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Ensemble historique du Palais du Potala, Lhasa

Chine
Facteurs affectant le bien en 2016*
  • Développement commercial
  • Destruction délibérée du patrimoine
  • Habitat
  • Infrastructures de transport de surface
  • Système de gestion/plan de gestion
  • Vastes infrastructures et/ou installations touristiques / de loisirs
Facteurs* affectant le bien identifiés dans les rapports précédents
  • Développement urbain incontrôlé et expansion d’installations liées au tourisme à l’intérieur et à l’extérieur des limites du bien
  • Impact négatif des projets de réhabilitation sur la protection du tissu urbain traditionnel du centre historique 
Assistance internationale : demandes reçues pour le bien jusqu'en 2016
Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars E.U.
Missions sur le bien jusqu'en 2016**

Mars 2001, mission de suivi ICOMOS; avril 2003, mission d’expertise UNESCO/ICOMOS ; mai 2005, mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS ; Avril 2015 : mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS/ICCROM

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2016

Une mission conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS/ICCROM s’est déroulée en avril 2015 (le rapport de mission est consultable à https://whc.unesco.org/fr/list/707/documents). Le 25 novembre 2015, l’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation, dont un résumé est disponible à https://whc.unesco.org/fr/list/707/documents.

Les progrès réalisés dans la réponse aux préoccupations exprimées par le Comité du patrimoine mondial sont évoqués comme suit dans les deux rapports :

  • Des mesures ont été mises en œuvre afin d’atténuer l’impact du centre commercial Shenli sur les qualités visuelles du corridor qui relie le temple de Jokhang au Palais du Potala, notamment le démontage de toute la serre installée sur le toit du centre commercial et la rénovation de la façade dans un style architectural tibétain traditionnel ;
  • Des projets de conservation et de restauration sont continuellement mis en œuvre et les Plans de conservation du patrimoine culturel (PCPC) sont en cours de finalisation pour les trois composantes du bien. Il est prévu qu’ils soient soumis au Centre du patrimoine mondial d’ici la mi-juin 2016 ;
  • Les capacités de gestion ont été renforcées par la création d’unités spécialisées au niveau local et par l’allocation des ressources nécessaires ;
  • Afin d’apporter des réponses aux pressions liées à la croissance de la population, aux demandes de développement social et à l’amélioration des conditions de vie ainsi qu’à la l’augmentation de l’activité touristique, l’État partie a établi une liste d’autres zones importantes de patrimoine et a élaboré une série de mesures réglementaires destinées à protéger les composantes inscrites du bien, leurs zones tampons et leur environnement historique. Parmi ces mesures, on citera la promulgation, en novembre 2015, des Réglementations de la région autonome du Tibet sur la protection du patrimoine culturel du Palais du Potala et la conception du Plan général d’urbanisme de Lhasa. Un calendrier pour l’achèvement du plan d’urbanisme n’a été communiqué.
  • Des mesures coordonnées ont été mises en œuvre pour la gestion des visiteurs et pour faire cohabiter tourisme et pratique religieuse.
Analyse et Conclusion du Centre du patrimoine mondial et des Organisations consultatives en 2016

Dans l’ensemble, le bien est dans un bon état de conservation et des projets de restauration sont mis en œuvre en permanence afin de répondre à la vulnérabilité du tissu des composantes du bien. Des mesures de prévention contre l’incendie, un risque aux graves conséquences, sont en vigueur. Elles complètent un suivi renforcé de l’érosion du sol et de l’état des fondations du palais principal et des mesures destinées à anticiper de potentiels problèmes de stabilité structurelle. La finalisation et l’adoption des PCPC seront une étape essentielle qui permettra de disposer d’une feuille de route précise afin de relever les défis à long terme mais également de concevoir une philosophie de conservation commune aux trois composantes du bien.

Les efforts entrepris afin de protéger les techniques traditionnelles de construction et d’assurer la participation d’artistes et d’artisans originaires de la région sont particulièrement remarquables et témoignent de l’importance qu’il convient d’accorder à la promotion des systèmes de connaissances traditionnelles afin de soutenir la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien. Les plans de conservation devraient prévoir des dispositions visant à garantir que ces pratiques se perpétuent et font bien partie des modalités de gestion.

Des mesures réglementaires et des projets mis en œuvre tels que le Projet de protection de la vieille ville sont essentiels afin d’améliorer l’état actuel des zones tampons des composantes et de leur environnement plus large. Par ailleurs, au vu du rythme et de l’ampleur du développement urbain que connaît actuellement Lhasa, une application stricte des mesures réglementaires est nécessaire. S’agissant, entre autres aspects, des hauteurs acceptables, des qualités visuelles, des façades et des toits, des dispositions claires et précises sont indispensables. Comme l’a recommandé la mission de suivi réactif de 2015, le Plan directeur urbain devrait prendre en considération ces aspects et encourager les liens spatiaux et les corridors visuels entre les composantes, le contexte historique et le cadre général qui donnent à Lhasa son caractère unique. En outre, un soin tout particulier devrait être accordé à la conservation de la structure et du tracé urbains traditionnels de la zone tampon. Un plan de gestion de l’environnement culturel, qui prévoirait des mesures additionnelles, pourrait compléter le plan urbain. Les projets de développement devraient être soumis à des évaluations d’impact sur le patrimoine (EIP) et une attention toute particulière devrait être accordée aux sites archéologiques d’importance historique. Un système visant à coordonner les autorisations accordées aux projets de développement devrait être mis en place afin de garantir l’application adéquate des réglementations existantes. Tous ces aspects doivent être mieux définis dans le plan d’urbanisme du bien qui sera élaboré et adopté par toutes les parties prenantes et entités en charge de la gestion du bien, et ce, afin d’éviter des situations semblables à celle connue avec la tour du télégraphe qui a des impacts sur les caractéristiques visuelles du Palais et sa prédominance dans le paysage.

De plus, le contexte sacré de Lhasa, qui demeure un important lieu de pèlerinage, doit s’articuler de manière très précise avec les mesures de gestion propres au bien. Cela peut éventuellement impliquer des compromis à trouver face aux demandes croissantes de la part de l’industrie touristique. Cet attribut essentiel du bien mérite qu’on lui accorde une attention toute particulière.

Enfin, conformément à la décision 33 COM 8B.47 (Séville, 2009), il a été demandé à l’État partie de soumettre à nouveau une proposition de modification mineure des limites afin de définir des zones tampons pour le bien et de les faire coïncider avec les limites définies lors de l’inscription. Il a également été demandé à l’État partie de fournir des cartes à l’échelle et des éléments détaillés sur les restrictions de hauteur pour les trois zones tampons qui prennent en considération les perspectives protégées. Le 28 mars 2014, l’État partie a confirmé qu’il définirait les trois zones tampons telles qu’inscrites respectivement en 1994, 2000 et 2001. Des cartes à l’échelle doivent être fournies dans le cadre de la procédure officielle de clarification des limites, ainsi que les détails des réglementations relatives aux restrictions de hauteur des bâtiments.

Décisions adoptées par le Comité en 2016
40 COM 7B.31
Ensemble historique du Palais du Potala, Lhasa (Chine) (C 707ter)

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/16/40.COM/7B,
  2. Rappelant les décisions 33 COM 8B.47, 35 COM 7B.65 et 38 COM 7B.10, adoptées respectivement à ses 33e (Séville, 2009), 35e (UNESCO, 2011) et 38e (Doha, 2014) sessions,
  3. Constate avec satisfaction les mesures prises afin d’atténuer l’impact du centre commercial Shenli sur les qualités visuelles du corridor reliant le temple de Jokhang au Palais du Potala, notamment la destruction de toute la serre sur le toit du centre commercial et la rénovation de la façade dans un style architectural tibétain traditionnel ;
  4. Constatant les actions de conservation actuellement mises en œuvre sur le territoire du bien, félicite l’État partie pour les efforts entrepris afin d’intégrer les systèmes de connaissances traditionnelles et l’artisanat aux travaux de conservation, et encourage l’intégration formelle de cette approche aux modalités de conservation et de gestion du bien ;
  5. Constate également que les Plans de conservation du patrimoine culturel (PCPC) pour les trois composantes du bien et que le Plan directeur urbain pour Lhasa sont en cours d’élaboration et réitère sa demande que des exemplaires de ces documents, avec une synthèse en anglais, soient soumis au Centre du patrimoine mondial avant leur finalisation et adoption, pour examen par les Organisations consultatives ;
  6. Prend note des conclusions de la mission de suivi réactif d’avril 2015 qui s’est rendue sur le territoire du bien, et prie instamment l’État partie de prendre en considération et de mettre en œuvre les recommandations suivantes :
    1. Prévoir des dispositions dans les PCPC afin que se poursuive le suivi de l’érosion du sol et de l’état des fondations du Palais du Potala, et que soit identifiée toute mesure nécessaire afin d’anticiper de potentiels problèmes de stabilité de la structure ;
    2. Prévoir des dispositions dans le Plan directeur urbain afin de maintenir les liens spatiaux et les corridors visuels entre les composantes du bien, leur contexte historique et leur cadre général, et de garder la structure et le tracé traditionnels urbains des zones tampons. Ces dispositions devraient au moins prévoir, mais ne sauraient pour autant se limiter aux réglementations sur les hauteurs de bâtiments acceptables, les qualités visuelles, les façades et les toits ;
    3. Prévoir dans le Plan directeur urbain des mécanismes d’adoption des projets de développement, avec la nécessité de réaliser des évaluations d’impact sur le patrimoine (EIP) et (le cas échéant) des fouilles archéologiques, et la création d’un système coordonné d’autorisations de développement ;
    4. Veiller à ce que le caractère sacré et l’utilisation de Lhasa en tant que lieu de pèlerinage s’articulent parfaitement avec les mesures de gestion mises en œuvre pour le bien ;
    5. Si nécessaire, élaborer un Plan de gestion de l’environnement culturel afin que des mesures particulières complètent celles du Plan directeur d’urbanisme ;
    6. Envisager d’autres emplacements pour la tour du télégraphe qui impacte actuellement les qualités visuelles du Palais du Potala et sa prédominance dans le paysage ;
  7. Demande à l’État partie de fournir, conformément à la procédure relative aux clarifications des limites prévues par les Orientations, des cartes à l’échelle des zones tampons des composantes du bien coïncidant avec les limites approuvées lors de l’inscription, ainsi que des détails concernant les restrictions de hauteur dans les zones tampons, tels que demandés par la Décision 33 COM 8B.47 ;
  8. Demande également à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er décembre 2017, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 42e session en 2018.
Projet de décision : 40 COM 7B.31

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/16/40.COM/7B,
  2. Rappelant les décisions 33 COM 8B.47, 35 COM 7B.65 et 38 COM 7B.10, adoptées respectivement à ses 33e (Séville, 2009), 35e (UNESCO, 2011) et 38e (Doha, 2014) sessions,
  3. Constate avec satisfaction les mesures prises afin d’atténuer l’impact du centre commercial Shenli sur les qualités visuelles du corridor reliant le temple de Jokhang au Palais du Potala, notamment la destruction de toute la serre sur le toit du centre commercial et la rénovation de la façade dans un style architectural tibétain traditionnel ;
  4. Constatant les actions de conservation actuellement mises en œuvre sur le territoire du bien, félicite l’État partie pour les efforts entrepris afin d’intégrer les systèmes de connaissances traditionnelles et l’artisanat aux travaux de conservation, et encourage l’intégration formelle de cette approche aux modalités de conservation et de gestion du bien ;
  5. Constate également que les Plans de conservation du patrimoine culturel (PCPC) pour les trois composantes du bien et que le Plan directeur urbain pour Lhasa sont en cours d’élaboration et réitère sa demande que des exemplaires de ces documents, avec une synthèse en anglais, soient soumis au Centre du patrimoine mondial avant leur finalisation et adoption, pour examen par les Organisations consultatives ;
  6. Prend note des conclusions de la mission de suivi réactif d’avril 2015 qui s’est rendue sur le territoire du bien, et prie instamment l’État partie de prendre en considération et de mettre en œuvre les recommandations suivantes :
    1. Prévoir des dispositions dans les PCPC afin que se poursuive le suivi de l’érosion du sol et de l’état des fondations du Palais du Potala, et que soit identifiée toute mesure nécessaire afin d’anticiper de potentiels problèmes de stabilité de la structure ;
    2. Prévoir des dispositions dans le Plan directeur urbain afin de maintenir les liens spatiaux et les corridors visuels entre les composantes du bien, leur contexte historique et leur cadre général, et de garder la structure et le tracé traditionnels urbains des zones tampons. Ces dispositions devraient au moins prévoir, mais ne sauraient pour autant se limiter aux réglementations sur les hauteurs de bâtiments acceptables, les qualités visuelles, les façades et les toits ;
    3. Prévoir dans le Plan directeur urbain des mécanismes d’adoption des projets de développement, avec la nécessité de réaliser des évaluations d’impact sur le patrimoine (EIP) et (le cas échéant) des fouilles archéologiques, et la création d’un système coordonné d’autorisations de développement ;
    4. Veiller à ce que le caractère sacré et l’utilisation de Lhasa en tant que lieu de pèlerinage s’articulent parfaitement avec les mesures de gestion mises en œuvre pour le bien ;
    5. Si nécessaire, élaborer un Plan de gestion de l’environnement culturel afin que des mesures particulières complètent celles du Plan directeur d’urbanisme ;
    6. Envisager d’autres emplacements pour la tour du télégraphe qui impacte actuellement les qualités visuelles du Palais du Potala et sa prédominance dans le paysage ;
  7. Demande à l’État partie de fournir, conformément à la procédure relative aux clarifications des limites prévue par les Orientations, des cartes à l’échelle des zones tampons des composantes du bien coïncidant avec les limites approuvées lors de l’inscription, ainsi que des détails concernant les restrictions de hauteur dans les zones tampons, tels que demandés par la Décision 33 COM 8B.47 ;
  8. Demande également à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er décembre 2017, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 42e session en 2018.
Année du rapport : 2016
Chine
Date d'inscription : 1994
Catégorie : Culturel
Critères : (i)(iv)(vi)
Documents examinés par le Comité
Rapport de lʼÉtat partie sur lʼétat de conservation
Rapport (2015) .pdf
arrow_circle_right 40COM (2016)
Exports

* : Les menaces mentionnées sont présentées par ordre alphabétique ; cet ordre ne constitue nullement un classement selon l’importance de leur impact sur le bien. De plus, elles sont présentées de manière indifférenciée, que le bien soit menacé par un danger prouvé, précis et imminent (« péril prouvé ») ou confronté à des menaces qui pourraient avoir des effets nuisibles sur sa valeur universelle exceptionnelle (« mise en péril »).

** : Tous les rapports de mission ne sont pas toujours disponibles électroniquement.


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