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Parc national de Taï

Côte d'Ivoire
Facteurs affectant le bien en 2019*
  • Activités illégales
  • Exploitation minière
Facteurs* affectant le bien identifiés dans les rapports précédents
  • Braconnage
  • Extraction artisanale d’or
  • Empiétement agricole (problème résolu)
  • Impacts de la crise post-électorale (problème résolu)
Assistance internationale : demandes reçues pour le bien jusqu'en 2019
Demandes approuvées : 7 (de 1983-2018)
Montant total approuvé : 159 560 dollars E.U.
2018 Renforcement de la surveillance contre l’orpaillage et ... (Approuvé)   19 565 dollars E.U.
2013 Restauration naturelle des sites d’orpaillage dans le ... (Approuvé)   29 981 dollars E.U.
2006 Formations pratiques à l’agroforesterie et activités ... (Approuvé)   30 000 dollars E.U.
2001 Financement de l'Atelier National de Formation ... (Approuvé)   30 514 dollars E.U.
1990 Preparing a technical co-operation project for ... (Approuvé)   7 500 dollars E.U.
1987 2-year training for one specialist from Tai National ... (Approuvé)   12 000 dollars E.U.
1983 Contribution to the construction of a wardens' station, ... (Approuvé)   30 000 dollars E.U.
Missions sur le bien jusqu'en 2019**

2006 : mission conjointe de suivi réactif du Centre du patrimoine mondial/UICN 

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2019

Le 7 novembre 2018, l’État partie a soumis un rapport détaillé sur l’état de conservation du bien, disponible à http://whc.unesco.org/fr/list/195/documents/, qui mentionne les points suivants :

  • Des images satellitaires du bien montrent que son taux de couverture forestière est passé de 97,7% en 2015 à 98,4% en 2018 ;
  • Le braconnage continue d’être une menace en 2018 mais les recensements écologiques annuels montrent une relative stabilité démographique des espèces sauvages importantes, particulièrement l’éléphant (181) et le chimpanzé (762). Pour les céphalophes et singes diurnes qui constituent les espèces les plus braconnées, leur abondance est estimée respectivement à 39 847 et à 81 325 individus ;
  • L’augmentation du nombre de patrouilles au sein du bien (couvrant respectivement 94,36% et 96,57% en 2016 et 2017), combinée à l’utilisation des drones et aux actions de sensibilisation du comité consultatif régional et des Associations Villageoises pour la Conservation et le Développement (AVCD), ont conduit à une réduction significative de l’orpaillage illégal, à la fermeture de 14 sites dans la région de la Nawa. L’analyse des données de surveillance confirme que plus de 63% des sites d’orpaillage restent abandonnés ;
  • Une stratégie opérationnelle est mise en œuvre pour améliorer l’efficacité de la gestion et le suivi des activités illégales, à travers l’utilisation du Spatial Monitoring and Reporting Tool (SMART), du « Management Effectiveness Tracking Tool » (METT), du « Enhancing our Heritage » (EoH), du « Integrated Management Effectiveness Tool » (IMET), de l’imagerie satellite, d’un réseau d’information, de la collecte annuelle de données de suivi écologique, et d’une attention portée aux zones névralgiques ; 
  • La révision des limites du bien a été achevée en 2018 par la prise du Décret n°2018-496 du 23 mai 2018 portant modification des limites du Parc national de Taï. Le parc a ainsi été agrandi en y intégrant la zone périphérique de protection (96 000 ha) et 2/3 de la Réserve de faune du N’ZO. La superficie du parc est passée de 330 000 ha à 508 186 ha, soit une extension de 53,99%.
Analyse et Conclusion du Centre du patrimoine mondial et des Organisations consultatives en 2019

Les progrès réalisés par l’État partie en matière de contrôle et d’élimination de l’orpaillage grâce à l’utilisation des drones, au soutien du comité consultatif régional et des AVCD, ainsi que la fermeture des sites repérés sont accueillis favorablement. Il convient également de noter la synergie d’actions créée entre les services en charge de la gestion du parc (OIPR), de la forêt classée de Rapides Grah (SODEFOR), des Mines (Direction Départementale du Ministère en charge des Mines), de la Gendarmerie et des Forces Républicaines de Côte d’Ivoire pour le suivi des activités d’orpaillage à la périphérie du PNT ainsi que l’organisation de séances de sensibilisation sur la lutte contre l’orpaillage au sein du bien. Il est recommandé que le Comité demande à l’État partie de poursuivre ses efforts en vue d’éliminer totalement l’orpaillage au sein du bien.

Les efforts soutenus des patrouilles de surveillance des activités illégales au sein du bien, notamment le braconnage et l’orpaillage, et la mise en œuvre d’une stratégie opérationnelle s’appuyant sur de multiples outils et méthodes sont accueillis favorablement. Néanmoins, ces activités illégales constituent toujours des menaces majeures pour la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien. Il convient malgré tout de noter la stabilisation des espèces sauvages principales, des céphalophes et des singes diurnes qui constituent les espèces les plus braconnées, ainsi qu’une amélioration du taux de couverture forestière.

La levée de l’interdiction portant sur la consommation de viande d’animaux sauvages à la suite de la fièvre à virus Ebola a conduit à une persistance du braconnage depuis 2015. Tout en maintenant les efforts de patrouilles et en appliquant la loi, l’État partie doit prendre des mesures face à la chasse de subsistance locale et au commerce illégal de viande d’animaux sauvages, tant au niveau des chasseurs et des trafiquants que des consommateurs. Un plan d’action est nécessaire pour dégager des mesures d’incitation économiques alternatives et poursuivre la sensibilisation. 

Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN notent avec satisfaction la prise du Décret N° 2018-496 du 23 mai 2018 portant modification des limites du parc national de Taï. Cette extension renforcera la gestion du bien. Cependant, une demande de modification des limites du bien n’a pas encore été soumise au Centre du patrimoine mondial. Il est important qu’une telle demande soit élaborée dans les meilleurs délais, en consultation avec le Centre du patrimoine mondial et l’UICN concernant le format approprié pour une telle modification, afin d’aligner les limites du bien avec celles du parc national.

Décisions adoptées par le Comité en 2019
43 COM 7B.31
parc national de Taï (Côte d'Ivoire) (N 195)

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/19/43.COM/7B,
  2. Rappelant la décision 41 COM 7B.20, adoptée à sa 41e session (Cracovie, 2017),
  3. Félicite l’État partie pour la publication du Décret N° 2018-496 du 23 mai 2018 formalisant l’extension du parc national de Taï et la soumission des données référencées au Centre du patrimoine mondial, et lui demande d’élaborer dans les meilleurs délais une proposition de modification des limites afin d’aligner les limites du bien avec celles du parc national, en consultation avec le Centre du patrimoine mondial et l’UICN concernant le format approprié pour une telle modification ;
  4. Accueille favorablement les efforts déployés par l’État partie en faveur de la réduction des activités illégales, notamment le braconnage et l’orpaillage, en étroite collaboration avec les services adéquats et les communautés, réitère sa position quant au fait que l’exploration et l’exploitation minières sont incompatibles avec le statut de patrimoine mondial conformément au Paragraphe 172 des Orientations, et réitère sa demande à l’État partie de poursuivre ses efforts afin d’éliminer cette menace au sein du bien ;
  5. Prend note des efforts soutenus de patrouille et de la mise en place de dispositifs opérationnels de suivi écologique et de surveillance, y compris l’utilisation d’un drone, de l’imagerie satellitaire pour améliorer la gestion du bien mais, note avec préoccupation la persistance du braconnage après la levée de l’interdiction portant sur la consommation de viande d’animaux sauvages à la suite de la fièvre à virus Ebola et demande également à l’État partie de poursuivre ces efforts et de prendre des mesures supplémentaires afin de développer des alternatives aux moyens de subsistance par l’utilisation non durable de la viande d’animaux sauvages ;
  6. Demande enfin à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er décembre 2020, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés.
Projet de décision : 43 COM 7B.31

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/19/43.COM/7B,
  2. Rappelant la décision 41 COM 7B.20, adoptée à sa 41e session (Cracovie, 2017),
  3. Félicite l’État partie pour la publication du Décret N° 2018-496 du 23 mai 2018 formalisant l’extension du parc national de Taï et la soumission des données référencées au Centre du patrimoine mondial, et lui demande d’élaborer dans les meilleurs délais une proposition de modification des limites afin d’aligner les limites du bien avec celles du parc national, en consultation avec le Centre du patrimoine mondial et l’UICN concernant le format approprié pour une telle modification;
  4. Accueille favorablement les efforts déployés par l’État partie en faveur de la réduction des activités illégales, notamment le braconnage et l’orpaillage, en étroite collaboration avec les services adéquats et les communautés, réitère sa position quant au fait que l’exploration et l’exploitation minières sont incompatibles avec le statut de patrimoine mondial conformément au Paragraphe 172 des Orientations, et réitère sa demande à l’État partie de poursuivre ses efforts afin d’éliminer cette menace au sein du bien ;
  5. Prend note des efforts soutenus de patrouille et de la mise en place de dispositifs opérationnels de suivi écologique et de surveillance, y compris l’utilisation d’un drone, de l’imagerie satelittaire pour améliorer la gestion du bien mais, note avec préoccupation la persistance du braconnage après la levée de l’interdiction portant sur la consommation de viande d’animaux sauvages à la suite de la fièvre à virus Ebola et demande également à l’État partie de poursuivre ces efforts et de prendre des mesures supplémentaires afin de développer des alternatives aux moyens de subsistance par l’utilisation non durable de la viande d’animaux sauvages ;
  6. Demande enfin à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1erdécembre 2020, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés.
Année du rapport : 2019
Côte d'Ivoire
Date d'inscription : 1982
Catégorie : Naturel
Critères : (vii)(x)
Documents examinés par le Comité
Rapport de lʼÉtat partie sur lʼétat de conservation
Rapport (2018) .pdf
arrow_circle_right 43COM (2019)
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* : Les menaces mentionnées sont présentées par ordre alphabétique ; cet ordre ne constitue nullement un classement selon l’importance de leur impact sur le bien. De plus, elles sont présentées de manière indifférenciée, que le bien soit menacé par un danger prouvé, précis et imminent (« péril prouvé ») ou confronté à des menaces qui pourraient avoir des effets nuisibles sur sa valeur universelle exceptionnelle (« mise en péril »).

** : Tous les rapports de mission ne sont pas toujours disponibles électroniquement.


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