la société, au sein d’une vaste aire géographique le long des Andes, où les routes étaient un moyen de partager des valeurs culturelles ayant une importance immatérielle exceptionnelle. Le Qhapaq Ñan est toujours aujourd’hui un vecteur d’appartenance et d’identité pour les populations locales et leur permet de transmettre de génération en génération leurs pratiques et expressions culturelles et leurs savoir-faire traditionnels. Les membres de ces communautés fondent leur compréhension de leur existence sur la cosmovision andine, qui est unique au monde. Cette cosmovision s’applique à tous les aspects de la vie quotidienne. Aujourd’hui, le Qhapaq Ñan est directement associé aux valeurs immatérielles partagées par les communautés du monde andin, telles que le commerce traditionnel, les pratiques rituelles et l’usage des technologies anciennes, entre autres, qui sont des traditions vivantes et des croyances fondamentales pour l’identité culturelle des communautés concernées. Le réseau de routes andin maintient ce rôle essentiel d’intégration, de communication, d’échange et de flux de biens et de connaissances et, – malgré le commerce moderne actuel et les changements sociaux – il maintient sa pertinence et son importance à travers les siècles ainsi que son rôle en tant que référence culturelle qui contribue à renforcer l’identité du monde andin. 

Intégrité

La série des sites inscrite en tant que meilleure représentation du Qhapaq Ñan est suffisamment exhaustive et illustre la diversité des éléments typologiques, fonctionnels et de communication qui permettent de comprendre pleinement le rôle historique et contemporain du réseau de routes. Le nombre de segments est approprié pour communiquer les caractéristiques clés de la route du patrimoine, même si le bien est fragmenté en sites individuels qui représentent les segments les mieux préservés d’un réseau de routes autrefois continu. 

Pour certains sites individuels, dont les conditions d’intégrité restent vulnérables, il est recommandé que les États parties conçoivent des critères qui définissent le niveau minimal d’intégrité par rapport aux différentes catégories technologiques et architecturales identifiées, aux différentes régions géographiques et au degré d’isolement. Selon ces critères, la condition d’intégrité devrait pouvoir être suivie à l’avenir afin de garantir l’intégrité à long terme et de s’assurer que les sites individuels restent exempts de menaces qui pourraient réduire la condition d’intégrité. 

Pour s’assurer que les liens particuliers qui existent entre les différents sites, en matière de continuité, et ce malgré leur fragmentation, soient bien compris par les futurs visiteurs, il est recommandé de mettre au point des cartes appropriées ou un système d’information géographique pour illustrer les relations fonctionnelles et sociales qui existent entre les différents sites individuels et pour souligner leur rôle dans l’ensemble du réseau du Qhapaq Ñan. 

Authenticité

L’authenticité des sites composant le Qhapaq Ñan est très grande car les éléments caractéristiques conservent leur forme et leur conception, et la variété des types spécifiques bien préservés de réalisations architecturales et techniques facilite la compréhension de la forme globale et de la conception du réseau de routes. Les matériaux utilisés sont principalement la pierre et la terre, le type de pierre variant suivant la région. Les réparations et l’entretien, là où cela est nécessaire, sont réalisés selon des techniques et avec des matériaux traditionnels. Ils sont conduits principalement par les populations locales qui conservent les savoirs et les techniques traditionnels de gestion de la route et sont les principaux partenaires qui entretiennent l’empierrement et les éléments associés. 

Sur les sites qui présentent un intérêt archéologique ou culturel spécifique, des techniques de stabilisation et de restauration professionnelles ont été mises en œuvre avec un grand respect des matériaux et de la substance d’origine. Les systèmes de gestion locaux dictent les processus de prise de décision, souvent avec une participation importante de la communauté, de sorte que les tronçons de la route ont conservé le plus haut degré d’authenticité, la réutilisation des matériaux historiques restant plus efficace que l’introduction de nouveaux matériaux. 

L’environnement naturel et visuel de la plupart des composantes du Qhapaq Ñan est très bon, voire dans de nombreux cas dans son état originel. Pour plusieurs sites cérémoniels des sommets, l’environnement est un tour d’horizon à 360° sur des kilomètres. Le Qhapaq Ñan traverse aussi de superbes paysages, dont la beauté dépend d’un panorama fragile qui requiert un suivi afin d’assurer que tout aménagement moderne ait un impact visuel aussi réduit que possible dans le paysage. 

Plusieurs sites sont difficiles d’accès et leur isolement les a préservés au fil des siècles dans un très bon état. L’emplacement le plus courant des composantes du Qhapaq Ñan dans des environnements ruraux les a fort heureusement préservés d’intrusions modernes notables. Les pratiques de gestion et les valeurs immatérielles associées restent très fortes, en particulier sur les tronçons les plus isolés du réseau de routes, et contribuent à la sauvegarde de mécanismes de gestion authentiques. Enfin, les sources d’informations telles que l’esprit et les impressions ainsi que l’atmosphère sont très pertinentes car de nombreuses communautés entretiennent des relations fortes avec le Qhapaq Ñan et sont les gardiennes de certaines structures cérémonielles. 

Éléments requis en matière de protection et de gestion

En tant que bien en série transnational, le Qhapaq Ñan couvre les juridictions de six pays au niveau local et national, y compris, dans un cas, des réglementations de sept autorités régionales. Un certain nombre de déclarations conjointes et de déclarations d’engagement internationales ont été signées par les États parties entre 2010 et 2012, qui soulignent leur accord concernant la protection des segments du Qhapaq Ñan au niveau le plus élevé possible. La protection mise en place à l’aune de ces accords suit les législations du patrimoine national de chaque État et offre une protection au plus haut niveau national à tous les éléments du bien. 

Les États parties ont conçu deux cadres de gestion globaux, l’un pour la phase de candidature et l’autre qui deviendra opérationnel une fois que l’inscription aura été obtenue. Le cadre de gestion préparatoire a été piloté par un Comité de gestion international basé à Paris tandis que le cadre de gestion après l’inscription au patrimoine mondial sera piloté par des réseaux régionaux composés des États parties participants. L’État partie du Pérou s’est engagé à soutenir l’établissement d’un secrétariat de coordination technique où l’information sera centralisée et communiquée aux États du Qhapaq Ñan, et où des réunions fréquentes entre experts techniques seront organisées. 

Dans les contextes nationaux, des systèmes de gestion ont été conçus en coopération avec les communautés locales et veillent, entre autres, à maintenir vivantes les traditions associées au Qhapaq Ñan. La majorité de celles-ci repose sur des systèmes de gestion traditionnels qui existent depuis des siècles et qui, sur la base des niveaux communautaires locaux, se sont développés pour devenir des accords plus formels passés avec les autorités gouvernementales concernées. L’importance de préserver le tracé actuel de la route dans les zones cultivées par les communautés devrait être soulignée dans le cadre des accords de gestion. 

Plusieurs communautés locales ont exprimé explicitement leur intérêt pour des activités touristiques qu’elles ont l’intention de gérer au niveau communautaire. Des dispositifs d’interprétation et de présentation succincts sont actuellement proposés le long du Qhapaq Ñan, et la base de l’interprétation repose sur les communautés locales qui partagent leur expérience et leur histoire avec les visiteurs. 

Certains territoires du Qhapaq Ñan, réseau de routes andin, sont des zones sismiques actives et les structures architecturales semblent particulièrement menacées par les séismes. Des programmes de protection appropriés contre les risques doivent être conçus et mis en œuvre afin de garantir la sécurité des personnes ainsi que des ressources culturelles en cas de catastrophe naturelle. 

Un cadre de référence global pour le Qhapaq Ñan a été créé avec le document de Stratégie de gestion signé au plus haut niveau par les six États parties le 29 novembre 2012. En plus de cet accord multinational, des plans de gestion sont prévus pour être développés au niveau régional pour chaque segment individuel du réseau de routes. Le cadre de gestion stratégique illustre la mise en œuvre initiale des principaux aspects de la gestion, en particulier les stratégies sociales et participatives visant à permettre aux communautés locales de développer un esprit de propriété et de tutelle sur le Qhapaq Ñan et ses éléments en série. D’autres parties des plans de gestion et des plans de conservation sont en cours de développement et devraient intégrer des mesures de préparation aux risques et de gestion des catastrophes appropriées ainsi que des stratégies de gestion des visiteurs.