Faites une recherche à travers les informations du Centre du patrimoine mondial.

Parc national de Taï

Côte d'Ivoire
Facteurs affectant le bien en 2003*
  • Activités illégales
  • Chasse commerciale
  • Chasse de subsistance
  • Modification du régime des sols
  • Ressources financières
  • Ressources humaines
  • Système de gestion/plan de gestion
  • Troubles civils
Facteurs* affectant le bien identifiés dans les rapports précédents
  • Conséquences désastreuses du braconnage et de la chasse organisée,
  • Empiètement des activités humaines en particulier celles des populations agricoles locales,
  • Afflux de réfugiés des pays limitrophes (Sierra Leone et Liberia)
Assistance internationale : demandes reçues pour le bien jusqu'en 2003
Demandes approuvées : 4 (de 1983-2001)
Montant total approuvé : 80 014 dollars E.U.
2001 Financement de l'Atelier National de Formation ... (Approuvé)   30 514 dollars E.U.
1990 Preparing a technical co-operation project for ... (Approuvé)   7 500 dollars E.U.
1987 2-year training for one specialist from Tai National ... (Approuvé)   12 000 dollars E.U.
1983 Contribution to the construction of a wardens' station, ... (Approuvé)   30 000 dollars E.U.
Missions sur le bien jusqu'en 2003**
Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2003

Centre du patrimoine mondial :

Lors de sa 26e session (Budapest, 2002), le Comité du patrimoine mondial a demandé à l’Etat partie de « fournir un rapport détaillé sur la situation du braconnage de la viande de brousse sur le site, notamment des informations sur les rumeurs de possible réouverture de la chasse dans tout le pays. Si ces rumeurs se confirment, l’Etat partie devra élaborer les programmes et méthodes qui permettront de réguler et de contrôler cette activité sur le site du patrimoine mondial ». Le Comité a également demandé instamment à l’Etat partie d’inviter une mission de suivi pour évaluer l’état de conservation du site afin que le Comité détermine s’il y a lieu d’inscrire le site sur la Liste du patrimoine mondial en péril. Répondant à la demande du Comité, l’Etat partie a invité une mission de suivi sur le site (lettre du 16 août 2002 adressée au Centre).

 

Le 1er avril 2003, la Côte d'Ivoire a envoyé un rapport intitulé « Atelier national de formation et de sensibilisation : contribution de la recherche scientifique à la gestion, à la conservation et au développement durable d’un site du patrimoine mondial situé dans une zone forestière, le Parc national de Taï dans le sud de la Côte d’Ivoire », en prolongement de deux ateliers organisés respectivement du 7 au 9 novembre 2002 dans le parc national de Taï et du 28 au 30 janvier 2003 à Abidjan. Ces ateliers ont abordé les questions suivantes :

- Manque de schéma-directeurs des axes prioritaires de la recherche ;

- Absence de coordination entre chercheurs et conservateurs d’une part, entre chercheurs nationaux et ceux des institutions étrangères d’autre part ;

- Absence quasi totale de la recherche scientifique nationale dans les aires protégées ; - Manque de suivi, d’évaluation et de synthèse des activités de recherche ;

- Inaccessibilité et absence de diffusion des produits de la recherche.

 

Les ateliers ont en outre mis en avant les problèmes structurels et institutionnels qui ont des répercussions sur le Parc national de Taï et qui ont abouti à la création d’un système indépendant de gestion des aires protégées « Projet Autonome pour la Conservation du Parc national de Taï » (PACPNT). Ces problèmes sont notamment :

-  Le rôle des populations locales dans la mise en œuvre de la nouvelle politique de conservation du Parc national de Taï ne semble pas être fondamentalement différente de celui qui leur était assigné avant le PACPNT ;

-  La nature et l’importance des pressions anthropiques exercées sur le PNT par les riverains ne semblent pas avoir évolué dans le sens d’une conservation durable de ce parc ;

-  Les actions de développement initiés dans le cadre de la nouvelle politique de conservation du Parc national de Taï n’ont pas induit chez les riverains des comportements nouveaux vis-à-vis du Parc national de Taï dans le sens de sa conservation durable.

 

Par ailleurs, la recherche sur la gestion durable et la conservation du parc soulèvent un certain nombre de questions :

- Quels sont les acquis des activités de recherche dans le Parc national de Taï et leur contribution effective à la conservation de ce site ?

- Dans quelle mesure la recherche scientifique peut-elle favoriser la participation effective de l’ensemble des partenaires de la gestion de l’Espace Taï à la mise en œuvre du programme de conservation à long terme du PNT et de développement économique, social et culturel de la région ?

- Quelles sont les stratégies à développer et à accroître pour permettre à la recherche scientifique de jouer un rôle moteur dans l’aménagement, la conservation et la gestion durable du Parc national de Taï ?

 

L’Etat partie a indiqué récemment au Centre du patrimoine mondial que tous les contacts avaient été coupés avec le site qui est probablement occupé par les rebelles. L’Etat partie a demandé au Comité d’inscrire le site sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

 

UICN

En janvier 2003, l’UICN a reçu un rapport daté du 16 août 2002, un mois avant le déclenchement de la guerre civile. Le rapport insiste sur le travail du « Projet Autonome pour la Conservation du Parc national de Taï » financé par GTZ (German Technical Cooperation) depuis 1993 et donne quelques statistiques de base pour la période 1996 - 2001. Avant le déclenchement du conflit et depuis le lancement du projet de GTZ, les rapports montrent que : la surveillance dans le Parc national de Taï est parmi la meilleure de la région et les résultats des études de suivi font apparaître une amélioration de la situation sur le terrain. La surveillance est assurée sur place avec l’aide des populations locales, lesquelles étaient nombreuses à pratiquer le braconnage. Il y a des signes d’augmentation de la densité de singes entre 1998 et 2001 et l’on note qu’aucune grande espèce n’a disparu du parc.

Des images satellite montrent également une évolution positive du développement de la forêt dans les zones dégradées et un programme d’éducation à l’environnement a été mis en place dans la région ; les limites du parc ont été entièrement déterminées à l’aide d’un GPS et entrées dans une base de données ; des patrouilles anti-braconnage ont aidé à réduire les effets du braconnage dans le parc. En résumé : en moyenne 90 personnes par an ont été arrêtées pour diverses activités illégales, avec un pic en 1999 grâce au renforcement des capacités des gardes assistés par le projet ; le braconnage est le principal problème, puisque la majorité (81 %) des arrestations concerne des actes de braconnage illicite, suivis de l’extraction d’or et de la mise en culture ; les arrestations ont diminué en 2001, pour tomber à 25 personnes seulement ; la direction du parc tente d’intensifier la collaboration avec les populations locales, des ONG et des organisations internationales, en particulier pour développer l’écotourisme. Environ 250-350 personnes visitaient le site chaque année, mais l’instabilité qui règne actuellement dans le pays a provoqué une baisse des visites. Pour que l’écotourisme puisse se développer de façon satisfaisante, il faut former la population locale, instaurer une coopération avec le secteur privé et améliorer la sécurité.

Tout en notant les résultats du projet GTZ, l’UICN remarque que le rapport ne fournit pas d’informations claires sur l’état de conservation de la faune sauvage du site et sur l’impact du braconnage au fil des années. Aucune information n’a en outre été donnée par l’Etat partie sur la question de la réouverture de la chasse dans tout le pays et sur les projets permettant de contrôler ces activités sur le site du patrimoine mondial.

L’UICN remercie l’Etat partie pour sa coopération et espère pouvoir organiser la mission de suivi dès que la situation dans le pays sera redevenue plus sûre. Par ailleurs, l’UICN recommande que le Comité félicite l’Etat partie pour ses efforts en vue de protéger l’intégrité du Parc national de Taï, ainsi que GTZ pour son soutien de longue durée à ce site. L’UICN note que si certains résultats présentés dans le rapport de l’Etat partie sont encourageants, il manque des informations sur l’impact du braconnage sur le site. L’UICN recommande par conséquent au Comité de demander un rapport sur la question de la réouverture de la chasse dans tout le pays, ainsi qu’un point sur les conséquences des troubles civils actuels sur le site. 

Décisions adoptées par le Comité en 2003
27 COM 7B.2
Parc national de Taï (Côte d'Ivoire)

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Rappelant la décision 26 COM 21 (b) 6 prise lors de la 26ème session du Comité du patrimoine mondial, demandant à l'État partie de fournir un rapport détaillé sur la situation de braconnage de la faune dans le site, et encourageant l'État partie à inviter une mission au Parc National de Taï, en vue d'évaluer l'état de conservation du site dans le but d'informer le Comité sur la nécessité ou non de l'inscrire sur la Liste du patrimoine mondial en péril,

2. Prend note du récent rapport soumis par l'État partie au Centre du patrimoine mondial faisant part de la situation actuelle du bien;

3. Prend note du fait que le site n'est plus occupé par les forces rebelles;

4. Exprime son inquiétude sur les impacts éventuels des troubles civils actuels sur l'intégrité du site;

5. Demande à l'État partie de soumettre un rapport détaillé sur l'état de conservation du site si possible avant le 01 février 2004, plus particulièrement sur la question l'impact du braconnage sur le site, la réouverture de la chasse à travers le pays et enfin les effets des troubles civils sur l'intégrité du bien;

6. Accepte l'invitation de l'État partie pour une mission telle que souhaitée lors de la 26ème session, et demande à l'UICN et au Centre du patrimoine mondial d'effectuer une mission aussitôt que les conditions de sécurité le permettront. L'objectif de cette mission sera de revoir l'état de conservation du bien. Le rapport de la mission et le rapport de l'État partie doivent être fournis afin que le Comité du patrimoine mondial puisse examiner l'état de conservation du bien à sa 28e session en 2004 ;

7. Encourage les bailleurs de fonds tels que la GTZ (German Technical Co-operation) et l'Union Européenne qui assistent déjà l'État partie dans la gestion et le développement de Taï, ainsi que les organisations non-gouvernementales (ONGs), à poursuivre leur soutien, et encourage également les autres donateurs à mobiliser leur ressources en faveur d'un soutien aux sites de la Côte d'Ivoire.

Projet de décision : 27 COM 7 (b) 2

 

Le Comité du patrimoine mondial,

 

1.  Rappelant la décision prise lors de la 26ème session, demandant à l’Etat partie de fournir un rapport détaillé sur la situation de braconnage de la faune dans le site, et encourageant l’Etat partie à inviter une mission au Parc National de Taï, en vue d’évaluer l’état de conservation du site dans le but d’informer le Comité sur la nécessité ou non de l’inscrire sur la Liste du patrimoine mondial en péril ;

 

2.   Notant que le récent rapport soumis par l’Etat partie au Centre du patrimoine mondial le 5 mai 2003, fait ressortir la situation de détérioration du site, mettant réellement celui-ci en danger du fait des troubles civils ;

 

3.   Exprime sa sérieuse inquiétude sur les éventuels impacts des troubles civils actuels sur l’intégrité du site;

 

4.   Décide d’inscrire le Parc National de Taï sur la Liste du patrimoine mondial en péril ;

 

5.   Demande à l’Etat partie de soumettre un rapport détaillé sur l’état de conservation du site avant le 01 février 2004, plus particulièrement sur la question l’impact du braconnage sur le site, la réouverture de la chasse à travers le pays et enfin les effets des troubles civils sur l’intégrité du site ;

 

6.  Accepte l’invitation de l’Etat partie pour une mission telle que souhaitée lors de la 26ème session, et demande à IUCN et au Centre du patrimoine mondial d’effectuer une mission aussitôt que les conditions de sécurité le permettront. L’objectif de cette mission sera de revoir l’état de conservation du site et de développer un plan de mesures de réhabilitation urgentes, qui inclura un établissement de repères permettant à terme, de retirer le site de la Liste du patrimoine mondial en péril ;

 

7.  Encourage les bailleurs de fonds tels que la GTZ (German Technical Cooperation) et l’Union Européenne qui assistent déjà l’Etat partie dans la gestion et le développement de Taï, ainsi que les organisations non-gouvernementales (ONGs), à poursuivre leurs soutien, et encourage également les autres donateurs à mobiliser leur ressources en faveur d’un soutien aux sites de la Côte d’Ivoire ;

 

Année du rapport : 2003
Côte d'Ivoire
Date d'inscription : 1982
Catégorie : Naturel
Critères : (vii)(x)
Exports

* : Les menaces mentionnées sont présentées par ordre alphabétique ; cet ordre ne constitue nullement un classement selon l’importance de leur impact sur le bien. De plus, elles sont présentées de manière indifférenciée, que le bien soit menacé par un danger prouvé, précis et imminent (« péril prouvé ») ou confronté à des menaces qui pourraient avoir des effets nuisibles sur sa valeur universelle exceptionnelle (« mise en péril »).

** : Tous les rapports de mission ne sont pas toujours disponibles électroniquement.


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