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Kyiv : Cathédrale Sainte-Sophie et ensemble des bâtiments monastiques et Laure de Kyiv-Petchersk

Ukraine
Facteurs affectant le bien en 2019*
  • Cadre juridique
  • Habitat
  • Système de gestion/plan de gestion
Facteurs* affectant le bien identifiés dans les rapports précédents
  • Absence de cadre juridique et de mécanismes de planification 
  • Absence de système de gestion et de mécanismes de coordination entre toutes les parties prenantes, y compris la municipalité de la ville
  • Absence d’activités de gestion
  • Pression liée au développement urbain 
  • Hauts immeubles qui pourraient compromettre le panorama du paysage monastique historique du Dniepr (construits)
Assistance internationale : demandes reçues pour le bien jusqu'en 2019
Demandes approuvées : 4 (de 1998-2018)
Montant total approuvé : 74 665 dollars E.U.
2018 Purchase of the trailing lift (hoist) with a ... (Non approuvé)   0 dollars E.U.
2018 Modernization of the Hydrogeological Monitoring System ... (Approuvé)   29 945 dollars E.U.
2009 Organization at the St. Sophia Cathedral of Kyiv of the ... (Approuvé)   5 000 dollars E.U.
2000 The Church of the Savoir at Berestove (Kyiv-Pechersk ... (Approuvé)   19 970 dollars E.U.
1998 Equipment to preserve ancient wall paintings, ... (Approuvé)   19 750 dollars E.U.
Missions sur le bien jusqu'en 2019**
Mai 1999 : mission d’expertise de l’ICOMOS ; avril 2006 : mission d’expertise (fonds-en-dépôt italien) ; novembre 2007 : réunion d’information du Centre du patrimoine mondial pour les gestionnaires de sites ; mars 2009, novembre 2010, avril 2013 et mars 2017: missions de suivi réactif conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS ; février – juin 2017 : assistance de conseil de l’ICOMOS
Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2019

Le 30 novembre 2018, l’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation du bien, disponible à http://whc.unesco.org/fr/list/527/documents/, qui communique comme suit des informations sur les travaux de conservation et les progrès réalisés dans la mise en œuvre des recommandations du Comité :

  • Des amendements à la loi ukrainienne « sur la protection du patrimoine culturel » ont été adoptés, introduisant le concept de protection des biens du patrimoine mondial ;
  • Des travaux de recherche scientifique sont en cours sur l’impact des projets d’aménagement et de développement sur la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien ;
  • Le moratoire de 2015 sur toute nouvelle construction et vente de terrain reste en vigueur dans l’attente de l’approbation du plan directeur de Kiev et du schéma de zonage ;
  • Le plan structurel historique et architectural de Kiev est achevé et a été approuvé par une ordonnance du ministère ukrainien de la Culture ;
  • Le processus d’approbation du plan directeur de Kiev est en cours. Un projet de loi « sur les amendements à la loi ukrainienne sur la réglementation du développement urbain » a été approuvé ;
  • La norme nationale relative à la construction (2018) a été établie, elle prévoit une nouvelle réglementation en ce qui concerne l’élaboration de tous les documents de planification et de conception urbaines en Ukraine. Cette norme introduit des restrictions pour les bâtiments de grande hauteur, le concept de « ligne bleue » qui impose des limites à la hauteur et la silhouette des bâtiments, le concept de « ligne verte » qui définit les limites des paysages et des zones de loisirs, ainsi que le recours au territoire dit « zone tampon » qui entoure le bien ;
  • Un projet de décision gouvernementale est en cours d’élaboration, il définit les procédures d’établissement d’un organe de gestion du bien ;
  • A la laure de Kievo-Petchersk, un suivi scientifique de la stabilité structurelle des monuments est actuellement mis en œuvre ;
  • A la cathédrale Sainte-Sophie, un suivi intégré de l’état des monuments est actuellement mis en œuvre à titre permanent ;
  • Un séminaire international intitulé « Patrimoine mondial religieux vivant : gestion participative et utilisation durable » (Kiev, 2018) a été organisé avec le soutien financier du ministère de la Culture.

Le 12 mars 2019, l’État partie a soumis une proposition de modification mineure des limites afin de créer une zone tampon unifiée du bien. Le 5 avril 2019, le maire de Kiev a présenté au Centre du patrimoine mondial et à l’ICOMOS les progrès réalisés dans la révision du plan directeur de Kiev et a déclaré que le plan de gestion et le plan directeur seraient révisés en prenant en considération le concept de cette zone tampon unifiée. Une évaluation d’impact a été présentée pour le projet de passerelle pour piétons et cyclistes entre le parc Khreshchaty et le parc Volodymyrska Hirka.

Analyse et Conclusion du Centre du patrimoine mondial et des Organisations consultatives en 2019

Bien que des efforts considérables aient été déployés, le plan directeur du bien reste à finaliser et à adopter. Il importe que ce plan directeur ne concerne pas uniquement le bien lui-même mais également la zone tampon unifiée telle que proposée, dont la création est soumise conformément à la décision du Comité 42 COM 8B.43, et qu’il prenne en considération les recommandations de l’examen technique de l’ICOMOS d’avril 2018 concernant le projet de plan de gestion.

L’État partie a invité une mission technique consultative de l’ICOMOS à se rendre sur le territoire du bien en mai 2019, afin de bénéficier de son aide dans l’élaboration des régimes de protection différenciés et détaillés à mettre en place dans la zone tampon unifiée telle que proposée.

Néanmoins, les conséquences de la précédente planification urbaine inappropriée, ainsi que des projets d’aménagement et de développement en cours dans la zone tampon, continuent de représenter une menace pour le paysage vulnérable du Dniepr, en raison de leur impact visuel sur l’intégrité du bien et, en conséquence, sur sa VUE.

Chaque mois, l’État partie soumet au Centre du patrimoine mondial, pour examen par les Organisations consultatives, un grand volume d’informations sur différents projets d’aménagement et de développement, de restauration et de construction. Environ 20 projets ont été examinés depuis la dernière session du Comité. Certains, tels que le projet de passerelle pour piétons et cyclistes entre le parc Khreshchaty et le parc Volodymyrska Hirka et le complexe résidentiel et hôtelier aux abords immédiats de la laure de Kievo-Petchersk, compromettent la VUE du bien.

Si une politique basée sur la VUE du bien et des réglementations appropriées ne sont pas immédiatement mises en vigueur par les autorités nationales et municipales afin d’empêcher l’utilisation effective des autorisations d’aménagement et de développement accordées avant l’actuel moratoire, la transformation progressive du paysage urbain historique pourrait représenter une mise en péril de la VUE, conformément au paragraphe 179 des Orientations.

L’État partie devrait être encouragé à introduire, de toute urgence, des dispositions juridiques afin d’empêcher des constructions inappropriées dans la zone tampon unifiée telle que proposée et dans la zone de perspective visuelle du bien, qui pourraient avoir des effets nuisibles sur ses caractéristiques inhérentes. L’État partie devrait également être encouragé à élaborer et adopter une approche proactive du tourisme, conforme au Programme sur le patrimoine mondial et le tourisme durable, pour faire face à l’activité touristique croissante sur le territoire du bien et afin que des outils adéquats soient en place pour gérer les inévitables pressions liées au tourisme dans les contextes urbains historiques. 

Tout en prenant note de la mission technique de l’ICOMOS de mai 2019, il serait également souhaitable que le Comité demande à l’État partie d’inviter une mission de suivi réactif conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS à se rendre sur le territoire du bien afin d’évaluer son état de conservation, la mise en œuvre de ses décisions et le niveau des menaces qui pèsent sur sa VUE.

Il est opportun que le Comité donne à l’État partie la possibilité d’apporter des réponses à ces préoccupations déjà anciennes et de mettre en œuvre ses décisions, mais si ces actions ne sont pas achevées rapidement, une réflexion sur l’inscription du bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril pourrait être justifiée.

Il est également recommandé que le Comité félicite l’État partie d’avoir organisé et accueilli le séminaire international « Patrimoine religieux vivant : gestion participative et utilisation durable », ainsi que la première réunion internationale du réseau des gestionnaires de sites en charge de biens du patrimoine mondial présentant un intérêt religieux. Cette activité représente une étape importante dans la mise en place d’une plateforme de discussions et de dialogue entre toutes les parties prenantes, en particulier les communautés religieuses. Les recommandations adoptées par les participants (http://whc.unesco.org/fr/evenements/1465/) ont efficacement contribué à la mise en œuvre de l’Initiative de l’UNESCO sur le patrimoine d’intérêt religieux.

Décisions adoptées par le Comité en 2019
43 COM 7B.92
Kiev : cathédrale Sainte-Sophie et ensemble des bâtiments monastiques et laure de Kievo-Petchersk (Ukraine) (C 527bis)

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/19/43.COM/7B,
  2. Rappelant la décision 41 COM 7B.53, adoptée à sa 41e session (Cracovie, 2017),
  3. Prend acte des mesures prises par l’État partie pour trouver des solutions aux problèmes liés au développement urbain, notamment au moyen d’amendements à la législation et des révisions en cours du plan directeur renforçant la protection du patrimoine culturel du bien ;
  4. Exprime à nouveau ses vives préoccupations quant aux menaces déjà anciennes qui pèsent sur le bien, telles que le problème non résolu de l’important développement urbain dans la zone tampon et à proximité visuelle du bien, qui ont des effets nuisibles sur ses caractéristiques inhérentes et pourraient avoir un impact négatif sur la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien, conformément au paragraphe 179 des Orientations, et réitère sa demande auprès de l’État partie afin qu’il soumette la documentation concernée, notamment les évaluations d’impact sur le patrimoine (EIP), au Centre du patrimoine mondial, conformément au paragraphe 172 des Orientations, avant que toute décision finale ne soit prise ou que tous travaux concernant de grands projets d’aménagement et de développement ne commencent sur le territoire du bien, dans sa zone tampon et son cadre ;
  5. Réitère également sa précédente demande invitant l’État partie à finaliser le plan de gestion du bien, et demande que le plan de gestion :
    1. S’applique au bien et à la zone tampon unifiée telle que proposée qui fait l’objet d’une modification mineure des limites,
    2. Prenne en considération les recommandations de l’examen technique du projet de plan de gestion, réalisé par l’ICOMOS en avril 2018,
    3. Prenne également en considération toutes les questions soulevées par la mission technique consultative de l’ICOMOS de 2019,
    4. Adopte une approche proactive de la gestion du tourisme sur le territoire du bien,
    5. Soit adopté et mis en œuvre à titre prioritaire ;
  6. Demande également à l’État partie de finaliser, d’adopter et de mettre en œuvre le plan directeur de Kiev, qui devrait intégrer un projet conceptuel de développement urbain et le schéma de zonage du centre de Kiev ;
  7. Félicite l’État partie d’avoir organisé et accueilli le « Séminaire international sur le patrimoine religieux vivant : gestion participative et utilisation durable » (Kiev, octobre/novembre 2018) et prend note de ses recommandations ;
  8. Demande en outre à l’État partie d’inviter une mission de suivi réactif conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS à se rendre sur le territoire du bien afin d’évaluer son état actuel de conservation et d’échanger sur les questions sensibles relatives à la protection du paysage urbain historique de la ville de Kiev, conformément à ses précédentes décisions, et d’évaluer si le bien est confronté à des menaces prouvées ou potentielles conformément au paragraphe 179 des Orientations ;
  9. Demande enfin à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2020, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 44e session en 2020, notant que l’inscription du bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril pourrait être considérée si les menaces déjà anciennes qui pèsent sur la valeur universelle exceptionnelle du bien persistent
43 COM 8B.2
Changement de noms de biens inscrits sur la Liste du patrimoine mondial

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/19/43.COM/8B,
  2. Approuve le changement de nom proposé du bien Kiev : cathédrale Sainte-Sophie et ensemble des bâtiments monastiques et laure de Kievo-Petchersk tel que proposé par les autorités ukrainiennes. Le nom du bien devient Kyiv : Cathédrale Sainte-Sophie et ensemble des bâtiments monastiques et Laure de Kyiv-Petchersk en français, et Kyiv: Saint-Sophia Cathedral and Related Monastic Buildings, Kyiv-Pechersk Lavra en anglais.
Projet de décision : 43 COM 7B.92

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/19/43.COM/7B,
  2. Rappelant la décision 41 COM 7B.53, adoptée à sa 41e session (Cracovie, 2017),
  3. Prend acte des mesures prises par l’État partie pour trouver des solutions aux problèmes liés au développement urbain, notamment au moyen d’amendements à la législation et des révisions en cours du plan directeur renforçant la protection du patrimoine culturel du bien ;
  4. Exprime à nouveau ses vives préoccupations quant aux menaces déjà anciennes qui pèsent sur le bien, telles que le problème non résolu de l’important développement urbain dans la zone tampon et à proximité visuelle du bien, qui ont des effets nuisibles sur ses caractéristiques inhérentes et pourraient avoir un impact négatif sur la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien, conformément au paragraphe 179 des Orientations, et réitère sa demande auprès de l’État partie afin qu’il soumette la documentation concernée, notamment les évaluations d’impact sur le patrimoine (EIP), au Centre du patrimoine mondial, conformément au paragraphe 172 des Orientations, avant que toute décision finale ne soit prise ou que tous travaux concernant de grands projets d’aménagement et de développement ne commencent sur le territoire du bien, dans sa zone tampon et son cadre ;
  5. Réitère également sa précédente demande invitant l’État partie à finaliser le plan de gestion du bien, et demande que le plan de gestion :
    1. S’applique au bien et à la zone tampon unifiée telle que proposée qui fait l’objet d’une modification mineure des limites,
    2. Prenne en considération les recommandations de l’examen technique du projet de plan de gestion, réalisé par l’ICOMOS en avril 2018,
    3. Prenne également en considération toutes les questions soulevées par la mission technique consultative de l’ICOMOS de 2019,
    4. Adopte une approche proactive de la gestion du tourisme sur le territoire du bien,
    5. Soit adopté et mis en œuvre à titre prioritaire ;
  6. Demande également à l’État partie de finaliser, d’adopter et de mettre en œuvre le plan directeur de Kiev, qui devrait intégrer un projet conceptuel de développement urbain et le schéma de zonage du centre de Kiev ;
  7. Félicite l’État partie d’avoir organisé et accueilli le « Séminaire international sur le patrimoine religieux vivant : gestion participative et utilisation durable » (Kiev, octobre/novembre 2018) et prend note de ses recommandations ;
  8. Demande en outre à l’État partie d’inviter une mission de suivi réactif conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS à se rendre sur le territoire du bien afin d’évaluer son état actuel de conservation et d’échanger sur les questions sensibles relatives à la protection du paysage urbain historique de la ville de Kiev, conformément à ses précédentes décisions, et d’évaluer si le bien est confronté à des menaces prouvées ou potentielles conformément au paragraphe 179 des Orientations ;
  9. Demande enfin à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1erfévrier 2020, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 44e session en 2020, notant que l’inscription du bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril pourrait être considérée si les menaces déjà anciennes qui pèsent sur la valeur universelle exceptionnelle du bien persistent.  
Année du rapport : 2019
Ukraine
Date d'inscription : 1990
Catégorie : Culturel
Critères : (i)(ii)(iii)(iv)
Documents examinés par le Comité
Rapport de lʼÉtat partie sur lʼétat de conservation
Rapport (2018) .pdf
arrow_circle_right 43COM (2019)
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* : Les menaces mentionnées sont présentées par ordre alphabétique ; cet ordre ne constitue nullement un classement selon l’importance de leur impact sur le bien. De plus, elles sont présentées de manière indifférenciée, que le bien soit menacé par un danger prouvé, précis et imminent (« péril prouvé ») ou confronté à des menaces qui pourraient avoir des effets nuisibles sur sa valeur universelle exceptionnelle (« mise en péril »).

** : Tous les rapports de mission ne sont pas toujours disponibles électroniquement.


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