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Vallée de Kathmandu

Népal
Facteurs affectant le bien en 1994*
  • Activités de gestion
  • Effets liés à l’utilisation des Infrastructures de transport
  • Habitat
  • Modification du régime des sols
  • Système de gestion/plan de gestion
  • Autres menaces :

    Nécessité de travaux de restauration/consolidation

Facteurs* affectant le bien identifiés dans les rapports précédents
  • Effondrement du toit du Temple de Patan (proiblème résolu)
  • Glissement de terrain
  • Révision de la mise en oeuvre du plan d'action
  • Nécessité d'entreprendre des travaux de restauration/consolidation 
  • Empiètement
  • Reconstruction
  • Pressions exercées par la circulation
Assistance internationale : demandes reçues pour le bien jusqu'en 1994
Demandes approuvées : 7 (de 1979-1994)
Montant total approuvé : 173 910 dollars E.U.
1994 Costs of a resident International Technical Advisor for ... (Approuvé)   52 000 dollars E.U.
1994 Financial contribution for the restoration of Patukva ... (Approuvé)   20 600 dollars E.U.
1994 Financial contribution for the restoration of Degu ... (Approuvé)   24 310 dollars E.U.
1989 Work and equipment for the restoration of the roof of ... (Approuvé)   14 000 dollars E.U.
1989 Urgent works for the restoration of the roof of the ... (Approuvé)   20 000 dollars E.U.
1980 Additional financial assistance for Swayambhu Temple in ... (Approuvé)   13 000 dollars E.U.
1979 Financial assistance for the consolidation of Swayambhu ... (Approuvé)   30 000 dollars E.U.
Information présentée au Bureau du Comité du patrimoine mondial en 1994

Conformément à la demande du Comité du patrimoine mondial â sa dernière session â Carthagène (Colombie), en décembre 1993, la mission conjointe UNESCO/ICOMOS a préparé et terminé le rapport d'étude sur l'état de conservation de la Vallée de Kathmandu, site du patrimoine mondial.

La mission de contrôle a été effectuée en novembre 1993 ; ses objectifs étaient les suivants :

  1. évaluer les activités actuelles et passées en matière de conservation ;
  2. étudier l'état de conservation des sept zones comprenant des monuments relevant du site du patrimoine mondial ;
  3. vérifier les limites du site par rapport â celles de la date d'inscription en 1979 ;
  4. estimer l'aide que peuvent apporter les autorités nationales et municipales ;
  5. évaluer les propositions d'amendements à la Loi de 195E sur la préservation des monuments anciens (4e Amendement).

La mission de contrôle a défini seize domaines à améliorer de manière significative pour maintenir l'intégrité que possédait le site lors de son inscription. La mission a également suggéré une augmentation de l'aide internationale et une présence permanente de l'UNESCO sur le site. Il a également été recommandé que le gouvernement népalais envisage de recommander au Bureau/Comité d'inscrire la Vallée de Kathmandu sur la Liste du patrimoine mondial en péril, afin d'accroître l'aide internationale.

Depuis novembre 1993, les mesures suivantes ont été prises :

  1. Des réunions ont eu lieu à l'UNESCO, au début de mars 1994, au cours de la visite du Secrétaire général de la Commission népalaise pour l'UNESCO.
  2. L'UNESCO, à la demande des autorités népalaises, a envoyé une mission sur le terrain au début du mois de mai pour aider les autorités népalaises à établir un projet et à suggérer des modifications au 4e Amendement à la Loi de 1956 sur la préservation des monuments anciens. Les recommandations de la mission de contrôle préconisaient en effet de mettre la législation en conformité avec les normes internationales en la matière.
  3. L'UNESCO, en étroite collaboration avec les autorités népalaises, organise un séminaire à Kathmandu afin de renforcer les aptitudes locales dans le domaine de la technologie du bâtiment et l'utilisation de matériaux de construction appropriés pour la restauration. Une exposition sur le site du patrimoine mondial de la Vallée de Kathmandu sera également organisée.
  4. Deux demandes d'assistance d'urgence, d'un montant de 44.910 $EU ont été présentées par les autorités népalaises et finalement approuvées par le Président du Comité du patrimoine mondial. Le motif des demandes était d'entreprendre des travaux urgents de restauration dans le Degu Taleju Mandir et le Patuko Agamchhen situés respectivement â Patan Darbar Square et le long de la limite de la zone monumentale protégée de Patan Darbar. Ces deux demandes étaient bien motivées et avaient reçu l'aval de la mission de contrôle.

Un exemplaire du rapport a été distribué aux parties concernées ainsi qu'aux membres du Bureau.

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Rapport préparé par l'ICOMOS

Vallée de Kathmandu, Népal (C 121)

Historique

La vallée de Kathmandu est inscrite sur la Liste du Patrimoine mondial depuis 1979. Il s'agit d'une inscription multiple qui comporte sept zones de monuments : les places Durbar de Kathmandu, Palan et Bhaktapur, les deux sanctuaires bouddhistes de Swayambhu et Bauddhanath et les sites hindous de Pashupati et Changu Narayan. Au cours de la réunion du Comité du Patrimoine mondial en décembre 1992 à Santa Fe, l'ICOMOS a porté à la connaissance du Comité la rapidité avec laquelle ce site du Patrimoine mondial se détériorait et les difficultés auxquelles le gouvernement du royaume du Népal devaient faire face. C'est à la suite d'une réunion du Comité International du bois de l'ICOMOS dans la vallée de Kathmandu en novembre 1992 que l'ICOMOS avait pris conscience de la situation. Des rapports de l'ICOMOS et de l'UNESCO ont ensuite été transmis au Bureau du Patrimoine mondial réuni en juin 1993 faisant état des agressions permanentes dont étaient victimes les bâtiments historiques de la vallée de Kathmandu situés dans la zone inscrite sur la Liste du Patrimoine mondial, agressions qui allaient jusqu'à la démolition de certaines bâtisses. Le Bureau fut favorable à ce qu'une mission ICOMOS/UNESCO examine, au cours du second semestre de 1993, les difficultés rapportées.

Les 10 membres de la mission ICOMOS/UNESCO se réunirent entre le 14 et le 30 novembre. La mission était dirigée par Alfeo Tonellotto du Centre du Patrimoine mondial de l'UNESCO ; il était accompagné de consultants de l'ICOMOS, David Michelmore (GB) et Surya Sangache (Népal), de Romi Khosla (Inde), Hideo Noguchi (Division du. Patrimoine physique de l'UNESCO), du Dr. E. Sekler (Autriche: Président de la campagne de l'UNESCO pour la vallée) et de trois consultants ayant une longue expérience de la restauration au Népal, N. Gutschow (Allemagne), G. Hagmtiller (Autriche), et E. Theophile (Etats-Unis d'Amérique).

Un résumé de leur rapport a été adressé à Carthagène pendant la réunion du Comité du Patrimoine mondial en décembre 1993. Alerté par les problèmes soulignés dans ce rapport, l'ICOMOS a proposé que le gouvernement du Népal fasse le nécessaire pour que la vallée de Kathmandu soit inscrite sur la Liste du Patrimoine mondial en péril. Comme lors de cette réunion, toute la documentation du rapport n'a malheureusement pas pu être consultée, le gouvernement du Népal et le Comité ont renoncé à appuyer cette proposition avant d'avoir pris connaissance des documents en question. Le rapport définitif de la mission, avec toute la documentation relative a été terminé en mai ; il circule depuis au sein de l'ICOMOS et de l'UNESCO pour commentaires. Il a également été adressé dans le même but aux autorités népalaises.

Résumé des conclusions du rapport de mission

Le rapport de mission fait la liste des nombreuses difficultés de conservation auxquelles est confrontée la vallée de Kathmandu :

Démolitions abusives, contrôle inefficace des constructions au niveau national et municipal :
  • construction de monuments de grande taille en béton dans la zone inscrite ;
  • démolition non autorisée de monuments ou résidences historiques dans la zone inscrite - le rapport donne des exemples de démolition dans cinq des sept zones de monuments ;
Manque de ressources techniques et financières pour faire face aux besoins de la conservation :
  • disparition du savoir-faire et des matériaux traditionnels avec pour résultat la piètre qualité des travaux de restauration ;
  • insuffisance de fonds pour mener à bien les travaux de première urgence et les projets de restauration sur les monuments les plus importants ;
Remise à neuf de certains éléments des ensembles religieux (ce qui est en soit une tradition) avec des matériaux et des styles en total désaccord avec les pratiques traditionnelles de construction.

Le rapport de mission fait ensuite deux recommandations fondamentales :

1.   Révision des limites des sept zones de monuments avec parfois réduction de ces zones pour exclure des régions ayant perdu de leur intégrité et parfois augmentation ou redéfinition pour intégrer avec précision des structures dont la valeur est équivalente à celle de certains autres monuments inclus dans les zones de monuments. Il faut noter que la recommandation de réduire certaines zones de monuments du fait de la disparition ou de l'érosion des valeurs qui avaient justifié leur inscription est plus qu'un ajustement il s'agit en fait d'une exclusion tacite de ces régions qui avaient été précédemment acceptées sur la Liste du Patrimoine mondial.

2.   Inscription de la Vallée de Kathmandu sur la Liste du Patrimoine mondial en péril ; pas moins de 16 problèmes à résoudre et justifiant d'inscrire cette vallée sur la Liste du Patrimoine mondial en péril ont été identifiés. Les actions à mener pour faire face aux menaces sont diverses et comprennent l'amélioration de la législation, détermination de nouvelles zones, élaboration de plans directeurs, renforcement du Ministère de l'Archéologie, documentation, contrôle des démolitions et techniques de la conservation. Une liste complète des problèmes se trouve en pages 26, 27 et 28 du rapport de mission.

Conclusions

Le Bureau souhaiterait, en étudiant le actions possibles, aller dans les directions suivantes:

1.   Placer le site sur la Liste du Patrimoine mondial en péril. En effet, l'ICOMOS pense que le site est menacé du fait de l'impact d'un développement immobilier sauvage et du manque de ressources et de pouvoir du Ministère de l'Archéologie. Les valeurs qui avaient justifié son inscription sur la Liste du Patrimoine mondial ont diminué ;

Bien que les autorités népalaises aient, ces dix-huit derniers mois, fait beaucoup d'efforts (amélioration de la législation, renforcement de la responsabilité de la municipalité en matière de protection) les destructions se poursuivent. Le très récent rapport de David Michelmore (membre de la mission) fait état de dégradations au Bauddhanath qui prouvent l'extrême fragilité des sites du patrimoine mondial.

2.   Observer les réactions des autorités népalaises aux recommandations de la mission. A la lumière des entretiens qui ont eu lieu précédemment, il est clair que l'inscription de ce site sur la Liste du Patrimoine mondial en péril est sujette à caution pour, au moins, trois points de désaccord :

  • les limites des zones de monuments telles qu'elles ont été définies pour l'inscription par le Comité en 1979 qui ne correspondent plus aux limites officielles prises en compte, au quotidien, par le gouvernement népalais.
  • l'interprétation que le gouvernement népalais donne à l'inscription à savoir que seuls les monuments inventoriés à l'intérieurs des zones de monuments apparti­ennent à la liste à l'exclusion des nombreux bâtiments et résidences pourtant à l'intérieur de cette zone. Or, l'ICOMOS considère que la raison d'être des zones de monuments est précisément d'y inclure toutes les structures bâties et les espaces qu'elles renferment et de protéger ainsi tous les éléments qui - constituent l'ensemble.
  • l'impact négatif que l'inscription sur la Liste du Patrimoine mondial en péril aurait au Népal.

3.   Parallèlement à tout examen destiné à inscrire le site sur la Liste du Patrimoine mondial en péril, il est essentiel que le Comité et ses partenaires cherchent les moyens de renforcer le Ministère de l'Archéologie au sein du gouvernement népalais.

Les efforts doivent être faits pour remédier au climat pessimiste qui pollue les débats relatifs à la conservation de la vallée de Kathmandu.

4.   Bien que le rapport de mission offre de nombreux exemples de démolitions, de bâtiments abandonnés, de constructions sauvages intrusives, et de travaux de conservation techniquement inappropriés, il ne fait pas un inventaire complet des lieux précis de ces dégradations. Le Bureau souhaiterait la réalisation d'une étude qui présenterait un panorama complet de la situation du site.

En résumé, l'ICOMOS pense que les reflexions du Bureau seraient optimisées en cherchant quelles actions combinées amélioreraient le mieux les conditions de conservation.

L'ICOMOS s'est entretenu avec les autorités népalaises de la possibilité d'organiser un séminaire destiné aux professionnels travaillant au Népal afin de les sensibiliser aux pratiques et techniques de la conservation adaptées à ce pays. Ce séminaire constituera un premier pas vers l'amélioration du climat qui règne dans le domaine de la conservation au Népal.

Chacun espère que ce séminaire pourra être organisé en relation avec la réunion du Comité d'organisation de la Campagne UNESCO pour la Vallée de Kathmandu afin que ces deux réunions donnent lieu à des discussions constructives avec les autorités népalaises du Ministère de l'Archéologie sur les problèmes soulignés dans ce document et dans le rapport de la mission.

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 1994

A la suite d'un débat sur l'inscription possible de la Vallée de Kathmandu sur la Liste du patrimoine mondial en péril, et sur le retrait de la Liste du patrimoine mondial de certaines parties du site par suite d'un échec général du contrôle du développement immobilier, le Bureau a recommandé à sa 18e session de juillet 1994 qu'une évaluation d'ensemble soit réalisée afin de redéfinir les zones monumentales du site. Le Bureau a pris note des conclusions de la mission d'étude conjointe UNESCO/ICOMOS effectuée du 14 au 30 novembre 1993, recommandant entre autres, le retrait effectif de la Liste des parties endommagées de Darbar Square à Kathmandu et des zones monumentales de Bauddhanath, Patan et Bhaktapur. La mission a également noté que le sanctuaire hindou de Pashupati, bien que faisant partie du site du patrimoine mondial, n'avait jamais bénéficié de la protection conférée par la notification officielle de son classement comme périmètre protégé comportant des monuments historiques selon la loi népalaise.

La Commission nationale népalaise pour l'UNESCO, par lettre en date du 21 juillet 1994, a informé le Centre du patrimoine mondial des progrès réalisés par les autorités pour répondre à la recommandation en 16 points de la mission UNESCO/ICOMOS. Les mesures prises comprennent : l'approbation par le Gouvernement de la redéfinition des limites de Swayambunath avec publication dans la Nepal Gazette ; le réexamen des limites de Patan et de la zone monumentale de Pashupati, avec préparation en cours de nouvelles cartes par le Département d'Archéologie et le Pashupati Development Trust ; début de la préparation d'un inventaire détaillé de Kathmandu, Swayambunath, Bauda et Patan ; révision du système de permis de démolir, avec obligation d'avoir auparavant l'accord du Département d'Archéologie ; retrait des panneaux publicitaires des zones monumentales et du bâtiment du musée de Swayambunath.

Au moment de la rédaction de ce document, une réunion stratégique conjointe Népal/ICOMOS/UNESCO pour préparer un programme d'assistance destiné à aider les autorités népalaises dans leurs efforts de protection et d'entretien du site du patrimoine mondial était prévue pour la mi-novembre 1994, juste après la réunion de révision de la Campagne internationale.

Décisions adoptées par le Comité en 1994
18 COM IX
SOC : Vallée de Kathmandu (Népal)

Vallée de Kathmandu (Népal)

Le Secrétariat a rappelé que l'état de conservation du site du patrimoine mondial de la Vallée de Kathmandu était une source de préoccupation. Lors de la 17e session du Comité, en décembre 1993, et de la 18e session du Bureau, en juillet 1994, il avait, en effet, été question d'inscrire ce site sur la Liste du patrimoine mondial en péril et de retirer certaines parties du site de la Liste du patrimoine mondial, car elles avaient été détériorées par un développement immobilier incontrôlé. La recommandation en seize points formulée par la mission d'évaluation UNESCO/ICOMOS en novembre 1993 et l'engagement pris par les représentants du Gouvernement de Sa Majesté, à la 17e session du Comité, de suivre cette recommandation ont également été rappelés.

Un rapport de suivi préparé 'par le Département d'archéologie sur l'avancement des activités d'évaluation a été présenté au Comité. En l'absence du représentant du Népal, le Secrétariat en a résumé les principaux points.

Les mesures mentionnées comprennent :

  • l'adoption de règlements révisés qui sont entrés en vigueur en février 1994 et qui exigent un permis avant toute démolition à l'intérieur de la zone centrale de la ville ;
  • la soumission au Parlement de la proposition de 5e amendement à la Loi sur la préservation des monuments anciens, qui renforce l'application du contrôle des projets et du développement immobiliers à l'intérieur des zones protégées du site du patrimoine mondial - document qui n'avait pu être adopté à cause de la dissolution du Parlement ;
  • l'agrément par le Gouvernement du nouveau périmètre de Swayambunath et sa publication dans la Nepal Gazette ;
  • l'achèvement d'une carte de la limite révisée de Patan Darbar Square, vérifiée sur le terrain maison par maison et en accord avec la municipalité, les autres organismes concernés, carte qui doit être publiée officiellement prochainement ;
  • l'achèvement de cartes des limites révisées des cinq autres zones de monuments - ainsi que le recommandait la mission UNESCO/ICOMOS - qui seront bientôt vérifiées au moyen d'une étude topographique ;
  • l'achèvement d'inventaires des monuments publics et religieux de Patan Darbar Square, Pashupati et Bauddhanath ;
  • la publication de brochures d'information sur les sept zones de monuments du patrimoine mondial, comportant des informations générales sur les normes de conservation, en particulier l'interdiction depuis juillet 1994 d'utiliser du mortier à base de ciment pour les réparations des monuments ;
  • le lancement de l'informatisation de la documentation et de l'enregistrement manuel des données concernant les zones de monuments ;
  • le retrait des panneaux publicitaires des zones de monuments et du bâtiment du musée de Swayambunath.

Le Secrétariat a également fait état de la réunion stratégique Népal/UNESCO/ICOMOS qui s'est tenue à la mi-novembre 1994, immédiatement après la réunion de la campagne internationale de 'la Vallée de Kathmandu, et il a attiré l'attention du Comité sur le plan d'action qui doit être coordonné par un groupe de travail interministériel que les représentants à la réunion stratégique des différents ministères ont accepté de créer. Ce plan d'action inclus dans le rapport de suivi comprend, entre autres, la mise au point et la publication de lignes directrices sur les pratiques de construction et de conservation, avec des illustrations graphiques, ainsi que l'établissement d'une unité de contrôle du développement immobilier dans le Département d'archéologie, uni té qui sera amenée à travailler en étroite collaboration avec les municipalités et les comités de développement urbain.

Recommandations du Comité : Le Comité, ayant pris note des efforts réalisés par les autorités népalaises pour réparer les dommages causés à la Vallée de Kathmandu, demande à l'UNESCO de soutenir le Gouvernement népalais pour renforcer le mécanisme de coordination de toutes les activités internationales en matière de conservation, qu'elles soient bilatérales ou multilatérales, spécialement en ce qui concerne la méthode de conservation à appliquer. Le Comité demande également au Gouvernement népalais de prendre en considération les recommandations formulées par la mission commune UNESCO/ICOMOS de novembre 1993 pour protéger le site du patrimoine mondial d'un développement immobilier incontrôlé, spécialement par l'adoption d'une politique plus stricte en matière d'octroi de permis de démolir et de construire et autres autorisations d'occupation des sols dans la zone centrale comme dans la zone tampon. Conscient des ressources nationales limitées pour mener à bien la variété des actions requises, le Comité demande à l'UNESCO d'aider les autorités népalaises à préparer un ensemble de projets pour rechercher le soutien de donateurs internationaux, y compris de la documentation sur le site du patrimoine mondial - à entreprendre en priorité. A cet égard, le Comité a discuté des avantages que représenterait l'inclusion du site de la Vallée de Kathmandu sur la Liste du patrimoine mondial en péril pour attirer l'attention prioritaire de la communauté internationale et il a instamment prié le Gouvernement népalais de réétudier cette possibilité.

18 EXT.BUR V.B.2.1
18 BUR VI.B
Vallée de Kathmandu (Népal)

L'état du site du patrimoine mondial de la Vallée de Kathmandu cause une vive inquiétude depuis 1992 et a déjà été porté à l'ordre du jour d'un certain nombre de réunions du Bureau et du Comité du patrimoine mondial. Le Bureau a été informé des conclusions de la mission d'étude conjointe UNESCO/ICOMOS effectuée du 14 au 30 novembre 1993, recommandant que le site soit placé sur la Liste du patrimoine mondial en péril en attendant d'être remis sur la Liste du patrimoine mondial d'ici un à trois ans, après que seize points critiques spécifiques aient été améliorés. Ainsi qu'il a été expliqué, le site du patrimoine mondial est constitué de sept zones distinctes comportant des monuments, trois d'entre elles étant urbaines, centrées autour des palais des villes de Kathmandu, Patan et Bhaktapur, et le reste étant, constitué de deux sanctuaires bouddhistes et de deux sanctuaires hindouistes qui se trouvaient auparavant dans un environnement rural. Le rapport de la mission avait recommandé le retrait effectif de la Liste de certaines parties de Darbar Square à Kathmandu et des zones de monuments à Bauddhanath, par suite d'un échec général du contrôle du développement immobilier, mais une extension des zones de monuments de Swayambunath, Patan et surtout Bhaktapur, qui demeure alors la seule ville Newar à conserver l'ensemble de son caractère traditionnel. Il a été noté que le sanctuaire hindou de Pashupati, bien que faisant partie du site du patrimoine mondial, n'avait jamais bénéficié de la protection conférée par la notification officielle de son classement comme zone protégée comportant des monuments historiques selon la loi népalaise.

Le rapport de la mission présente des exemples de démolitions, d'empiètements, de pressions provoquées par la circulation, d'introduction nuisible de services modernes et de pratiques de conservation non conformes aux normes internationalement reconnues. L'UNESCO a pris un certain nombre d'initiatives, y compris des plans de formation technique et une mission consultative sur les amendements à la Loi népalaise sur la préservation des monuments historiques. L'ICOMOS a prévu d'organiser un séminaire pour les professionnels en octobre 1994.

Le Représentant de la Thaïlande a déclaré qu'il était important de juger du degré de détérioration du site et s'il méritait toujours ou non d'être inscrit sur la Liste du patrimoine mondial. L'État partie népalais devrait être tenu au courant des vives préoccupations du Bureau et informé que, si l'on ne remédiait pas à la situation, des mesures seraient prises en vue de retirer le site de la Liste seraient prises. Il a suggéré que, plutôt que de retirer de la Liste certaines parties des zones monumentales, on devrait demander à l'État partie de rédéfinir lui-même les zones constituant le site du patrimoine mondial. Le Représentant des États-Unis d'Amérique s'est montré du même avis. L'Observateur de l'Allemagne a souligné l'importance d'une concentration des efforts sur les zones centrales où l'on pourrait obtenir de meilleurs résultats, plutôt que sur les zones périphériques qui pourraient toujours faire partie des zones monumentales, mais où des bâtiments traditionnels ont déjà été démolis et remplacés par des constructions en béton.

L'ICOMOS a signalé que la question était extrêmement délicate et pouvait être abordée de plusieurs manières différentes. Il est possible de suggérer que, selon l'esprit de la Convention du patrimoine mondial, le site devrait être placé sur la Liste du patrimoine mondial en péril, mais l'opposition du Népal à une telle mesure pourrait la rendre totalement inefficace. Il a souligné qu'il était important de faire du mieux possible pour le site, et ce, en collaboration avec les autorités népalaises, afin d'essayer de résoudre ces difficultés exceptionnelles. Le Représentant du Sénégal a également proposé de définir une nouvelle approche qui permettrait aux autorités népalaises d'accorder davantage de protection au site du patrimoine mondial mais a confirmé que l'État partie devait être totalement informé des vives préoccupations du Bureau concernant les violations des articles de la Convention du patrimoine mondial.

Le Directeur du Centre a soutenu l'idée d'une redéfinition des zones monumentales, mais a proposé que, plutôt que de mettre le site sur la Liste du patrimoine en péril, il serait plus constructif de mettre au point une assistance globale à l'intention des Népalais, afin de leur permettre de jouer plus efficacement leur rôle de gardiens du site du patrimoine mondial, en coopération avec l'UNESCO et les autres agences concernées. Il va contacter ses collègues de la Division du patrimoine physique pour élaborer des propositions plus concrètes.

La Présidente a résumé la discussion et rappelé qu'une lettre deva être envoyée à l'État partie pour lui transmettre la vive préoccupation du Bureau quant à l'état du site du patrimoine mondial de la Vallée de Kathmandu. Le Bureau recommande au Comité d'envisager une retrait partiel de la Liste et une redéfinition de la partie toujours intacte et méritant de demeurer patrimoine mondial, partie qui devrait être placée sur la Liste du patrimoine mondial en péril afin de souligner particulièrement la nécessité d'éviter de nouvelles détériorations. En même temps, il est demandé à l'UNESCO d'élaborer un projet d'assistance internationale.

18 COM XII.3

Le Comité pourrait désirer adopter la déclaration suivante :

Le Comité, ayant noté les efforts faits par les autorités népalaises pour réparer les dommages causés à la Vallée de Kathmandu, demande à l'UNESCO de soutenir le Gouvernement népalais dans le renforcement du mécanisme de coordination de toutes les activités internationales en matière de conservation, qu'elles soient bilatérales ou multilatérales, spécialement en ce qui concerne la méthode de conservation à suivre. Le Comité prie également le Gouvernement népalais de prendre en considération les recommandations formulées par la mission conjointe UNESCO/ICOMOS en novembre 1993 pour assurer la protection du site du patrimoine mondial et le préserver d'un développement immobilier incontrôlé, notamment en adoptant une politique plus stricte en matière de permis de construire et de démolir et autres autorisations d'aménagement du territoire, dans la zone centrale comme dans la zone tampon. Conscient des ressources nationales limitées pour mener à bien l'ensemble des activités requises, le Comité demande à l'UNESCO d'aider les autorités népalaises à préparer une série de projets destinés à rechercher le soutien de bailleurs de fonds internationaux et à assurer la documentation du site du patrimoine mondial, ce qui doit être fait en priorité. A ce sujet, le Comité a discuté des avantages d'inscrire la Vallée de Kathmandu sur la Liste du patrimoine mondial en péril afin de mieux attirer l'attention de la communauté internationale et a instamment prié le Gouvernement népalais de reconsidérer cette possibilité.

Année du rapport : 1994
Népal
Date d'inscription : 1979
Catégorie : Culturel
Critères : (iii)(iv)(vi)
Liste en péril (dates) : 2003-2007
Exports

* : Les menaces mentionnées sont présentées par ordre alphabétique ; cet ordre ne constitue nullement un classement selon l’importance de leur impact sur le bien. De plus, elles sont présentées de manière indifférenciée, que le bien soit menacé par un danger prouvé, précis et imminent (« péril prouvé ») ou confronté à des menaces qui pourraient avoir des effets nuisibles sur sa valeur universelle exceptionnelle (« mise en péril »).

** : Tous les rapports de mission ne sont pas toujours disponibles électroniquement.


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