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Parc national de Taï

Côte d'Ivoire
Facteurs affectant le bien en 2002*
  • Activités illégales
  • Chasse commerciale
  • Chasse de subsistance
  • Modification du régime des sols
Facteurs* affectant le bien identifiés dans les rapports précédents
  • Conséquences désastreuses du braconnage et de la chasse organisée,
  • Empiètement des activités humaines en particulier celles des populations agricoles locales,
  • Afflux de réfugiés des pays limitrophes (Sierra Leone et Liberia)
Assistance internationale : demandes reçues pour le bien jusqu'en 2002
Demandes approuvées : 4 (de 1983-2001)
Montant total approuvé : 80 014 dollars E.U.
2001 Financement de l'Atelier National de Formation ... (Approuvé)   30 514 dollars E.U.
1990 Preparing a technical co-operation project for ... (Approuvé)   7 500 dollars E.U.
1987 2-year training for one specialist from Tai National ... (Approuvé)   12 000 dollars E.U.
1983 Contribution to the construction of a wardens' station, ... (Approuvé)   30 000 dollars E.U.
Missions sur le bien jusqu'en 2002**
Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2002

L’UICN a reçu une copie du rapport 2001 de Tropenbos Côte d’Ivoire : La chasse et la filière viande de brousse dans l’espace Taï, Côte D’Ivoire, de H.-U. Caspary, I. Koné, C. Prouot et M. De Pauw. Il fait le point sur les différentes formes de chasse, ainsi que sur les différentes activités de la filière viande de brousse dans la région de Taï, y compris sur le site du patrimoine mondial. Il décrit le rôle des différents acteurs de l’exploitation de la faune et se veut une contribution à la discussion sur l’élaboration de nouvelles stratégies de gestion de la faune dans la perspective de la réouverture annoncée de la chasse en Côte d’Ivoire.

 

Parmi les conclusions de cette étude :

·  on dénombre environ 20 000 chasseurs de subsistance, 600 chasseurs semi-professionnels et 60 chasseurs professionnels qui opèrent dans la périphérie du parc national de Taï ;

·  les prélèvements annuels de gibier à des fins de subsistance ont lieu principalement à la périphérie du parc. Ils concernent des rongeurs et d’autres espèces de petite taille et reflètent l’appauvrissement de la diversité des espèces animales dans les zones agricoles ; 

·  les prises des chasseurs professionnels ont lieu à l’intérieur du parc et dans les forêts classées environnantes ; selon les estimations, elles se situent entre 56 et 76 tonnes par an et concernent essentiellement des espèces de forêts primaires, en particulier les singes et les bovidés ;

·  le type de gibier proposé dans les restaurants ruraux diffère dans l’Est et dans l’Ouest du parc, ceux de l’Ouest proposant un choix beaucoup plus grand, avec plus de 50 % d’espèces protégées ;

·  dans les zones urbaines de la région de Taï, la viande d’élevage est plus abondante que la viande de brousse, tandis que sur les marchés ruraux, la quantité de viande d’élevage est à peu près la même ou inférieure à la quantité de viande de brousse, notamment dans l’Ouest du parc ;

  • les possibilités d’intervention dans la filière viande de brousse de la région dépendent de deux facteurs majeurs : 1) la décision du gouvernement ivoirien de poser ou non des conditions à la réouverture de la chasse dans le pays ; 2) la connaissance des paramètres écologiques du gibier dans les zones rurales, par ex. les densités, la capacité biologique et le taux de prélèvement maximum durable.

 

Le rapport formule plusieurs recommandations suite à l’annonce par le gouvernement de son intention de rouvrir la chasse, notamment :

·  aider les autorités à définir les conditions préalables à toute réouverture de la chasse ;

·  encourager les programmes de reproduction et de recherche dans ce domaine (par ex. dynamique des populations, densités, capacité biologique) ;

·  intensifier la surveillance pour réduire la chasse dans le parc ;

·  planifier, mettre en œuvre et contrôler des activités de chasse à titre expérimental dans la région de Taï, en étroite collaboration avec la population locale et selon des critères définis ;

·  élaborer des méthodes de suivi de la faune et de la chasse, notamment dans les futures zones de chasse.

 

L’UICN a reçu d’autres rapports sur la situation de la faune sur le site :

·  dans la quasi-totalité du parc, le braconnage a littéralement vidé la forêt des vertébrés les plus gros et les braconniers tuent des calaos pour la consommation ;

·  dans l’Est, des camps de braconniers avec des pistes bien entretenues et suffisamment larges pour circuler en scooter ont été découverts ;

·  une route menant d’Abidjan à San Pedro par la côte, construite au début des années 1990 avec le soutien financier de la Banque mondiale, a ouvert la partie Sud du parc au braconnage. Les populations de chimpanzés qui y avaient été recensées en 1990 avaient disparues en 1994 ;

·  il semble que l’interdiction de chasser menace la survie du savoir traditionnel détenu par ceux qui chassent pour leur subsistance, tandis que le braconnage industriel s’est développé à cause du manque de volonté et de capacité politiques de faire appliquer et respecter la loi. 

 

L’UICN note que l’étude confirme une fois de plus le lien entre sécurité alimentaire et consommation de viande de brousse. Elle note aussi que la principale menace pour la faune n’est pas la chasse de subsistance, mais le braconnage commercial à grande échelle. L’existence et le prix de la viande d’élevage par rapport à celui de la viande de brousse ont des conséquences en termes de pression sur la faune. Ceci confirme qu’une coopération entre les autorités responsables de la santé publique, de la sécurité alimentaire et de la gestion du gibier et/ou de la faune est nécessaire.

 

L’UICN fait remarquer que la protection de la faune exige une gestion efficace, notamment des unités de lutte contre le braconnage armées et bien entraînées, et un investissement (aide au développement) dans l’éducation, la santé, les infrastructures, les services publics et les activités économiques dans les régions qui jouxtent le parc.

 

Pour que la chasse soit une activité durable, il faut des méthodes efficaces de conservation de la faune, ainsi que des mécanismes pour faire respecter les règlements – ce qui manque dans la région de Taï. Interdire la chasse n’a aucun sens si cette interdiction n’est pas rigoureusement respectée. Par conséquent, rouvrir la chasse en rendant les associations de chasse locales responsables de leurs ressources (au lieu d’octroyer des licences de chasse commerciale à grande échelle) pourrait être une option, à condition qu’elle s’accompagne de moyens pour faire respecter la réglementation et pour suivre l’évolution de la faune. Des ONG locales et internationales pourraient jouer un rôle majeur dans ce processus.

Décisions adoptées par le Comité en 2002
26 COM 21B.6
Parc national de Taï (Côte d’Ivoire)
Le Comité du patrimoine mondial,

1. Demande à l'État partie de fournir un rapport détaillé sur la situation du braconnage sur le site, notamment des informations sur les intentions rapportées de réouverture de la chasse dans tout le pays et les suites données aux recommandations. Si cela se confirme, l'État partie devra élaborer les programmes et méthodes qui permettront de réguler et de contrôler cette activité sur le site du patrimoine mondial ;

2. Prie instamment l'État partie à inviter une mission de suivi qui évaluera l'état de conservation du site, afin de déterminer s'il convient de l'inscrire sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

Le Comité pourrait souhaiter adopter la décision suivante :

 

"Le Comité demande à l’Etat partie de fournir un rapport détaillé sur la situation du braconnage sur le site, notamment des informations sur les intentions rapportées de réouverture de la chasse dans tout le pays. Si cela se confirme, l’Etat partie devrait élaborer les programmes et méthodes qui permettront de réguler et de contrôler cette activité sur le site du patrimoine mondial. Le Comité exhorte l’Etat partie à inviter une mission de suivi qui évaluerait l’état de conservation du site, afin de déterminer s’il convient de l’inscrire sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

Année du rapport : 2002
Côte d'Ivoire
Date d'inscription : 1982
Catégorie : Naturel
Critères : (vii)(x)
Documents examinés par le Comité
arrow_circle_right 26COM (2002)
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* : Les menaces mentionnées sont présentées par ordre alphabétique ; cet ordre ne constitue nullement un classement selon l’importance de leur impact sur le bien. De plus, elles sont présentées de manière indifférenciée, que le bien soit menacé par un danger prouvé, précis et imminent (« péril prouvé ») ou confronté à des menaces qui pourraient avoir des effets nuisibles sur sa valeur universelle exceptionnelle (« mise en péril »).

** : Tous les rapports de mission ne sont pas toujours disponibles électroniquement.


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