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Réserve naturelle intégrale du mont Nimba

Côte d'Ivoire, Guinée
Facteurs affectant le bien en 2013*
  • Activités illégales
  • Exploitation minière
  • Identité, cohésion sociale, modifications de la population locale / des communautés
  • Modification du régime des sols
  • Ressources financières
  • Ressources humaines
  • Système de gestion/plan de gestion
Facteurs* affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

a)  exploitation minière

b)  afflux de réfugiés

c)  empiètement agricole

d)  déforestation

e)  braconnage

f)  capacités de gestion insuffisantes

g)  manque de ressources

h)  coopération transfrontalière défaillante

Menaces pour lesquelles le bien a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en péril
  • Concession pour l'exploitation de minerai de fer dans l'enceinte du bien, en Guinée
  • Afflux d'un grand nombre de réfugiés en provenance du Libéria dans et autour de la réserve
  • Insuffisance de structure institutionnelle 
Mesures correctives pour le bien
Calendrier pour la mise en œuvre des mesures correctives
Pas encore établi
Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO jusqu'en 2013

Montant total accordé: 25.282 dollars EU du Fonds de Réponse Rapide en janvier 2012 (voir page https://whc.unesco.org/fr/actualites/830/) 

Assistance internationale : demandes reçues pour le bien jusqu'en 2013
Demandes approuvées : 19 (de 1981-2010)
Montant total approuvé : 465 222 dollars E.U.
2010 Atelier international bipartite sur la gestion durable ... (Approuvé)   30 000 dollars E.U.
2002 Mount Nimba Biodiversity Conservation project (Approuvé)   30 000 dollars E.U.
2001 Training workshop for awarenes raising on the Mount ... (Approuvé)   10 000 dollars E.U.
2001 Réunion tripartite Guinée-Côte d'Ivoire-Libéria sur les ... (Approuvé)   20 000 dollars E.U.
2000 Evaluation mission to mount Nimba World Heritage site ... (Approuvé)   30 000 dollars E.U.
1997 Purchase of hydrological and meteorological equipment ... (Approuvé)   19 840 dollars E.U.
1995 Establishment of an administrative centre for Mount ... (Approuvé)   18 000 dollars E.U.
1993 Equipment and experts service for Mount Nimba (Approuvé)   45 000 dollars E.U.
1993 Financial contribution for consultancies and other ... (Approuvé)   30 000 dollars E.U.
1993 Consultancies and other services necessary for setting ... (Approuvé)   30 000 dollars E.U.
1992 Organization of an interdisciplinary mission to ... (Approuvé)   35 000 dollars E.U.
1992 Organization of a technical meeting for authorities of ... (Approuvé)   19 500 dollars E.U.
1989 Purchase of an all terrain vehicle for Mount Nimba (Approuvé)   20 000 dollars E.U.
1988 Consultancy mission and meeting for preparing ... (Approuvé)   15 000 dollars E.U.
1986 Equipment for Mount Nimba Reserve (Approuvé)   6 500 dollars E.U.
1983 Financial contribution to a seminar/workshop on the ... (Approuvé)   22 000 dollars E.U.
1983 Consultant services to prepare requests for technical ... (Approuvé)   6 082 dollars E.U.
1982 Financial contribution to a tripartite meeting (Guinea, ... (Approuvé)   8 000 dollars E.U.
1981 Equipment for Mount Nimba (Approuvé)   70 300 dollars E.U.
Missions sur le bien jusqu'en 2013**

Octobre/Novembre 1988 : Mission Centre du patrimoine mondial; 1993 : mission conjointe Centre du patrimoine mondial / UICN; 1994 : mission UICN; 2000 : mission Centre du patrimoine mondial; 2007 : mission conjointe Centre du patrimoine mondial / UICN en Guinée; 2008 : mission conjointe Centre du patrimoine mondial / UICN en Côte d’Ivoire ; 2013 : mission conjointe Centre du patrimoine mondial/UICN

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2013

Le 13 novembre 2012 et le 28 Janvier 2013, des rapports sur l’état de conservation du bien ont été soumis par l’Etat partie Guinéen et l’Etat partie de Côte d’Ivoire respectivement.

Une mission de suivi réactif conjointe Centre du patrimoine mondial/UICN s’est déroulée du 25 février au 5 mars 2013. Le rapport de mission sera disponible en ligne à l’adresse internet suivante : https://whc.unesco.org/fr/sessions/37COM/ La mission a constaté que les pressions sur le bien avaient continué d’augmenter depuis les dernières missions réactives de 2007 et 2008, mais a aussi noté des avancées dans la mise en œuvre des mesures correctives.

a)   Concessions d’exploration minière et Etudes d’impacts environnementales et sociales (EIES) en cours

La mission a noté que les activités minières ont sensiblement évolué depuis les dernières missions de suivi réactif de 2007 et 2008. En plus des travaux de prospection de la compagnie Société des Mines de Fer de Guinée (SMFG) dans l’enclave créée en 1993, de nouveaux travaux de prospection de fer ont démarré en périphérie Sud du bien, à l’initiative de la Western Africa Exploitation (WAE). La mission a été informée que le périmètre original de WAE chevauchait le bien mais a été rectifié après bornage, de telle façon que les activités de cette compagnie se déroulent désormais en totalité à l’extérieur du bien, mais à sa limite. La mission s’est inquiétée des effets cumulatifs de ces activités d’exploration, proches et concomitantes, et de leurs effets corrélatifs liés aux travaux de construction et d’exploitation s’ils devaient être engagés ultérieurement. La mission a également évoqué avec les compagnies les impacts de leurs activités collatérales liées (1) à la transformation sur le site des matériaux extraits et (2) à leur transport par voie ferroviaire, jusqu’à un port d’embarquement comme cela est envisagé ; ces activités pourraient être la cause de nuisances importantes, y compris sonores, qui, dans le contexte de proximité du bien, sont aussi de nature à menacer la Valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien et à dégrader son intégrité écologique.

A ce jour, seuls les travaux d’exploration sont en cours sur les deux sites, selon des modalités qui paraissent ne pas avoir affecté profondément les milieux. La mission a aussi pris connaissance des études d’impact environnemental et social (EIES) en cours des deux compagnies. En ce qui concerne la concession SMFG, les études de base sont en voie de finalisation et un premier rapport de l’EIES pourrait être disponible d’ici fin 2013. Le consultant en charge de l’EIES a présenté à la mission quelques résultats préliminaires de travaux. En l’état, les premiers résultats des modélisations climatologiques indiqueraient un impact climatique limité hors de la zone extraite des travaux tandis que les inventaires écologiques indiqueraient l’importance de certains secteurs du périmètre minier pour la population des crapauds vivipares, espèce endémique du massif des Monts Nimba. La mission note également que la zone de savane où se concentrent les travaux d’exploration de la WAE, quoique situés à l’extérieur du bien mais à sa limite immédiate, participe à la diversité, au fonctionnement et à l’équilibre général de l’écosystème des Monts Nimba. La mission estime que vu leur proximité, une mise en œuvre des deux projets aurait un impact sur l’intégrité de la partie du bien située entre les deux concessions. Les conclusions des EIES en cours devraient permettre d’approfondir et de clarifier ces questions. Le rapport de mission inclut des recommandations spécifiques sur la poursuite des EIES.

La mission a été informée que l’Etat Partie de la Guinée a délivré un troisième permis d’exploration pour le nickel en périphérie Nord-est du bien. La mission note que le périmètre de ce permis chevauche le bien mais qu’aucune activité d’exploration n’est effectuée pour le moment à l’intérieur de celui-ci. La mission a considéré qu’à l’exemple du permis de WAE, l’Etat partie doit d’urgence modifier la décision d’autorisation d’exploration et exclure la partie du bien située dans le périmètre de la zone d’activités minières.

L’Etat partie a confirmé à la mission que le permis délivré à la compagnie Tata en Côte d’Ivoire aurait été annulé et qu’un nouveau permis lui aurait été attribué sur un site plus éloigné du bien. La mission a estimé cependant que des clarifications devraient être demandées à l’Etat partie sur la localisation précise de ce nouveau permis.

b) Etat de conservation du bien et mise en œuvre des mesures correctives

La mission a constaté que les menaces identifiées lors des missions de 2007 et 2008 restent d’actualité. Ces menaces ont été aggravées, dans la partie ivoirienne, par la période de crise politique qu’a traversé le pays et conduit au repli des agents de l’Office ivoirien des parcs et réserves (OIPR) hors de la zone pendant plusieurs années. Elle a notamment constaté un défrichement de 500 à 800 ha, soit plus de 10% de la surface de la Réserve, située en Côte d’Ivoire, pour la culture de cacao. La mission a noté aussi l’isolement écologique progressif du bien lié à la dégradation rapide de la couverture forestière à sa périphérie, des les zones tampon et de transition de la réserve de la biosphère, ainsi que dans  les deux autres zones centrales et dans la forêt classée de Tiapleu en Côte d’Ivoire. Cette déforestation est liée à une pression démographique croissante, consécutive à la crise en Côte d’Ivoire et également du fait de  la présence des explorations minières en Guinée. La mission note que cette pression continuera probablement de s’accroître à l’avenir si une exploitation minière était engagée.

La mission a constaté des avancées importantes dans la mise en œuvre de certaines mesures correctives. Avec la publication en 2010 du Décret portant actualisation des actes de classement et de gestion des aires de la réserve de la biosphère des Monts Nimba, le statut légal du bien est désormais clarifié en droit Guinéen. En Guinée, les travaux de géo-référencement et de marquage des limites sont en cours et devraient être finalisés avant la fin de l’année 2013. C’est aussi le cas en Côte d’Ivoire où un effort de marquage des limites a été également fait mais ce travail a exclu à tort des parties illégalement défrichées récemment. La mission a estimé que cette erreur de balisage doit être corrigée sur le terrain dans les plus brefs délais. Avec l’appui du projet PNUD/GEF, les capacités de l’Office Guinéen de la Diversité Biologique et des Aires Protégées (OGUIDAP) sur le terrain et notamment les moyens de surveillance ont été renforcés. Les agents de surveillance bénéficient désormais d’un statut paramilitaire qui renforce leur pouvoir régalien. Cependant, la capacité de gestion de l’OGUIDAP reste encore très limitée et est très dépendante de l’appui technique et financier du projet; et les agents de surveillance sont encore en trop petit nombre pour pouvoir contrôler les menaces efficacement. En Côte d’Ivoire, l’OIPR a désormais réinvesti le territoire du bien et ses locaux détruits pendant le conflit ont été restaurés avec l’appui du Fonds de réponse rapide. Cependant, l’OIPR n’assure pas encore une surveillance permanente à partir des bases vie de Kouhan Houlé et de Yéalé. Dépourvus d’autorisation de ports d’armes, ces ne peuvent remplir non plus leurs fonctions régaliennes dans des conditions normales et en toute sécurité. Ils manquent aussi d’équipement et de budget de fonctionnement.

Des efforts ont été entrepris pour mettre en place un système de suivi écologique à travers le projet PNUD/GEF en Guinée, mais celui-ci ne couvre pas la partie ivoirienne non plus et ne semble prendre en compte plusieurs éléments importants de la VUE, tel que les savanes de haute altitude et les cours d’eau.

Un plan de gestion simplifié pour 3 ans a été adopté en 2012 pour la partie ivoirienne du bien; sa mise en œuvre est hypothéquée par l’absence de financement. Pour la partie guinéenne, aucun plan de gestion n’est encore disponible mais un comité de rédaction a été installé à travers le projet PNUD/GEF. Aucun progrès n’a été réalisé pour la mise en place d’un mécanisme de financement durable. Le bien ne dispose pas de zone tampon en Côte d’Ivoire, et celle de la réserve de biosphère créée en Guinée est totalement inopérante. La mission a constaté que l’état de conservation de la zone périphérique a continué de se dégrader depuis les dernières missions, sous l’effet de l’accroissement des pressions anthropiques en général. La recommandation de la mission de 2008 de mettre en place une zone tampon plus limitée, dotée d’un statut légal de protection, n’a pas été mise en œuvre. Cependant, le travail important de cartographie participative du milieu, a été réalisé avec les communautés riveraines; ce travail pourrait aider à mettre en place une telle zone  avec la participation des populations, notamment à travers des réserves forestières communautaires.

c) Coopération transfrontalière

Le dialogue pour la mise en place d’une gestion transfrontalière du massif des Monts Nimba entre la Guinée, la Côte d’Ivoire et le Liberia a repris depuis la fin de la crise ivoirienne. Un quatrième atelier trilatéral a été organisé en décembre 2012. Ce processus devrait conduire à la signature d’un « Accord tripartite pour la gestion transfrontalière des Monts Nimba », qui permette de définir un plan commun de travail. Un projet de déclaration a été élaboré mais il semble toutefois manquer à ce jour un engagement politique qui permette sa signature. La mission a recommandé de ne pas attendre la conclusion de ce processus, pour qu’une coopération technique s’engage entre l’OGUIDAP et l’OIPR, et que des opérations communes de surveillance ainsi que la mise en place d’un système de suivi écologique soient organisées.

Analyse et Conclusion du Centre du patrimoine mondial et des Organisations consultatives en 2013

Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN concluent que la VUE qui a motivé l’inscription du bien est toujours présente mais qu’elle reste menacée par les pressions anthropiques croissantes, notamment les feux incontrôlés, le braconnage, la destruction des habitats en périphérie du bien, l’extension de pratiques agricoles et forestières en limite voire à l’intérieur du bien. Ils recommandent donc le maintien du bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN notent l’attribution de deux nouveaux permis miniers proches et/ou chevauchant le bien. Ils considèrent que les impacts cumulatifs de ces différentes concessions sont de nature à menacer l’intégrité du bien. Les EIES en cours devraient préciser le niveau de ces impacts et conclure sur des recommandations précises visant la préservation de la VUE du bien.

Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN notent des progrès sensibles effectués dans la mise en œuvre de certaines mesures correctives par les deux Etats parties, mais estiment qu’il faudra encore un effort important pour arriver à la restauration de l’intégrité du bien et conserver à long terme la VUE pour laquelle il a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial. Ils recommandent que le Comité du patrimoine mondial adopte les mesures correctives mises à jour par la mission et figurant au projet de décision ci-joint. Ils notent que le programme PNUD/GEF de conservation de la biodiversité des Monts Nimba a permis d’accompagner les résultats obtenus et recommandent que soit engagée une deuxième phase du programme, étendue à la partie ivoirienne du bien afin d’aider les deux Etats parties à mettre en œuvre ces mesures correctives.

Enfin, en l’absence de données sur l’état actuel des valeurs biologiques du bien qui permettent de définir des indicateurs appropriés, la mission n’a pas été en mesure de définir l’état de conservation souhaité en vue du retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril. Ces indicateurs de valeur devront être définis dès qu’un système opérationnel de suivi écologique de l’état et des tendances d’évolution du bien sera établi. 

Décisions adoptées par le Comité en 2013
37 COM 7A.3
Réserve naturelle intégrale du mont Nimba (Côte d’Ivoire / Guinée) (N 155 bis)
Le Comité du patrimoine mondial,

1.  Ayant examiné le document WHC-13/37.COM/7A.Add,

2.  Rappelant la décision 36 COM 7A.3 , adoptée lors de sa 36e session (Saint-Pétersbourg, 2012),

3.  Prend note de la conclusion de la mission conjointe Centre du patrimoine mondial/UICN que la Valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien est toujours présente mais qu’elle reste menacée par les pressions anthropiques croissantes, notamment les feux incontrôlés, le braconnage, la destruction des habitats en périphérie du bien, l’extension de pratiques agricoles et forestières en limite voire à l’intérieur du bien ;

4.  Note avec inquiétude l’attribution de deux nouveaux permis d’exploration minière proches et/ou chevauchant la partie guinéenne du bien dont les impacts cumulatifs pourraient menacer l’intégrité du bien et prie instamment l’État partie de la Guinée de revoir les limites du permis d’exploration de nickel attribuée à la Société « SAMA Ressources »  en vue d’exclure la zone à l’intérieur du bien;

5.  Demande aux deux États Parties qu’aucun nouveau permis d’exploration ou d’exploitation minière située autour du bien ne soit accordée sans qu’une Etude d‘impact environnementale stratégique (EIES) soit réalisée afin d’évaluer les impacts y compris les effets cumulatifs de ces projets ;

6.  Réitère sa demande aux deux États Parties que :

a)  les EIES des projets miniers situés dans l’enclave minière ou en périphérie immédiate du bien soient réalisées conformément aux standards internationaux les plus élevés, et en étroite consultation avec toutes les parties prenantes,

b)  ces EIES doivent qualifier et quantifier les impacts potentiels de ces projets sur la VUE du bien, à chaque phase de leur cycle, y compris de construction et d’exploitation, en tenant compte de leurs impacts cumulatifs et collatéraux liés à la transformation sur place du minerai et à son transport, ainsi que des changements socio-économiques à en attendre,

c)  ces EIES doivent être soumises au Centre de patrimoine mondial pour évaluation par l’UICN avant toute décision d’approbation de leurs conclusions et recommandations, en accord avec le paragraphe 172 des Orientations ;

7.  Accueille favorablement les progrès sensibles effectués dans la mise en œuvre de certaines mesures correctives par les deux États parties, mais prend note de la conclusion de la mission de suivi réactif de 2013 qu’il faudra encore un effort important pour arriver à la restauration de l’intégrité du bien et conserver à long terme la VUE ;

8.  Demande également aux deux États Parties de mettre en œuvre les mesures correctives comme actualisées par la mission de 2013, notamment :

a)  Finaliser le géo-référencement des limites du bien, corriger et matérialiser ces limites sur le terrain et soumettre une carte précise au Comité du patrimoine mondial, à sa prochaine session,

b)  Restaurer l’intégrité des parties défrichées du bien, notamment par la suppression des plantations installées illégalement par la restauration écologique des parties dégradées,

c)  Renforcer la capacité de gestion de l’Office Guinéen de la Diversité Biologique et des Aires Protégées (OGUIDAP) et l’Office ivoirien des parcs et réserves (OIPR), notamment en les dotant d’un budget de fonctionnement pour le site, en accroissant le nombre du personnel de surveillance, sa capacité, sa présence sur le terrain et les moyens techniques, notamment en matériel roulant et d’ordonnancement,

d)  Créer une zone tampon autour du bien, en collaboration avec les communautés locales, pour permette une conservation effective de la VUE du bien, en recourant par exemple à  la mise en place de forêts communautaires,

e)  Renforcer les actions en faveur des communautés riveraines, visant à promouvoir des activités socioéconomiques compatibles avec la préservation de la VUE du bien, de préférence dans les bas fonds plus éloignés de ses limites,

f)   Mettre en place un système de suivi écologique harmonisé, entre l’OGUIDAP et l’OIPR, dans les deux parties du bien,

g)  Finaliser et mettre en œuvre les plans de gestion des parties du bien situées dans l’un et l’autre pays et élaborer un plan directeur établissant une vision générale de la gestion du bien dans son ensemble, qui servira aux bailleurs locaux, publics et privés, y compris les compagnies minières, le plan d’action pour  la conservation du bien et un développement socio-économique durable de sa périphérie, et qui renforcera la visibilité du bien et de sa VUE,

h)  Organiser des opérations communes de surveillance, entre l’OGUIDAP et l’OIPR, sur tout le territoire du bien,

i)   Mettre en place un mécanisme de financement pérenne d’actions de conservation du bien et de développement socio-économique durable de sa périphérie;

9.  Recommande qu’une deuxième phase du programme PNUD/GEF de conservation de la biodiversité des Monts Nimba soit développée, étendue à la partie ivoirienne du bien, afin d’aider les deux États parties à mettre en œuvre l’intégralité de ces mesures correctives ;

10.  Félicite les États parties de la Guinée, de la Côte d’Ivoire et du Liberia pour les efforts engagés pour mettre en œuvre une collaboration transfrontalière pour le massif des Monts Nimba et les encourage à formaliser cette coopération par la signature prochaine de l’accord cadre élaboré ;

11.  Note qu’en l’absence de données sur l’état actuel des valeurs biologiques du bien qui permettent de définir des indicateurs appropriés, la mission n’a pas été en mesure de définir l’état de conservation souhaité en vue du retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril et demande en outre aux États parties, avec l’appui du Centre du patrimoine mondial et l’UICN, de le développer dès qu’un système opérationnel de suivi écologique de l’état et des tendances d’évolution du bien sera établi ;

12.  Demande par ailleurs aux deux États parties de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2014 , un rapport détaillé sur l’état de conservation du bien et sur les progrès accomplis dans la mise en oeuvre des mesures correctives et autres recommandations des missions de 2013, ainsi que sur l’état d’avancement des études d'impact environnemental et social lié à l’exploitation minière, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 38e session en 2014 ;

13.  Décide de maintenir la Réserve naturelle intégrale du mont Nimba (Côte d’Ivoire et Guinée) sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

37 COM 8C.2
Mise à jour de la Liste du patrimoine mondial en péril (biens maintenus)

Le Comité du patrimoine mondial,

1.  Ayant examiné les rapports sur l’état de conservation des biens inscrits sur la Liste du patrimoine mondial en péril (WHC-13/37.COM/7A, WHC-13/37.COM/7A.Add et WHC-13/37.COM/7A.Add.2),

2.  Décide de maintenir les biens suivants sur la Liste du patrimoine mondial en péril :

  • Afghanistan, Minaret et vestiges archéologiques de Djam (décision 37 COM 7A.29 )
  • Afghanistan, Paysage culturel et vestiges archéologiques de la vallée de Bamiyan (décision 37 COM 7A.30 )
  • Belize, Réseau de réserves du récif de la barrière du Belize (décision 37 COM 7A.16 )
  • Chili, Usines de salpêtre de Humberstone et de Santa Laura (décision 37 COM 7A.37 )
  • Colombie, Parc national de Los Katíos (décision 37 COM 7A.17 )
  • Côte d'Ivoire, Parc national de la Comoé (décision 37 COM 7A.2 )
  • Côte d'Ivoire / Guinée, Réserve naturelle intégrale du mont Nimba (décision 37 COM 7A.3 )
  • Egypte, Abou Mena (décision 37 COM 7A.23 )
  • États-Unis d'Amérique, Parc national des Everglades (décision  37 COM 7A.15 )
  • Ethiopie, Parc national du Simien (décision 37 COM 7A.10 )
  • Géorgie, Cathédrale de Bagrati et monastère de Ghélati (décision 37 COM 7A.32 )
  • Géorgie, Monuments historiques de Mtskheta (décision 37 COM 7A.33 )
  • Honduras, Réserve de la Biosphère Río Plátano (décision 37 COM 7A.18 )
  • Indonésie, Patrimoine des forêts tropicales ombrophiles de Sumatra (décision 37 COM 7A.14 )
  • Iraq, Assour (Qal'at Cherqat) (décision 37 COM 7A.24 )
  • Iraq, Ville archéologique de Samarra (décision 37 COM 7A.25 )
  • Jérusalem, Vieille ville de Jérusalem et ses remparts (décision 37 COM 7A.26 )
  • Madagascar, Forêts humides de l’Atsinanana (décision 37 COM 7A.11 )
  • Mali, Tombouctou (décision 37 COM 7A.19 )
  • Mali, Tombeau des Askia (décision 37 COM 7A.20 )
  • Niger, Réserves naturelles de l'Aïr et du Ténéré (décision 37 COM 7A.12 )
  • Ouganda, Tombes des rois du Buganda à Kasubi (décision 37 COM 7A.21 )
  • Palestine, Lieu de naissance de Jésus : l’église de la Nativité et la route de pèlerinage, Bethléem (décision 37 COM 7A.27 )
  • Panama, Fortifications de la côte caraïbe du Panama : Portobelo – San Lorenzo (décision 37 COM 7A.36 )
  • Pérou, Zone archéologique de Chan Chan (décision 37 COM 7A.38 )
  • République centrafricaine, Parc national du Manovo-Gounda St Floris (décision 37 COM 7A.1 )
  • République démocratique du Congo, Parc national des Virunga (décision 37 COM 7A.4 )
  • République démocratique du Congo, Parc national de Kahuzi-Biega (décision 37 COM 7A.5 )
  • République démocratique du Congo, Parc national de la Garamba (décision 37 COM 7A.6 )
  • République démocratique du Congo, Parc national de la Salonga (décision 37 COM 7A.7 )
  • République démocratique du Congo, Réserve de faune à okapis (décision 37 COM 7A.8 )
  • République-Unie de Tanzanie, Ruines de Kilwa Kisiwani et de Songo Mnara (décision 37 COM 7A.22 )
  • Royaume-Uni de Grande Bretagne et d'Irlande du Nord, Liverpool – Port marchand (décision 37 COM 7A.35)
  • Sénégal, Parc national du Niokolo-Koba (décision 37 COM 7A.13 )
  • Serbie, Monuments médiévaux au Kosovo (décision 37 COM 7A.34 )
  • Venezuela, Coro et son port (décision 37 COM 7A.39)
  • Yémen, Ville historique de Zabid (décision 37 COM 7A.28 )
Projet de décision :  37 COM 7A.3

Le Comité du patrimoine mondial,

1.  Ayant examiné le document WHC-13/37.COM/7A.Add,

2.  Rappelant la décision 36 COM 7A.3, adoptée lors de sa 36e session (Saint-Pétersbourg, 2012),

3.  Prend note de la conclusion de la mission conjointe Centre du patrimoine mondial/UICN que la Valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien est toujours présente mais qu’elle reste menacée par les pressions anthropiques croissantes, notamment les feux incontrôlés, le braconnage, la destruction des habitats en périphérie du bien, l’extension de pratiques agricoles et forestières en limite voire à l’intérieur du bien ;

4.  Note avec inquiétude l’attribution de deux nouveaux permis d’exploration minière proches et/ou chevauchant la partie guinéenne du bien dont les impacts cumulatifs pourraient menacer l’intégrité du bien et prie instamment l’Etat partie de la Guinée de revoir les limites du permis d’exploration de nickel attribuée à la Société « SAMA Ressources »  en vue d’exclure la zone à l’intérieur du bien;

5.  Demande aux deux Etats Parties qu’aucun nouveau permis d’exploration ou d’exploitation minière situé autour du bien ne soit accordée sans qu’une Etude d‘impact environnementale stratégique (EIES) soit réalisée afin d’évaluer les impacts y compris cumulatifs de ces projets ;

6.  Réitère sa demande aux deux Etats Parties que :

a)  les EIES des projets miniers situés dans l’enclave minière ou en périphérie immédiate du bien soient réalisées conformément aux standards internationaux les plus élevés, et en étroite consultation avec toutes les parties prenantes,

b)  ces EIES doivent qualifier et quantifier les impacts potentiels de ces projets sur la VUE du bien, à chaque phase de leur cycle, y compris de construction et d’exploitation, en tenant compte de leurs impacts cumulatifs et collatéraux liés à la transformation sur place du minerai et à son transport, ainsi que des changements socio-économiques à en attendre,

c)  ces EIES doivent être soumises au Centre de patrimoine mondial pour évaluation par l’UICN avant toute décision d’approbation de leurs conclusions et recommandations, en accord avec le paragraphe 172 des Orientations ;

7.  Accueille favorablement les progrès sensibles effectués dans la mise en œuvre de certaines mesures correctives par les deux Etats parties, mais prend note de la conclusion de la mission de suivi réactif de 2013 qu’il faudra encore un effort important pour arriver à la restauration de l’intégrité du bien et conserver à long terme la VUE ;

8.  Demande également aux deux Etats Parties de mettre en œuvre les mesures correctives comme actualisées par la mission de 2013, notamment :

a)  Finaliser le géo-référencement des limites du bien, corriger et matérialiser ces limites sur le terrain et soumettre une carte précise au Comité du patrimoine mondial, à sa prochaine session,

b)  Restaurer l’intégrité des parties défrichées du bien, notamment par la suppression des plantations installées illégalement par la restauration écologique des parties dégradées,

c)  Renforcer la capacité de gestion de l’Office Guinéen de la Diversité Biologique et des Aires Protégées (OGUIDAP) et l’Office ivoirien des parcs et réserves (OIPR), notamment en les dotant d’un budget de fonctionnement pour le site, en accroissant le nombre des personnels de surveillance, leurs capacités, leur présence sur le terrain et les moyens techniques, notamment en matériel roulant et d’ordonnancement,

d)  Créer une zone tampon autour du bien, en collaboration avec les communautés locales, pour permette une conservation effective de la VUE du bien, en recourant par exemple à  la mise en place de forêts communautaires,

e)  Renforcer les actions en faveur des communautés riveraines, visant à promouvoir des activités socioéconomiques compatibles avec la préservation de la VUE du bien, de préférence dans les bas fonds plus éloignés de ses limites,

f)  Mettre en place un système de suivi écologique harmonisé, entre l’OGUIDAP et l’OIPR, dans les deux parties du bien,

g)  Finaliser et mettre en œuvre les plans de gestion des parties du bien situées dans l’un et l’autre pays et élaborer un plan directeur établissant une vision générale de la gestion du bien dans son ensemble, qui servira aux bailleurs locaux, publics et privés, y compris les compagnies minières, l e cadre d’action, pour  la conservation du bien et un développement socio-économique durable de sa périphérie, et renforcera la lisibilité du bien et de sa VUE,

h)  Organiser des opérations communes de surveillance, entre l’OGUIDAP et l’OIPR, sur tout le territoire du bien,

i)  Mettre en place un mécanisme de financement pérenne d’actions de conservation du bien et de développement socio-économique durable de sa périphérie;

9.  Recommande qu’une deuxième phase du programme PNUD/GEF de conservation de la biodiversité des Monts Nimba soit développée, étendue à la partie ivoirienne du bien, afin d’aider les deux Etats parties à mettre en œuvre totalement ces mesures correctives ;

10.  Félicite les Etats parties de la Guinée, de la Côte d’Ivoire et du Liberia pour les efforts engagés pour mettre en œuvre une collaboration transfrontalière pour le massif des Monts Nimba et les encourage à formaliser cette coopération par la signature prochaine de l’accord cadre élaboré ;

11.  Note qu’en l’absence de données sur l’état actuel des valeurs biologiques du bien qui permettent de définir des indicateurs appropriés, la mission n’a pas été en mesure de définir l’état de conservation souhaité en vue du retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril et demande en outre aux Etats parties, avec l’appui du Centre du patrimoine mondial et l’UICN, de le développer dès qu’un système opérationnel de suivi écologique de l’état et des tendances d’évolution du bien sera établi ;

12.  Demande par ailleurs aux deux États parties de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2014, un rapport détaillé sur l’état de conservation du bien et sur les progrès accomplis dans la mise en oeuvre des mesures correctives et autres recommandations des missions de 2013, ainsi que sur l’état d’avancement des études d'impact environnemental et social liées à l’exploitation minière, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 38e session en 2014 ;

13.  Décide de maintenir la Réserve naturelle intégrale du mont Nimba (Côte d’Ivoire et Guinée) sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

Année du rapport : 2013
Côte d'Ivoire Guinée
Date d'inscription : 1981
Catégorie : Naturel
Critères : (ix)(x)
Liste en péril (dates) : 1992-présent
Documents examinés par le Comité
arrow_circle_right 37COM (2013)
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* : Les menaces mentionnées sont présentées par ordre alphabétique ; cet ordre ne constitue nullement un classement selon l’importance de leur impact sur le bien. De plus, elles sont présentées de manière indifférenciée, que le bien soit menacé par un danger prouvé, précis et imminent (« péril prouvé ») ou confronté à des menaces qui pourraient avoir des effets nuisibles sur sa valeur universelle exceptionnelle (« mise en péril »).

** : Tous les rapports de mission ne sont pas toujours disponibles électroniquement.


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