Faites une recherche à travers les informations du Centre du patrimoine mondial.

Fortifications de la côte caraïbe du Panama : Portobelo, San Lorenzo

Panama
Facteurs affectant le bien en 2010*
  • Erosion et envasement / dépôt
  • Habitat
  • Impacts des activités touristiques / de loisirs des visiteurs
  • Système de gestion/plan de gestion
  • Vastes infrastructures et/ou installations touristiques / de loisirs
  • Autres menaces :

    a) Détérioration et destruction du tissu du bien par des facteurs environnementaux, défaut d’entretien ainsi que pollution des eaux

Facteurs* affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

a) Détérioration et destruction du tissu du bien par des facteurs environnementaux, défaut d’entretien ainsi que pollution des eaux;

b) Erosion;

c) Absence de politique de gestion, y compris de plan de gestion;

d) Développement urbain incontrôlé;

e) Pressions touristiques (en particulier à Portobelo).

Assistance internationale : demandes reçues pour le bien jusqu'en 2010
Demandes approuvées : 4 (de 1980-1993)
Montant total approuvé : 76 800 dollars E.U.
1993 Financial contribution for the services of 2 ... (Approuvé)   14 000 dollars E.U.
1992 Financial contribution for the monitoring of 5 cultural ... (Approuvé)   3 300 dollars E.U.
1986 Assist the authorities in preparing a request of ... (Approuvé)   6 500 dollars E.U.
1980 Equipment and expert mission for the fortifications on ... (Approuvé)   53 000 dollars E.U.
Missions sur le bien jusqu'en 2010**

Novembre 2001: mission de suivi réactif Centre du patrimoine mondial / ICOMOS ; Mars 2010: mission de suivi réactif Centre du patrimoine mondial / ICOMOS

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2010

L’État partie a remis un rapport sur l’état de conservation du bien le 1er février 2010. Ce rapport donne une description des diverses fortifications et comporte un format technique pour enregistrer l’emplacement et la description des monuments. Il ne fournit cependant aucune information technique détaillée et ne précise pas les actions à entreprendre pour la conservation et la gestion du bien ni les actions résultant d’autres demandes formulées par le Comité du patrimoine mondial à sa 33e session (Séville 2009), comme l’élaboration d’un projet de déclaration de valeur universelle exceptionnelle.

 

Du 14 au 18 mars 2010, une mission de suivi réactif conjointe Centre du patrimoine mondial / ICOMOS a eu lieu sur le bien comme demandé par le Comité du patrimoine mondial à sa 33e session (Séville, 2009). Le rapport de la mission est disponible en ligne à l’adresse internet suivante : https://whc.unesco.org/fr/list/135/documents/

 

a. Système de gestion

L’État partie n’a pas fourni d’information à cet égard. Le plan de travail pour le Patronato de Portobelo-San Lorenzo, entité récemment créée, a été envoyé en septembre 2009.

La mission note que le Patronato de Portobelo-San Lorenzo, fondé en 2008 et intégré au sein de l’Institut national de la Culture (INAC), de l’autorité nationale pour l’Environnement (ANAM), de l’autorité du Tourisme (ATP), de la zone libre de Colon et de trois entités privées du secteur des affaires, est l’entité actuellement en charge du bien. Le budget opérationnel est alimenté par des fonds alloués par le gouvernement central et des donations provenant de membres privés et de l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID). Son directeur exécutif a été nommé en mars 2010 et 150 000 dollars EU ont été attribués pour commencer les actions de conservation. Bien qu’il s’agisse d’une mesure positive, les réalisations de cet organisme ont été limitées en raison de la date récente de sa création. Un aspect qu’il convient de traiter de toute urgence est la coordination entre les différentes entités sur le site pour rationaliser les interventions et éviter la duplication des efforts et le chevauchement des fonctions. La mission a également observé que l’efficacité de cet organisme dépendrait aussi des décisions et engagements pris aux plus hauts niveaux de l’autorité et de ses ministères, la province Colon et les municipalités. Il n’existe toujours pas de politique nationale claire concernant la préservation des biens du patrimoine mondial de Panama, ce qui se traduit par l’absence de dispositions fixant une planification cohérente et une gestion systématique. De surcroît, le renforcement des capacités devra être mené à bien dans la mesure où il n’existe pas actuellement d’organes techniques locaux spécialisés en planification urbaine et territoriale ou en préservation de l’histoire et que l’orientation technique est limitée au niveau local.

b. État de conservation

L’État partie indique que San Lorenzo est confronté à de graves problèmes de conservation, tels qu’identifiés par la précédente mission de suivi réactif en 2001, laquelle qualifiait les conditions de l’époque par des adjectifs allant de piètres à assez bonnes et indiquait quelques facteurs qui ont entraîné le délabrement. Le rapport indique également que les conditions varient quant à la gravité des détériorations et note certaines zones critiques nécessitant une intervention. L’État partie préciseque le Patronato de Portobelo y San Lorenzo réalisera une évaluation des conditions pour déterminer l’impact qualitatif du phénomène de détérioration. Il mentionne l’existence d’un programme de conservation préventive visant à supprimer la macro végétation et à consolider des éléments de structure touchés par ce phénomène.

La mission a constaté qu’aucune mesure n’avait été prise pour traiter les principales menaces identifiées dans des rapports précédents, y compris la dégradation significative de la structure de la construction, résultant aussi bien de facteurs environnementaux que de l’absence de programme d’entretien, de l’absence de politiques de gestion, du développement urbain incontrôlé et des pressions touristiques. L’érosion provoquée par la mer est également évidente et certaines structures risquent de s’effondrer. Les projets de conservation soutenus par la Banque interaméricaine de Développement (BID), le Fonds mondial pour les Monuments et l’agence espagnole de Coopération pour le développement (AECID) ont été suspendus ou non mis en œuvre, de même qu’un certain nombre de projets et de propositions d’action résultant d’initiatives comme le projet régional de l’UNESCO/UNDP pour le patrimoine culturel et le développement (1983).

La mission a évalué l’état actuel de conservation des différents composants du bien et considéré que, sur des zones considérables, la structure a atteint un stade de dégradation critique et est exposée au risque d’effondrement ou de perte potentielle. Bien que ces conditions puissent être attribuées en partie à des processus naturels et à l’absence d’interventions systématiques et d’entretien régulier, l’impact des activités humaines non réglementées a également causé une détérioration de la structure, compromettant son intégrité et son authenticité. Les pressions dues au développement de Portobelo, la croissance spontanée et arbitraire et les constructions incontrôlées, en raison de l’absence de planification territoriale et urbaine cohérente et malgré l’existence de plans de développement, constituent une menace importante qui ne cesse de croître. Cette situation ne fait que s’aggraver étant donné qu’aucune zone tampon n’a encore été définie juridiquement pour le bien.

Le plan de travail du Patronato pour 2010-2013 est un document complet visant à traiter une grande variété de tâches couvrant la préservation des composants monumentaux du bien, y compris, parmi les domaines les plus importants, des actions préventives et d’urgence, la planification urbaine, l’orientation et le contrôle des activités touristiques, l’éducation, l’information et des programmes de recherche, la gestion et le suivi, le budget et la collecte de fonds. Néanmoins, ce plan n’identifie aucune ressource pour sa mise en oeuvre.

c. Autres problèmes

La mission a souligné que les communautés de Portobelo et de San Lorenzo ont des intérêts profondément divergents et ne sont pas impliquées dans la protection du bien, ce qui conduit à des situations pouvant facilement devenir conflictuelles. Elle a observé que la sensibilisation est limitée au niveau local et que, pour de nombreux secteurs de la communauté, les emplacements du patrimoine sont des éléments qui entravent la mise en œuvre de grands projets. Aucun projet n’a actuellement été mis en place pour encourager l’implication de la communauté et définir conjointement des projets permettant de contribuer au développement humain et à l’amélioration de la qualité de vie. Ces aspects s’ajoutent aux différents problèmes qui menacent la structure physique du bien.

La mission a également noté que le tourisme n’est pas une activité organisée et qu’aucune politique cohérente n’est en place actuellement pour gérer son développement. Les autorités locales et la communauté indiquent que les avantages dérivés du tourisme sont très limités. Les activités touristiques non planifiées, sans aucune étude sur leurs impacts potentiels et sur les moyens de les atténuer, constituent également un facteur significatif de dégradation et pourraient aggraver des conditions existantes, si des projets de développement pour des infrastructures et équipements supplémentaires destinés aux touristes étaient mis en œuvre en l’absence de planification holistique et d’études d’impact pertinentes.

En conclusion, le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives notent les efforts limités entrepris récemment pour remédier aux conditions actuelles du bien, notamment la création du Patronato et l’élaboration d’un plan de travail. Toutefois, de nombreuses actions restent nécessaires dans la phase de planification. Le manque systématique d’attention portée au bien, un phénomène de longue date, l’absence de zones tampons juridiquement fixées, la discontinuité dans la mise en oeuvre des instruments de planification et des projets de conservation ont compromis les attributs du bien qui est confronté à d’importantes menaces pesant sur la valeur universelle exceptionnelle, l’intégrité et l’authenticité qui ont garanti l’inscription de ce bien sur la Liste du patrimoine mondial.

Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives sont extrêmement préoccupés par l’état de conservation du bien et considèrent que le Comité du patrimoine mondial pourrait souhaiter inscrire le bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril afin d’aider l’État partie à traiter les menaces importantes et à recueillir un soutien aux niveaux local, national et international pour garantir la conservation des attributs qui préservent la valeur universelle exceptionnelle du bien.

 

Dans le cadre du suivi du rapport périodique pour la région, l’“Atelier sur la préparation de l’inventaire rétrospectif, des déclarations rétrospectives de valeur universelle exceptionnelle des biens inscrits sur la Liste du patrimoine mondial et une introduction au second cycle de rapports périodiques pour la région Amérique Latine et les Caraïbes » s’est tenue en novembre 2009 à Buenos Aires, Argentine. Le point focal de Panama y a participé et a reçu une formation sur la manière d’établir une déclaration retrospective de valeur universelle exceptionnelle, qui devait être soumise au Centre du patrimoine mondial d’ici le 31 juillet 2010. 

Décisions adoptées par le Comité en 2010
34 COM 7B.112
Fortifications de la côte caraïbe du Panama : Portobelo-San Lorenzo (Panama) (C 135)

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-10/34.COM/7B.Add,

2. Rappelant la décision 33 COM 7B.140, adoptée à sa 33e session (Séville, 2009),

3. Note avec inquiétude que le rapport sur l'État de conservation soumis par l''État partie n'est pas suffisamment détaillé pour être considéré comme apportant une réponse complète aux problèmes précédemment soulevés;

4. Note également les résultats de la mission de suivi réactif conjointe Centre du patrimoine mondial / ICOMOS de mars 2010, approuve ses recommandation et demande instamment à l'État partie :

a) La mise en œuvre de mesures de conservation d'urgence dans des secteurs exposés au risque d'effondrement tels qu'identifiés dans le plan d'urgence,

b) La formulation et la mise en œuvre complète d'un plan de gestion du bien,

c) La définition de limites et de zones tampons pour chacun des composants inscrits, y compris des mesures réglementaires concernant leur gestion,

d) L'annonce officielle d'une politique concernant le bien aux fins de l'engagement, à tous les niveaux, pour la conservation du bien;

5. Exprime sa profonde inquiétude quant à l'État de conservation du bien, notamment l'importante dégradation de la structure de la construction, les initiatives limitées actuellement en cours concernant la préservation et l'absence générale de plan d'entretien, qui a un impact direct sur la valeur universelle exceptionnelle du bien;

6. Demande à l'Etat partie, en consultation avec le Centre du patrimoine mondial et les organisations consultatives, d'élaborer une proposition pour l'État de conservation souhaité, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 35e session en 2011;

7. Demande également à l'État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d'ici le 1er février 2011, un rapport sur l'État de conservation du bien et sur les mesures prises pour mettre en œuvre les recommandations exposées ci-dessus, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 35e session en 2011.

Projet de décision: 34 COM 7B.112

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-10/34.COM/7B.Add,

2. Rappelant la décision 33 COM 7B.140, adoptée à sa 33e session (Séville, 2009),

3. Note avec inquiétude que lerapport sur l’état de conservation soumis par l’’État partie n’est pas suffisamment détaillé pour être considéré comme apportant une réponse complète aux problèmes précédemment soulevés,

4. Note également les résultats de la mission de suivi réactif conjointe Centre du patrimoine mondial / ICOMOS de mars 2010, approuve ses recommandation et demande instamment à l’État partie:

a) La mise en oeuvre de mesures de conservation d’urgence dans des secteurs exposés au risque d’effondrement tels qu’identifiés dans le plan d’urgence,

b) La formulation et la mise en oeuvre complète d’un plan de gestion du bien,

c) La définition de limites et de zones tampons pour chacun des composants inscrits, y compris des mesures réglementaires concernant leur gestion,

d) L’annonce officielle d’une politique concernant le bien aux fins de l’engagement, à tous les niveaux, pour la conservation du bien ;

5. Exprime sa profonde inquiétude quant à l’état de conservation du bien, notamment l’importante dégradation de la structure de la construction, les initiatives limitées actuellement en cours concernant la préservation et l’absence générale de plan d’entretien, qui a un impact direct sur la valeur universelle exceptionnelle du bien ;

6. Demandeà l’État partie, en consultation avec le Centre du patrimoine mondial et les organisations consultatives, d’élaborer une proposition pour l’état de conservation souhaité, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 35e session en 2011 ;

7. Réitère sa demande à l’État partie d’élaborer, en consultation avec le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives, un projet de déclaration de valeur universelle exceptionnelle, qui doit être soumis dans le cadre du rapport périodique de l’Amérique Latine et des Caraïbes ;

8. Demande également à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2011, un rapport sur l’état de conservation du bien et sur les mesures prises pour mettre en oeuvre les recommandations exposées ci-dessus, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 35e session en 2011.

Année du rapport : 2010
Panama
Date d'inscription : 1980
Catégorie : Culturel
Critères : (i)(iv)
Liste en péril (dates) : 2012-présent
Documents examinés par le Comité
arrow_circle_right 34COM (2010)
Exports

* : Les menaces mentionnées sont présentées par ordre alphabétique ; cet ordre ne constitue nullement un classement selon l’importance de leur impact sur le bien. De plus, elles sont présentées de manière indifférenciée, que le bien soit menacé par un danger prouvé, précis et imminent (« péril prouvé ») ou confronté à des menaces qui pourraient avoir des effets nuisibles sur sa valeur universelle exceptionnelle (« mise en péril »).

** : Tous les rapports de mission ne sont pas toujours disponibles électroniquement.


top