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Parc national de Taï

Côte d'Ivoire
Facteurs affectant le bien en 2012*
  • Activités illégales
  • Exploitation minière
  • Modification du régime des sols
  • Élevage de bétail / pacage d’animaux domestiques
Facteurs* affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

a) Braconnage

b) Empiétement agricole

c) Extraction artisanale d’or

Assistance internationale : demandes reçues pour le bien jusqu'en 2012
Demandes approuvées : 5 (de 1983-2006)
Montant total approuvé : 110 014 dollars E.U.
2006 Formations pratiques à l’agroforesterie et activités ... (Approuvé)   30 000 dollars E.U.
2001 Financement de l'Atelier National de Formation ... (Approuvé)   30 514 dollars E.U.
1990 Preparing a technical co-operation project for ... (Approuvé)   7 500 dollars E.U.
1987 2-year training for one specialist from Tai National ... (Approuvé)   12 000 dollars E.U.
1983 Contribution to the construction of a wardens' station, ... (Approuvé)   30 000 dollars E.U.
Missions sur le bien jusqu'en 2012**

2006 : mission conjointe de suivi réactif du Centre du patrimoine mondial/UICN 

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2012

Le 14 février 2012, l’Etat partie a soumis son rapport sur l’état de conservation du bien. L’Etat partie a aussi soumis un rapport daté de mai 2011 sur l’état des lieux des services de l’Office Ivoirien des Parcs et Réserves (OIPR) après les évènements de la crise postélectorale. Ce rapport indique que les différents services de l’OIPR ont subi des dommages importants, notamment le pillage de l’ensemble des équipements, du mobilier de bureau et des véhicules. Une évaluation des dégâts pour l’ensemble des services de l’OIPR a été estimée à 944 495 000 francs CFA (1,89 million de dollars).

Dans son rapport de février, l’Etat Partie donne les informations suivantes concernant la mise en œuvre des recommandations de la mission conjointe de suivi réactif du Centre du patrimoine mondial/UICN de 2006 :

a) Renfort du contrôle et de la surveillance du braconnage, et amélioration des données recueillies

Le rapport de l’Etat partie note que la surveillance du bien a été maintenue de 2009 à 2010 à un niveau acceptable en dépit des problèmes de conservation, mais qu’une période de baisse d’activités a été notée à la fin 2010-début 2011 du fait de la crise post-électorale en Côte d’Ivoire. Un plan d’opérations établi en juillet 2011 a permis de relancer les activités de surveillance mais une augmentation importante du braconnage a été constatée en 2011 par rapport à 2010. L'Etat partie indique que lors d’un atelier sur la gestion du bien en Juillet 2011, il a été décidé de responsabiliser une brigade mobile pour la surveillance et de s’appuyer davantage sur des Comités Villageois de Surveillance (CVS), qui sont en train d’être créés. Il ajoute qu'il a renforcé les équipes anti-braconnage et la collaboration avec la justice pour les poursuites contre les délinquants et, par ailleurs, a développé une politique d'éducation et d'information.

Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN apprécient que l’Etat partie ait pris des mesures pour redémarrer les activités de surveillance avec l’appui de ces partenaires. Cependant, ils notent que pour arrêter la diminution des populations de certaines espèces menacées comme les primates (voir b) il faudra encore renforcer l’efficacité de la surveillance. Ils notent qu’une étude menée conjointement par la coopération internationale, les universités ivoiriennes et l'OIPR (à paraître en 2012 dans le journal "Conservation Biology") permet de mieux cerner les zones de pression de chasse concernant les Primates et considèrent que les résultats de cette étude devraient permettre une organisation renforcée et mieux ciblée des patrouilles, ce qui devrait générer un recul du braconnage.

b) Suivi écologique

Le rapport de l’Etat partie mentionne une stabilisation des populations animales entre 2008 et 2011, notamment des primates et des céphalophes. Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN ont reçu une copie du rapport sur les résultats du biomonitoring de septembre 2009 à mars 2010 produit par l'OIPR qui confirme que les populations de chimpanzés, de céphalophes et d'éléphants montrent une augmentation des populations par rapport à 2005. Néanmoins, il montre aussi une diminution considérable (plus de 50%) des populations d’autres primates en général et des singes dianes en particulier, ce qui est en contradiction avec le rapport de l’Etat partie.

Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN notent que ce rapport décrit la situation avant l’augmentation des pressions en 2011 lors de la crise postélectorale, mentionné par l’Etat partie et qu’il n’y a pas des données disponibles sur l’impact de cette crise sur la valeur universelle exceptionnelle du bien. Ils considèrent que l'augmentation des activités illégales doit être prise en considération très vite pour stopper la tendance négative des populations de primates. Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN soulignent que les derniers inventaires des espèces rares, endémiques et en danger sont très anciens ce qui ne permet pas d'avoir une idée précise de la situation des valeurs pour lesquelles le bien a été inscrit. L’UICN note cependant qu’il a reçu des informations qu’un suivi écologique du bien est actuellement en cours.

c) Clarification des limites du bien

Le rapport de l’Etat partie indique que le décret modifiant le territoire du parc national par une extension incluant la Réserve de Faune de N'Zo n'est pas promulgué, ce qui n'autorise pas l'Etat partie à faire les modifications des limites du bien en conséquence. L'Etat partie s'engage à soumettre une proposition de modification des limites du bien à une prochaine session du Comité du patrimoine mondial, dès signature du décret modificatif.

d) Extension des activités socio-économiques, de partenariat et d’éducation avec les communautés voisines

Le rapport de l’Etat partie mentionne la place que pourraient prendre les Comités Villageois de Surveillance dans le cadre des Associations Villageoises de Conservation et de Développement (AVCD) dans la lutte anti-braconnage. Le rapport constate que ces comités sont encore au stade embryonnaire dans la mesure où seulement 50% des AVCD ont été créées.

Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN notent que le rapport de l’Etat partie n'aborde pas les actions de développement concernant les populations riveraines, alors que la bonne gestion du parc dépend largement des actions menées sur sa périphérie. Il semble, selon des commentaires reçus par l’UICN, que les actions engagées à ce jour n’ont pas toujours eu l’impact recherché sur la conservation du bien, notamment par manque de participation des populations aux processus de décision, les Comités de Gestion de ces mesures étant plus des lieux d'information que de partage des décisions. Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN soulignent la difficulté de mettre en place une politique efficace de développement et de conservation liée aux populations riveraines et considèrent qu’il conviendrait d’évaluer les expériences réalisés autour du bien afin d’évaluer l’impact sur la conservation du site et de l’ajuster en fonction du résultat.

e) Coopération internationale et financement durable

L'Etat partie, dans son rapport sur l'état de conservation, souligne l'apport considérable reçu de la coopération allemande. En ce qui concerne un financement durable, l'Etat partie mentionne un projet de conversion de dette qui pourrait se faire avec la coopération allemande. Enfin, un plan d'affaires est prévu pour 2012, qui devrait permettre d'actualiser la stratégie de financement durable. Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN notent que la Fondation pour les Parcs et Réserves de Côte d’Ivoire et sa branche FPRCI-UK ont mis en place le premier fonds de dotation dédié au Parc National de Taï depuis octobre 2009, d’un montant initial de 2,3 millions d’euros et que le projet de conversion de dettes avec l’Allemagne pourrait rapporter environ 9,5 millions d’euros.

f) Autres problèmes de conservation – activités agricoles illégales et activités artisanales d’orpaillage

Le rapport de l’Etat partie reconnaît que les empiétements agricoles se sont accrus en 2010-2011, liés à la crise postélectorale. Cependant, le rapport note que la comparaison des photos satellitaires indique que le taux de surface forestière était de 97,7% en 1998 est de 97,6% en 2011.

Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN accueillent favorablement le constat de la déforestation faible dans le bien, ce qui est exceptionnel dans le contexte régional de déforestation, y compris pour les forêts classées. Toutefois, ils notent que le rapport confirme que la pression agricole s'intensifie sur certaines parties du parc, et considèrent qu'un balisage indiquant plus clairement les limites de l'espace protégé dans les zones de forte pression devrait être réalisé.

Selon le rapport de l’Etat partie, l'orpaillage artisanal se poursuit dans le parc et semble s'être accru. Aucune précision n'est toutefois apportée sur cette activité illégale, ni en terme d'infractions relevées, ni en terme de zones impactées. Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN considèrent qu’un suivi précis devrait être mis en place afin de quantifier l’étendue et l’impact de cette activité sur l’intégrité du bien.

Le rapport de l’Etat partie ne fournit pas d’information sur la mise en œuvre des autres recommandations de la mission conjointe du Centre du patrimoine mondial/UICN de 2006, y compris l’évaluation de la faisabilité de corridors écologiques vers les aires protégées du Liberia, l’élargissement des recherches au fonctionnement de l’écosystème et le développement d’une stratégie d’éco-tourisme.

Analyse et Conclusion du Centre du patrimoine mondial et des Organisations consultatives en 2012

Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN notent la stabilité du couvert forestier et le maintien des populations de certaines espèces phares, mais sont préoccupés par la forte baisse des populations de certains primates. Ils considèrent que le rapport de l’Etat partie ne permet pas d’évaluer si la crise postélectorale a eu un impact sur la valeur universelle exceptionnelle du bien et l’ampleur actuelle des menaces y compris braconnage, empiètements agricoles et orpaillage. Ils recommandent que le Comité félicite l’Etat partie pour avoir repris avec l’appui de la coopération les activités de conservation après la crise postélectorale.

Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN notent le progrès important qui a été réalisé par l’Etat Partie, avec l’appui notamment de l’Allemagne pour assurer le financement durable du parc et recommandent de continuer ces efforts.

Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN recommandent de réaliser dans le plus bref délai possible la modification du décret portant sur l’extension du parc et de soumettre ensuite une proposition de modification des limites du bien au Comité du patrimoine mondial. 

Décisions adoptées par le Comité en 2012
36 COM 7B.2
Parc national de Taï (Côte d’Ivoire) (N 195)

Le Comité du patrimoine mondial,

1.   Ayant examiné le document WHC-12/36.COM/7B,

2.   Rappelant la décision 33 COM 7B.2, adoptée à sa 33e session (Séville, 2009),

3.   Félicite l'État partie pour avoir su redémarrer avec l’aide de la coopération internationale les activités de conservation après la crise postélectorale ;

4.   Accueille favorablement l’initiative de l'État partie à mettre en place des Associations Villageoises de Conservation et de Développement et des Comités Villageois de Surveillance pour améliorer la participation des populations riveraines au processus de décisions d'actions et du développement les concernant ;

5.   Note avec satisfaction les résultats du bio-monitoring de 2009-2010 qui indiquent le maintien des espèces phares y compris chimpanzés, céphalophes et éléphants mais exprime sa préoccupation quant à la forte diminution des populations de certaines espèces de primates, l’augmentation du braconnage, de l’orpaillage et la pression agricole depuis la crise postélectorale ;

6.   Demande à l’État partie d’évaluer l’impact de la crise postélectorale sur la valeur universelle exceptionnelle, en quantifiant les menaces de braconnage, des empiètements agricoles et d’orpaillage et en fournissant un rapport de suivi écologique actualisé qui démontre l’évolution des populations d’espèces primates, y compris le singe diane,  d’ici le 1er février 2013 et de le transmettre au Centre du patrimoine mondial ;

7.   Prie instamment l'État partie de renforcer son action contre le braconnage en concentrant l’effort de surveillance sur des zones sensibles, les empiètements agricoles et l’orpaillage constatés dans le parc ;

8.   Encourage l'État partie de poursuivre ses efforts pour mettre en place un mécanisme de financement durable et un plan d'affaire pour le parc ;

9.   Demande également à l'État partie de publier le plus vite possible le décret formalisant l'extension du territoire du parc et de soumettre, dès publication, une demande de modification des limites du bien au Centre du patrimoine mondial pour examen par le Comité du patrimoine mondial suivant cette demande ;

10. Demande en outre à L'État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2014, un rapport sur l'état de conservation du bien avec un accent particulier porté sur l'évolution du braconnage, l'évolution des populations animales (notamment des singes), la mise en œuvre d'un financement durable et la publication du décret modifiant les limites du parc en vue d'une proposition de modification des limites du bien, ainsi que sur la mise en œuvre des autres recommandations de la mission de 2006, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 38e session en 2014.

Projet de décision : 36 COM 7B.2

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-12/36.COM/7B,

2. Rappelant la décision 33 COM 7B.2, adoptée à sa 33e session (Séville, 2009),

3. Félicite l'Etat partie pour avoir su redémarrer avec l’aide de la coopération internationale les activités de conservation après la crise postélectorale ;

4. Accueille favorablement l’initiative de l'Etat partie à mettre en place des Associations Villageoises de Conservation et de Développement et des Comités Villageois de Surveillance pour améliorer la participation des populations riveraines au processus de décisions d'actions de développement les concernant ;

5. Note avec satisfaction les résultats du bio-monitoring de 2009-2010 qui indiquent le maintien des espèces phares y compris chimpanzés, céphalophes et éléphants mais exprime sa préoccupation quant à la forte diminution des populations de certaines espèces de primates, l’augmentation du braconnage, de l’orpaillage et la pression agricole depuis la crise postélectorale ;

6. Demande à l’Etat partie d’évaluer l’impact de la crise postélectorale sur la valeur universelle exceptionnelle, en quantifiant les menaces de braconnage, des empiètements agricoles et d’orpaillage et en fournissant un rapport de suivi écologique actualisé qui démontre l’évolution des populations d’espèces primates, y compris le singe diane, d’ici le 1er février 2013 et de le transmettre au Centre du patrimoine mondial ;

7. Prie instamment l'Etat partie de renforcer son action contre le braconnage en concentrant l’effort de surveillance sur des zones sensibles, les empiètements agricoles et l’orpaillage constatés dans le parc ;

8. Encourage l'Etat partie de poursuivre ses efforts pour mettre en place un mécanisme de financement durable et un plan d'affaire pour le parc ;

9. Demande également à l'Etat partie de publier le plus vite possible le décret formalisant l'extension du territoire du parc et de soumettre, dès publication, une demande de modification des limites du bien au Centre du patrimoine mondial pour examen par le Comité du patrimoine mondial suivant cette demande ;

10. Demande en outre à L'Etat partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2014, un rapport sur l'état de conservation du bien avec un accent particulier porté sur l'évolution du braconnage, l'évolution des populations animales (notamment des singes), la mise en œuvre d'un financement durable et la publication du décret modifiant les limites du parc en vue d'une proposition de modification des limites du bien, ainsi que sur la mise en œuvre des autres recommandations de la mission de 2006, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 38e session en 2014.

Année du rapport : 2012
Côte d'Ivoire
Date d'inscription : 1982
Catégorie : Naturel
Critères : (vii)(x)
Documents examinés par le Comité
arrow_circle_right 36COM (2012)
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* : Les menaces mentionnées sont présentées par ordre alphabétique ; cet ordre ne constitue nullement un classement selon l’importance de leur impact sur le bien. De plus, elles sont présentées de manière indifférenciée, que le bien soit menacé par un danger prouvé, précis et imminent (« péril prouvé ») ou confronté à des menaces qui pourraient avoir des effets nuisibles sur sa valeur universelle exceptionnelle (« mise en péril »).

** : Tous les rapports de mission ne sont pas toujours disponibles électroniquement.


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